FRISONS 1S
dans les premiers temps i réunir au quatorzième siècle. ( Consultez Ledebur, Les cinq
' gaus de Munster et les sept cantons maritimes de la Frise [Berlin, 1835]. ) L'indépendence des Frisons fut aussi l'objet d'attaques extérieures. A l'ouest de l'Ems, dont l'embouchure, à ta suite d'irruptions de la mer arrivées en 1177 et 1287, devint le Dolla rt, la contrée de la Drenthe et de Grosuingiie finit au commencement du quinzième siècle par être réunie à Févécfaé d'Utrectit, qui députe longtemi» y était investi des droits compétant au comte. Dans la contrée à laquelle on donna dès lors de préférence le |nom de Frise* située entre le Lauwers et le Fly , et qui forme de nos jours la plus grande partie de la province néerlandaise appelée Frise ( Friesland ) , le» Frisons opposèrent une résistance courageuse aux tentatives de conquêtes faites par le comte de Hollande, et en 1467 aimèrent mieux ee.soomettre à l'Kmptre. Leduc Albert de Saxe se maintint ches eux jusqu'en 149» comme gouverneur héréditaire; en 1523 Charles-Quint réunit leur territoire à l'héritage de Bourgogne.
Dans la contrée située a l'est de l'Ems , Edzard Zirktena (ut nommé en 1430 chef d'une confédération dont la formation mit fin aux guerres privées qui avaient sévi depuis le quatorzième siècle. Son frère Alberich, élu chef en 14*4 , tut créé par l'empereur Frédéric lit comte de la Frise orientale. A sa maison, qui s'éteignit eu 1744, en la personne de Karl Fdzard, finirent aussi par se soumettre, en 1 ifw>, les chefs de la partie orieutale du pays ( habitée pur les Itustrings ) , soumission qui permit, en I&24, à Siebeth Papinga de briser les liens de suzeraineté qu'exerçait sur te pays l'archevêque de Brème, l'adversaire te plus constant, avec les comtes saxons d'Oldenbourg, de l'indépendance des Frisons. Consultez les ouvrages allemands intitulés Histoire de la Frise orientale, par Wiarda ( te vol., Brème 1*17 ), et Histoire des Che/s de la Frise orientale, par Suur ( Emdem , 1840 ).
La langue frisonne tient en quelque sorte te milieu entre l'anglo-saxon et l'ancien Scandinave ; elle offre de nombreux rapports avec la langue des Angles ou Anglais du Nord , probablement par suite des immigrations, toujours plus fréquentes, qui curent lieu dans ce pays da la part des Frisons et des Chauces. C'est dans les antiques monuments du droit frison que cette langue ( l'ancien frison ) apparaît sous sa forme la plus ancienne, qu'eue conserva jusqu'au commencement du seizième siècle. Ces monuments sont, au point de vue de la langue comme h celui des idées, les Jugements d Ems de 1300 ou 1313, la Lettre de Brokmer de la seconde moitié du treizième siècle , le Droit des Rus t rings de la première moitié du quatorzième siècle, et , parmi les lois auxquelles obéissaient sans distinction de localité tous tes Frisons, le Livre d'Asega, composé vers l'an 1200. Chaque gau avait d'ailleurs ses lois propres, rédigées dans son dialecte particulier; Les Sources du Droit
Frison, par Richthofen (Go ttingue, 1840), contiennent la collection à peu prés complète de ce qui s'en est conservé. A partir du quinzième siècle, le frison fut de plus en plus remplacé, à l'ouest par te hollandais, dans la Frise orientale par le haut et le plat-allemand, dans la Frise septentrionale par le plat-allemand et par te danois) aussi n'exisle t-il plus comme dialecte populaire, et encore à l'état de misérable jargon, que dans quelque* rares localités isolée* de l'ancien territoire des Frisons. Par opposition à l'ancien frison* on l'appelle le Jrison moderne, ou encore te /tison des pagsans ( Bauernfriesisch ), parce que tes paysans seuls le parlent et qu'il n'est point parvenu à l'état de tengue écrite. On y distingue aujourd'hui cinq dialectes principaux : celui de la Frise occidentale; celui delà Frise septentrionale, dont Ouzen a publié un Glossaire (Copenhague 1837) et qui est l'objet de nombreuses observations dans l'ouvrage de Clément; celui de l'Ile d'Heligoland, fortement mélangé de plat et de haut-allemand , et dont Œtrich a publié un petit dictionnaire ( 1846 ) ; celui de Wangeroge, qu'on parle dans l'Ile de ce nom; enfin celui de Sa ter, qu'on parle dans les marécageuses contrées du duché d'Oldenburg qu'on appelle sateiiand. On trouvera dans le I" volume des Ar-