‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 120 sur 614 · GARAT · texte numérisé non relu

GARAT

sciences morales et politiques, et te Directoire le choisit, eu 1798, pour ambassadeur à la cour de Naplet. Nommé plu tard membre du Conseil des Anciens, il fut porté an Sénat après la révolution du 18 brumaire, prononça l'éloge <fc Kléber et de Desaix lors de l'inauguration du monument élevé à leur mémoire, et, comme président de la seconde classe de l'Institut, répondit, en 1803, au discours de réception de Parny.

Le sénat conservateur avait vu se former dans ton swn une opposition fort modérée , composée de Grégoire, de Volney,de Destutt de Trac y, de Lanju I nais et de S i e y è s. Attiré vers l'empereur, qui l'avait fait comte, Garât, qu'on avait ap|>élé jadis le jacobin malgré lui, n'osait p*s non plus méconnaître ou combattre la vive sympathie qui l'entraînait vers les opinions libérales. Ainsi, quoique adinirâleur et |>artisan de Napoléon, il penchait toujour* ver» )'op|Msilion , et cependant sou nom ne se retrouve point sur la liste des sénateurs appelés à la pairie lors de la première Restauration. Sénateur éliminé par les Bourbons , il or fut pas davantage compris au nombre des pairs des ceat jours, lors du retour de l'empereur. Mais , nommé a U chambre des représentants parles Basses- Pyrénées, il Uis>i de côté Foucher et ses intrigues, La Fayette et son opintilr« utopie, et se déclara franchement pour Napoléon, dont k maintien lui paraissait indispensable au salut de la Franc?. Il écrivit, au bruit du canon qui tonnait autour de la capitale, une déclaration de principes digne d'un grand peupk et portant l'empreinte d'un grand talent. Aussi, dans la reuc ganisation de l'Institut, fut-il expulsé de l'Académie Français, comme David de celle des Beaux-Art*.

En 1818, il publia ses Mémoires sur M. Suard et surit dix-huitième siècle. Jamais l'indocile fécondité <te son esprit ne s'était dévoilée plus ingénument : il n'avait d'abord voulu composer qu'une simple notice. Ce fut le dernier ouvrage qu'il fit imprimer; il donna seulement depuis quel ques articles dans divers recueils littéraires. On loi doit, outre ses Éloges, un travail sur Moreau ( 1HI4); des Considérations sur la Révolution française (1791), <td» Mémoires sur la Révolution ( 1795 ) , dans lesquels il explique sa conduite pendant qu'il était aux affaires. Il al»»* encore un portefeuille riche de travaux Importants et varies tels que des Éloges de Bossuet, de Condillac, de Montd quieu, et une Histoire des Basques , ses com|»alriotes, qu'on dit pleine d'intérêt.

Le comte Garât mourut le « décembre 1 833, à Ustariti, peu de temps après avoir été réintégré à l'Académie des Sciencemorales et politiques, mais sans avoir été rappelé a l'Académie Française. Eug. G*hvr m. Mosciavi

GARAT ( Piemhk-Jean ), neveu dn comte Garât, ne à Ustariti, le 25 avril 1764 , fut le chanteur le plus étonnant que la France ait jamais eu. Fils d'un avocat distingué, il n'était point destiné à la profession d'artiste : guidé pu on instinct irrésistible, il fut musicien dès son enfance. Sa mère lui donna les premières leçons ; il apprit ensuite h vocalisation d'un Italien nommé LamberU, qui habitait U ville de Bayonne. François Beck , compositeur d'un grand mérite, directeur de l'orchestre de Bordeaux, perfectionna te goût et le sentiment du beau qui étaient naturels » *>■ élève. A selie ans, il vint à Paris pour y faire ses étude» en droit : c'est a la musique, au chant, qu'il donna tout son temps. Il se lia avec le chevalier de Saint-Georges, violoniste fameux , prit part aux disputes des gluckistes et des piccinistes, profita des exemples précieux que lui don naient M"*' Todi et Mara, virtuoses italiennes d'un talent différent, et pour la première fois il eut l'idée d'un chant pur, élégant, correct, d'une vocalisation parfaite et d'une expression naturelle. Son père, voyant qu'il négligeait t««l à fait l'étude du droit , supprima la pension qu'il lui i^ait pour son entretien a Paris. Le comte d'Artois lïndeinni» en ie nommant son secrétaire particulier, et te fil entendre à la reine Marie- Antoinette, qui l'admit à l'honneur de foin: de la musique avec clic.

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