GAUCHOS
derui -siècle a deswlé les provinces de la Plala leur a longtemps offert des occasions de donner satisfaction à ce* instincts ; mais aussi elle a eu pour résultat de propager parmi eux uDe démoralisation telle, qu'après la chute de R osas , qui lut- même a été gaucho, et l'apparence du rétablissement de l'ordre dans la capitale, il est fort douteux qu'il soit aujourd'hui possible de tenir en bride et de civiliser graduellement cette population à moitié sauvage.
GAUDE, plante tinctoriale du genre réséda, vulgairement appdée herbe à jaunir ou herbe aux juifs (les oirdonwnces de police du moyen âge les forçaient, comme on sait, a porter une toque jaune, teinte dés lors avec la gaude). Elle fleurit eu mai et mûrit en juin et juillet Quelques auleurs voient.en elle le strathium des anciens. La gaude ( rtseda iuteola, Linné ) croit spontanément sur presque tous te» points de la France ; mais dans quelques localités die et l'objet d'une culture régulière. C'est une berbe haute de M centimètres a 1 mètres, qui se plaît dans les terrains incultes et croit spontanément au milieu des décombres et If Ion*; des grandes roules, surtout dans les terrains pierreoi et sablonneux. Celle qui est cultivée donne au reste fies produits plus estimés. Linné a observé, comme l'un des caractères particuliers de cette plante, que l'épi de fleurs trèMerrées et jaune verdatre qui termine sa tige suit exactement le cours journalier du soleil.
La décoction de la gaude dans l'eau produit une belle couleur jaune, et il s'en fait une assez torte consommation pour la teinture des étoiles de soie, de laine et de coton. A cet eflet, on l'arrache tout entière avec ses racines À l'époque où ses graines commencent à mûrir. On la fait sécher pins complètement soit sur place, soit dans les greniers, où on la conserve. La matière colorante de cette plante a reçu de M. Chcvreul , qui l'a isolée le premier, le nom de lulëoline. EUe s'offre en cristaux jaunes, qui s'obtiennent en pré* cipitant par l'acétate de plomb une décoction de gaude. fcUe est soluble dans l'eau, dans l'acool etl'éther.
GAUDICHAUD (Chaules BEAUPRÉ), botaniste et toyageur français, membre de l'Académie des Sciences, naquit à ingoulèrae, le 4 septembre 1789. D'abord pharmacien de la :de l'État, il fit plu&ieursgrands voyages de découvertes, MM. Quoy , Gaimard et J. Arago, et plusieurs fois avec eu\, sous la conduite des capitaines Freycinet , Durand et de Villeneuve- Bargemont. Mais il ne se borna point à recueillir des collections et des herbiers; il étudiait les lois de la nature , et des eflets essayait de remonter aux causes. Disciple du botaniste Dupeti t-Thouars , il adopta et compléta plusieurs de ses théories de p liysiologie v égétale. Par exemple, il n'attribua point l'accroissement des arbres a ce fluide hypothétique que les botanistes appellent cambium; suivant lui , cet accroissement provient du développement des mérilhalcs de Dupetit-Thouars, ou de ce qa'il nommait lui-même des phytons, ou jeunes pousses ; ii regardait chaque bourgeon comme une sorte de jeune tige ou comme la plumulc d'un nouvel embryon, dont les productions radicales vont accroître l'épaisseur de l'arbremère , soit en envoyant des fibres bien évidentes dans ta ^itatance même du tronc (comme dans les palmiers ), soit m enroulant la surface de ce tronc , comme dans nos arbres ordinaires à couches ligneuses circulaires. Chaque bourgeon, mérithalc ou phytoo, se compose de fibres ascendantes ou ngcllaires, qui servent à l'accroissement en hauteur, et de fibres descendantes ou radicales , qui se juxta-posent aux fibres du phyton précédent et au corps de l'arbre. Le fait est que ces fibres descendantes sont fort ostensibles dans la tige des palmiers et des dattiers, et même assez appréciables sur le tronc de nos arbres communs, où Ton voit chaque bourgeon , chaque rejeton ou écusson nouveau dessiner de sa partie inférieure comme une broderie de petites racines capillaires sur le bois déjà formé qu'elles recouvrent et vont épaissir. C'est ainsi qu'il expliquait l'accroissement des arbres. Toutelols , on a adressé à Gaudichaud une objection qu'il n'a pas assez combattue. On loi a fait remarquer
GAUDICHAUD 165
que si vraiment le tronc ligneux ne s'accroissait qu'au moyen des fibres des nouvelles pousses, un jeune arbre, à bois incolore, qui reçoit des écussons de bots rouge ou noir, devrait lui-même rougir ou noicir dans les couches développées postérieurement a l'insertion de cet écusson , hypothèse que des faits n'ont pas justifiée...
Pour être juste envers Gaudichaud , on doit reconnaître qu'il a porté dans ce qu'on peut appeler la philosophie de la botanique une profondeur et une clarté dont cette science n'avait pas l'habitude. Cest ce dont témoignent ses nombreux mémoires et son Organographie, qui est son œuvre capitale. En physiologie végétale, Gaudichaud fait tout dériver, comme pour la vie des animaux , des propriétés et des forces vitales, dont des effets physiques, physiquement inexplicables, lui révèlent l'existence. 11 est métaphysicien , mais métaphysicien soin liste, si cela peut se dire. Nous avons déjà dit qu'il rejetait le cambium de Mirbel : ce fluide plastique lui parait être une pure fiction. Mais plus tard 11 tiendra compte de la sève, qui est pour les végétaux ce qu'est le sang dans des étms plus élevés et plus complexes. Il serait sans cela organiciste jusqu'à l'excès; car dans les corps organisés vivants tout concourt et conspire pour les manifestations de la vie, les fluides vitaux comme les organes : et dans ce vaste ensemble d'éléments diversifiés , tout est agent ; les organes ne peuvent pas plus sans les fluides, les eussent-ils engendrés, que ne peuvent les fluides sans les organes.
Nous résumerons ainsi qu'il suit la vie scientifique et laborieuse de Gaudichaud. A bord de quatre navires de l'État, L'Vranie, La Physicienne, L'Uermknie et La Bonite, et sous la conduite de trois différents capitaines , il a fourni trois vovages ue long cours , marques par ue temole* événements, par des découvertes nombreuses et d'immenses récoltes qui ont enrichi la science et le Muséum. C'est dans un de ces voyages que de sa nation il tut le premier, avec le docteur Quoy, à franchir les montagnes Bleues, et qu'il eut la douleur de voir naufrager L'Vranie, chargée de ses collections , dans l'archipel des Iles Malouioes , où ce célèbre navire s'est à jamais-abimé ( 14 février 1820 ). Ses herbiers restèrent dans l'eau salée pendant quarante jours , après quoi il réussit à sauver quatre mille plantes, qu'il lui fallut, durant quatre mois, laver une à une A l'eau douce, dessécher, classer, étiqueter, et avec lesquelles il a depuis composé sa Flore des tles Malouines , un des meilleurs des trente ouvrages, grands ou petits, que lui doit la botanique. 11 a visité tour à tour l'Amérique du Sud, les tles d'Afrique, Bourbon , Maurice et Sainte-Hélène ; le port de Jackson et Botany-Bay , les Sandwich et la Terre de Feu, les Indes orientales et une partie de la Chine ; a vu Singapour peu après l'installation de ses premiers habiants, Calcutta dans sa puissance, Canton avant l'invasion anglaise , et la Nouvelle-Hollande, encore Hère des Péron et des Baudin ; a séjourné à cinq reprises différentes à Rfo-Janeiro, et doublé trois fois le cap Horn. 11 avait perdu à ces glorieux voyage* sa bouillante jeunesse, marquée par douze a quinze duels, constamment heureux, son repos, sa fortune patrimoniale et sa santé, qui avaient sombre comme L'Vranie. Il est vrai qu'il leur a dû de voir Alexandre de Humboldt attacher à son côté la croix d'Honneur ; d'être associé à vingt-huit compagnies savantes , et d'occuper à l'Institut de France le fauteuil d'Antoine- Laurent de Jussieu , ce prince des botanistes, honorable succession, qui lui fut annoncée à l'Ile Bourbon, et qui ne coûta aucune démarche à sa juste fierté et à cette ferme indépendance qui se fonde sur le caractère encore mieux que sur la possession. On a souvent accusé les savants de cumuler force places et sinécures : tel ne fut point Gaudichaud. Quoique membre de l'Institut, il resta jusqu'à son dernier jour simple pharmacien de la marine comme en 1820. Ses fortes et constantes études accablèrent par des souffrances les dernières années de sa vie. II croyait depuis longtemps n'avoir plus qu'un poumon ; et 0 mourut à Paris, le 15 janvier 1854 , des progrès croissar
1Gf>
GALDJCHAUD - GAULE
d'un hydrothorax. Il portait au milieu du front une profonde cicatrice, qu'une balle y avait creusée. Sa tombe , au cimetière du Mont-Parnasse, avoisine le tombeau de Duinont-Durville, un de ses capitaines. MM. Quoy et De»* prête ont arec larmes et talent retracé ses mérites remar quahles, et M. Flourens, qui comme nous regrette en lui un ami , prononcera dans quelques semaine», à l'Iustitut , 6on éloge académique. Gaudicbaud avait publié en 18S0 , sous le titre d7;Wrodncrion au voyage de La Bonite, ouvrage en deux volumes in-»", la plus grande partie de ses derniers travaux et mémoires. Dr Isidore Bourdon.
GAUDIN (Makc-Michel-Chajilbs), créé par Napoléon duc de Gaète, était né le lit janvier 1766, à Saint-Denis, et à l'instar de son père, qui était avocat, se consacra a l'étude de la jurisprudence. Dès l'âge de vingt-deux ans il avait été nommé chef de bureau dans radininistration générale des contributions créée par Necker ; et en l?9I il fut appelé à (aire partie de la commission de la trésorerie nationale , fonctions qu'il conserva jusqu'en 17»4, au milieu de la crise révolutionnaire. Mats alors il crut prudent de se retirer aux environs de Soissons, où vint le surprendre la nouvelle que l'une des premières mesures du Directoire avait été de lu confier le portefeuille des ituaucet. Gaudin refusa le ministère qu'on lui olfrait, comme aussi plus tard les fonctions de commissaire près la trésorerie nationale, que lui conféra le Conseil des Cinq Cents. A l'époque de la Terreur, secondé parCambon, il était parvenu à sauver les quarantehuit anciens receveurs des finances, que par ignorance la Convention avait compris dans son décret qui traduisait les soixante ex-fermiers généraux devant le tribunal révolutionnaire ; mesure qui équivalait à une condamnation capitale. Après» le 18 brumaire, Bonaparte, qui se connaissait en hommes, choisit Gaudin pour son ministre des finances ; et c'est en elfet à lui que revient la gloire d'avoir le premier rétabli l'ordre et la régularité dans les finances de la France. Nommé comte de l'empire en IR08, il obtint l'année suivante le titre de duc de Gaète , et conserva jusqu'à la chute de l'empire la direction du ministère des finances, qu'il repritencore pendant les cent jours. A celle époque Napoléon l'appela en outre à faire partie de la chambre des pairs que, par son fameux Acte additionnel aux constitutions de V empire, il avait cru devoir substituer au sénat conservateur, dont les membres l'avaient si indignement trahi l'année précédente. De 1 81a à 1818, Gaudin siégea à la cliatubre des j députés. En 1820 le gouvernement royal lui confia h» importantes et luca-atives fonctions de gouverneur de la Banque de France, qu'il conserva jusqu'en 1834, époque oit M. d'Argout lui fut donné pour successeur.
Gandin mourut le à janvier 1841, dans son châleau de Genneviiliers, près Paris. Les Mémoires, souvenirs et opinions de M. Gaudin, duc de Gaète (2 vol., IM6) sont d'une importance toute particulière pour l'histoire financière de la France de 1800 à 1820. En 1834, il y ajouta un troisième volume comme supplément. Ou a aussi de lui un Aperçu sur les emprunts (1817), une Notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu'au l" avril 1814 (Paris, 1818), et divers essais sur des matières d'économie politique.
GAUDRIOLE. C'est, d'après l'Académie, un propos gai, une plaisanterie sur quelque sujet un peu libre .* on dit d'un homme plaisant auprès des femmes , qu'il clterche à égayer, qu'il leur conte des gaudrioles ; il y a des hommes qui aiment par-dessus tout la gaudriole.
GAUDY (FiuNÇOis-BeBNMu>-HwRi-Giiii.i«uME, baron or ), poète allemand distingué, issu d'une famille écossaise, était né le 19 avril 1800, à Francfort-aur-l'Oder, et lils d'un lieutenant-général prussien. Élevé d'abord à Paris, au Prylanè> (rançais, il termina ses éludes à Pforta; et entré en 1818 dans l'armée prussienne comme simple soldat, il ne tarda pas à obtenir les épaulettes d'officier. Fatigué de la vie monotone des petites garnisons de la frontière de Pologne , il donna sa démission en IH3J , et s'établit à Berlin, où il
se consacra dès lors entièrement à la culture des lettres. Une grande mobilité d'idées et un profond dégoût du monde le conduisirent à diverses reprises en Italie, dans les dernières années de sa vie. Il mourut à Berlin, le 6 lévrier 1840.
Dans ses premières productions poétiques, il s'est montré imitateur de la forme métrique employée par Heine; plus tard il sut donner des formes originales a l'expression de sa pensée, et réussit particulièrement dans la chanson. La verve intarissable de bonne plaisanterie avec laquelle II persiffle les folies du Jour, la facilité et le naturel de son vers, rappellent tout 4 lait la manière de Bé ranger. Dans les dernières années de sa vie, la cause et les intérêts du progrés trouvèrent en lui un chaud partisan. Tout en regrettant l'irréparable ruine du système féodal, il avait su franchement renoncer aux rêves de ceux qui en croient encore la résurrection possible; et il n'attendait plus le salut de l'avenir que du triomphe des idées d'un sage libéralisme.
Outre un grand nombre de poème* originaux, de contes et de nouvelles, on a de lui quelques traductions de Niemrcvriez et de Mickiewicz , et une traduction des Chansons de Déranger faite en société avec C h a m i s s o .
GAUFRAGE, opération \w laquelle un ouvrier nomme gnufreur imprime des dessins en relief sur une étoffe ou un papier a l'aide de fers chauds ou de cylindres gravés ; ces fers sont des gaufroirs. Un gaufroir est ordinairement composé de deux parties : le gaufroir proprement dit, et s% conire-épreuve ; le premier est en laiton gravé en creux , et sa contre- partie peut être en carton, qui se moule sur le gaufroir ; des chevilles de repère servent à les placer l'un sur l'autre sans se tromper. La substance que l'on veut gaufrer étant légèrement humectée, on la place cnlrc le gaufroii nn peu échauffé et sa contre-partie, pu» on met en presse. Quand le gaufroir est refroidi, la pièce a pris l'empreinte
Le gaufrage au cylindre résulte de la combinaison de ce système avec celui du calandrage. Le cylindre porte la gravure sur sa surlace latérale; on l'échauffé avec des fers placvs intérieurement.
GAUGAMÈLE (Gaugamrla), bourg d'Assyrie, situé au milieu d'une vaste plaine dans laquelle Alexandre le Grand livra à Darius la bataille connue aussi sous le nom d" A r bêles, d'une ville placée à quelque distance.
GAULE {Gallla). C'est le nom que les Romains donnaient à toute la contrée s'étendant entre les Pyrénées et le Rhin, qui était habitée par les Gau lois (Galli ), et située (à légardde Rome) au del.4 des Alpes, d'où le nom de G m.u Tn*NSALn>\ (Goule au delà des Alpes ) qu'ils lui donnaient, de même qu'ils appelaient Gai.ua Cisaijmna ( Gaule en deçà des Alpes), la partie septentrionale <l« l'Italie. Cette dernière dénomination ne fut d'abord appli ■ quée qu'à la partie du territoire italique où étaient vomis se fixer des Gaulois émigrés; mais plus tard la Gaule cisalpine proprement dite s'étendit depuis 1rs Alpes Cnflion nés et Graienncs, à l'ouest, jusqu'à i'Adige.a l'est, qui la séparait de la nation illyrienne des Veneti. Au nord, ell« confinait aux Alpes pennines et rhétiennes ; au sud, le Pô ( Padus) formait ses limites vers les Liguriens Anamanes à peu près jusqu'au point où ce fleuve reçoit les eaux de la Trebia. De là la Gaule Cisalpine s'élendait an sud du Pô jusqu'aux crêtes des Apennins, et sur les rives de l'Adriatique, du côté de l'Ombrie, d'abord jusqu'au fleuve Aesis, près d'Ancônc, puis, par la suite, jusqu'au Rubicon, entre Havenne et Ariminum ( Rimini). Mais lorsque la Ligurie, la Vénétie et l'Istrie ne formèrent plus qu'une seule et même province romaine, on la désigna par le nom de cette dernière contrée seulement ; nom qui dès lors fut appliqué à toute la haute Italie.
Dans les limites de la Gaule Cisalpine proprement dite, telles que nous venons de les indiquer, habitaient, au delà du Pô, dans la Galli a Tkaîwadaka, tout à l'extrémité nordouest, les Salasses avec Kporedia (Ivrée) pour chef-lieii ; puis, à partir a peu près du fleuve Scssite* (la Ses») jus-
GAULE
qu'à Briria (Brescia), les insubriens, qui avaient l'onde \(<<ii<>li>tiunt ( Milan); et mi sud du kictu Jjettoras (lac Garda), tes Cénouians, sur le territoire desquels on trouvait tes antiques cités de Vérone et de Mantoue. Indépendamment de ces tribus gauloises, quelques tribus liguriennes, notamment les Taurin», s'étaient aussi filées dans les contrées qu'arrose le Pô supérieur, aux environs de ta ville appelée de nos jours Turin (Augusla Tourinorum ). La chaîne septentrionale des Alpes était babitée par des tribus frites et rhétiennes, par exemple les /.i/wn/teAJ, fixés au ic h d- ouest du lacu.\ Yerbanus (lac Majeur, lago Magpore); les Camuni , au nord-est dn lacus Larius (lac de Corne) , et sur les bords du tarai Sebinus ( lac Iseo) le» Euganti. En deçà du Pô, dans la G allia Cispaoaxa, t'étaient établis les Boiens, auxquels appartenait aussi, au iWL du Pô, la contrée arrosée par VAddua inférieure ( l'Adda ) , aujourd'hui pays de Parme et de Modène , jusqu'à Bologne ( Bononia); puis au nord-est de ceux-ci, à l'embouchure du Pô, les Lingones, et an sud-est les Senones. Les immigrations successives de ces diverses peuplades, qui refoulèrent à l'ouest les Liguriens, et à l'est les Etrusques et les Ombri, eurent lieu, à ce que rapporte la tradition, dès une époque contemporaine du règne de Tarqoin le Superbe, par conséquent vers Pan 600 avant J.-C., d'abord par le*. Insubriens, que Bellovèse, fils d'un roi des Bituriges, amena là de leur pays natal. Les hordes gauloises qu'il commandait, arrivées sur les bords de la Saône , s'étaient séparées d'autres bordes avec lesquelles elles avaient fut route jusque alors, et qui obéissaient à un chef appelé Sigovèse. Celui-ci se dirigea vers le Bhin, franchit le fleuve; et «on expédition aboutit probablement à un établissement «ur tes bords du Danube et de la Save, où nous trouvons plus tard tes Gaulois scordisques ; et pendant près de trois siècles il n'en est plus question dan» l'histoire. Ce n'est guère que vers l'an 280 avant Jésus-Christ qu'on voit une armée de Gaulois partie de* bords du Danube, attaquer d'abord la Macédoine, ravager ensuite une partie de la Grèce et finir par fonder dans l'Asie Mineure un État resté assez longtemps indépendant, sous te nomdeGalatie ou Gallo-Grèce.
Les immigrations gauloises en Italie ne se terminèrent ptere que 200 ans après la première expédition de Bellovèse, par l'arrivée des Senones, les derniers venus de tous. Mais il est plus raisonnable d'admettre avec l'histoire qu'elles se ^accédèrent très-rapidement les unes aux autres, et principatemut vers l'an 4oo avant Jésus-Christ Les derniers arrivants, les Senones, furent d'ailleurs ceux qui pénétrèrent le |4us au sud. En l'an 396, ils saccagèrent Melpum, ville des Ombri , franchirent ensuite l'Apennin, arrivèrent à Clnmnn, ville étrusque, et après l'avoir assiégée, s'avancèrent, sous le commandement de Brenn us, jusqu'à Borne, dont Us se rendirent maîtres (à l'exception du Capitole), ■iprrs avoir complètement battu tes Bomains sur les bords de P Allia ( die* AUiensis, 18 juillet 390 ), et qu'ils livrèrent aux flammes. Marcos Furius Camillus chassa leur principal corps d'armée de Borne, où, dit-on, il était resté campé pendant six mois. Il est fort probable que ce fut bien moins les victoires de C a mil le que leurs divisions et leurs guerres intestines qui empêchèrent les Gaulois de pousser pins au sud. Ce ne fut, à ce qu'il parait, qu'en l'an 367 qu'on les vit encore une fois s'aventurer à fouler le sol du Latium; et alors Camille, devenu vieillard aux cheveux blancs, leur fit de nouveau essuyer une rude défaite. Dans les années 3ut, 3tt et 358, ils se ruèrent de nouveau sur Borne, et cette fois encore avec tant de fureur, que des efforts prodigieux purent >euls sauver la ville, jusqu'à ce qu'en 349 une victoire remportée par Lucina Furius Camillus, fils du Camille duul il a été fait mention tout à l'heure, eut été suivie d'on traité qui mit tin à leurs expéditions, non-seulement contre Rome, mais aussi dans le reste de l'Italie méridionale. Dans la troisième guerre des Samnites, les Gaulois figurèrent encore au nombre des alliés des Samnites, et partagèrent la déroute que les Romains infligerait à ceux-ci, a Scntinum,
l'an 295. Ensuite, en 28a, te consul Dolalx-lla subjugua les Senones, pour tes punir d'avoir fait cause commune avec les Etrusques ; par la suite on londa, à l'extrémité sud de leur territoire, la colonie de Sena (Sinigalia). Les Boiens, qui, la même année avaient été battus avec tes Etrusques sur les bords du lac Yadimon, obtinrent la paix.
En l'an 225 éclata une nouvelle guerre, dite par excellence guerre des Gaulois. Excités par le partage du territoire des Senones, qui avait eu lieu entre les citoyens romains, les llo,. us et tes Insubriens , renforcés par des Gansâtes , venus de la Gante Transalpine, envahirent l'Etrurie. Borne employa contre eux toutes ses ressources ; et une grande bataille rangée, livrée près dn cap Télamon , l'an 225 , bataille dans laquelle périrent 40,000 Gaulois , fut suivie en l'an 224 de la soumission des Boiens, puis en 223 et 222 de celle des Insubriens. Les colonies dcCremona et de Placcntia ( Piacensa, Plaisance ), destinés à tenir en respect cette contrée , venaient à peine d'être fondées, en 219, lorsque Anni bal arriva en Italie. Après la bataille de la Trebia, en 21 s, tes Gaulois vinrent à l'envi se ranger sous ses étendarts ; et même longtemps après la fin de la deuxième guerre punique , ils opposèrent aux Bomains la plus énergique résistance, qui ne cessa qu'en l'an 191, lorsque les Boiens eurent été subjugués et en par» tie expulsés du pays. Les colonies qu'on fonda alors à Bononia, à Pansa et à Mutina eurent pour résultat de romaniser complètement et en fort peu de temps la partie de ce territoire située au délà du Pô, qu'on appela dès lors G allia Tocata, parce que l'usage de la toge, ce vêtement particulier aux Bomains, y devint généralement en usage ; et plus tard cette dénomination passa également à la partie do territoire située au délà du Pô. Là, tes Salasses finirent , en l'an 143, par être subjugués et soumis, mais seulement en apparence. Leurs incessants brigandages rendaient dangereuse la rout» conduisant par le Petit Saint-Bernard dans la Gaule Transalpine, à la vallée de l'Isère ( Isara ). Aussi, en l'an 25, Auguste les fit-il presque complètement détruire , en même temps qu'il fondait sur leur territoire la colonie militaire À' Auguste Prstloria ( Aoste ). Les populations habitant la liiiére septentrionale des Alpes , à travers lesquelles une route conduisait de Comum dans la vallée rbéuenne du Bhin , furent également subjuguées l'an 15, sous le règne d'Auguste. Dès l'an 89 les Clspadans avaient obtenu le droit de cité , et les Transpadans le droit des Latins ; puis , par une concession de César, ceux-ci avalent aussi obtenu le droit de cité en l'an 49. La Gaule Cisalpine n'en demeura pas moins avec la Ligurie et la Vcnélie une province romaioo, et comme telle placée sous l'administration d'un proconsul. Ce ne fut que sous les triumvirs ( an 43 ) qu'il cessa d'en être ainsi; dès lors toute cette contrée fut comprise, même politique- ,nent parlant, dans la dénomination d'Italie, qui lui avait également été commune autrefois; et l'administration delà justice y fut réglée par une loi, qui s'est en partie conservée jusqu'à nous ( lex Rnbria de Gai lia Cisalpina ). Quand Auguste partagea l'Italie en onze régions, te territoire des Cénomans forma la dixième, appelée Yenetia. Le reste de la Gaule Transpadane composa la onzième région ; la Gaule Ci^padane la huitième, et la Ligurie la neuvième. Déjà à cette époque ces contrées remportaient sur toutes les autres parties de l'Italie par l'état prospère de leur industrie, de celle surtout qui avait pour objet le tissage des étoffes de laine et de lin, de leur commerce et de leur agriculture, de même que par l'agglomération compacte de leurs populations.
La Gaule Transat JiNs avait pour frontières do coté de l'Italie le» Alpes , et tout d'abord vers la Ligurie le petit fleuve appelé Varus (le Var), qui , prenant aa source dans les lacs des Alpes , vient se jeter dans la Méditerranée à iïicxa ( Nice, JViasa ). Sur les côtes de cette même mer, des Grecs de la Phocide, fuyant d'Asie Mineure, lors de l'invasion du roi Crésus, avaient fondé vers l'an 600 ifassitia ( Marseille ), dont le commerce n'avait pas tardé à être des plus florissants, et qui était devenue un foyer de civilisation grecque dans ces contrées. Alliée de bonne heure avec tes.
GAULE
Romains, Massilta avait été secourue par eux dès l'an 154 contre des tribus liguriennes qui, descendant des Alpes maritimes, étaient tenues attaquer ses colonies Antlpotis et iïicxa. Mai» les conquêtes véritable» des Romains dans la Gaule Transpadane ne commencèrent à bien dire que par la soumission des Salyes ou Saluvtt, peuplade celto-ligurienne que Marcus Fulvius envoya en l'an 135 au secours des habitants de Afas«i/ia, et dans le territoire de laquelle Caïus Sn-itius fonda, en l'an 123, Aqux Sextix ( Ait ), la première colonie romaine établie dans la Gaule Transalpine. La soumission des Allobroges tut opérée dans les année» 1 23 et 121 par Cneius Domilius et par Qointus Fabius. Cette contrée fut érigée alors en province romaine, et porta par excellence la dénomination de Provincia Romana ( Provence ). Par opposition à la Gallia Togata , et en raison des longues et larges chausses ( braccx ) que portaient ses habitants , Gaulois d'origine, elle reçut le nom de Galua lhuocsTA ; et le reste de la Gaule Transalpine fut appelé Galua Comata, à cause de l'habitude où étaient les Gaulois de porter leurs cheveux (Coma) longs etenrouuis sur le sommet de la tête La Province avait pour limites an nord la Durance ( Druentia ) , dans la vallée de laquelle une route conduisait par le mont Oenèvreet l'Isère ( Isara ) jusqu'au Rhône (Rhodantu) , et le lac de Génère ( Lacus Lemanus). A l'ouest , elle ne tarda pas à «'étendre par delà le Rhône, sur la rive orientale duquel les C avares habitaient le pays où sont situées Arles ( Arelate) et Avignon (Avenio), et au nord de ceux-ci les Foconrii jusqu'aux Cévennes { Sebenna), dont le versant était habité par les Hel viens, et plus au sud encore , d'où les anciennes populations ibériennes avaient été expulsées par tes Volcx Arecomici dans les environs de NI mes ( »mamus ) et par les Volcm Tectotages aux environs de Carcassoune ( Carcato ), de Toulouse ( Tolosa) et dans le Roussillon { Ruseino), jusqu'aux Pyrénées et à la Garonne ( Garumna ) . En l'an 118, Quintus Marti us Rex y fonda la colonie romaine de Narbo Martin» ( Narboone ). Quand Marias eut réussi à arrêter l'invasion des Cimbres et des Tentons , les Romains demeurèrent tranquilles possesseurs de ces contrées. Dans l'espace de huit années ( de 59 à 51 ) Jules César subjugua tout le reste de la Gaule Transalpine, c'est-à-dire la contrée bornée an sud par les Alpes Pennines, la Province et les Pyrénées; et séparée à Test, delà Rhétie, |>ar la large chaîne alpestre de la vallée du Rhin supérieur, puis par le Rbin et le lac Constance (Lacus Brigantinus ) de la Vindélicte, et plus loin encore, des Germains , par le Rhin jusqu'à son embouchure.
D'après les trois grands groupes de populations différant les uns des autres par leur langue, leurs moeurs et leurs institutions, que César trouva dans ce pays, il le divise, dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, en trois régions distinctes. La région méridionale, P Aquitaine, était située entre les Pyrénées et la Garonne, habitée par plus de vingt petites peuplades, se rattachant toutes a la race ibérienne, et différant de la race celte. Les deux antres régions étaient habitées par des populations de race celte , dans le sens que nous attachons aujourd'hui à ce mot, a savoir : les Gaulois proprement dits, ou les Celtes, ainsi quik se qualifiaient eux-mêmes au témoignage de César, en se servant d'un nom ne différant de celui-là que par la forme, de même origine d'ailleurs que les Gaulois de la Province et de la Gaule Cisalpine; et les Belges, de race très-similaire, mais pourtant assez distincte , même en ce qui était de la langue, pour que les Romains eux-mêmes pussent apprécier ce qui les différencia rt les uns des autres. Les Belges, comme les Gaulois proprement dits, se subdivisaient aussi en un trèsgrand nombre de peuplades diverses, formant autant d'Etats particuliers, saur que souvent les plus faibles étaient placés sous la protection d'un plus considérable et plus puissant. Les Gaulois et les llelges étaient une race d'hommes grands et vigoureux, au teint clair, aux cheveux blonds , trèsbraves, les seconds encore pins peut-être que les premiers. Chex l'une et l'autre de ces nations la caste sacerdotale,
ou les druides , exerçait une grande influence, partagée chez les Gaulois avec l'ordre des chevaliers on la noblesse, du sein de laquelle s'élevaient parfois des chefs qui réussissaient à résumer en eux tous les pouvoirs. La grande masse du peuple était courbée sous un jwuvoir oppresseur; tandis que chez les Belges le peuple avait mieux su conserver sa liberté, de même que se* institutions avaient un caractère plus démocratique. En face de l'ennemi commun, les Belges montraient aussi plus d'union. Les coalitions des Etats gaulois étaient au contraire fort rares ; le pins souvent ils agissaient isolément, et parfois même ils étaient en guerre les uns contre les autres ; circonstance qui ne put que venir en aide aux Romains pour les subjuguer.
La Gaule Celtique (Gallia Celtica) s'étendait depuis la Garonne par delà la Loire (Liger) jusqu'à la Seine (Sequana) et à la Marne (Matrona). Parmi les peuples qui l'habitaient, on remarque surtout, avec des villes fondées pour la plupart a une époque postérieure : l° Entre la Seine et la Loire, sur les bords de la mer, les Armorici , parmi lesquels il faut dter les Venefiel les Unelli, dans la partie occidentale de la contrée désignée de nos jours sous les noms de Bretagne et de Normandie; à l'est de ceux-ci, les Auterci Cenomank (Maine) et les Bburoviees (Evreux), avec la ville appelée Mediolanum; les Nannetes, avec le Portus Nannetum (Nantes); les Andes (Anjou), avec la ville dtJuliomagus ( Angers ) ; les Car nu tes, arec les villes de Genabum, devenue plus tard Civitas Aurelianorum (Orléans), et d\tufricwm (Chartres); les Parisiens, avec Lutetia ( Paris) ; les Senones, fixés aux environs d'Agendicum ( Sens) et de Melodunum ( Melun). 2" Entre la Loire et la Garonne : les Pictones (Poitou); les Sanlones (Saintonge); les Turones (Tourahte); les Biturlges (Berry); avec la ville à' Avartcum ( Bourges ) ; les Lemovlces ( Limousin ); les Petrocorii, sur les bords du Duranius (Dordognc;, avec la ville de Vesunna (Périgueui); les Biturlges Vibisei, fixés encore par delà de la Garonne, arec la ville de Burdigala (Bordeaux ); les Cadurci, avec la ville de Divona ( Cahors ) ; les Arverncs (Auvergne), avec la ville de Gergovia (Clermont); les Rutenii, arec la ville de Segodunum (Rhodez). 3* A l'est : les Seguaiena, sur les rives de la tiaute Loire, avec la ville de Lugdunum (Lyon); le» Éduens, entre la Saône (Arar ou Saueonna) et la Loire, avec les villes de Bibracte , appelée plus tard Augustodunum( Autun ), et de Noviodunum ( Nerers ); les Mandu biens, arec là ville VAlesia (Alise); les Langones, avec la ville d'Andematunum ( Langres) ; les Séquaniens, entre la Saône et le Jura jusqu'aux Vosges, arec la ville de Vesontio ( Besançon), sur les bords du Dubis (le Doubs) ; les Helvetll, répartis en quatre gaus: entre autres, sur les bords de l'Aar, celui des lïgvrini, arec les villes d'Aventicum (Avenches, Wifllisburg) , d'Ebvrodunum (Yverdun), de Vindonissa (Windisch ), depuis le Jura jusqu'au Rhin, à la courbure duquel étaient fixés les Rauraques, ayant pour chef-lieu Augusta Rauracorum (Augst).
La Gaule Belgique (Gallia Belgica) s'étendait depuis la Seine et la Marne jusqu'au Rhin ; et au delà des embouchures de ce fleuve habitaient les Bat a ves, nation germaine. Sous le nom de Belgium César ne désigne que la partie de ce pays située au sud-ouest, où les Bellovaques habitaient aux environs de Beauvais (Cxsarovxagus) la contrée entre la Seine et la Somme (Samara), les Am biens les environs de Samarobriva (aujourd'hui Amiens), en Picardie, les Aliénâtes l'Artois, et les Velocasskns les environs de Rouen (Rotomagus). Sur la côte située au nord de '.a Seine , on rencontrait les Caleti et les Morins, arec la ville à' Il tus Portus (Boulogne ); entre la Sabis (Sambre) , la Seal dis (Escaut ), et la Lego ( Lys) jusqu'à la mer, les Ner viens; an sud de ceux-ci, les Veromandui (aux environs de Saint- Quentin ) ; plus loin les Suessianes, avec la ville de Noviodunum, appelée plus tard Augusta Suessionum (Soissons); les Rémi, avec la ville do Durocorturum (Reims); tes Leuci, avec la ville de Tulltm (Toul ), et les Médiomatrices,
GAULE
trec Ja ville de Dioodurum, appelée plus tard Mtttisi Metz ), en Lorraine; sur les bords de la haute Meuse (Mosa) et de la Moselle ( Moselle), de même que dans le cours inférieur de cette dernière, les Treviri, ayant pour chef-lieu Auçtula Trevirorum (aujourd'hui Trêves); au nord de la forêt des Ardennes, dénomination sous laquelle on comprenait en witrc des Aroenne.s les contrées que les Germains désignaient pu les noms de Hotaen-Veen ( Hautu-Fanges ) et d'fc ifel, les Éburons, qui habitaient entre le Rhin et la Meuse, et que César extermina, remplacés par les Tungri (chef- lieu, Tongres) : les Adualici, a l'ouest de la Meuse, et les Menapiens, entre la Meuse inférieure, l'Escaut et le Rhin. Les Triboca, les Nemètes et les Vangiens (chef-lieu, Borbetomagus , aujourd'hui Worms), qui habitaient le long des rives du Rlkin l'Alsace inférieure jusqu'à Bingen ( Bingium ) ; au nord ( sous le règne d'Auguste, des peuplades germaines allèrent encore s'établir plus bas) , les U biens et une partie de la I nation des Sicambres,qui, sous le nom de Gubernii, habitaient i ao nord de ceux-ci, étaient peut-être des populations de | race germaine.
César, après avoir subjugué les Gaulois, leur avait imposé un tribut et avait laissé des garnisons dans leur pays, qui ne reçut cependant l'organisation propre aux provinces romames que plus tard, sous Auguste, l'an 27 avant J. C. Auguste le partagea alors en trois provinces, placées chacune sous l'autorité d'un gouverneur impérial, à savoir : i" VAquitania (Aquitaine), qui, étendue maintenant au Ma de ses limites primitives, comprit tout le pays situé ealre les Pyrénées , la Loire et les devenues ; 2° la Gallta Lugdunensis ( Gaule Lyonnaise), qui s'étendait entre la Loire, la Seine, ta Marne et la Saône jusqu'à Lugdunum; y et la Gallia Belgica , dans laquelle lurent incorporés les Séquanienset les Hehétiens. L'ancienne Prorince, désormais désignée d'ordinaire sous le nom de Gallia Marbonensts (Gaule Narbonnaise), fut replacée en l'an 22 sous l'odiui* nbtration du sénat. Sur les bords du Rhin, la partie de territoire habitée par des Germains fut, à partir de Tibère, considérée comme séparée de la Gaule et divisée comme Germanie Ctsrbénane en deux parties (la Germania Prima ou Superior, et la Germania Secundo ou in/erior), dont la Moselle formait la ligne de démarcation, sans d'ailleurs constituer de province particulière. Huit légions y étaient cantonnées et réparties, vers la Germanie Transrliénane , entre un certain nombre de lieux fortifiés et de camps, devenus euxi par la suite autant de chefs-lieux, par exemple : ( Strasbourg ) , Mogon tiacum ( Mayeoce ) , Conjluentes (CoblenU), Donna (Bonn), Colonia Agrippina ( Cologne ) , dans le pays des Ubiens , Castra Veto (Xanten). Au troisième siècle de notre ère, chaque province fut subdivisée en plusieurs parties; de telle sorte que vers U fin du quatrième siècle on comptait dans les Gaules dix- «pt provinces, à savoir :
1" La Xarbonensis Prima (1" Narbonnaise), chef-lieu Aaroo, accrue sous les Visigoths et appelée alors Septimania ( Seplimanic ), avec Tolosa pour chef-lieu ;
2° La Xarbonensis Stcunda (IV Narbonnaise), avec Aqux. Sexttx pour chef-lieu ;
3° Les Alpes maritimx ( Alpes maritimes ) , chef-lieu Ebrodunum (Embrun);
4° La Provtnciq Vlennensis (la Viennoise), chef-lieu Ytenna (Vienne);
i° Les Alpes Graix (Alpes Grecques) et Penninm (Pennioes), le Pays de Vaud et le nord-dest de la Savoie, provenant toutes les cinq de l'ancienne Province Narbonnaise;
6* Ia Sovcmpopulanla (Novempopulanie ), située entre les Pyrénées et la Garonne, chef-lieu Civitas Auscorum (Auch ) ;
7* VAquitania Prima (l" Aquitaine), chef-lieu Bitwrigum (Bourges), partie orientale du pays situé entre la Garonne et la Loire ;
V VAquitania Secundo ( II* Aquitaine ), partie ocriden- ! talc de ce même pays, chef-lieu Burdigala ( Bordeaux ); j «•"«- trois provenant de l'ancienne Aquitonia;
Prima (I" Lyonnaise), chef-lieu
9° La Lugdunensis Lugdumum (Lyon);
10° La Lugdunensis Secundo ( 11" Lyonnaise ), chef-iieu Botomagus (Rooen);
1 1° La Lugdunensis Tertio ( III' Lyonnaise), chef-lieu Civitas Turonum (Tours) ;
12° La Lugdunensis Quarto ( IV* Lyonnaise ), appelée aussi Senonia, chef-lieu Civitas Senonum (Sens), provenant toutes les quatre du démembrement de l'ancienne Gallia Lugdunensis;
13° U Belgica Prima (V Belgique), chef-lieu Civitas Trevirorum ( Trêves );
Là Belgica Secundo (Ur Belgique), chef-lieu Civitas Remorum (Reims) ;
1&° La Germania Prima (V Germanique), cltef-licu Colonia Agrippina (Cologne) ;
16° La Germania Secundo (U' Germanique), chef-lieu Mogontiacum ( Mayeoce ) ;
17° La Maxima Sequanorum (Grande Séquanaise), chef lieu Vesontio ( Besançon ) ; provenant toutes les cinq du démembrement de la Gallia Belgica.
Sous Constantin, la Gaule constitua un diocèse de la pr.rfectura Galliarum.
[ Sans être à beaucoup près aussi peuplée qu'au di x-huitième siècle, la Gaule n'était pas un pays à moitié désert, couvert dé bois et de marais, comme il a plu » quelques amplificateurs de collège de la peindre, sans réfléchir qu'ils se mettaient en contradiction avec les éloges que Polyhe, S Irabon, Mêla , Suétone , Justin , Pline , donnent à la fertilité de ce territoire. Aujourd'hui , il contient environ quarante millions d'habitants ; alors , d'après les inductions et les calculs comparatifs les mieux raisonné* , il en avait à peu près douze mil bons. La culture étant nécessairement proportionnée à la population, il en résulte naturellement que l'étendue des furêû et celle des terrains marécageux était beaucoup plus grande qu'elle ne l'est de nos jours. Cette masse de forêts se déroulait plus particulièrement à l'est et au nord -est. Celle des Ardennes partait presque des bords du Rhône, et s'élevait au nord jusqu'à l'Escaut et à la Meuse ; en largeur, elle occupait tout l'espace compris entre le Rhin et la Meuse , qu'eue passait vers Bavay, en se dirigeant vers la mer du coté de Dunkerque. 11 ne faut cependant pas croire que cette étendue de bois, dont le nom gaulois signifie avec raison ta grande forêt, fût compacte et impénétrable comme celles du Canada au seizième siècle . De larges clairières en interrompaient la continuité, et contenaient des villes, des bourgs et des villages , entourés de terres cultivées.
Les arbres, les plantes et les fruits de la Gaule étaient en général ce qu'ils sont encore aujourd'hui, excepté quelques espèces, qui y ont été apportées de pays plus méridionaux. La culture de l'olivier, du figuier, du citronnier, de l'oranger y fut introduite par les Phocéens de Marseille ; la vigne est venue d'Italie. On y trouvait les mêmes es|)èccs d'animaux domestiques que de nos jours ; les porcs et les oies s'y rencontraient surtout en abondance. César parle de trois espèces d'animaux sauvages comme étant particuliers à la Gaule ; c'étaient l'un**, le bison et Valces, ou l'élan. Les eaux thermales et minérales abondaient en Gaule, et les monuments qu'on a découverts prouvent que près* que toutes celles qui sont fréquentées aujourd'hui l'étaient sous la domination romaine. Les côtes;de la Méditerranée et de l'Océan occidental fournissaient du sel en abondance , et les salines de Vie, chex les Médiomatrices , et de Salins chez les Séquaniens, étaient connues. Il y avait des mines d'or et d'argent dans les Alpes , les Pyrénées, les Cévennes et les montagnes de l'Auvergne ; le fer était abondant dans plusieurs provinces. 11 faut même que leur produit ait élu assez considérable, puisque les Romains crurent pouvoir suspendre l'exploitation de leurs mines d'Italie.
La Gaule ne fut jamais, comme on l'a prétendu, un Etat confédéré : un état pareil suppose nécessairement uneorga-
, soit
GAULE
dans un des co- Etats, soit attenant entre eut ; une assemblée centrale régulière, ayant une antoriUi reconnue par tout. Rien de tout cela n'a existé dans l'ancienne Gaule proprement dite. I/Cs différentes nations ou tribut qui la composaient étaient indépendantes les une* des antres; aucun lien ne les unissait que la communauté de langage et d'origine et celle de la religion. Celle dernière parait mémo avoir été, (tour deux motifs précieux, le lien le plus puissant et ce qui a empêché la nation gauloise de s'éteindre par la destruction réciproque de ses membres. D'après cette organisation générale, il est facile de juger que César avait raison de dire que la Gaule était divisée en factions ; et cet esprit de factions ne s'étendait pas seulement dans l'intérieurde chacun des peuples qui composaient la nation, niais même souvent jusque dans l'intérieur des familles. En ce pays il n'y avait que deux classes d'hommes jouissant des honneurs et comptées pour quelque chose: les druides et les chevaliers. Quant au peuple , il était presque considéré comme esclave, n'osait rien par lui-même et n'était admis dans aucun conseil public. La plupart des Gaulois, perdus de dettes, écrasés d'impôts, victimes du caprice des puissants, se vouaient au service «les noble* , qui exerçaient sur eux les mêmes droits que les maîtres sur leurs serviteur);. En définitive il y avait égalité de droits ; mais de fait l'inégalité était frappante. Les citoyens puissants , grâce à une fortune héréditaire ou à un crédit et à des richesses acquises et conservées par la valeur et la force, jouissaient sur leurs concitoyens pauvres d'un pouvoir dû à la misère et aux besoins de ces derniers. Mais la volonté du peuple se formulait les armes à la main, et alors l'égalité renaissait. On concevra facilement qu'une situation pareille dut faire tendre continuellement la nation vers sa décadence. Kl le s'est soutenue longtemps, et n'a pu être complètement vaincue que par la politique romaine, la classe des puissants, ainsi que le dit César, étant éminemment guerrière. Les hommes qui se mettaient au service des grands étaient de deux eslièccs : ceux qui se plaçaient librement sous leur protection et donnaient en récompense leurs services , eeox que les, Romains appelaient clientes ou ombaètes (an , bng/undh très-dévoués ) ; et ceux que les grands prenaient à leur solde, et que les écrivains latins appellent soldurii (soldoir, de soladh, soldh, gain, émolument, gage). Les uns et les autres (et c'était un des traits caractéristiques des moeurs gauloises) professaient envers leurs patrons une fidélité a toute épreuve ; ils auraient été déshonorés s'ils les avaient abandonnés dans le danger, et bien rarement ils se décidaient à leur survivre.
Nous ne dirons rien de la législation gauloise , parce que dus n'avons aucun monument historique qui s'y rattache : le peu qu'on trouve sur ce sujet dans César et dans d'autres écrivains appartient peut-être autant à l'histoire des mœurs qu'à celle de la législation.
Les trois nations appelées en commun Gai a te s étaient divisées chacune en quatre tétrarchies, ce qui faisait douze cantons , gouvernés chacun par un tétrarque , ayant sous lui un juge, un chef militaire et ses deux adjoints. Chacune des deux nations avait un chef unique pour U religion, un temple commun et des assemblées générales ou concile» nationaux. Les Gaulois étaient adonnés aux cérémonies religieuses (reJligionibus , dit César), et par conséquent superstitieux. Ils liaient dans l'usage de vouer à la Divinité le butin pris sur l'ennemi, et pratiquaient des sacrifices humains, usage malheureusement répandu dans le inonda entier, et que les Romains conservèrent durant presque toute la durée de leur république. Nous ne nous étendrons pas sur le* divinités que les écrivains romains attribuent aux Gaulois. Le fond de leur religion était le spiritualisme ; elle reposait sur l'immortalité de l'âme. Des, Dé, Dio, était chez eux le nom de l'Être suprême; les Romains en ont fait Plutoo. Dans toutes leurs supputations du temps, la nuit précédait le jour, de même que le néant, la nuit totale, a précédé, pour les mondes créés, la lumière de l'existence.