XXXI II
Danse des Paysans , se trouve reproduit sur des vases de Raeren, de Siegburg aussi bien que sur ceux de Bouffioulx, en Belgique, qui, dès le xvie siècle, reproduisait les types de Raeren.
En France, quelques localités des environs de Beauvais, Savignies et La Chapelle-aux-Pots, notamment, produisirent également des grès faciles à reconnaître à leur émail bleu uni. Ces poteries apurées dont parle Rabelais et que mentionnent souvent les écrivains des xvie et xvne siècles, avaient une très grande réputation et étaient assez estimées pour être jugées dignes d’être offertes aux souverains. Lorsque François Ier, se rendant à Arras en i520, passa à Beauvais, le chapitre diocésain, suivant une délibération du 16 mai, décida qu'il serait offert à la reine, qui accompagnait le roi dans ce voyage, des bougies et des rases de Saveignies, et, plus tard, par délibération du 4 décembre 1 536, on décida de v( faire présent au roi d’un buffet de Saveignies » ; des hommages semblables lui furent faits également en 1540 et en 1544, et, même plus d’un siècle après, le prix que Ton attachait à ces poteries était encore si grand que Ton en offrait à la reine d'Angleterre, lorsque s'enfuyant de Londres, en 166g, elle se rendit de Calais à Saint- Germain1. Mais bientôt, probablement à cause du développement considérable que prenait en France l'industrie de la faïence, la fabrication des grès à émail bleu cessa complètement pour faire place à une fabrication plus commune qui se borna à la confection des ustensiles réservés aux usages domestiques.
Malgré l’opinion de quelques écrivains, il est assez dif-
1. La plupart de ces grès azurés, dont plusieurs beaux spe'cimens sont parvenus jusqu’à nous, portent des deurs de lis ou des écussons aux armes de France. Le Musée céramique de Sèvres en possède quelques pièces remarquables, entre autres une bouteille de voyage sur laquelle, au-dessus de l’écusson deurdelisé, on lit le nom d 'Antoine Loysel , avocat et historien de Beauvais, qui vivait dans la dernière moitié du xvi“ siècle (iSSô-iôiy).
fïcile de prouver d’une façon bien, positive lffexistem.ee de* manufactures de grès en Angleterre avant le xvne siècle les plus; anciens spécimens qui y ont été trouvés offrent tous les caractères des grès allemands et il est probable qu'ils y furent importés par les Pays-Bas dont les. relations, avec l’Angleterre étaient fréquentes à cette époque. On pourrait faire une exception pour certains grès bruns jaspés, d’une fabrication très particulière, que l’on enrichissait: de superbes montures, en argent.,, mais le caractère même deces grès ainsi que leur extrême' rareté exclut l’idée d’une fabrication suivie., 11 faut attendre au xvne siècle pour voir s Implanter, à Lambeth et à Fulharn, F industrie: des grès qui se perfectionna rapidement et arriva bientôt à produire des grès blancs, d’abord, et, ensuite, avec le célèbre Josiah Wedgwood, des; œuvres d’une perfection et d’une finesse d’exécution admirables qui ne présentent aucune analogie avec les grès dont nous venons d’étudier les caractères ; nous nous en occuperons en traitant de l’ensemble des. poteries anglaises..