‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 115 sur 614 · GANNAL — GANS · texte numérisé non relu

GANNAL — GANS

vint l'enlever lui-même nu mois de Janvier 1855. Il laissait ses procédés et sa clientèle à aon AU.

Gannal a publié d'innombrables brochures, et les deux ouvrage* suivants : Du chlore employé comme remède contre la phtisie pulmonaire ( Pari», 1855, in-*j°); Histoire des embaumements et des préparations des pièces d'anatomie normale, d'anntemie pathologique et d'histoire naturelle ( 5' édit ; Paris , 1S4I , to-R* ).

fT Isidore Roua don.

GA A \ fcJlON (HiProLrre), ancien membre de la chambre des députes, et ancien président du tribunal de commerce de Paris, était né dans cette ville en 1791 , «Tune tamilte d'honorables mais modestes marchand*. Un oncle, resté célibataire et parvenu à une fortune asset notable dans un commerce peu attrayant , la fabrication et la vente en gros des cltandeltes , se chargea de son éducation , et le lit élever avec soin an collège Sainte-Barbe. A sa sortie «le cet établissement, Ganneron suivit tes cours de l'École de Droit, subit avec distinction les examens et autres épreuves d'usage , et , reçu enfin licencié, put faire inscrire au tableau de Tordre des avocats un nom qui n'avait guère encore brillé qu'au-dessus de la devanture rie la boutique, passablement enfumée , où son oncle débitait si fructueusement , rue Montmartre , ses paquets de chandelles. Avocat stagiaire pendant deux années, il fit consciencieusement son apprentissage de défenseur de la veuve et de l'orphelin , puis il s'aperçut un beau jour que tant d'assidu travail n'avait abouti , en définitive, qu'à le classer dans les doute on quinte cents avocats sans cause qui obstruent les avenues du palais de justice. Ce fut U pour Hippolyte Ganneron un Instant bien douloureux. Son oncle comprit sa juste tristesse ; il reconnut que tous deux avaient fait fausse route, et pour réparer de son mieux sa part dans le tort commun , il lui offrit de céder sa maison de commerce. Ganneron eut le bon sens d'accepter la géuéreuse proposition de son bienfaiteur, et de faire rayer courageusement son nom du fameux tableau de l'ordre, pour l'inscrire désormais tout simplement dans l'Almanach du Commerce.

A partir du moment oh 11 eut fait le sacrifice de ses pensées de gloire et de succès an barreau, il appliqua aux affaires le bon sens pratique dont il était naturellement doué. Loin de dégénérer entre ses main , la vieille maison Ganneron prit au contraire une hnrKtrtawa nouvelle, grâce aux spéculations aussi hardies que bien combinées qu'il fit sur les suifs de France et de l'étranger. Il était naturel que par la position qu'il occupait dans le monde cotimerdal et par ses études spéciales , Ganneron fut désigné au choix de ses pairs, les négociants notables de la place de Paris, pour les élections au tribunal de commerce. Il faisait donc partie de celte magistrature si populaire et si honorable, qui l'avait même appelé a j «résider l'une de ses sections, au moment oh te ministère Polignac tenta contre la Charte et les libertés publiques l'audacieux coup d'État qui devait en trois Jours amener la chute du trône de Charles X. Les fameuses ordonnances de Juillet supprimaient la liberté de la presse, et taterrlisaient aux journaux la faculté de paraître désonnais sans autorisation préalable de l'autorité royale. Les imprimeurs de plusieurs feuilles publiques, quoique tenus par des marchés réguliers passés avec les propriétaires de ces journaux , se hâtèrent de se soumettre aux ordonnances du 55 juillet, en refusant d'imprimer les feuilles qui ne seraient pas autorisées. Les journalistes, dont on anéantissait ainsi, d'un trait de plume, la propriété, traduisirent Immédiatement à la barre consulaire leurs imprimeurs pour y voir dire qu'ils eussent à con Bnuer d'exécuter les clauses de leurs divers marchés nonobstant les illégales ordonnances publiées par le Moniteur du 5o. La fusillade avait déjà commencé rne Saint-Honoré entre le peuple et la garde royale, quand la section du tribunal de commerce présidée par Ganneron rendit un jugement conforme aux conclusions des demandeurs, en le motivant «ur l'illégalité et nar suite sur la enmnlàte

nullité d'ordonnances qui prétendaient substituer à l'avenir le l»on plaisir royal à l'empire des lois. Ao milieu de l'émotion générale qui régnait dans l'auditoire et qiie jurti fiait la gravité des circonstances, on remarqua la noble lermeté avec laquelle Ganneron prononça sa sentence.

La reconnaissance publique n'oublia pas de comprendre Ganneron parmi les hommes qui avaient le plus contribué à la révolution de Juillet, par leur inflexible respect pour la lui et par leur dévouement à la cause de h liberté. Aux premières élections qui eurent lieu, Ganueron n'eut pour ainsi dire qu'à se présenter am suffrages des électeurs pour obtenir les honneurs de la députatioa. Malheureusement, comme tant d'antres, il se laissa pipn m\ belles promesses du prince acclamé roi dans la journée <h> 7 aoflt par tes deux cent vingt-un, et se rangea dans le parti n> U résistance contre l'idée du progrès et du perfectionnement successif des institutions. Ganneron , dans la lutte ardente qui s'ensuivit, eut bientôt perdu une popularité si justement et si honorablement acquise. Cependant Ganneron se fit en plus d'une circonstance remarquer à la chambre par la netteté et la lucidité de ses appréciations financières ; aussi joui* sahVil d'une grande influence dans les comités, qui maintes for» le choisirent pour rapporteur. Ou ne saurait nier néanmoins que dans la majorité antinationale qui soutint pendant dix huit ans te système de corruption à l'aide duquel Louis Philippe entendait non pas seulement régner, mais gouvernrr. Ganneron n'ait été l'un des représentants les pli» compromis de cette bourgeoisie égoïste qui crut un instant que ta révolution n'avait détruit tes privilèges de la no blesse que pour consolider la prépondérance du liant commerce. Esprit droit et positif, Ganneron ne tarda pas , aprw d'amers déboires, à prendre la politique en mdifférence aise* prononcée, c'est-à-dire à attacher fort peu dlmporfw aux intérêts égoïstes et cupides, qu'elle ne sert que trop souvent à dissimuler. Quoique siégeant au centre, H In arriva plus d'une fois de ne pas voter avec la majoriti* unrmaete enrôlée par te ministère , et de témoigner d'nse indépendance qui vers la fin le faisait comprendre dans la partie de l'assemblée désignée sous le nom de reftfto gauche.

En 1844, à une époque oh l'essor factice imprimé au commerce et à la simulation par le système politique de Louis-PhUippe avait amené sur la place de Paris us grand déploiement d'activité Industrielle, Ganneron fit appel au crédit mérité dont son nom était universel lement entouré dans le monde commercial pour fonder, sous le nom de Comptoir Ganneron , une banque «recompte , basée à peu près sur tes mêmes principes qu'un établissement du même genre créé, plusieurs années auparavant, par Jacques Laffitte, et que la révolution de Février a entraîné dans une ruine identique. Les capitaux affluèrent pleins de confiance dans la rapacité et U haute .probité de l'homme qui les appelait à son aide , maù à qui il ne devait pas être donné de mener à bonne lia une entreprise commencée sous de Men trompeurs sut* pioes. Le 54 mars 1847 , une dotbiennUéxie enlevait prématurément le fondateur du comptoir, dont la perte Inspira de vifs regrets à tous ceux qui avaient pu apprécier en lui les vertus de l'homme privé.

6ANS(Éuoe*«n), représentant de l'école imiloropM'''" de Jurisprudence et disciple de Thibaut et de Hegel, naquit à Berlin, te 55 mars 1798. Reçu docteur en droit, ce fnt à partir de l'année 1850 qu'il commença à Berlin son opiniâtre opposition contre l'école historique de Jurisprudence, qui y dominait, et à la tête de laquelle se trouvait Savign y ; et il se fit d'autant plus de partisans et d'admirateur* que l'influence de Hegel était alors plus puissante sur la jeunesse des universités et aussi en dehors de ce cercle restreint. Bien que dans les acclamations et tes sympathie* de la foule, il n'y eut pour bien des gens qu'une afftire de mode, son opposition à l'école historique eut du moins cet avantage qu'elle faisait contre- poids A un système affiné

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