C. Fatum
Garus n'était ni médecin ni même apothicaire; c'était tout simplement un épicier de la bonne ville de Paris, qui, dans les premières années de la régence, s'avisa d'aller sur les brisées de messieurs de la Faculté , et se mit à débiter avec grand profit l'élixir auquel son nom est resté depuis. Comme il arrive presque toujours aux charlatans, il Gt à ce métier- là une fortune immense, et devint une manière de personnage, qui plus tard, dans l'intérêt de l'humanité soutirante, traita avec le gouvernement de la vente de sa merveilleuse recette, une fois qu'il l'eut bien exploitée.
Lors de la maladie à laquelle succomba, au château de La Muette, la duchesse de Berry , cette fille trop aimée du régent, on se décida à essayer de l'élixir de Garus quand la princesse se trouva une fois réduite à cette extrémité où , les médecins ne sachant plus que faire, on a recours à tout. Garus, mandé à La Muette, trouva la duchesse de Berry si mal, qu'il ne voulut répondre de rien, déclarant gravement qu'on Pavait appelé trop tard : ce qui assurément n'était pas d'un maladroit. Il administra cependant à la malade son élixir, qui cette fois encore, comme toujours, fit merveille. Le docteur-épicier s'était retiré en recommandant bien que rien sans exception ne fût plus donné à la duchesse de Berry. Cependant Chirac, médecin ordinaire, désolé, nous apprend Saint-Simon , de voir un profane guérir ainsi à son nez et à sa barbe un sujet déclaré incurable, profita d'un instant ou Garus s'était endormi sur un sopha, pour présenter à la patiente un purgatif que celle-ci avala sans défiance. On devine le reste. La princesse mourut, non pas des suites
de sa
dont Garus l'avait déjà aux trois quarts
guérie avec son admirable élixir, mais bien de celles du purgatif de cet affreux Chirac, dont l'austère ami du régent trace en maints endroits de ses Mémoires des portraits fort peu flattes. A l'en croire, Chirac, aurait ici commis à dessein, et pour sauvegarder l'honneur de la Faculté, un véritable empoisonnement. Parlez-moi de la haine , et surtout de la haine d'un sage, pour vous noircir un homme !
G A SGOGIN'E, ancienne province de France, située au midi, et comprise entre les Pyrénées au nord, laG uienne au sud, leLanguedocà l'est, et le golfe de l'Océan qui porte son nom, à l'ouest. Elle correspond à la troisième Aquitaine ou Novempopulanit de la Gaule romaine. C'est aux Vascons, peuple de la grande confédération cantabrique, ou euscarienne, qui habitait, dans la haute Navarre, les environs de Pampelune , qu'elle doit sa dénomination actuelle. Vers le commencement du sixième siècle, refoulés dans les Pyrénées par lesGoths, dont ils repoussaient le joug, les Vascons franchirent cette immense barrière de l'Uispanie et de la Gaule , et se précipitèrent sur l'Aquitaine : ce n'était pas du reste leur première invasion dans ce pays. Les rois francs, qui s'attachaient à affermir leur autorité dans la Gaule méridionale, dirigèrent contre eux plusieurs expéditions. Nos années furent souvent vaincues par ce peuple belliqueux;