GALVANISME
ai«v> pv liasard à on balcon de fer , il rit avec étonnent en t que des «renouilles morte» et mutilées, éprouvaient au même nkuaeatde Tires convulsions. Un observateur moins habile aurait pa remarquer le fait, mais il en aurait imaginé quelque explieatR/n spécieuse , et se serait occupé d'autre chose, (ut moins prompt dans ses jugements : doué d'une pâté , il saisit dans ce phénomène un principe noui , et en fit sortir celte branche féconde de la physique a laquelle on a donné son nom. 11 remarqua d'abord que les convulsions des grenouilles n'étaient pas permanentes, qoe pour les produire il fallait que le vent ou une autre cause acculent elle (Il toucher quelque point «le leurs muscles a la tige de fer qui portait le crochet de cuivre. Il varia frjiu'oup cette expérience, et reconnut enfin que tout se réduisait a établir entre les muscles et les nerfs de la grenouille me communication par un arc métallique. 11 observa que les convulsions s'excitaient encore quand cet arc était d'un seul métal , mais qu'elles étaient alors très-faibles , et que pour les rendre fortes et durables il fallait employer le contact de deux métaux différents; qu'alors on pouvait compléter la communication par des substances quelconques , pourvu qu'elles fussent conductrices de l'électricité. H fît mirer dans la clialne de communication d'autres parties
et même des personnes vivantes, se tenant par la main , et ces convulsions se manifestèrent encore. Galvaoi, qui savait alors que l'électricité produisait des effets pareils sur les grenouilles exposées à son influence , aurait dû penser que les convulsions produites par les métaux liétérogènes étaient aussi l'effet de quelque courant électrique, mais il n'en tira pas cette conséquence si simple; Q crut y voir l'effet extraordinaire d'une nouvelle wurce d'électricité, qu'il appela éiectricité animale, et qui, existant primitivement dans les muscles et dans les serfs , circulait quand on mettait ces parties en communication par un arc métallique.
L'explication est séduisante; elle fut accueillie avec transport , a cette époque de grandes réformes et de grandes découvertes, et le fluide nouveau fut appelé, Jftrirfe galvanique. Nais Vol ta , en répétant ces expériences, y découvrit des indications toutes différentes ; il recl»crclia d'abord quelle était ta quantité d'électricité nécessaire pour faire contracter les mudes de la grenouille en les traversant par décharge , et reconnut que cette quantité était tellement faible qu'elle suffisait a peine pour faire diverger les pailles d'un électroseope Ires-sezwible ; rapprochant ce fait de la nécessité du conlad de detax métaux hétéroçène* pour exciter des con» valsions , il en conclut que le contact même des métaux «ail la circonstance Jusque alors inaperçue qui déterminait le développement subit de l'électricité. Cette vérité fut mise bors de doute quand il prouva que deux disques isolés, l'un de zinc et l'autre de cuivre , prennent en se touchant des eut* électriques opposés, et peuvent charger un électr o- •eopearmé d'un condensateur. En centinuant ses recherches, Voila découvrit les propriétés de la pile électrique.
Ce qui établit une différence fondamentale entre cette électricité galvanique et celle produite par le frottement, c'est que lorsque deux métaux sont superposés , non-seulement chacun manifeste une certaine charge d'électricité contraire , mais encore , si on enlève cette électricité, elle se reproduit spontanément, et si l'on établit |un conducteur entre les faces opposées des deux métaux , il livre passage à un cousant continu d'électricité. Il semble donc qu'une puissance inconnue écarte les deux fluides électriques de la surface de contact des métaux, tandis que ces fluides se réuni uent sans cesse dans le conducteur intermédiaire : cette l*us<ince a reçu le nom de force éUtlromotrice ; elle naît du contact de substances hétérogènes , et réside à la surface de jonction : la, elle sépare les deux fluides électriques, faisant passer le résineux sur un des corps et le vitré sur l'autre. Quand on réfléchit au nombre prodigieux de substances différentes mises en contact dans la terre que tons, et même dans les plus petits des êtres organisés ,
voit quel rôle immense doit jouer cette force universelle.
Dans les premiers temps du galvanisme, on a fait de nombreuses expériences sur ses effets thérapeutiques; mais ces essais, tentés par des médecins qui connaissaient mal la théorie, alors fort incomplète, de ces phénomènes, ou par des physiciens complètement étrangers à l'art de guérir, ns donnant pas les résultats merveilleux qu'on s'en était promis, ie galvanisme fut presque abandonné. C'est cependant un moyen très-puissant , qui seul a le privilège d'agir directement sur les nerfs malades, à quelque profondeur qu'ils soient situés, tandis que les autres médicaments exercent leur action sur la peau ou sur les membranes muqueuses et n'ont sur le système nerveux qu'une action indirecte {voyez Électoo-Punctvre). Des expériences curieuses, faites en Angleterre par Wilsou Philippe pour étudier les phénomènes de la digestion, montrent jusqu'où va le pouvoir d'un courant galvanique lorsqu'il parcourt les nerfs. Il avait choisi deux lapins : tous deux mangèrent des quantités égales de persil ; immédiatement après le repas , les nerfs pneumogastriques furent coupés et renversés sur tous deux. Les extrémités inférieures des nerfs furent chez un seul mises en communication avec le pôle zinc d'un appareil galvanique , dont le pôle cuivre était en rapport avec la région de l'estomac. Quatre heures après, en ouvrant te lapin soumis au galvanisme, on vit que le persil était digéré, tandis que chez l'autre, qui avait subi une mutilation semblable , cet aliment n'avait éprouvé qu'une altération très-légère. Celte expérience, répétée par des observateurs différents, a toujours donné le même résultat , toujours le courant galvanique a suppléé l'action vitale.
Dans les corps récemment privés de la vie , le courant galvanique excite encore des commotions et des mouvements extraordinaires : on dirait que tout l'organisme fait d'incroyables efforts pour se ranimer; mais ces violentes convulsions cessent avec le courant , et tout retombe dans l'inertie de la mort. On a vu en Angleterre un pendu, une heure après avoir subi sa sentence , exécuter , sous l'influence d'un courant galvanique des mouvements respiratoires semblables à ceux d'un homme qui dort profondément, puis rouler les yeux et (aire des grimaces effroyables, de manière à donner l'espérance de le rappeler a la vie. Le galvanisme offre le meilleur moyen de décider si la mort est réelle ou apparente , et de rendre à la vie les noyés et les asphyxiés.
Les effets physiques de la pile ne sont pas moins curieux. Si le courant passe a travers un conducteur suffisant, on n'observe aucun phénomène électrique ; il n'y a plus aucune tension dans l'appareil, mais ce conducteur présente alors des phénomènes d'attraction et de répulsion; il dévie l'aiguille aimantée. Si le conducteur est insuffisant, si c'est un fil métallique assez fin , il s'échauffe et rougit pendant tout le temps que le courant le traverse. Si le lil est plus fin encore, il est fondu, et quelquefois même volatilisé. Si l'on fait passer le courant entre deux morceaux de charbon placés dans le vide, ces charbons deviennent lumineux, éblouissants , tant que le courant passe , et ne perdent pourtant aucune partie de leur poids. Les effets chimiques de la pile sont plus merveilleux encore : l'eau est décomposée par elle, et l'oxygène se rend a un des pôles et l'hydrogène a l'autre. Les oxydes sont réduits par la pile et décomposés comme l'eau : l'oxygène parait au pôle zinc et le métal au pôle cuivre. Les acides se décomposent comme les ox y des , et leur oxygène se rend encore au pôle positif. Enfin , tous les sels sont décomposés de la même manière; et tandis que leurs éléments voyagent pour aller an pôle de la pile où ils doivent se rendre, ils peuvent traverser les liquides, pour lesquels ils ont ordinairement la plus grande affinité, sans se combiner avec eux , de sorte que l'affinité chimique change avec l'état électrique des corps dont die parait être une conséquence Asdrieux.
Les actions galvaniques ont été mises a profit par l'industrie. On peut en donner comme exemple le/er galvanisé.