GASCOGNE
mai*, «n 602, le* deux frère» Thierry de Bourgogne et Théodetiort d'Austrnsie, réunis contre les Vascons ou Euscariens, les défirent el les forcèrent a payer tribut. Un duc et des comtes leur furent imposé* ; mais bientôt Ils se révoltèrent, et reprirent ce cours de pillages et de dévastations que les Francs avaient un moment interrompu; enfin, vers le commencement du septième siècle , ils s'établirent définitivement dans la Kovempopulanie, qu'on commença alors d'appeler Vasconia ou improprement Gascogne , et s'allièrent avec les Aquitains, soulevés eux-mêmes contre ces conquérants germains qui de leur* capitales d'outre Loire prétendaient gouverner le midi de la Gaule. Ils figurèrent dans cette lutte longue et acharnée que soutinrent les ducs d'Aquitaine, Eudes , Hunatd et Waifre, contre les princes carlovingien*. Coi montagnards alertes et intrépides formaient alors la principale force des armées aquitaniqoes.
Ce fut, à ce qu'il semble, vers le milieu du huitième siècle que la Gascogne se trouva distincte du reste de l'Aquitaine, et forma un gouvernement séparé. Charletnagne, qui avait achevé l'œuvre de ses ancêtres en affermissant la domination des Francs sur les denx versants des Pyrénées, donna pour chef à cette province un certain Lope ou Lopez, que nos chroniqueurs appellent Loup, et qui était neveu d'Hunald ; par cette concession le conquérant crut sans doute s'attacher cette race ennemie ; mais ses efforts furent vains , car un peu plus tard on voit un autre Lope , successeur de celuici , et qui avait passé ses jeunes ans à la cour du grand monarque, tourner ses armes contre lui et devenir l'auteur principal du fameux désastre de Roncevaux,oùle héros de PArioste périt sous les traits et les masses de rocher des Euscarien*. Charlemagne punit cruellement quelque temps après ce trait d'ingratitude : le duc des Vascons rat saisi par se* ordres et pendu. Adalric, le troisième duc de la même famille , eut une destinée toute semblable : il se révolta plusieurs fois contre les Francs , et subit enfin la mort comme le précédent. Alors, le pays fut pendant un demisiècle environ soumis à des ducs amovibles , désignés par les rois ; mais les Vascons, obéissant a cette antique race des ducs d'Aquitaine , qui avait si vaillamment combattu pour maintenir leur indépendance contre les hommes du nord, se soulevèrent de nouveau , et au milieu des troubles ou l'empire des Francs était alors plongé , allèrent chercher en Espagne , pour régner sur eux, un Sanche Saucion, neveu d'Adalric, qui avait des possessions en Navarre. Un peu plu* tard, un autre Sanche, dit Mitara (homme du pays), issu de la même famille , devint leur duc de la même manière : celui-ci était contemporain de Charles le Chauve, qui consentit à son élévation et agrandit même le duché jusqu'à la Garonne. Bordeaux, qui avait depuis longtemps se* comtes particuliers, en fut alors la capitale, et la résidence des ducs. Le fleuve formait la limite entre la Gascogne et laGuienne, qui eut Poitiers pour capitale.
La série des ducs de Gascogne, dès lors régulièrement héréditaires, n'offre que peu de faits remarquables. A la fin du dixième siècle, le sixième, GuiUaume-Sanche, fonde ou renouvelle l'abbaye de Saint-Séver, dont l'abbé, en qualité de viguier de Gascogne , reçut la prérogative de convoquer les états du duché. Elle lui fut accordée pour honorer l'Eglise en mémoire d'une victoire remportée sur les Normands, qui ravageaient alors la province. Le doc dit dans la charte de fondation, qui a été conservée, qu'il tient ses terres de Dieu par droit héréditaire, et qu'il a assemblé ses vassaux, les seigneurs de Bigorre, de Béarn, etc., pour les consulter. Cette pièce est souscrite d'un seul prélat, avec le titre d'évéque de Gascogne , ce qui prouve que, par suite des malheurs des temps, un seul des douze sièges épiscopaux de la province était alors rempli. Vers le milieu du onzième siècle, la race des ducs s'étant éteinte, le duché passa à la maison des ducs de Guienne. En 1070 , Gui ou Guillaume Geoffroy le conquit sur Bernard, comte d'Armagnac, qui s'en était emparé, et le réunit au duché de Guienne, dont il a depuis suivi les destinées. La Gascogne faisait