‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 176 sur 614 · GAZOUILLEMENT — GÉANT · texte numérisé non relu

GAZOUILLEMENT — GÉANT

oiseaux chantent d'aliord faiblement; mais lorsque l'amour, retle âme universelle , a ranimé la vie dans tous les êtres organisés, alors la troupe gazouillante, plongée dans ira torrent de délices, exprime son bonheur par des concerts mélodieux, qui testent aussitôt que leurs tendres désirs sont satisfaits.

Hou* ajouterons que par le mot gazouillement on dés le tnuimure des ruisseaux ainsi que le langage des enfants qui commencent à parler.

Coionbat (He n»cr").

GAZZIAH. Voyez lUrzn.

GEAI , genre «f oiseaux de Tordre des pawcreaux conilitres, renlerroant une dizaine d'espèces, dont une est indigène et les autres propres aux deux Amériques et aux Indes orientales. Notre geai est à peu près de la taille et de la grosseur d'une perdrix nonunune d'Europe; il a o",35 environ , depuis l'extrémité du bee. jusqu'à celle de la queue, et déploie en plein vol une envergure de près de 0",55; il a la téte forte, le con épais et nerveux , le bee robuste, couleur de corne foncée, presque conique, un peu allongé, la mandibule supérieure légèrement recourbée vers le bout. Ses yeux, placés latéralement, et dont l'urée est d'un gris-htai argentin, sont larges, arrondis, et entourés d'un cercle étroit d'un brun semblable à la couleur de la prunelle ; il a les tarses élevés, d'un gris foncé, un peu rougeatres, très-élastiques et d'une grande souplesse, armés de quatre doigts, dont trois antérieurs et un postérieur, qui semble faire suite à «rlui du milieu des trois doigts opposés ; ses ongles sont de la couleur du bec, courts, robustes et acérés, et lui sont d'un grand usage pour se procurer et préparer sa nourriture. La teinte générale de son plumage est d'un gris ardoisé, que domine une couleur rose lilas plus ou moins vineuse , qui se change tantôt en violet gorge de |rigeon dans les parlies les plus foncées, sur le dos et sur le cou, tantôt en gris de perle mat et clair, nuancé légèremeut d'un rose violet peu apparent sur les joues, sous le bec, le ventre et à la im ssaoce de la queue. Les pennes étagées de cette queue sont presque noires. 11 en est de même de l'extrétuilé des aiks , décorées de deux larges bandes d'un bleu clair d'azur magnifique, coupées verticalement de petits traits nombreux d'un bleu noir pourpré lri-s-éclatant. La même couleur, mais H"* mate, se remarque sur les larges plaques fourres qu'il liorte en fotme de moustarltcs de chaque coté du bec, à partir de la naissauce des maudibulcs, et qui se détachent >j bien sur le fond gris jicrlc des joues.

Les habitudes des geais se rapprochent beaucoup de celles des pies et des corbeaux ; ils vivent comme eux au fond des bois et des forêts, et n'apparaissent dans les campagnes et les vergers que pour y faire des dégâts. Us sont également doues d'une grande intelligence, et, quoique d'un naturel fort sauvage, on parvient facilement à les apprivoiser. Pris jeunes dans le nid , on les rend sans peine aussi familiers que des oiseaux domestiques : les chats, les chiens , les habitants des basses-cours , les enfants, tout devient alors l'objet de leurs agaceries; il n'est personne dans la maison qu'ils ne cherchent à persécuter ; ils portent l'audace jusqu'à dérober tout ce qu'ils peuvent saisir, des pièce* de mounaie, de l'argenterie, des moiceaux d'étoffes, tous les objets de taxe qui flattent l'œil ou qui ont de l'éclat. Ils savent lort bien imiter toute espèce de cri et de son, et apprennent follement à iiarler.

Les geais passent [mur omnivores; ils se jettent sur les grains, les fruits, les légumes, les petits des antres oiseaux, et s'approchent des habitations pour se nourrir des entrailles de volailles, des resh» de viandes, et se repaître du sang des animaux tués pour la table. Mais ils préfèrent les glands, les noix et les notsottes; ils en approvisionnent leurs retraites dans le creux des grands arbres, dans de vieux terrier», au milieu des ruines d'anciens édifices. Ils sortent de ces asiles par les jours les plus beaux, les plus doux, et tell* est leur prévoyance, qu'ils ont soin de se former plude réserve, aiin do ne pas perdre toutes

leurs ressources à la fois. Quatre défauts déparent les qualités du geai : l'avarice, la malpropreté, la pétulance et la colère.

Les geais font leur nid dans les bois, loin des lieux hahib'-s : ils le construisent ordinairement sur les chênes les plus touffus, les plus élevés. Leurs petits naissent tellement |>eu délicats que quelques branches entrelacées grossièrement , en forme de demi -sphère sans duvet à l'intérieur, suflisent pour les recevoir. Le père et la mère se (tartagent avec un égal empressement les soins de l'iucubation et de la famille. Ils ne quittent ordinairement leurs petits, qui commencent a voler vers le mois de juin, qu'au printemps Minant, lorsque ceux-ci se di*|ter*ent eux-mêmes jwur aller former de nouvelles familles. La femelle pond de quatre à six o'iif*, île la grosseur de ceux «le pigeon, d'un gris plus ou moins verdâtre, avec des petites taches roussâlrcs faiblement unrquées. On la reconnaît à sa téte, plus |rtilc que celle du mAle, et à son plumage, qui est inoins xif.

Parmi les espèces ou variétés , la plupart des auteurs ne dlent que le geai noir à collier blanc, le geai ù jnues blanches , le geai bleu verdin , le geai bleu de l'Amérique septentrionale, le plus magnifique de tous, le geai orangé, le geai péruvien , dont l'élégance contraste avec les pro|M>rtions, un peu fortes, du geai d'Europe, et le geai brun-roux du Canada, qui est une simple variété de ce dernier. Pions ajouterons à cette nomenclature le geai de V Himalaya , le geai A double miroir ( garrulus bispecularis ornatus ), également de l'Himalaya, et le gea\ lancéolé de l'Inde.

Jules Saixt-Avoi.h.

GÉANT, en latin gigas , tctmc d'origine grecque , formé de ft, terre, et de ydw, je nais, c'est-à-dire fils de la (erre; ce qui désigne un homme monstrueux et violent, un ogre, comme les Lestrygons et les Cy cl opes d'Homère. Les enfants, se voyant petits et faibles, croient facilement à l'existence des géants.

En général, les animaux et les végétaux à courte durée , dont la texture est serrée , compacte, ne parviennent point à d'aussi vastes dimensions que les races dotées d'une longue vie, ou d'une organisation à mailles plus lâclies et plus extensibles. Ainsi , les êtres annuels ou bisannuels , les insectes, les menus herbages, n'égalent point la stature des grands mammifères et des arbres.

Il est reconnu que le froid très- vif des régions polaires , comme une chaleur aride, des déserts sablonneux de l'Afrique , s'op|to>ent au développement complet de la taille chex toutes les créatures, tandis qu'une chaleur tempérée et humide la favorise au contraire considérablement. IJV-l sous les parallèles des contrées modérément froides rt humides que se trouvent les nations de la plus haute taille connue sur le globe. Le partie méridionale de la Suède ei du Danemark, la Pologne, la Livonie, l'Ukraine, la Saxe, la Prusse, les comtés du nord de l'Angleterre, |>résentenl en Europe des hommes d'une haute et belle stature , laquelle diminue sensiblement à mesure qu'on redescend vers les régions plus méridionales. Les anciens Germains et les Gaulois étaient plus grands, plus blonds que les Italiens, les Romains, les Ibères. En Asie, la loi de la stature est la même ; les Chinois septentrionaux , les Tatars mandchou», sont beaucoup plus grands, plus gros, plus courageux, plus voraceset mangeurs que les Chinois méridionaux, chétifs et timides sous le bamtiou de leurs mandarins. Il en est de même dans l'Amérique septentrionale. Les tribus sauvages des Akansas, les peuplades appelées grandes télés, sont de plus belle taille que tous les autres naturels de celte partie du monde. Dans l'Amérique méridionale, qui s'avance vers le pôle austral, au Chili et dans la Patagonic, Il existe un climat analogue à celui qui produit des hommes d'une haute stature; aussi les Patagon s passent pour être les plus grands corps et les plus robustes de l'espèce humaine.

C'est au bord des fleuves et des marécages de ces plaines fertiles de l'Asie, oit serpentent le Gange et la Djnmna,

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