U GAMBA
a Venise, il fonda lui-même une librairie à Padoue. En 181 1 , époque à laquelle il (ut nommé censeur pour tes provinces asiatiques, il acheta l'imprimerie di Alvtsopoli, fondée à Venise par Mocetiigo; et quelques année? |>laa Urd, le gouvernement autrichien le nommait \ice-bibliothécaire «le Saint-Marc. 11 est mort le 3 mai 1841 , frappé d'un coup d'apoplexie à l'athénée où il (aUait un cours. Son premier ouvrage fut les Série dei testi di lingua usati a ilampa nel Vocabulario délia Cruscu ( Ba&sann , 180b , in-V ) , dont une nouvelle édition a paru à Venise eu 1818 ; livre indispensable à ccu\ qui se livrent à l'étude des sources historiques de la littérature et de la philologie. A cet ouvrage .se rattachent les aeric degli scritti impressi nel dialetto vcnauino ( Venise, 1832) , le Catalogo délie più important! edizwni f degli il lus tratori délia Dtvina Commedta delV anno 1472 al 1832 (Padoue, 1832 ), et la Bibliograjia délie novclle Italiane in prota ( 2' édition, Florence, 1835 ) ; on a aussi de lui un grand nombre d'essais biographiques, et des notices, tantôt disséminées dans de gramU ouvrages , tantôt publiées uvolémunt.
GAMBADE, espèce de saut, dont quelques dictionnaires donnent une définition assez impropre en le fixant a un mode de mouvements déterminés, c'est-à-dire à l'action de sonlever une jambe en arrière, ne se soutenant que sur l'autre , comme si ou cUil prêt à s'enfuir , le tout en guise de mépris ou de moquerie d'une personne ou d'une chose. Nous aimons mieux appliquer ce mot à tontes les espèces de sauts, de mouvements brusques, irréguliers, agiles, plus ou moins bizarres, auxquels se livrent les singes dans les exercices qu'on leur apprend , ou dans les habitudes ordinaires de leur vie. Tous les mouvements que fait alors ce quadrumane, toutes les allures plaisantes ou grotesques qu'il prend, et que caractérise si bien le mot gambade, sont un résultat de sa conformation, de son organisation particulière, et surtout de la légèreté , de la mobilité de ses membres et de son extrême agilité.
G YMHAKIl A (G. de). Dana la voluminetiae correspondance de Voltaire, on rencontre une lettre fort spirituelle adressée a un oflicier italien qui avait fait hommage au patriarche de Furoey du premier client d'un poeme intitulé : Carnéide. Le savant et laborieux éditeur de Voltaire, Bouchot, écrit, dans une de ses notes, qu'il ignore ce que c'est que la Cornétde. Nous somme» plus heureux que lui, puisque nous a\ons sous les jeux, nous possédons un exemplaire de ce poeme, tort peucoiuiu, de G. deGambarra. Cette épopée est assurément une des plut étendues qu'il y ait au inonde, puisqu'elle ne contient pas moins de soixante-onze chant* . parmi lesquels il s'en rencontre d'une taille démesurée; le soixante-dixième comprend M» octaves, et le soixante-onzième en renferme 87b. Le toutv remplit sept fort volumes in-8", imprimés à Livourne en 1781. L'auteur suppose que, s'étant endormi , il a été transporté dans une région peuplée de cerfs , de bœufs et autres animaux cornus ; tons les hommes y portent également sur la tête une majestueuse |»aire de cornes , et il eût été mis en pièces s'il ne se fût empressé de se décorer lui-même d'un semblable ornement. Ce pays est celui de Gormola ; les habitants en sont très-nombreux : ci vorrian tre secoli a con tarit .
Quant au sujet de ce poeme interminable, c'est une plaisauterie beaucoup trop langue contre les maris trompés. Le poeta cornogru/o (c'est le titre qu'il se décerne) n'a voulu ni lyre, ni trompette, ni cithare; il a soufflé de toutes ses forces dans une corne, et s'est pro|»sé d'ailleurs de n'oublier aucun circicornutistimo contorte qu'il a pu rencontrer dans les récits de Flustoire ou dans ceux de la mythologie. Parmi les saints [qu'il célèbre tout aussi bien qu'aurait pu le faire Bussy, nous avons remarqué Philippe de Macédoine, Socrate, Molière, Milton. Les héros de l'histoire romaine, les personnages de la fable, sont le pins souvent en possession de la scèue; Ulysse, Marc-Antoine, Ménélas, Auguste, Collatia, Jupiter, Sémiramls, Vénus, Lucrèce, Pénélope, Minerve, Fuivie, Cléopâtre, figurent au premier rang. Tou* prononçait
- GAMBKY
| des discours extrêmement longs et peu amusant». D'acte», I il n'y en a guère; les femmes se révoltent, et attaquent b ville de Cornovaglia ; le dénombrement des deux armée» remplit quatre chants ; à la fin de l'ouvrage Catua se tue, Ulyt* reçoit lorce coups de bâton , et Sémiramis triomphe. Toit cela est entremêlé de petits épisodes dont plusieurs oal den été traités par La Fontaine. Le chaut dix-huit nous «flic l'histoire d'un Becco incomato pertouo, e toddtsJaUo; le chant vingt-six reproduit le conte du Rossigtol, et celai du Bât s'est déjà montré dans le citant quatorze. A la suite de chacun des soixante-onze chants se rencontrent quelque noies où il n'est guère question que d'histoire grecque ou romaine et d'archéologie. Gambarra nous apprend qu'il eUit officier dans un régiment au service de l'Autriche, qu'il toi vit son poème durant un séjour qu'il lit a Naple», et qu'il n'y mit pas plus de doute mois. Nous n'avons d'ailleurs, m cuu renseignement sur sa vie ni sur l'époque de sa mort
G. Baimst.
GAMItKSSOM ou GANBttSSON , espèce de jaque >•> de pourpoint à l'usage de la cavalerie légère, imité des Ru mains, descendant jusqu'aux cuisses, et consistant en une casaque large et cotte-tnaillée. 11 était composé de plusieurs peaux de cerCi, cousues les unes sur les autres , rewbuwu* en dedans de laine, d'étoupe ou de crin. Il y en avait <Jc pfcu légers et de mieux ouvragés : ceux-ci prenaient leuuu <Jr cendeaux. Ce vêtement, en usage |>endanl toute la dura Aimoyen âge, était destiné a rompre l'eflort de la lance, A*t le coup, quoiqu'il ne pénétrât pas la chemise de nmlks. aurait meurtri le corps en y enfonçant les maille» «te k» dont elle était composée. Le gamltesson se mettait mu» h chemise de mailles et aussi sous la c uirasse. On le buu. mait également gambeion ou ganbeton, gambiuoa, son et gambtex.
GA1IBEY (HcKiti-PatjncscE), mécanicien illustre, lien 178», mort à Paris, en 1847, membre de l'Académie uV Sciences et du Bureau des Longitudes, eut aussi ses cm» mencements ingrats, obscurs et pénibles. Il rai fallut >1 » bord se contenter du poste modeste de contre- nul t/t j Compiègne, puis à l'École des Arts et Métier* de Cbiksu A sa sortie de cet établissement, il s'établit dans uot n» obscure du faubourg Saint-Denis, et s'y livra à la labriciiw des instruments de précision , construisant dès lors >k sextants et des cercles répétiteurs qui déjà portaient i empreinte de la sûreté de sa main et de la rectitude de M" jugement, fcn voyant la supériorité avec laquelle il exécutait les instruments connus, les savants n'hésitèrent pu ' s'adresser à lui pour le charger de créer ceux qui bViutaiefat [«as encore. On éprouvait particulièrement k tatou d'un instrument avec lequel il fût possible de mesurer evaclr ment des angles horizontaux et des angles verticaux. Gante* se mit à l'œuvre, et à l'expositiou de 1819 on remarqua* beaux théodolithes.La grande médaille d'or rëcurt^oi> ce travail, et dans les deux expositions qui suivirent, de» cnet d'oeuvre de plus en plus admires lui méritèrent la méinen compose. La construction d'un équatorial ou Innette f» i ral lactique appela de nouveau sur cet artiste, vrannei j créateur, l'attention du monde savant. Oa peut adjurer l'Observatoire de Paris ce bel et ingénieux iastnuoMt. c ! a encore dans le même éUbbssement, outre on cerde mun : une lunette méridienne construite par G ambey . Nous citeru aussi , parmi les instruments ou perfectionnés ou inveat par Gambey , le calhétomitrc, à l'aide duquel oa me* correctement les distances verticales, et son Mluutat, cb d'eeuvre qui a pour but de donner aux physiciens le n»! de fixer dans une direction constante un faisceau de lumw Tant de grands et utiles travaux méritèrent à Gainbci plus flatteuses distinctions. La Légion d'Honneur, ù * vent recherchée par la médiocrité vaniteuse, vint le cherct le découvrir dans son atelier, pour s'illustrer elle-même un pareil choix. Le ministre de la marine le nomma ingénieur en instruments de navigation ; le Bureau «les L gitu.ta l'appela dan son sein, et l'Académie des Sens
GAMBEY -
recevait ea 1»37 dans sa section île mécanique l'ancien oMin-aalln de Collons «i replacement de Mollard. Ajoutons qu'au inomedt ou mw mort prématurée Tint le frapper, i»aiubey allait entreprendre la construction d'une çi^ftfltrt^iH- lunette parallactique à l'Observatoire de Pari».
GAMBIE «mi GAMBIA, après te Sénégal le plus grand fteuve de la Séaéganibie, sur la cote occidentale de l'Afrique, l'trad sa source dans la contrée qu'on appelle Foula- Ter», arrose las pays de Tenda, de Bond ou, de Iaul, de Satuutu, de BaJibou et de Barra, et, après un cours d'environ 9t royriamètres, Tient se jeter dans l'océan Atlantique, ju cap Sainte-Marie, au-sud du cap Vert, par un grand nombre de bras, qu'unissent divers canaux naturels, qu'on tenait jadis pour autant de rivières distinctes. Des cataracte* fréquentes et un grand nombre d'Iles y rendent la nidation très-difficile. Il est relié par le Nériko au Sétfgal.
La cofooie anglaise du même nom, provenant d'établisse • neufs et d'acquisitions qui remontent aux années I6ts, Igsi et t*te, compte une population de 5,000 Suies sur une superficie de trois myriamètres carréJ. Elle se compose tic î'Ste Sainte-Marie, où se trouve le chef-lieu Bathwst, de l'tfe Maccarttiy, d'une Ile artificielle créée dans le fleuve à peu 6i distance de son emboucUiire et sur laquelle on a construit le fort Saint-James, et de quelques hameaux Toisins.
GAMHIKA ( Iles), archipel situé dans le Grand-Océan, par u° de latitude méridionale, et 137* de longitude occi- - Va taie, fut découvert en 1777 par l'amiral anglais John Gambier ( né en 1766, mort «a l&tt ), que le bombardement de Copenhague en pleine paii, en i»07, a rendu si fameux, et qui, en 1809, détruisit la flotte française avec des braloU, à l'Ile d'Aii. Ce groupe ae compose de cinq Ile* fort ékvées et de plusienre autres beaucoup plus basse* : une chaîne d'écueils de corail ceint ces dernières. Les iiauttants, une des races les plus mélangées de la Polynésie, suot généralement d'une haute stature ; et le capitaine Dm lie y , quand il les visita, les trouva singulièrement in- Us^uiiers Depuis lors les cliosea ont bien changé, grâce aux missionnaire* cal Indiques français qui, il y aura bientôt un quart de siècle, tinrent s'établir dans ce petit aiclupel. Lu isM, à l'occasion d'une relâche de la frégate La Charte, au Bailliage de l'une de ces Iles, les principaux chefs se réunirent et manifestèrent au capitaine leur intention de se placer, en et leur territoire, sous la protection de la France ; mais quand ces faits parvinrent à la connaissance du ministre de la marine, celui-ci s'empressa d'adresser au coinmandant de la station française de la mer du Sud des instructions pour qu'il eût à se bien garder d'aller au -delà du fait accompli, c'est-à-dire de ne rien faire qui pût indiquer de ta part de la France l'intention d'y établir une colonie ou seulement un point de relâche : tant le gouvernement de Louis-Philippe eut toujours peur d'éveiller les ombrageux soupçons de l'Angleterre. Le groupe des Iles daiuhter, situé au veut de l'archipel de la Société, cl possédant un Ik>ii port, est d'ailleurs peu peuplé. les missionnaires méthodistes qu'on rencoulre de tous côtés en Polynésie n'ont point encore clierctié à y pénétrer, et en ont jusqu'à ce jour Lusse te» habitants livres sans contestation aucune à l'influence des missionnaires catholiques français.
GAMELLE, grand vas» de bois ou de fer-blanc à l'usage des matelots et des soldats. S'il est vrai que les proverbes soient la sagesse des nations, celui-ci : « La soupe fait le soldat, et le soldat mange à la gamelle, ■ sufiit a montrer l'importance de la gamelle dans les armées : le» chefs de corps doivent donc veiller à son entretien comme à celai des armes ; le succès des campagnes en dépend souvent, car le soldat mal nourri est à demi vaincu. Le soldat est une véritable machine de guerre : on lui pèse son sommeil, et ses jeux, et son pain. Bien qu'élément constituant de toute la puissance militaire, il n'étend guère son horiton au delà de la |wrtée de son bras; sur le champ do bataifte, M ne doit songer qu'a sa compagnie , a son ilra|>eau ;
-GAMELLE us
| rentré au camp ou à la caserne, la gamelle devient son signe de ralliement ; qu'il ait assez d'intelligence pour reconnaître
j les huit hommes qui mettent la main au plat avec lui, qu'il sache serrer les rangs avec eux autour de la même gamelle, et son éducation est fort avancée. Au plat comme à l'exercice, le caporal est son chef de file ; la soupe est versée dans la gamelle, et de la gamelle dans chaque assiette des huit soldats qui , debout encore , entourent la table oblongne dont la gamelle occu|te le centre; puis les portions de viande sont découpées et placées sur la soupe. Chacun doit prendre sans choisir celle qui se trouve devant lui. Autrefois, après avoir posé sur leur pain leur morceau de viande, tous ensemble prenaient la cuillère à la main, prêts à la plonger dans lebrouet; il se faisait un silence solenuei ; le caporal puisait le premier, c'était le signal d'exécution ; les autres, (oui à tour et par ordre, imitaient la manœuvre du chef de H le, et bientôt on n'entendait plus qu'un cliquetis de cuillères et un bruit de mâchoires. La joie et leaquoliluts n'ai rivaient que quand la gamelle commençait à s'épuiser; et cet heu reux moment se renouvelait deux fois par jour. Aujour d'hui, chaque soldat mange à table comme un bourgeois, et n'en est pas plus fier pour cela. A la guerre, ou en campagne, les gamelles, marmites et bidons, sont en fer-blanc; on les enveloppe avec soin d'un fourreau de toile, et les soldats les portent sur leur havreaac.
Le matelot aussi mang>- la soupe à la gamelle; sa gamelle à lui est un vase en bois ouvert et plus large par le haut que par le bas; il ressemble à un petit sceau; deux cercles en fer le consolident, et il doit être assez grand pour contenir la ration de huit à dix hommes. Tous ceux qui roan geat à la même gamelle sont égaux ; les matelots , les quartiers-maîtres, ont leurs gamelles séparées; cependant, toutes ont un chef de plat, désigné pour la police de la table.... Nous disons table, parce qu'à bord des grands navires , vaisseaux ou frégates, le matelot mange sur des tables suspendues dans les batteries. Mai» a Iwrd des petits bâtiments, le gaillard d'avant est sa salle à manger ; le ciel bleu, gris ou brumeux, lui sert de pavillon; le pont, de table; sa nappe est une toile goudronnée; Il pose dessus la gamelle et le bidon prtkieux qui renferme son vin : tout le monde s'assied en rond autour du plat, les jambes croisées ou à demi couches à ia façon des empereurs romains. Le vieux de la bande fait une croix à travers les flots de va|»eur qui portent en l'air le parfum de ses fèves, et dit : « Attrape à manger I le branle-bas de la gueule commence. - Puis le bidon passe et repasse a la ronde; bidon chéri I tous le couvent de l'œil dans sa route circulaire s le nectar qu'il verse est si doux au matelot , c'est le liaume de toutes ses blessures ; c'est son âme I Et il court tant de dangers, ce bidou d'amour ! Quand un coup de roulis chavire pêle-mêle gamelles, nappes et matelots, une main protectrice maintient le bidon dans In verticale, suspendu sur toutes les têtes. Quel sombre désespoir si le vin du bon Dieu allait être répandu! La gamelle est moins précieuse; si la vague qui déferle couvre le pont d'une écume salée, nul ne se donne la peine de |*é server la soupe de celte assaisonnement imprévu, car l'estomac se fatigue du lard salé et dis lèves ; on a bien assez de nourriture à bord. Mais du vin ! ce vin si cher , qui retrempe les forces , provoque les joyeux propos et tes histoires de l'autre monde, qui fait oublier les fatigues, la ploie et les rafales glacées, qui donne des ailes pour grimper dans les cordages, et des griffes pour se cramponner aux mats quand la mer brise et ébranle le navire, jamais, jamais on n'en a assez ! Du reste, gamelles et bidons sont entretenus avec un soiu |»rfail ; le bois en est d'un blanc sans tacite, ou couvert d'une couche de noir brillante comme du jai ; les cercles en fer sont fourbis comme de l'acier poli.
le mot gamelle a pris dans la marine des airs arislo erotiques; de la table des matelots il est monté à celle des chefs : on dit la gamelle des o/Jicters, ia gamelle du coi u mandant; et quelque jour l' Académie sera condamnée, i eu*