GANNAL
lus» appliquée aux poêle* et modifiée du tant de manières. CV*t «ucore à lui qu'oo est redevable de ces briquet* à étui rouge en carton, brique ta dit* oxygénés ou au cblorate dépotasse , que les allumettes chimique» et fulminantes ne vaudront jamais, au moins pour la conservation des yeux et la sécurité. Cannai trouva un mode nouveau pour fondre le soif et le durcir; et telle fut la première origine de la bougie chandelle, qui n'est pas le Pérou. Sa fabrique d'encre et de cirage excellents, vers 1821, eut quelque réputamai* ne l'enrichit pas. Il se mit alors à fabriquer de h colie forte, qu'on nommait gélatine. Gannal contestait de* bit à la gélatine sa propriété nutritive. Gannal a été des premiers à prémunir le gouvernement contre le blanchiment des papiers timbrés et la falsification des actes publics au moyen du chlore ; ce fut en 1825 qu'il proposa à M. de Peyronnet , alors ministre de la justice, un moyen de déces frauduleuses tentative* et de les constater. Mais grave question , soulevée il y a vingt-trois ans , est cacore à l'étude. L'institut lui décerna un prix de 1,000 fr., pour avoir utilement conseillé et appliqué les vapeurs de chlore dans le* catarrhes pulmonaires chroniques; et quoique uns titre légal, il a quelquefois sans intérêt dirigé des traitements de ce genre. Il composa de toutes inèc**, uruMbietuent avec du chanvre, 6,000 kilog. de charpie vierge pour l'expédition d'Alger en 1830 : cette charpie cootait à peine le tiers du prix auquel fût revenue la charpie oe linge, très- rare en ce temps-là. A la mémeépoque, Gannal modifia les tentes-haches pour campements et les couvertures des caissons d'ambulance ; mais cette fois encore, en gardant le secret de ses inventions. Son projet de panifier la pomme de terre et diverse* fécules ne réussit pas complètement. 11 pensa trouver la source du cinquième de la chaleur vitale qui dépasse les produits positifs de la respiration pulmouaire, dans cette portion d'air qui précède dan* l'estomac chaque bouchée d'aliments. Avec de la gélatine et du sucre il composa économiquement pour les imprimeurs ces rouleaux élastiques qui sont requis par la presse mécanique.
A plusieuix reprises, Gannal renouvela ses études et ses expériences sur la gélatine. Après s'être fait maigrir et
qu'on pro|H>rtionne au luxe du personnage défunt plutôt qu'à un rigoureux besoin d'éclipser d'autres odeurs. L'opération faite, l'enseveli peut être embarqué pour des rives lointaines et pour l'éternité. On a plusieurs fois exhumé de ces corps embaumés qui n'offraient après des années presque aucune altération visible. A l'exposition de 1839, on voyait une merveilleuse momie de petite fille dont la ligure vermeille était découverte, et que des parents inconsolables venaient embrasser tous les huit jours. Avec cet embaumement d'invention nouvelle , les corps restent parfaitement intacts et les organes au grand complet; on n'en distrait ni le cerveau, ni le cœur, ni les entrailles, et rien n'est mutilé. Tout semble réuni pour le jugement dernier. Tandis que par l'embaumement dit à la Louis XIV, les cavités sont vides de leurs viscères , le cerveau détruit, et le corps en lambeaux. Pour réussir, il lui fallait surtout «les dépouilles d'homme* illustres, qui pussent motiver de louangeuses réclame* • le cadavre de Cuvier lui échappa. Il ne put non plus se faire concéder ni l'embaumement de Talleyrand, ni celui du jeune duc u'Orléans, qui lui avait pourtant promis qu'aucun de* siens ne serait embaumé que de sa main et d'après «on pro cédé. Plus tard Chateaubriand et Balzac passèrent du moins par ses mains.
Kulrc embaumeur obtint l'assentiment des sociétés sa* vantes : l'Institut lui accorda un des grands prix Montyon, comme s'il se fût agi d'une découverte intéressant la santé. Il eut aussi l'approbation de l'Académie de Médecine, malgré les murmures de quelques praticieus qui s'effrayent de toute concurrence. Dès ce moment il fut de mode d'être embaumé. Il restait bien encore certains scrupules en quelques âme* pieuses, craignant de divorcer d'avec le ciel en adoptant des pratiques païennes ayant pour but de périmer des restes périssables. Mais l'archevêque de Paris, M. deQuélen, leva ces scrupules en vouant se* mortelle* dépouille* aux injections et aux bandelettes de M. Gannal , à qui la famille lit don du magnifique portrait dti célèbre prélat. Non content d'exploiter en personne la capitale, Gannal ent des cessionnaires en province et à Pétranger ; il embauma par ambassadeurs. Depuis 0 jusqu'à 2,000 fr.,
dépérir jusqu'à la souffrance en mêlant à sa nourriture c'étaient les limites de ses prix. Cependant la découverte
ne passa pas sans objections. On mit en doute non-seulement sa nouveauté , mais son efficacité durable. Durable , il serait regrettable qu'elle le fût trop , car si un grand nombre de morts étaient embaumés et que la conservation en fût sans limites, les défunts prendraient insensiblement la place des vivants, et l'Europe finirait par n'être qu'un vaste cimetière. Gannal eut à souffrir d'autres tourments : lui qui avait eu pour protecteur l'ancien doyen de l'Ecole de Médecine, il le trouva ensuite moins favorable à ses intérêts. Ce médecin dominateur sembla lui susciter des critiques cl de* rivaux, et parut suggérer ses déprédateurs , favoriser ses adversaires. On accusait d'ailleurs Gannal d'introduire de l'arsenic dans son liquide d'injection. Des chimistes de Rouen, appelé* comme experts près des tribunaux, crurent remarquer que les corps embaumés renfermaient quelquefois dcVarsenic du fait de l'embaumement Une ordonnance parut interdisant tout embaumement au moyen de l'arsenic. L'Institut s'ingéra de cette question si grave, et déclara que les parcelles d'arsenic qu'on avait pu trouver dans quelques corps embaumés par le procédé Gannal provenaient sans doute de l'impureté des liquides employés. Cette savante compagnie a reconnu que le procédé Gannal n'implique nullement l'intervention de l'arsenic ; que sa réussite ne se fonde point sur un poison ; elle engagea l'inventeur à surveiller, à analyser plus attentivement que jamais les liquides dont il faisait usage.
Homme d'esprit parfois excentrique, on l'a vu envoyer au jour de l'an jusqu'à 100,000 cartes de visite, oa se trouvait mentionnée sa qualité d'embaumeur. Sa politesse allait surtout chercher les personnes riches et âgées, auxquelles il semblait dire : Mémento, homo, quia pulvis es. Celait anticiper le mercredi des Cendres. Mais la mort
des quantités croissantes de gélatine, il finit par démontrer que cette matière , à peu près inerte à ce dernier état , a plusieurs degrés et plusieurs états, dans lesquels V tuai y se chimique permet de constater des différences fort sensible*. Le premier degré ou gélifie est la matière or- ?aru.-ée et primitive; la substance du deuxième degré, ou la ÇéJét, n'est que le produit de l'action de l'eau et de la chaleur sur la Réline ; enlin la gélatine, ou troisième degré, n'est que de la gelée desséchée. Le principe primordial est donc la géluie. C'est lagéline qui se décompose et s'altère par la fermentation putride. Or, Gannal eut le hasard de découvrir que cette gefinc a la propriété de décomposer tous les sels soiubles d'alun, et dès ce jour il avait trouvé la manière de conserver les viandes pour les grandes expéditions et les voyages de long cours, le moyen de conserver les pièces 'l analomie dans les musées sans de coûteuses dépenses d'alcool, le moyen d'assainir les amphithéâtre* d'anatomie et de prolonger économiquement et sans danger la dissection «Tua même cadavre, enfin le seci
le secret, uien
tant, bien plus inespéré, bien plus fructueux, de conserver sans décomposition les corps ensevelis pendant un temps presque illimité. A partir de ce moment l'embaumement devint un art dont Gannal fut l'inventeur et dont il put légitimement s'attribuer le monopole. Voici son procédé : Par une étroite ouverture pratiquée à l'une des artères carotides , on injecte dans l'aorte et l'universalité des artères une solution de sels al u milieux. Tous les organes sont imprégnés de ce sel d'alun, qui pourvoit à leur conservation. F.DMiiu; on entoure de bandelettes, à la manière des momies £*0Ptc, le* membres, le tronc et la téle du corps embaumé, ainsi préservé du contact de l'air, ce subtil élément de toute dé-
et des parfums