‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 168 sur 614 · GAY · texte numérisé non relu

GAY

sources élevées, se réunissent avec un fracas épouvantable à Otoron, où elles forment le gave de ce nom. Celui-ci parcourt jusqu'à son embouchure une distance de 71 kilomètres, d'un flottage facile, au moyen de douze pertuis. Un des affluents du gave d'Oloron porte le nom de gave de Mauléon ou de Soûle. 11 est flottable sur 5 kilomètres.

GAVIAL. Lacépèdc appelait ainai une espèce du genre crocodile , que Cuvier érigea en sous-genre sous le nom de longirostre, qui exprime le grand allongement et l'étroitosae du museau de ces animaux. Le soos- genre de Cuvier a été conservé; mais Geoffroy mi • rendu le nom de gavial.

Le gavial du Gange ( crocodilus gangeticus ou longirostris) atteint fréquemment cinq 00 six mètres. Encore plus aquatique que les crocodiles proprement dits , cet animal est mieux conformé pour vivre de poissons. On le connaît depuis fort longtemps, puisque Élien en fait déjà mention. Ce serait l'unique espèce du sous-genre gavial ( puisqu'on a reconnu que Cuvier en avait à tort distingué le petit gavial )t si Muller et Temminck n'avaient constaté l'existence du gavial de Schlegel( crocodUus Schlegelii ), qui vit k Bornéo

GAVOTS. Voyci Compacnonage.

GAVOTTE» danse qui pendant longtemps ne fut exécutée que par des danseurs de profession et sur le théâtre. On en ajouta une au menuet de Céphale et Procris, qui reçut le nom de menue/ de la cour ou de la reine , parce que Marie-Antoinette la préférait et ut dansait parfaitement. La gavotte prit alors rang dans les bals avec les tricotés , la cosaque et autres pas réservés aux amateurs en renom. L'air de cette gavotte manquait d'agrément et de vivacité; les pas en étaient difficiles, la figure peu gracieuse. Quand , après la Terreur, le goût des Français pour les plaisirs se manifesta avec redoublement, la musique et les figures de la vieille gavotte déplurent; le célèbre Garde 1, maître de ballets à l'Opéra, en composa une nouvelle sur un air de Panurge. Celle-ci obtint l'assentiment général, et ne futeepen» dant jamais dansée à la perfection que par un jeune négociant de Bordeaux, nommé Trénis, et par M"" Hamelin, dont la grâce créole ne connaissait pas de rivale. Quelques charmes qu'offrit la gavotte aux spectateurs , elle répandait toujours un peu de tristesse dans les bals, parce qu'eue concentrait l'attention sur deux ou trois individus. L'envie générale qu'excitaient quelques danseuses , les grands pieds mal tournés, la tournure commune et le? prétentions de la plupart, ne tardèrent pas à nuire k la gavotte; on la relégua en province , où elle cessa même bientôt d'être dansée.

Les airs delà gavotte étaient à deux temps, se coupant en deux reprises, dont chacune commençait avec le second temps et finissait sur le premier : les phrases et les repos en étaient marqués de deux en deux mesures.

C** oc BatDi.

GAY (John), poète anglais, naquit en ichs, a Barn- '< staple , dans le Devonshire. Une bonne éducation était la seule fortune que ses parents pussent lui donner, et ils ne faillirent pas non plus k ce devoir. Toutefois, comme tant d'autres littérateurs, John Gay se trouva d'abord Jeté bien loin du chemin qu'il devait suivre plus tard ; car au sortir du collège on le plaça à Londres comme apprenti citez un marchand de soie. Cédant k sa vocation véritable, il consacra alors les quelques heures de loisir que pouvaient loi laisser des occupations toutes matérielles, k composer un poème intitulé Rural Sports (Ml), dans lequel il décrivait les plaisirs multiples qu'offre la vie des champs, et qui lui valut l'amitié de Pope en même temps que les sympathies et la protection de plusieurs personnages célèbres. En 1712 il devint le secrétaire de la duchesse de MonmouUi ; et deux ans après il accompagna le comte de Clarendon à Hanovre comme secrétaire de légation.

Ses pièces de théâtre sont assez nombreuses. Le bruit qu'elles ont fait a été de peu de durée : deux n'ont même dû leur célébrité passagère qu'à l'immoralité et au cynisme des scènes dont elles sont remplies; nous voulons parler

OAY — GAY-LUSSAC 'lu Beggar (Le Gueux ), et de Folly, qui t'est que le mite dn Beçaar, espèce d'onéra-vaodevflle, dont le héros et l'héroïne «ont dignes l'un de l'autre, puisqu'ils sont, le héros, r^eur de grand chemin, condamné à être j.eudu, et l'héroïne, fille publique. Ou défendit les représentations de Mly; niais la pièce imprimée eut un immense débit. La if-mmt dans rembarras, La Répétition à Fotham , La Femme de Bath, Trois jours après le mariage, satire le docteur Woodward, à laquelle Pope et Artrathnot iberent dans l'oubli peu après leur apparifiun. En revanche, la tragédie burlesque , Comment l'appelez vous? eut un véritable succès. Les Captifs et Diane, deu-i autres tragédies , ne sont pas sans mérite , ainsi qu'un opéra intitulé Achille.

Mats les meilleurs titres de Gay sont incontestablement les Fables qu'il composa pour l'éducation du jeune duc de Cumberland. Si on le compare à La Fontaine, on le trouvera certainement bien inférieur au fabuliste français , surtout pour les difficultés vaincues. La Fontaine a enrichi sa langue , il eu a été un des principaux créateurs; Gay trouva U sienne toute faite , et il ne s'en servit pas d'une manière afc*z originale pour être placé au nombre des auteurs du ordre. Il n'est que bon versificateur. La Fontaine grand poète. Ses inventions sont Iteureuses ; il a de la t et de l'esprit , de la grâce, de l'enjouement, toutes chose* ordinaires chez La Fontaine, qui souvent y ajoute de la profondeur et du génie.

Gay composa une parodie des Idylles d'Ambroiae Pbilipps, qull intitula : La Semaine du Berger. Ses Êglogues de ville ne sont aussi que des parodies , mais pétillantes d>>pnt comme la précédente ; et les moeurs des paysans d'Angleterre y sont peintes avec non moins de vérité. Nous avons encore de hii deux poèmes en trois chants, dont le premier, L'Eventail, est au-dessous du médiocre; et le second, Trivia, ou fart de se promener dans les rues de Londres, te tait remarquer par une élégante versification et de chari tableaux de genre. Les épttres, chansons, ballades, tses poésies mêlées, attestent seulement la facilité de l'auteur.

La faiblesse de caractère de John Gay le rendit malheu- II était trop prompt à concevoir des es|iérances ; il était Une fois qu'il vit ses rêves d'avenir dé-

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iruits par l uiuiilerence que un icmoignerem sur Je irotic le prince et la princesse de Galles , qui l'avaient protégé d'abord, le poète oublia le bonheur de ses jours passés. Au lieu de se renfermer dans les souvenirs de l'amitié et des t de lord Clarendon et de la reine Anne, au lieu les consolations du duc et de la duchesse de Qoeensberry. qui le recueillirent chez eux, il tomba dans une noire ruéiaucotie , qui le conduisit au tombeau à l'Age de juaraute-quutreans, le 4 décembre 1732. Le duc et la ducbemae de Qoeensberry lui élevèrent un monument dans l'abbaye de Westminster, où il fut enterré; et Pope, exprima dans une touchante épitaphe les regrets que sa mort bissait à tous ses amis. Victor Bouuu.

GAY ( SoraiE ) , fille d'un agent de change appelé de Lavalette, naquit a Paris, en 1776. Mariée 4 un autre agent de change, du nom de Liottier, elle profita, en 179», du L<n»-tice de la loi du divorce pour se séparer de lui et épouser M. Gay , associé d'une maison de banque , devenu sous l'empire receveur général du département de la Roér. Ce (ut pendant son séjour à Aix-la-Chapelle qu'elle se trouva en relation avec la plus haute société d'alors , réunie aux thermales de Spa, et particulièrement avec Pauline », princesse Borghèse, qui l'honora constamment de son amitié. Ses premiers essais littéraires datent de 1*07, époque où elle prit la plume pour repousser une violente attaque dont M"* de Staël absente était l'objet, l'ois elle fit paraître Laure d'Est cil , roman en deux voi , qu'elle ne crut pas devoir signer ; ce fut même le de Doufllers et le vicomte de Ségur, se* patrons littéraires, qui la déterminèrent a publier c«U ouvrage. Dix

LA COffVIKS. — T. y

ans s'écoulèrent entre ce début et l'apparitiun d'un nouvel écrit , Léonie de Montbreuse, roman en deux volumes, qui date de 1813. Deux ans plus tard, elle faisait imprimer un autre roman plein d'intérêt, Anatole, simple et naïve bistoirc des amours d'un pauvre sourd-muet. L'empereur, après sa dernière nuit passée à la Malmaison, «tonnait, au moment de partir pour l'exil de Sainte- Hélène, cet ouvrage au baron Pain.1, son secrétaire , en lui disant : « Conserves ce livre en mémoire de moi ; il m'a bit oublier un instant mes chagrins. •

En 1817 M1"* Sophie Gay publia Le Valet de chambre d'un aide de camp, réimprimé en 1824, sous le titre de Malheurs d'un Amant heureux. Cette même année parut Théobald, épisode de la campagne de Russie, qui a fourni a M. Scribe le sujet d'un de ses meilleurs vaudevilles ; et successivement La Physiologie du ridicule , i> Comte de Guiche, La Duchesse de Chéteauroux , La Comtesse d'Egmont et Les Souvenirs d'une vieille Femme, ouvrage extrait des mémoires de l'auteur. Toutes ces publications se recommandent par une pureté, une élégance de style, qu'un rencontre bien rarement dans les romanciers de son époque.

M™» Sophie Gay s'exerça également avec succès dans le genre dramatique. En 1818 elle arrangea pour l'Opéra- Comique La Sérénade de Regnard, dont M"' G ail lit ta musique. En 1M1 elle rendit le môme service au Chanoine de Milan , d'Alexandre Durai , qui , sous le titre du Maître de Chapelle, fournit un délicieux libretto k la musique de Paer. Ses autres oeuvres dramatiques sont Le marquis de Fomenars, comédie en un acte et en prose, jouée en 1819 ; Vue Aventure du chevalier de Gramont, trois actes, en vers, 1822; Marie, ou la pauvre fille, drame, trois actes, en prose, 1824; enfin, les échos du théâtre de l'hotel Castel lane ont longtemps retenti des bravos prodigués à une de ses plus agréables comédies, La Veuve du Tanneur. Mais en 1843 La Duchesse de Chéteauroux eut peu de succès a l'Odéon. M™ Sophie Gay est morte en 1852.

A la célébrité de la mère se joignit bientôt celle de sa seconde fille, d'abord Delphine Gay, devenue ensuite M-* Emile Girardin, dont la sœur aînée, morte il y a quelques années, avait épousé le comte O'Donnell. GAYAC. Voyez Gaïac.

GAYAC1ME. Vo yez Gaïacwe.

GAYAL, GYALL ou BŒUF DES JONGLES, espèce du genre bœuf, que les loologistes nomment bas gavxus. Une crête dorsale très-prononcée fait distinguer an premier coup-d'asil le gayal du bœuf commun , dont il a du reste presque tous les caractères , sauf les cornes, qui rappellent celles du bulfle. Le bceuf des jongles a le poil ras et noir sur presque tout le corps; ses jambes sont Manches. La couleur du front varie du gris au iauve, de même que celle d'une ligne longitudinale qui s'étend sur le dos. Cette espèce est domestique dans les contrées montagneuses du nord-est de l'Inde.

GAY'-LUSSAG { Nicolas- François), savant chimiste, naquit a Saint- Léonard (Haute- Vienne), le 6 décembre 1778, et mourut à Paris , le 9 mai 1850. D'abord élève de UÉcole Polytechnique, où son sèle lui concilia l'amitié protectrice de Berthollet, il entra ensuite dans les ponts et chaussées. Le mode selon lequel se dilatent les gaz fut le premier objet de ses recherches, et il donna la loi de celle dilatation, dont il démontra la constante uniformité. Encore étudiant quand ce travail fut rais au jour, et fort jeune alors, les discussions auxquelles il donna lieu inspirèrent à Gay Lussac la pensée d'une entreprise aussi périlleuse que mémorable. A l'époque dont nous parions , le physicien Charles exerçait beaucoup d'influence sur les jeunes savants , à cause de son imagination aventureuse et de sa riche collection d'instruments et de machines. On s'occupait alors de la question des ballons , des aérostats, à la théorie desquels se liait tout naturellement le travail de Gay-Luisac sur la dilatation des ga*. - Voilà une belle occasion , disait Chartes a G iv-Lussac, d'arriver d'un seul bond à la célébrité et i

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