‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 101 sur 614 · GALOTTI — GALT · texte numérisé non relu

GALOTTI — GALT

ilamné. Il allait être conduit au supplice, lorsque la journée du i ^ juillet 1^0, qui assura le succès du mou renient réio/utwnnaire, lui rendit la vie et la liberté. Plus tard, après Unstiuration du pouvoir absolu, il prit encore une part des ptué actives à divers complot*, dont l'un aboutit à une insurrection presque aussitôt comprimée. Elle coûta la vie a un grand nombre d'individus; mais plus heureux que ses comi , Gaiotti réussit à s'enfuir k Livourne , d'où il passa i Cor*. Il y résidait depuis plusieurs mois , lorsque, sur les réclamations de l'ambassadeur napolitain, prince de Castelricala, lequel affirmait que Gaiotti n'était pas poursuivi pour delil politique , maia pour assassinat, le gouvernement français consentit à son extradition. Cet acte de complaisance pour 1rs vengeances de l'absolutisme fit jeter les hauts cris I | l'opposition libérale; et le ministre, qui comprit qu'on avait manqué à la France en énonçant faussement la nature de l'accusation au sujet de laquelle GalotU ««ait à répondre devant la justice de son pays , envoya immédiate- | meut un brick de guerre dans les eaux de Naples réclamer un prisonnier dont l'extradition n'avait été que le résultat <fune erreur. Cette démarche officielle du cabinet français eut du moins pour effet de sauver la vie à Gaiotti, dont la condamnation à mort, prononcée le 14 octobre Wî9, hit c.;ninuee en 'hv anoén M bannissement dans une des Iles de la cote, peine équivalant à celle des travaux forces. Gaiotti (ut en conséquence conduit dans l'Ile de Favignana, près de Palernie, et renfermé dans les casemates de la forteresse. Après la révolution de 1830, le gouvernement de Louis-Philippe fit de la popularité à bon marché en réclait de nouveau Gaiotti, dont la peine fut de nouveau comte en dix années de bannissement pur et simple. Raié alors en Corse , il y mourut quelques années plus j, sans qu'aucun des journaux libéraux de Paris, qui avaient si bien exploité ses malheurs et ses tortures pour procurer quelques émotions à leurs abonnés, se souciAt de •lire un mot de sa fin. Il avait cependant écrit des Mémoires, dans lesquels il s'est complu à retracer tout ce qu'il avait «ooffert pour la cause delà liberté, et qui ont été traduits en français par S. Vccchianelli ( Paris, 1831 ).

GALOUBET ou FLUTET, instrument à vent, dont l'usage est fort ancien en France , mais qui depuis plus de deux siècles n'est cultivé que dans la Provence. Le galoubet est le plus gai des instruments champêtres, et le plus aigu de tous les instruments à vent Ce n'est qu'à force de travail et de soins que l'on parvient à bien jouer d'un instrument qui n'emploie que la main gauche pour le tenir et le mettre en jeo, ..un d'en retirer deux octaves et un ton avec trois trous seulement. L'artifice de l'embouchure supplée a des moyens si bornés. Le ton du galoubet est celui de ré. U gamme se fait de trois vcuU dillYrent» : le ré d'en bas commence par un vent doux, que l'on augmente jusqu'au si; le n par an vent modéré, que l'on augmente jusqu'au /a; et W fa par un vent fort et pincé, qu'on augmente jusqu'au dernier ton.

Le galoubet ne va pas sans le tam bo ur i n , sur lequel l'exécutant marque le rbythme et la mesure en le frappant avec une petite baguette d'ivoire ou d'ébenc. Ce tambourin d'un mètre d'élévation, sur o°,40 de diamètre, est taillé dans un bloc de noyer, et par conséquent d'une seule pièce; on V suspend au bras gauche avec un ruban.

Les joueurs de galoubet sont très-communs en Provence, peu sont musiciens ; il y en a d'une force prodigieuse, qui exécutent des concertos de violon sur leur flotet. On en rassemble jusqu'à vingt-cinq dans une fête champêtre, en leur adjoignant une ou deux clarinettistes. Quoique leur musique soit toujours gaie et rapide, l'ensemble le plus parfait ne cesse jamais d'exister entre eux. Je crois en trouver la raison dans fe» frappements rhythmiques dn tambourin, qui les maintiennent constamment dans la mesure. Les joueurs de galoubet, quand ils sont en nombre, Jouent .1 deux parties , et le clarinettiste en improvise une troisième. Leur instinct est qu'il est rare que leur

qu'on pourrait le désirer. Ce qu'il y a de prodigieux, c'est la vivacité sans pareille de leurs traits, la clarté de leurs gammes chromatiques, la coquetterie de leurs passages en triolets.

Ces troupes de musiciens champêtres sont formées ordinairement dans une même famille : le père, les entants, le grand-père même, les cousins, vont par caravanes dans les foires, les fêtes, les courses de taureaux , les luttes. Ils se communiquent leurs talents de père en (ils , et s'il» ont des descendants, chose qui ne leur manque guère, ils refuseront leur doctrine k des étrangers qui les payeraient bien. Los Labbé de Saint-Remy, les Foumier d'Orange, sont des familles en renom pour le galoubet et la clarinette.

fltmii Pi il

Joseph-Noël Carbonel, mort pensionnaire de l'Opéra en 1804, parvint k donner à cet instrument todt le développement dont il était susceptible, et a en jouer dans tous les tons sans changer de corps. Carbone! était fils d'un berger de Salon en Provence. Appelé A Vienne en Autriche pour (aire entendre son galoubet ou Aùtct, il y connut le célèbre Noverre, qui était alors maître de ballets : il fut amené à Paris par Gluck et admis à l'Académie royale de Musique. Son compatriote Hoquet composa pour lui son ouverture du Seigneur bienfaisant, qu'il exécutait derrière la toile. Carbonel joua aussi la farandoule , dans l'opéra de La Prise de Toulon, en 1793. Plus récemment, ChAteauminois a fait entendre le galoubet au théAtre du Vaudeville ; il jouait quelquefois des solos sur cet instrument , pendant les entr'aetet, et il était fort applaudi. Carbonel a donné une méthode du galoubet.

Th. Di 1 u m, i .

GALSWINTUE. Voyez Caartiuc et Bncn eua.lt.

GALT( John ), l'un des écrivains humoristes les plus célèbres de l'Angleterre, né en 1779, à Irvine, dans l'Ayrshirc, passa une partie de sa jeunesse à Greenwich, où la fréquentation des classes moyennes et inférieures imprima un cachet tout particulier à son talent d'observation ainsi qu'A la gaieté de son caractère. Après avoir etr obligé de renoncer à un commerce entrepris en société avec un certain Mac- Laghlan, il essaya pendant quelque temps de l'étude du droit; puis il se détermina k voyager, et visita en tfttw l'Italie et la Turquie. A son retour en Angleterre, il consigna les résultats de cette tournée dans ses Voyages and Travtts in theyears 1809-1811 (Londres, 1812, io-4°), ouvrage précieux par les aperçus et les renseignements qu'on y trouve sur ce qui a trait à la statistique et au commerce du Levant. L'auteur avait conçu un plan nouveau pour le transit des marchandises du Levant ; mais il ne réussit pas plus k faire adopter ses idées par le gouvernement que par le commerce. Après un voyage en Amérique, il revint en Angleterre se consacrer désormais exclusivement a la littérature. Cependant en 18M il consentit encore à se charger d'aller fonder au Canada, pour le compte d'une compagnie, une colonie nouvelle; mais l'entreprise ectioua complètement. Il passa les dix dernières années de sa vie k Greenok , où il mourut, le 1 1 avril 1839. Parmi ses romans historiques, on peut citer avec éloges Southennan, The spœwtfe, Stanley Bus ton, Rtngan Gilhaiie, Rotation, Bogie Corbel, et Lairds oj Grippy. 11 avait déjà fait preuve antérieurement .le talen biographe dans sa Vie et études de Benjamin West , , que dans sa Fie et administration du cardinal Wolsey ( Londres, 18 11). Comme l'ouvrage de Leigh H uni, sa Vie de Byron fut l'objet d'autant de critiques que de louanges. Dans son Autobiographie ( 2 volumes. Londres, 1333), il a réussi k mêler la fktioo et la vérité d'une manière tout k lait originale. Aux quatre tragédies qu'il publia en 1812, ii faut, pour compléter son bagage poétique , ajouter la collection de ses Poems ( Londres, 1833 ). Sa grande réputation comme humoriste est fondée sur The Annal» qf ihe Parish, Ayreshire Ugatees, Ike Prévost et Lawrie Todd, nouvelles dans lesquelles la vie calme et paisible des classe» moyennes et inférieures de l'Ecosse est décrite avec tant -'c charmes et de vérité, qu'à cet égard Waltcr-Scolt lui-

tiALT — GALVANISME

même, nous ne craignons pas de le dire , lui reste inférieur GALUCHAT. Cest te nom que reçoit la peau d'une espèce de rate et du diverses espèces de squales lorsqu'elle a été préparée d'une certaine manière et rendue propre à être employée par les galniers comme couverture de bottes et d'étuis. Il y a le galuchat à gros grains (c'est le moins estimé), et le galuchat à petits grains , formé par la peau de la raie. Les parties les plus dures de cette peau, l'origine des nageoires , par exemple , «ont employées dans diverses industries en guise de rApes fines. La galuchat brut est couvert d'aspérités qu'en fait disparaître à l'aide du grès. On l'amincit ensuite avec la pierre ponce de manière à ce qu'il n'ait plus qu'une demi-ligne d'épaisseur. Réduit à cet état, les galniers l'appliquent sur les différents objets qui rentrent dans la spécialité de leur profession, et qu'ils ont d'abord revêtus d'un fort papier préalablement trempé dans une dissolution de vert-de-gris, qui communique une belle couleur vert clair au galuchat.

Longtemps l'Angleterre fut en possession de nous fournir le galuchat employé dans notre industrie. Lacépèilc nous apprit le premier à en fabriquer d'excellent avec la peau de la raie, et ce serait la sans doute aujourd'hui une branche assez importante de fabrication , si la mode toujours tyrannique n'était venue établir l'usage du maroquin dans la gatnerie ; mais pour tous les ouvrages qut exigent une grande solidité on donnera toujours la préférence au galuchat.

GALUPPI (Baldassabo), dit aussi BURANELLO, compositeur d'opéras, qui jouit de son vivant d'une grande réputation, né en 1703, dans l'Ile de Burana, près de Venise, fut l'élève du célèbre Lotti. Après avoir débuté dès 1722, à Venue, par un opéra qui n'obtint qu'un médiocre succès, il ne tarda |tas à devenir par ses autres compositions l'objet de l'attention générale, et fut nommé maître de chapelle à Saint-Marc en même temps que professeur au Conservatorio dcgli lncvrabili. Appelé à Pétersliourg en 1766, comme maître de chapelle, il revint deux ans après reprendre ses fonctions à Venise, où il mourut, en 1785. Le genre dans lequel il réussit le mieux fut celui de l'opéra • comique. Il n'écrivit pas moins de cinquante partitions de ce genre.

GALUPPI (Pasquale), philosophe italien , né en 1774, a Tropea, en Sicile, mort a Naples, en 1846. Sans faire précisément époque dans l'histoire de la philosophie, il a tout au moins le mérite d'avoir su affranchir l'Italie de l'empirisme de Romagnosi et d'avoir initié ses compatriotes à la connaissance des philosoplies de l'Allemagne. Comme professeur, ses ouvrages obtinrent un immense succès en Italie, où les propagèrent (de nombreuses éditions originales et d'aussi nombreuses contrefaçons. Nous citerons entre autres ses Elément! di Filosofia (4e édition. Milan, 1846), ouvrage qui a en les honneurs de plus de dix contrefaçons; Filosofia dclla Volonta( 4 vol., î* édition, 1846) ; Lettere filosoficht su le. vicende délia filosofia relativamente à principi delleconoscenze vnwne deCartesio insinaà fiante* MU., Naples, 1838); ouvrage traduit en français par Pcissel (Paris, 1847); Considerazioni filosoficht su ïidealismo transcendentale et sul razlonallsmo assotuto ( 2e édif. , Milan, 1845); Storla de Filosofia ( Naples, 1842); Elementi de Teologia naturale( Naples, 1844); etc., clc.

GALVAIVI (Locis), médecin et physicien célèbre, naquit à Bologne, le 9 septembre 1737. Il est |4ul6t connu par l'importance que par le nombre de ses travaux , car une seule découve/te, due au hasard , mais au hasard attentivement observé, l'éleva soudainement et presque à son insu au plus haut degré d'Illustration. Les premières années de la jeunesse de Galvani furent consacrées aux études théologiqocs ; il montra de bonne heure un zèle fervent pour la religion catholique, dont il observa toujours minutieusement lef préceptes. H allait quelquefois dans un couvent habité par des religieux , dont la règle «Hait d'assister les mourants à leur dernière heure. Trouvant leur institution sublime, il recherchait avec passion leur entretien , et vou-

lut même , dans un moment de' ferveur et de zèie, presto l'habit de leur ordre ; mais un de ces Pères respectables le détourna de ce projet, et le rendit à l'étude des sciences. Il commença dès lors à s'occuper des différentes branches de la médecine , sou* le patronage du savant professeur Ga- Icazzi , qui eut ponr lui l'attachement d'un père , et lai accorda en mariage une de ses filles.

En 1762 , Galvani soutint avec distinction une thèse savante sur la nature et la formation des os. 11 fut bientôt nommé professeur d'anatomie à l'institut des sciences de Bologne. L'excellence de sa méthode et la facilité de soi élocution lui attirèrent un grand nombre d'auditeurs. Les courts loisirs que lui laissaient les devoirs de sa chaire et la pratique habile de la chirurgie et des accouchements, il les employait à l'étude de l'anatomie comparée. L'année 1790 fut la plus douloureuse de sa vie : il perdit son épouse chérie, et ce malheur affreux, qui le rendait inconsolable, fut rivant-coureur de nouvelles infortunes. La république cisalpine exigea de tous les fonctionnaires un serment que Galvani refusa de prêter. Fidèle à la voix de sa conscience, il sacrifia avec une résignation exemplaire les émoluments attache* à la place qu'il occupait, et , dépouillé de ses dignités, de son état , presque réduit à l'indigence, il se retira chez a» frère Jacques, jurisconsulte habile. Bientôt il tomba dans un état de langueur et de marasme, dont les soins, aussi éclairés qu'assidus de ses amis, ne purent arrêter les progrès. Par égard pour sa grande célébrité , le gouvernement r» salpin décréta que , malgré ton obstination , sa chaire lui serait rendue ; mais cette faveur fut inutile : tant de coups portés à sa sensibilité étaient irréparables, et la mort, qu'il avait tant désirée, vint * soixante ans (le 4 décembre 17?») terminer cette vie flétrie par l'injustice et le chagrin.

Les travaux, trop peu nombreux, qui ont immortalisé le nom de Galvani sont consignés dans les Mémoires de l'Institut des Sciences de Bologne; les plus importants sont : 1* Be renions atque. ureteribus volatillum, qui doone une description exacte des reins des oiseaux et des variations qu'ils présentent dans les diverses espèces ; 2° De volatillum aure, qui contient uno partie des matériaux importants qu'il préparait pour un grand ouvrage sur la structure et les fonctions de l'oreille. Quand le célèbre Scarpatit paraître ses Observations sur la fenAtre ronde , piqué Je voir dans cette monographie la plupart des faits qu'il le premier fait connaître dans les séances particulières d< l'Institut, Galvani renonça à son projet, et consigna dans cette courte esquisse les remarques qui ne se trouvaient pas dans le livre de Scarpa. 3° De viribus electricitatis in moln musculari comentarkts. Cet opuscule, qui ne contient qu'une cinquantaine de pages, portera le nem de Galvani A la postérité la plus reculée. Quoiqu'il soit facile de voir que son auteur ne connaissait qu'imparfaitement ce que l'on savait alors sur l'électricité, circonstance qui explique comment il s'est laissé entraîner à des idées systématiques dépourvues de netteté et de rigueur, on admire surtout la sagacité rare et le véritable génie qu'il lui a fallu pour saisir et varier avec tant d'art le phénomène extraordinaire des convulsions en apparence spontanées que les corps mutilé des animaux éprouvent après la mort par le contact des niétaux, et en faire sortir une brandie nouvelle de la physique, connue sous le nom de galvanisme. Asoanwx.

GALVANIQUE. ( Dorure, Argenture ). Voyez Doit un r..

GALVANISME. On donne ce nom à la cause qui produit certains effets électriques par le simple contact de corps hétérogènes, ou même de corps semblables, mais de température différente. Ce fut en 1789 que le» première» observations de ce genre se présentèrent à Galvani, médecin et professeur à Bologne. Il préparait des grenouille* pour des recherches sur l'excitabilité des organes musculaires, et, après les avoir écorehéea et coupées |*r ic milieu du corps, il avait passé au Ira vers de la colonne vertébrale un fil de cuivre recourbé en crochet ; les suspendant

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