GARASSE
s'enlhuuuuit de haine contre ses adversaires, distillant con Ire eux sans relâche te fiel et la caJoinoie. C'est ainsi qu'il poursuivit l'avocat général Louis Servin, qui n'aimait pas les jésuites, et surtout le célèbre Éticuna Pasquicr, coupable d'avoir, ea 15S5, plaidé contre eux en faveur de l'université. Il est vrai que le factum de ce dernier avait soulevé l'opinion contre la Société, en dévoilant hautement ses vues ambitieuses et son esprit d'envahissement.
Fatigués des invectives journalières que Garasse ne cessait du vomir contre la mémoire Je leur père, les fils de Pasquier y firent répondre par un avocat nommé Remi, qui, dans son Anti-Gui asse, rendit à l'agresseur outrages pour outrages. Théophile, poète renommé, fut aussi en butte aux traits de Garasse sans l'avoir provoqué : accusé d'athéisme, il avait tout à craindre des .iliaques du jésuite , qui pouvaient le conduire au bâcher. Mais les intérêts de la religion ou ceux de ses confrères n'excitaient pas seulement la bile de Garasse; il suffisait de blesser son amour -propre pour qu'elle débordât. Un prédicateur, François Ogier, ayant osé critiquer son livre intitulé La Doctrine curieuse des beaux esprit* du temps, où il prêchait la morale en style de la foire, tout semé de pointes et de turlupinades, Garasse lit pleuvoir sur lui un déluge d'injures aussi ignobles que violentes; et cependant, s'il faut en croire l'historien de l'institut des jésuites, il était plein de modestie, de douceur et d'affabilité. Habitant Poitiers, où il avait, dit-on, été relégué par ses supérieurs , il sollicita, lorsqu'une maladie contagieuse fondit sur cette ville, la faveur d'aller soigner les malades à l'hôpital, et mourut victime de son pieux dévouement, le 14 juin 1031.
Outre ses écrits satiriques contre Servin et Pasquier, il a composé des poésies latines asses estimées, et une Somme théologique, qui fut censurée par la Sorbonne, comme renfermant des falsifications des passages de l'Écriture. Un a encore de lui plus de vingt v oliimes d'écrits ascétiques, restés manuscrits. Sxiht-Pmosi'er jeune.
GARAT ( DomitiQt'E-JosEPii, comte), né le 8 septembre 1749, à Rayonne, était fils d'un médecin domicilié à Ustarite, bourg peu distant de cette ville. Il reçut de son père et d'un parent, qui était curé, une excellente éducation, qu'il alla terminer à Bordeaux, au collège de Guyenne. Apre» s'être fait recevoir avocat dans cette ville, il vint à Paris, où il se lia avec les philosophes, et se fit bientôt connaître avantageusement par ses Éloges de V Hôpital ( 1778), de Suger ( 1 779 ) , de Montausier ( 1 78 1 ), de Fontcnelle ( 1 784 ), dont tes trois derniers furent couronnés par l'Académie Française; il écrivit en même temps dans le Mercure français , dans le Journal de Paris, et (ut chargé au Lycée du cours d'histoire qui venait d'y être fondé en 1785. En relation avec Condorcetct avec tous les publicistes qui surgirent des assemblées des notables, il habitait Paris au moment de la convocation des états généraux. Le tiers état du bailliage basque du Labour le nomma , lui, son frère et leur cousin d'iturbide, leurs représentants s l'Assemblée nationale. On fut surpris de voir un orateur d'un |vareil mérite monter rarement à la tribune : |>eut-être la faiblesse de sa voix en fut-elle la cause. Du reste, il servit sans doute plus ifluncemcnt le parti des réformes par l'analyse raisonné*; qu'il donnait des séances dans le Journal de Paris.
Porté deux fois au ministère dans les temps les plus oradeux de la révolution (à celui de la justice le 12 octobre 1792, a celui de l'intérieur le 14 mars 1793), ii eut, en la première qualité, à 'remplir le triste devoir de notifier à Louis XVI son arrêt de mort. Peu de jours avant le 31 mai, il ne pouvait croire à la possibilité d'un attentat de la commune de Paris contre la représentation nationale. Il fut pourtant bientôt jeté dans les prisons; on te croyait perdu, des amis le sauvèrent. Après le 9 thermidor, il fut nommé ministre de l'instruction publique sous le titre de commissaire général; et quand l'École Normale s'ouvrit, il y fit des leçons brillantes sur l'analyse de l'entendement. L'Institut, lors de sa formation, l'admit dans sa section des