FRISONS
L'air dans cette province est chargé d'humidité; mais sain. L'agriculture et l'élève du bétail y sont pratiquées sur une vaste échelle et avec un rare succès. On récolle des céréales, des légumes et des graines de tréfile ; on produit aussi beaucoup de gros bétail, de porcs, de moutons et de chevaux. La fabrication du beurre s'y élève, année commune, à I million de florins, et celle du fromage de 4 à 5 millions de livres pesant. Le commerce d'exportation utilise la plut grande partie de ces importants produits de l'agriculture. La pêche, la construction des navires, le cabotage et l'exploitation des tourbières occupent eu outre une partie notable de la population. Les liabitants, descendants des anciens Frison s, appartiennent pour la plupart à la religion réformée ; ils se montrent très-attachés à l'idiome, au costume et aux usages de leurs ancêtres. Aussi industrieux, aussi passionnés pour la liberté que lea Hollandais , mais plus ouverts, plus communicatifs, plus gais qu'eux, on vante à bon droit leur loyauté en allaires, l'intrépidité de leurs marins, l'adresse de leurs patineurs. Ils jouissent de beaucoup de bien-être. L'état de l'instruction publique dans ces contrées est des plus satisfaisants. On n'a pas seulement pourvu aux besoins de l'instruction supérieure par IMthenxum, jadis université célèbre, existant à Franeker, et par plusieurs collèges où on enseigne les langues grecque et latine, mais encore à ceux de l'instruction primaire, par la fondation d'un grand nombre d'écoles élémentaires et gratuites.
Le chel-lieu de la province est Leeuwarden ; la ville coin merciale et maritime la plus importante est ensuite H«rlingen. Citons encore Franeker, Dokkum, Sneek, grand centre du commerce du beurre et du fromage, Staioreu, Workum et Htndelopen, villes situées sur le« Lords du Zuyderzée, en lin les Iles à'Ameland et de Schiermonnikoog, dont la population se livre surtout à la navigation. FRISE ( Ciirv al de). Voyez Cheval dk Fhisk. FRISONNE ( Langue). Voyez Faisons.
FRISONNE (Loi). Voyez Frisons.
FRISONS (en latin Frisii;tn latin du moyen âge Frisottes, Frisiones; dans leur propre langue Frisdn ), peuple germain, dont le territoire s'étendait encore au treizième siècle le long des eûtes de la mer du Nord, depuis la Flandre jusqu'au Jutland , quand |>our la première fois ils eurent des rapports directs avec les Romains en raison du tribut que leur imposa Drusus. Ils habitaient depuis te Rhin jusqu'à l'Ems l'extrémité nord-ouest de la Germanie, et confinaient aux Bataves, aux Uructères et aux Chauces. Impatients du joug que Rome leur avait imposé, ils le brisèrent l'an 28 après J.-C, et réussirent à se maintenfr indépendants jusqu'à ce qu'en l'an 47 Domitius Corhulon les soumit encore pour quelque temps aux Romains ; mais plus tard, unis aux Bataves et commandés par Civilis, ils se révoltèrent de nouveau. En même temps que les Francs s'avançaient du bas Rhin vers le sud, les Frisons se lépandaicnt aus>i dans les Iles formées par les embouchures du Rhin, de la Meuse ci de l'Escaut. Dans la contrée riveraine de la mer du Nord située entre l'Ems et l'Elbe, ce ne fut point l'immigration qui fit prédominer la dénomination de Frisons, mais seulement cette circonstance qu'on l'étendit aux Chauces ( Cfiauci ), peuplades qui avaient avec les leurs beaucoup d'à limités d'origine. De même qu'on divisait les Chauces en Grands Chauces ( Chauci Majores ) habitant à l'ouest du NVescr, et en Petits Chauces ( Chaud Minores ), habîtaut la contrée située entra le Weser et l'Elbe, de même on divisait les Frisons en Frisii Majores et Minores, les premiers fixes à l'ouest, les seconds à l'est du Fly ou Zuyderzée. Les Frisons du Nbrd ou du Littoral, qui aujourd'hui encore habitent les uns, sur le continent, la cote occidentale du Schleswig, les autres les Iles avoisinantes { Xontstraiid , F(thr, Sylt), au nombre d'environ 70,000 âtnes suivant 'le Frison Clément, et seulement do 26.H00 suivant le Danois Allen, agglomérés en 40 paroisses, semblent de même n'être point venus la par immigration mais n'avoir reçu ce nom
du moyen Age.
Ce fut Pépin d'Héristal qui , vainqueur du prince Ratbod à Donited (689>, soumit le premier les Frison* du sud -ouest à la domination franke, et qui en même temps introduisit parmi eut le christianisme , dont l'évêché cTUtrecht devint bientôt le principal foyer dans ces contrées. La domination franke s'étendit jusqu'à l'Yssel et au Fly, canal de déeltarge du Zuydenée, que les empiétements de la mer à la suite dus tempêtes agrandirent de plu» en plus; puis par Charles Martel, <|« en 714 délit et tua dans une bataille le duc des Frisons i>oppo, depuis le Hy jusqu'au Lauwers ou Laubach , ou Boni face prêchait en ce moment même le christianisme , pu» de la, de l'autre eétt de l'Kms jusqu'au Weser, où les peupla/les les plut orientale* prirent part aux guerres des Saxons ; par Charlemaghe, qui en 7*5 cotalia a saint Lludgar le soin de contenir le* Prisons, et en 802 fit recueillir et rédiger Imr droit d»ns la Les fYtiiomm. Des comtés Turent institués dans ks pays; et plus tard encore, en raison des brixanita^es commis par les Normands, Il fat créé un comté de frontière* ( dveatns Prisut ). Dans le code que nous veimi* rie mentionner, tl est déjà question d'une division du territoire firtson en trots partie» : Tune entre l'embouchure de h Meuse ( Slnc/alQ et le Ply (Zuydenée), l'autre entre te Hy et le Lanwers , h troisième entre le Lauwer* et le
Lors du partage de l'empire entre les Ris de Louis l'Ailele tiers situé à l'ouest du Zuydonée, ou Frise occiéctrat à Charles; tandis que les deux autres parties, échue* a l'Allemagne, conservèrent Jusqu'au quinzième siècle le nom de Frise orientale. Les coutumes frankes a» a nt de bonne heure Jeté de fortes racines parmi les Frisons du and-ouest, le type frison s'y effaça insensiblement. Il en Tut de même de l'antique constitution de ces Frisons et de leur langue , en remplacement de laquelle se forma sous des influence* Irankes et saxonnes la langue néerlandaise, bans cette partie occidentale de l'ancien pays des Frisons, te fut attast seulement au dixième et au onzième siècle qse se constitua la souverain été territoriale dans les comtés héréditaires de Hollande et de Zéeiande, de Gueldres et de Zatphen, et dans l'éveetié d'Ctrecht et d'Yssel. Le territoire d'Alkmaar jusqu'au Hoorn ne fut réuni à la Ilollan ■eizième siècle, a la suite de longues et sanglantes Cest ainsi que le nom de Frise ( Friesland) ne resta en usage qne pour désigner la contrée qui s'étendait entre le Zuydenée et le Weser; et dès lors par Frise occidentale ( Wesffriesland ) on entendit ce second tiers , situé entre le Zuydenée et le Lanwers , et par Frise orientale [Ostfriesland ) la partie dn territoire des Fixons libres, *itoee a Test du Lauwers Jusqu'au Weser, jusqu'à ce que le nom de Frise orientale ne resta plus en usage que pour désigner la contrée qu'on appelle encore ainsi de nos jours, et qui est située a rembottehorc de FEnis (ou province [landdrosM] d'Adrien, en Hanovre).
Avant sa réunion I la Hollande, la Frise orienlale avait fait part» de là confédération dite des sept cantons maritimes, qui, lors de la destruction de la puissance des comtes trank*, groupa en un tout , quoique avec des délimitations de frontières assez peu fixes, tes différentes tribus frisonnes (on des Frisons libres, commes elles se dénommaient ellesrirtnc*. par opposition attx Frisons soumis à l'empire frank). La noblesse et les paysans libres formaient des communes rurales, auxquelles présidaient des juges annuellement élus. Un comité de juges et de délégués des cantons maritimes se r unissait tons les ans en diète générale dn pays à Upstalsboom, près dMurich ; et cette assemblée exerçait le droit de légation générale ainsi que le pouvoir judiciaire suprême, en même temps qu'elle avait mission de veiller à la défense du pays. Les querelles et les guerres intestines des chefs , qui peu à peu s'imposèrent au pays, amenèrent la dissolution de cette confédération, qui cependant fut encore renouvelée es 13-23 ; mais la diète générale cessa complètement de se