‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 163 sur 614 · GAULOIS · texte numérisé non relu

GAULOIS

«a, était à peu prés le même, an fond, que celui de leurs descendants. Bravée, impétueux, actifs, loyaux et plus pertévérsnts que leurs voisins du nord et de l'est, on retrouve dans le fond de leur cœur la sévérité et la pureté de mœurs «.ni leur faisaient mépriser les ignobles tyrans de Rome dé~ ttocrée. Leurs détracteurs mêmes s'accordent * louer en eax la frugalité, l'hospitalité, la bonté, la générosité, la «.Mité , la justice, la franchie , l'intelligence, l'aptitude aux arts et aux sciences et l'horreur la plus insurmontable pour Ion» les vices déshonorants. Les écrivains auxquels nous imprimions cette nomenclature de qualités estimables sont César, Polybe, Ammieu-Marcellin , Arislote, Strabon, Dio- <tore , Plutarque , l'empereur Julien et Athénée.

L'habillement des Gaulois consistait dans la sape, ou la blouse de nos jours. Elle était de toile, d'étoile de laine, île f»'lleterie, ou en peau de mouton, selon la saison et la fortune. Sous la sa yc, ils portaient une tu uique, oucltemiso.onrerle par devant , et qui descendait à moitié des cuisses. Ua autre vêtement que les anciens attribuent positivement aux habitants de la Gaule Narbonnaise, et qu'avaient peutêtre adopté ceux de la Celtique , était la culoitt1 longue ou braie. La coiffure des Gaulois était en temps de guerre un casque orné, pour les chels, d'un aigle aux ailes éployées ; rs temps de paix, un bonnet dont la forme variait. Pendant l'hiver on le mauvais temps, ils portaient des manteaux Uabar), ou des surtouls à manches, et avec un capuchon [carachaliamk) •. c'est pour avoir adopté ce dentier que le Us de l'empereur Sévère reçut le surnom de Car a cal ta. Pour chaussure, ils avaient des souliers a peu près de la larme des nôtres : c'était la caliga , qui donna son nom à Caligula. L'habillement des femmes, à peu près le même que celui des hommes , n'en différait que par la longueur de la tunique, qui descendait jusqu'aux talons, par un tablier qu'elles portaient sur la jupe, et par l'arrangement de» cheveux. Les deux sexes aimaient beaucoup à se parer •i 'ornements, tels que colliers, bracelets, anneaux. Ces ornenwut», presque toujours en or, étaient travaillés dans le pays même, avec assex d'élégance pour que les Romains en ortit été fort avides, des colliers surtout, qui paraissent avoir Ht d'un usage asset commun dans les années. Aucun monument historique n'indique par quelles cérémonies légales le mariage était consacré parmi les Gaulois. Ils brûlaient leurs morts, et célébraient les funérailles de leurs proches arec toute la magnificence possible. Grands chasseurs , ils Hevaknt pour cet usage des chiens assex renommés, dont Amen fait l'éloge dans son traité de la chasse.

Les armes ordinaires des Gaulois étaient le bouclier, Cépée, la lance, la massue , les javelots , dont il y avait plusieurs espèces, l'arc et les flèches Mais leur bouclier avait le •lefaul d'être trop étroit , ce qui laissait une partie du corps a découvert, et leurs épées, longues, plates et émoussées, Niai trempées même, ne pouvaient servir que du tranchant, et tViiionssaient contre une armure solide, l'ne des armes «le jet itonl ils se servaient portait le nom de gœzum (guasact, gusach); c'est la guisarme de notre ancienne milice. Nous avons peu de détails sur la manière dont ils faisaient la guerre, sur l'about lance et l'organisation de leurs armées. Il est évitant qu'ils étaient inférieurs aux Romains pour l'organisation et la discipline militaire, pour l'ordonnance des armées, et aseme pour leur armement , beaucoup moins bien entendu. Sans cette infériorité , ils auraient été les vainqueurs du peuple-roi, au Réo d'être les vaincus : leur histoire le prouve su ni sa m ment. Mais vouloir conclure de cette Intériorité de tactique que les Gaulois aient été privés de toute idée de guerre, et aient combattu en cohueet sans aucune 'Imposition, c'est tomber dans l'absurdité. L'ordre de bataille debrennusà l'Allia ferait honneur» un général élevé à l'école moderne. Souvent César, dans ses Commentaires, bue la disposition des troupes et le génie militaire de ses adversaires. Il est également faux dédire que la principale lorce des armées gauloises fut dans la cavalerie, et que l'infanterie Hait méprisée. Partout nous voyons, au contraire, l'infante-

rie chex eux être de beauconp supérieure a la cavalerie, et la- grande lutte des batailles reposer sur elle. Il est très-probable que les Gaulois, dans des temps reculés, ont employé les cliars de guerre , puisque les Bretons au temps de César en faisaient encore usage; mais depuis longtemps ceux du continent ne s'en servaient plus dans les armées.

G4' G. or Vaiooucoïrt.

Histoire (depuis la conquête romaine).

La Gaule , soumise par César et ayant besoin de se relever du désastre d'une guerre de dix ans , resta à peu prés tranquille sous les cinq premiers empereurs; fournissant aux armées romaines de nombreuses cohortes auxiliaires , où la valeur gauloise, tempérée par la discipline et une tactique raisoiinée, brilla dans tout son éclat. L'histoire les cite avec éloge dans la belle campagne de Drusus et de Germaniens. Le mouvenwnt de Vindex et des légions gauloises qu'il avait remuées hâta la chute de Néron , et le désastre de cette armée , fruit de rivalités mal éteintes entre les peuples de la Ganle, ne fut qu'une suite de guerres civiles. Les légions du midi, surprises devant Besançon, furent vainrues par celles dn nord. Déjà le droit de cité avait été accordé par Claude à la plus grande partie du peuple de la Gaule; étendu par Galba, ce droit fut confirmé par Vespasien. L'exercice du culte des druides fut alors prohibe , et la civilisation pénétra dés lors rapidement bien au delà des limites de l'ancienne Province , mais plus particulièrement dans les régions méridionales de la Gaule. La langue romaine se répandit en dehors des villes , et devint insensiblement, sous la dénomination de lingua romana rustlca, celle des populations des campagnes, encore bien que des document* authentiques prouvent qu'à la (In du cinquième siècle elle n'avait point encore remplacé partout complètement l'ancienne langue celte ou gauloise. D'ailleurs , on vit dès lors les Gaulois partager avec les Romains toutes les charges de l'Empire, et concourir à l'organisation des légions parla même conscription que l'Italie. Lors de l'insurrection de Civilis, quelques peuples gaulois prirent seuls une part active a la lutte engagée pour les intérêts des Bataves. La grande majorité des nations gauloises restèrent fidèles a l'Rmpire. I^s légions des deux Germantes étaient en grande partie composées de soldats gaulois , en particulier celles que V i t e 1 1 i u s conduisit en Italie et celles qui étaient préposées à la garde du Rhin. Après Domitien surtout , la défense de la Gaule fut exclusivement confiée à «les troupes levées dans le pays. Les Gaulois fournissaient des contingents' dans toutes les autres provinces de l'Empire , et ils furent nécessairement chargés presque seuls de la défense de l'Italie , désarmée et avilie.

Les liens qui unissaient les Gaulois a la métro(>ole n'étouffèrent cependant pas en eux le désir de l'indépendance nationale. Le nom d'Empire Romain était encore , il est vrai, un prestige auquel se rattachait l'idée de la domination du monde connu ; mais le secret de l'empire était révélé de puis la mort de Néron. On avait appris que les empereurs |iouvaicnt se nommer hors de Rome : dès lors pourquoi la capitale ne pourrait-elle pas être également établie ailleurs ? La valeur des Gaulois, hautement avouée par les services qu'on leur demandait et qu'on tirait d'eux, la richesse de leur pays, qui égalait au moins celle de l'Italie, semblaient leur donner le droit de choisir l'empereur romain dans leur sein, et de le faire résider au milieu d'eux. C'est ainsi qu'ils soutinrent Albin us contre Septime-Sévère , et que la perte de la bataille de Lyon (193 de J.-C.) amena, de la part d'un vainqueur féroce et irrité, une sanglante réaction sur la Gaule. Plus tard, dégoûtés des mreurs vicieuses du jeune César Salonin, que Gallien son père avait établi pour les gouverner, ils s'en délirent et élurent à sa place un empereur gaulois (2f,0), l'illustre Posthumus, jugé par Valérien lui-même le plus digne de gouverner une natiou vaillante et distinguée par la gravit* de ses merurs. Posthumus, qui mérita d'êlre appelé le Restaurateur des

GAULOIS - GATJSSIN

Gaules, gouverna avec gloire sa pairie, l'Espagne et la Bretagne, vainquit et fit trembler les Germains, et périt après six ans de règne, assassiné par un ambitieux, qui essaya de lui succéder (206), mais dont les armées tirent une prompte et sévèro justice. Les deux Victoria» et Marius ne régnèrent en tout qu'un an environ, et l'empire des Gaules passa au Gaulois Tctricus, auteur cactté des intrigues qui l'y portèrent (267). Son caractère, sa conduite, sa cruauté et son avarice, l'exposèrent bientôt à la naine du peuple. Pour s'y soustraire, il trahit sa patrie. Aussitôt qu'Aurélien, vainqueur de Zénobic, put disposer de toutes les forces de l'Italie et de ; l'Orient, Tctricus l'appela lui-même dans la Gaule, et lui ouvrit le passage des Alpes, en reculant devant l'armée romaine jusque dans les plaines de Chalons-sur- Marne. La, l'irritation des légions gauloises le força de s'arrêter pour livrer bataille; mais dès le matin, sans faire aucunc disposition de combat, le misérable passa a l'ennemi avec ses complices, à qui il avait confié les commandements les plus importants. Les légions gauloises, attaquées dans une position désavantageuse, disputèrent la victoire avec une valeur héroïque; enlin elles succombèrent, et avec clic l'indépendance de leur patrie. Le lâche Tetricus alla jouir en Italie des dépouilles de ses concitoyens.

En l'an 29 1 Probus parvint à comprimer la révolte de Bonosus et de Proculus; mais les désordres et la confusion générale provoqués par la mauvaise administration des représentants de l'autorité impériale et; par les impitoyables exigences des agents du fisc eurent pour résultat d'appauvrir les villes et de dévaster les campagnes, et provoquèrent a l'époque de Dioclélien la ligue desBagaudes, composée des classes inférieures de la population , que la misère poussa è une insurrection , dont toute la cruauté de Maximien ne put venir à bout , et qui se reproduisit encore avec une violence extrême au cinquième siècle. Au quatrième siècle, Julien , que Constance avait envoyé en Gaule en 355 avec le titre de césar, s'était efforcé de cicatriser les plaies du pays. Lui aussi il guerroya avec succès contre les Francs et les Alemans ; et ces derniers, après lui, furent encore battus par Valentinien I" en 366 et par Gratien en 377. Mais les incessantes irruptions de ces peuples transformèrent à la longue en un vaste désert toute la contrée limitrophe du Rhin ; et dans le cours de ce même siècle les Francs prirent possession du territoire gallo-romain au nord , et les Alemans à l'est (jusqu'aux Vosges). Sous le règne d'Ilononus, vers la fin de I'annéc406, laGaulc fut inondée pard'iimouibrablcs hordes de Vandales, de Suèveset d'Alains. Il n'en resta bientôt plus que des débris, notamment des Alains, la plus grande partie ayant poussé jusqu'en Espagne (409). Par contre, les Bourguignons s'y établirent d'une manière fixe, et des territoires qui leur avaient été assignés sur les bords du Rhin supérieur, s'étendirent jusqu'au Rhône et à la Durance, où ils fondèrent le royaume de Bourgogne. Une partie de l'Aquitaine en deçà des Pyrénées fut encore abandonnée aux Visigoths (voyez Goms), qui lors de leur expédition en Espagne dévastèrent, en l'an 413, le midi de la Gaule; et leur roi Alaulf s'y fixa, à Tolosa. C'est avec leur secours qu'Aétius, gênerai des armées de Valentinien 111 , qui exerça encore uuc fois une prépondérante influence dans les intérêts de la puissance romaine et comprima l'insurrection de l'Arraorique, vainquit, en 4M, aux champs C atalauniques, Attila , qui avait ravagé une grande partie de la contrée. Valentinien, après avoir lait assassiner Aéti us en 454, périt lui-même de la même façon l'année suivante. Dans l'horrible confusion à laquelle le pays se trouva alors en proie, l'Arvernc Avitus ae fit proclamer empereur en Gaule ; mais il fut déposé par Ricimcr des l'an 420. Majorien, à qui celui-ci conféra la pourpre, rétablit encore une fois la tranquilité dans la Gaule. A sa chute, arrivée en l'an 461, l'empire des Visigoths sur la côte fut étendu jusqu'au Rhône, et bientôt après au nord jusqu'à la Loire. L'extrémité occidentale de la Gaule reçut de la Bretagne un accroissement de population celte, et se déclara indépendante (voyez Bretagne). Enfin, en 486, le France

Clovis ou Chlodwig anéantit les faibles débris de la puissance romaine , qui entre la Somme et la Loire continuaient encore sous Syagrius l'empire romain d'Occident. Cest par ce Chlodwig et ses descendants que la Gaule tut transformée eu royaume des Frank*. Le christianisme ne commença guère à se propager dans les Gaules que vers le milieu du deuxième siècle; mais ses progrès y furent si rapides qu'au commencement du quatrième siècle il y avait delà des évéchés à Bordeaux, à Rouen, à Reims, à Cologne. Consultez Wafckenaèr, Géographie des Gaule* Cisalpine et Transalpine ( 2 vol., 1826-1828) ; et Thierry, Histoire de la Gaule sons ladomination romaine (Paris, 3 vol., 1828).

GAURA , idiôms des Garrows.

GAURE (Comté de), ancien pays du bas Armagnac, aujourd'hui dans le département du Gers, où il forme l'arrondissement de Lectoure, (ut possédé d'abord par des corn tes d'Armagnac, puis par la maison de Casaubon. Revenu ensuite aux d'Armagnac, il passa à la famille d'Albret, avec les biens de laquelle il fit retour à la couronne* Par la suite , il fut engagé au duc de Roquelaure. Le comté de Gaure avait pour chef-lieu Fleuranges.

GAUSS ( Charles-Frédéric) , professeur d'astronomie à l'université de Gcettingue, l'un des plus grands mathématiciens de notre époque, est né le 23 avril 1777, à Brunswick. Dès son enfance il annonça de si grandes dispositions pour les* sciences, qne le duç, Chartes-Ferdinand de Brunswick voulut se charger seul de pourvoir à tous les frais de ses études. Ce fut en 1807 qu'il obtint sa chaire à l'université de Gœltinguc. Dans In thèse qu'il soutint en 1709 pour obtenir le diplôme de docteur, il fit preuve de la sagacité de son esprit en soumettant a la critique les méthodes employées précédemment pour prouver la vérité des axiomes fondamentaux de l'algèbre, dont il donna une démonstration nouvelle et plus rigonreuse. Ses JHsquisitiones arithmeticx (Leipzig, 1801 , ln-4°), ouvrage marqué au coin de la spéculation mathématique la plus élevée, et qui a enrichi la haute arithmétique des plus belles découvertes, signalèrent ses rapides progrès. Quand, au commencement de ce siècle, on découvrit de nouvelles planètes, Gauss trouva de nouvelles méthodes pour calculer leurs révolutions. Il les publia dans sa Theoria motus corporum calestium (Hambourg, 1809, in-4°), qui contribua beaucoup à donner une juste direction à l'esprit de recherches qui caractérise notre époque dans les observations astronomiques. Sa Theoria combinationis observationum erroribus minimis obnoxUe (Gosttingue, 1823, in-4°) a aussi beaucoup contribué aux progrès de la science.

Une fois que le nouvel observatoire de Gcetbngue fut achevé, M. Gauss se consacra également aux observations astronomiques. Chargé par le gouvernement danois de continuer dans le royaume de Hanovre la mesure du degré , il découvrit à cette occasion la manière de rendre visibles les stations les plus éloignées au moyen de la lumière solaire réfléchie par un instrument de son invention, qu'il appela héliotrope. Il s'est plus tard activement occupé de recherches relatives à l'action du magnétisme terrestre , et à cet effet le gouvernement banovrien lui a lait construire dans le voisinage de l'observatoire céleste un petit observatoire magnétique. C'est grâce à ses travaux dans cette partie du domaine de la science, et aussi à ceux de Guillaume Webcr, notamment à la théorie qu'il adonnée du magnétisme terrestre, que cette doctrine si difficile a reçu une forme toute nouvelle. Ils sont consignés dans les Résultats des observations de la Société Magnétique, ainsi que dans V Atlas du magnétisme terrestre, publiés en société par ces deux savants. Dans ces dernières années, M. Gauss s'est surtout occupé de la théorie de la géodésie, qui lui a fourni matière à publier une série de dissertations. Comme tout ce qui sort de sa plume, elles ne brillent pas moins par la profondeur de la pensée que par la pureté et la clarté du style.

GAUSSIN (Jkaïvse-Catherkie GAUSSEM, dite), célèbre actr ion de la Comédie Française, naquit à Paris en 1711.

Page 1