GAVARNI — GAVAZZI
frirote et charmante. « Dan» vingt-ciaq ans, dit M. Théophile Gautier, ce sera par Gavarni qu'on apprendra l'existence «te duchesses de la rue du Heider , «le» loretto», de» éludants. » Quoiqu'il travaille arec la plus grande facilité, il s'astreint toujours scrupuleusement a la realite; pas un détail, [oéute indiqué par le trait le plus fugitif, qui ne soit juste et irai; se* personnages ont toujours la mise (|ui leur convient.
Au nombre de sea destins, nous nous bornerons k citer les séries suivantes, composées chacune de nombreux sujets : Us Lorettes; Lu Actrices; Les Continu; Les Fashionables; Les Gentilshommes bourgeois; Les Artistes; Les Btudtants de Paris; Les Débardeurs; Les Plaisirs champêtres; Us Bats masqués; Le Carnaval; Les Souvenirs du bal Chicard; Les Souvenirs du Carnaval; La Vie de jeune homme; Patois de Paris ; Balivernes parisiennes; Cltekg; Les Enfants terribles, une de ses premières créations ; les Parents terribles ; Les Fourberies de femmes ; La Politique des femmes', Les Maris vengés ; Les Nuances dm sentiment; Les Rêves; Les Petits Jeux de Société; Les Petits Malheurs du Bonheur ; Les Impressions de aunaoe ; Les Interjections ; Les Traductions en langue
Chacune de ces mille composition* est un vaudeville, «ne comédie, une farce, un tableau de genre, une nouvelle, un roman de rocrurs dans toute l'acception du mot. Ce sont <k petits chefs -d'eeuvre sans prétention , comme tons les diefs-dVnrrre. L'artiste nous transporte toujours au milieu même de l'action, et nous laisse deviner le restant du drame, dont nous ne voyons qu'an fragment, une scène A chacun de ses dessins il a eu soin d'ajouter une courte légende, qui édaire complètement la situation représentée; et ces épigraphes, écrites dans le pathos le plus réjouissant, trahissent parfois une incroyable connaissance du cœur humain. On y trouve des mots d'une profondeur qui (ait frissonner; on ne sait pas vraiment si c'est le teste qai illustre le dessin , oo si c'est le dessin qui illustre le texte. On a comparé Oavarni a Molière; le plus souvent une telle comparaison sorte malheur k cent qui en sont l'objet ; Gavarni pourtant n'en a pas été accablé; que peut-on dire de plus pour
Uire vin elogeT
Gavarni est psyciiologtste comme Hogarth; mais ce s'est pas nn moraliste à la façon de l'auteur anglais. Il ne prêche pas , il décrit, il prend le monde tel qn'il est ; en déroulant devant le spectateur son épopée infinie des rldieaies et des travers de l'homme , il n'est jamais indigné , emphatique, déclamatoire, mais il a toujours un trait, an bon mot, un mot vif, une épigramme; il sourit même plutôt qu 'il ne raille.
En 1849 Gavarni alla habiter l'Angleterre ; son séjour d'Ms ce pays eut une grande influence sur son talent. Toujours poétique et protond, il semble avoir (tordu sa gaieté au spectacle navrant des horribles misères de Londres. Le peuple des tavernes , les voleurs , les balayeurs , les irlandais, les mendiants déguenillés de Saint-Giles ou de White- Ch*p*l , tels sont les sujets qu'il s'est plu a retracer de préférence.
Oe que F œuvre de Gavarni a surtout de remarquable , c'est que dans ses innombrables compositions on n'eu trouverait peut-être pas deux qui se ressemblent. L'étude constante de la nature lui a permis de varier ses types à l'infini. La masse d'esprit et de gaieté que Gavarni a dépensée ça et là dans les journaux, les revues, les livres illustrés, est réellement prodigieuse. Ses dessins, si un intrépide amateur s'avisait de vouloir les collectionner, feraient plucde trente in-folios. Il en a paru un choix gravé sur bois, avec un texte par J. Janin , Théophile Gautier, Balzac, etc., uns, le titre d'Œuvres choisies de Gararni (Paris, 1845, * volumes). Une autre collection est intitulée, Perles et Parures, par Gararni ( 2 vol., 1850 ) ; une dernière, qui a en moins de succès , a pour titre : Les Propos de Thomas Vhelnque (Paris, 1853). Il a aussi illustré un grand nombre d'ouvrages , entre autres LeJuif-t'rrnnt d'Eugène
Sue ; et a donné quelques dessins au Diable à Paris, aux Œuvres complètes de Balzac, etc., etc. W.-A. Ducrett.
GAVAUDAN ( Jp.A3-B»rnsTt-SAitvEi-R ), acteur de l'Opéra-Comlqne, naquit a Salou ( Boiiches-du-Rhôoe } , en 177), d'un père organiste d'un courent. Il avait été quatre ans marin, lorsqu'il débuta à Feydcau. Ce théâtre faisait alors les délices de Paris ; Martin, Ellcviou, Juliette, Lesage, M"* Beguautt, M,u Saint-Aubin , M™' Boulanger et d'autres artistes formaient une troupe chérie du public, dans laquelle Gavaudan tint bientôt une place honorable. Chanteur convenable, il était excellent comédien, et dans les différents rôles qu'il joua, Il montra une grande souplesse de talent. Les belleset heureuses qualités qui le distinguaient, se mûrirent et s'améliorèrent avec l'âge et par l'expérience. Cet acteur eut an théâtre une belle et verte vieillesse, qui n'avait rien perdu des dons de la jeunesse , et dont on retrouvait la trace vive sous les années écoulées. Les pères nobles lui fournirent , à cette époque, des personnages auxquels il savait prêter, suivant la situation, la douceur, la sévérité, l'enjouement ou la gravité. Cette race des Gavaudans avait d'admirables instincts scéniques; ce nom était aimé par le» spectateurs, auxquels il promettait toujours un sujet d'élite. Le rôle qui Ht le plus pour la renommée de Gavaudan fut celui qu'il Joua dans l'opéra intitulé : Le Détire ! Il s'y montra acteur consommé, et jamais on ne poussa plus loin que loi l'illusion de ce caractère : c'était à l'en croire fou ; sa folie, dans les accès furieux, laissait |»ercer une manie de charmante et suave sensibilité; il inspirait la terreur et l'attendrissement ; il excitait et inspirait les émotions les plus diverses, celles qui toui llent et celles qui saisissent le mieux le co-ur et l'esprit. Sa perpétuelle aptitude au sentiment, qu'il savait diriger k son gré, était surprenante. Dans Le Délire, il passait nécessairement A travers les émotions les plus subites et les plus imprévues, en excitant dans toutes les parties de la salle un enthousiasme anqncl personne ne pouvait se soustraire. Ce rôle renferma sa renommée tout entière , et combla d'honneurs les derniers jours de son existence dramatique. Eugène Briffa cit.
Admis comme sociétaire en 1801 , élagué en 1816 pour opinion politique, Gavaudan alla diriger, pendant un an, le théâtre royal de Bruxelles, fut rappelé en 1854, obtint sa retraite en 1828, dirigea le théâtre de Liège, et se retira à Montmorency en 1829. Sa femme, Alexandrine- Marie- Agathe Dwturx, née à Paris, en 1780, fut élève d'Hérold père, et débuta en 17«8 au théâtre Favart, dans les jeunes rôles des dames Dugazon et Saint-Aubin. Malgré sa grâce, sa gentillesse et ses manières naïves, la faiblesse de sa voix, qu'elle conduisait toutefois avec assez d'agilité, fixa d'à bord légèrement l'attention; mais d'heureuses dispositions, fortifiées d'un travail assidu, en firent bientôt l'un des pre miers soutiens de l'Opéra-Comique. Elle en devint sociétaire après la réunion des deux troupes au théâtre Fcvdeau. Son talent varié, tout plein de gentillesse, lui permettait djaborder avec un égal succès les soubrettes, les Agnès, les pages, les garçons villageois, les dames de la halle et celles de la haute société, et d'être tour à tour Agathe dans L'Ami de la Maison, Antoine dans Richard Cœur de Lion, Margot dans Le Diable à quatre, le page dans Françoise de Foix et dans Jean de Paris, Fanchette dans Les Deux Jaloux, Jeannette dans Jocondc, Colette dans Jeannot et Colin, Rose d'Amour dans Le Petit Chaperon rouge, rôles qu'elle créa presque tous avec une grande supériorité. Elle prit sa retraite en 1823, après avoir été quinze ans chef d'emploi, et mourut en 1850.
La famille Gavaudan a donné au théâtre plusieurs acteurs et actrices distingués , enfants, sœurs, neveux, nièces du célèbre chanteur. Constant- Édouard , son fils, servait comme lieutenant en Afrique dans un régiment d infanterie, lorsqu'en 1838 il fut assassiné près de Blida, pendant qu'il dessinait un marabout.
GAVAZZI ( Ai.Fssvxnno ), prêtre Italien, qui s'est fait connaître comme réformateur catlioliquc ainsi que par le