‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 121 sur 614 · GARAT · texte numérisé non relu

GARAT

Toute relation avait cesse entre Garât et «on père , lorv- «st le comte d'Artois fit un voyage à Bordeaux : son sécréta dans u

taire l'acconijtagna , etclianla dans un concert donné au bé ■dke de son ancien maître BecL. Garât s'y surpassa, et liait par attendrir celui qui n'avait pas voulu lui pardonner juwjue alors. Le père, entraîné par les accents mélodieux de un 6k, l'embrassa, et de v i nt l'un de ses plus zélés admirateurs . De retour a Paris , Garât y trouva la troupe italienne connue «utb k nom de troupe de Monsieur : elle y avait débute en 17*9. Mandini, Viganoni, MM0*' Morichelli, Banti, chantant admirables, y brillaient au premier rang. Garât , mieux qo'on autre, pouvait apprécier leur mérita. Sa mémoire u iNieale était prodigieuse : il savait non -seulement le* morceaux qu'ils chantaient, mais il retenait encore les inflexions les lioritures de cliaque phrase. Indépendamment de Jw>n génie pour l'embellissement du chant, U s'emparait à l'instant et pour toujours de tout ce qui était bon

Ju*qua la révolution, Garât n'avait été qu'amateur : la |ieiU du sa fortune le lança parmi les artiste». Fendant le temps île la terreur, il voulut passer en Angleterre avec Rt«W . leur vais-seau, emporté parles vents, alla aborder a Hambourg , où d'excellents concerts offrirent des ressources aux virtuoses voyageurs. Garât revint en France vers la lin de 17M , et se fit entendre au* concerts du théâtre Fcvdeau , soi cuucerts de la salle Clery : partout on l'accueillit avec *t* transports d'enthousiasme. Professeur au Conservatoire , Garât y forma des chanteurs pour tous nos théâtres et même pour lés théâtres étrangers. Doué d'une cluileur entraînante et de la tacullé si rare de communiquer ses propres sensations, il a su, mieux qu'aucun autre, exciler l'émulation des élèves , (aire uaitreeu eux le sentiment du beau, et leur inspirer la confiance du talent. Roland, Nourrit père, Despéramons, l'onchard, Levasseur, Rigaut, MM1"" lt.trbier-Valboane, Uranchu, Fhilis, Duret, boulanger, II* gaut, Duchauip, et beaucoup d'autres chanteurs, furent élève* de Garât , et lui ont do la plus grande partie de leurs succès.

La voix de Garât était un ténor élevé, dans le genre de celui de Rubini, inoins volumineux pourtant. Il chantait des airs de basse d'une manière très-satisfaisante. Son exécution, pleine de feu, de verve et de vivacité, savait se plier a tous les genres de composition , et donner à chaque ouvrage ta couleur et le caractère les plus convenables : en- Irataaot dans le paUiétique , élégant , spirituel dans le demicaractère, d'un comique parfait dans le style bouffe, il a compose des romances et des pièces fugitives qu'il chantait a ravir, et dont le succès a été merveilleux , telles que Le Ménestrti, Bélisaire, Je Pointe (uni!, etc. Ccstlui qui a fait connaître à la France la musique de Mozart, en exécuta»! d'une inauièreeuebauleresse, etavec celte fougue, ce feu, dont on n'avait pas d'idée encore : Fin ch'han dalvino. Son so put cosa son, A'on più andrai , etc. Il excellait à chanter la musique simple et sévère de Gluck. Il n'était pas lecteur déterminé , ce qui lit dire à Lcgros : <■ Quel dommage que Garât chante sans musique! — Sans musique! s'écria Sacchini , Garât est la musique môme. •

Dans les dernières années de sa vie, il perdit sa voix : il en fut affligé sensiWement Le souvenir de sa renoiiunée, loin de charmer sa vieillesse, était un tourment pour lui . il était encore avide des succès qu'il ne pouvait plus obtenir. Il cherchait à se faire illusion et chantait encore; mais U n'était plus que l'ombre de bù-mème. L'aspect d'un beau talent dans la décrépitude n'inspirait plus que de la pitié à ses amis. Il s'en aperçut euliu. La conviction qu'il ne vivait que par le passé altéra sa sauté, et Unit par lui donner la mort, le lrr mars 1823, à l'âge de cinquante-neuf ans. Ainsi se termina la carrière d'un des chanteurs les plus forfaits qu'il y ait eu. line éducation forte, comme celle qu'on recevait autrefois dans les écoles d'Italie , n'avait point dirigé «es premiers pas : U ne dut son talent qu'a ses propres observations, à son génie. Castil-Blaib.

GAHAVAGL1A (Gwvita), l'un des plus habiles gra-

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veurs des temps modernes, naquit le 1* mars 17SW, a l'avie, et dès sa plus tendre enfance dessina sous U direction du professeur Faustin Ande rlo ni, qu'à l'âge de seise ans il se trouva en état de |jouvoir seconder pour la gravure des grandes planches anatomiques de Scarpa. Heureux des grandes dispositions qu'annonçait un élève à qui il portait une tendre amitié, Anderloni envoya en lëoa le jeune Garavaglia à Milan, où il lui (ouruit des moyens de subsistance, et où son protégé put suivre les leçons de Lungtii. Sur les premiers ouvrages que t*)ravagUa exécuta dans celte vil!*, U y en eut déjà deux de couronnés par l'Acatlémic t La Fille d'Herodias, d'après Luini, et Horatius Cocles. La sainte Famille d'après Rapltael, qu'il termina à l'âge de vingt-trois I ans, après son retour a Pavie, obtint aussi le même honneur II grava en outre les portraits d'ungraud nombre de i célèbres, soit par leur naissance, soit par la gloire des ou par leur génie, et au premier rang desquels il faut citer I Charles -Quint. Il exécuta ensuite pour Luigi Bardi le Ikivnl | du Guerchin et LBnJant Je nu de Maratta. A l'âge de viugttrois ans il commença la Rencontre de Jacob et de Racket d'après Appiani, et développa dans ce travail une telle habileté de gravure et une telle grâce de dessin que cet ouvrage serait peut-être celui qu'on préférerait dans toute son œuvre, s'il n'avait pas fait paraître presqu'en même temps La Madonne à la chaise d'après Raphaël, œuvra encore plus remarquable, et qui ne le cède en rien à tout ce que Morgue» a pu graver de mieux. L'n autre chef-d'œuvre de cet artiste est sa Béatrice Vend d'après Guido Keni, dont U tête est d'uue admirable expression. La 1*33, Garavaglia succéda à Morghen comme professeur de gravure à l'Académie de Florence ; mais U mourut dès le 27 avril 183».

GAKA Y (Jesn ), l'un des meilleurs poètes hongrois, né en tslî.a Szekesard, dans k coinitat de Tolua, lit ses études à partir de 182U, à Funfkirrbeu, puis à Pesth, où plus tard il obtint à la bibliothèque de la |»rovince un |ielit emploi qui lui permit tout au moins de se livrer sans préoccupations d'avenir à son goiit pour U poésie. Préparé par une sérieuse étude des classiques allemands, et excité par les énergiques poésies de Vœrusmarty ; il fit paraître en 1834 son poème héroïque Csatar, dont le succès fut des plus encourageant*. H donna ensuite a de très -courts intervalles les un* des autres plusieurs drames, dont les sujets sont généralement empruntes à l'histoire, et parmi lesquels on remarque surtout Arboct (l»37) et Bathory Brssebet (lato). De 1*34 a 1830, l'un des collaborateur* du Reçela, et de 1838 à 1839 rédacteur en chef du Htrnok de Peslli , Garay enrichit en outre un grand nombre d'autres journaux et recueils périodiques hongrois de ses productions lyriques. Il excelle surtout dans la ballade, comme le prouve le cycle de ballades historiques qu'on a de lui sous le titre à'Arpadok (Pcsth, 1847 ; a" édit. 1848). Ses poésies lyriques, Balaioni Kugylok (1843), sont aussi fort remarquables. Son ouvrage le plus récent est un poème épique dont saint Ladislas est le lient». Lu 1843 il a été fait une édition complète de ses œuvres poétiques , et l'année suivante une édition également coinjdele de se* contes et nouvelles.

GAHGETTES, cordes faites de fil de caret ou bitord |»r un agencement alternatif de brins en nombre impair ; elles n'ont jamais plus de 2 mètres à 2 mettes 30 de long. Elles servent à prendre des ris (diminuer l'ampleur des voiles, lorsqu'il fait trop de vent ), ou à marier ( fixer, attacher) le tournevire ( petit cordage ) au cable quand on lève l'ancre. La garcelle de tournevire est d'égale grosseur ; mais les garcetles de ris sont puis grosses au milieu qu'aux deux bout*, comme elles sont d'inégale grandeur. Dans les anciens usages de pénalité maritime, U garcelle était l'instrument avec lequel on frappait sur le dos nu des matelots qui avaient encouru un châtiment {vojfes Boumkk).

GARC1IA ( Msjivkl) , chanteur célèbre et compositeur habile, né en 177», à Séville, mort à Paris, en 1832, acquit comme chanteur une grande et juste réputation sur les théâtres de Cadix et de Madrid, et viat en 1808 â Paris, où

il se fit entendre avec le pins grand succès à l'Opéra italien. En loi 1 il alla en Italie, k Rome et à Naples, où 11 ne fot pas accueilli avec moins de faveur, et où il étudia la théorie de l'art du chant. Après avoir de 1816 à 1824 alternativement résidé k Londres et k Paris, où , indépendamment de ses travail comme chanteur, il donnait encore beaucoup de leçons de chant, il partit pour New -York avec une troupe d'o|*éra qu'il avait formée lui-même, et qui se composait en partie des membres de sa famille, et de là se rendit a Mexico. Au moment de s'en retourner en Europe , il fut attaqué sur la route de la Vera-Cruz , par des brigands qm lui enlevèrent tout le fruit de ses travaux ; et à son retour k Paris, il se vit obligé de rouvrir ses cours de chant. Quelques essais tentés pour se faire de nouveau entendre sur le théâtre le convainquirent de l'insuffisance de sa vois, amenée par l'âge; et a partir de ce moment il se borna k composer et à faire des élèves. Dans le nombre nous citerons Nourrit, M" Méric-Lalande, et surtout sa fille aînée, Marie (voyez Maliiwun ). Manuel Garcia a bien moins de réputation comme compositeur que comme chanteur; etc. pendant quelques-uns de ses ouvrages ont obtenu un véritable succès, par exemple : El Poeta Calcullsta et // Caltfo dl Bagdad.

GARCIA (M™* Pagure VIARDOT), fille cadette de Manuel Garcia, née en 1821, à Paris, accompagna ses parents à Londres, à New-York et à Mexico , mais ne reçut que beaucoup plus tard, à Paris et a Bruxelles, sa véritable éducation m uai cale. Son père voulait faire d'elle une pianiste, et elle ne tarda pas à devenir de première force sur l'instrument qu'on lui faisait apprendre. Mais, comme sa soeur aînée , elle faisait preuve de tant de dispositions pour tous les arts en général, qu'il était bien difficile de préciser sa vocation particulière. C'est ainsi qu'à une facilité extrême |mur apprendre les langues étrangères , elle joignait des disl>o*ilion* plus étonnantes encore pour le dessin et une facilité vraiment extraordinaire pour le portrait , faisant de mémoire et d'une ressemblance frappante ceux de gens qu'elle n'avait vus qu'une fois. Ce ne fut que pins tard que se détermina son talent comme cantatrice , et il parvint en peu de temps à toute sa maturité. En 1838 elle entreprit avec son beau-frère Bériot un voyage artistique en Allemagne ; et l'année suivante elle alla a Londres, où elle produisit une si vive sensation , qu'elle céda aux offres qui lai étaient faites de toutes parts, et iwionça à sa résolution de rester cantatrice de salon, pour monter sur la scène , où elle débuta par le rôle de Desdemona. Un succès d'enthousiasme l'y accueillit. Depuis ce moment son nom est un de ceux qui ont le privilège d'attirer la foule, et les représentations qu'elle a données à Paris et à Saint-Pctcrsbourg ont rappelé la plus belle époque do la carrière théâtrale de sa sceur. En 1840 elle épousa a Paris Ma Vtardot , qui venait de quitter la direction de la scène des Italiens , où elle avait obtenu des succès. Parmi ses créations on cite surtout celle de Fidès dans Le Prophète, qu'elle a joué avec le plus grand succès à l'Opéra de Paris.

Son frère aîné, Manuel G&nm, né à Naples, en 1813, s'est fait, à l'instar de son père, une réputation comme chanteur et comme professeur de chant, k Paris.

GARCILASO DE LA VÉGA, nom que le public et la postérité ont imposé A Garcias-Laso, prince des lyriques e*i»agnols.

Il naquit à Tolède, vers 1503. Son père était conseiller d'Ltat de Ferdinand le Catholique et son ambassadeur près de Léon X. Sa mère était donaSanclia, dame de Bertres, terre considérable appartenant à la vieille maison des Guzmans Quant à leur fils, fondateur d'une nouvelle école poétique, il a tenu l'épée toute sa vie, et n'a pourtant chanté que les douceurs du repos. Il quittait la mêlée ardente, rentrait dans sa tente, et, déposant son épée sanglanteet sa coirasse meurtrie, feuilletait Virgile et Pétrarque, et d'une main noircie par la poudre, traçait des vers délicieux et tendres, qui lui ont survécu. A lire ses œuvres, on le dirait né pour le bonheur

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