FROID
fit sentir dans presque toute l'Eorope. En 1810 le mercure gela à Moscou. En 1811 la Tamise fut prise par les glace*.
L'hiver de l'année 1811 est surtout à jamais mémorable par le* désastres de l'armée française en Russie : le thermomètre ne descendit cependant pas au-dessous de-16 à 18°, température peu extraordinaire pendant cette saison dans le nord de l'Europe. Le 27 décembre 1813 froid extraordinaire en Angleterre , pendant six semaines , accompagné d'un épais brouillard , qui dura huit jours , et qui s'étendit à plus de 50 milles de Londres dans toutes les directions. Froid excessif dans le même pays en 1814 : la Tamise fut prise dans la plus grande partie de son cours à une telle profondeur qu'on put la couvrir de maisonnettes et de cabanes. En 1830 , le 10 janvier, le thermomètre marqua 20* à Berlin ; le 1 1 janvier, 10° a Toulouse; le 12 janvier,-12° à Paris; la neige qui tomba le 15 janvier a Rome couvrit pendant trois jours les rues de cette ville; à Florence, elle atteignit une hauteur de 0™, 86. L'hiver de 1829 a 1830 fut aussi très rigoureux. Aug. Savacner.
FROIDEUR. C'est une aorte de calme extérieur qui gêne et éloigne tous ceu* qui sont en rapport avec vous. La froideur, au reste, n'exclut pas toujours la violence des passions : elle sert seulement a la mieux voUer. Il est des hommes qui n'ont dans la vie qu'un seul attachement ou une seule affection ; ils s'en nourrissent sans cesse quand ils sont nés avec ce que l'on appelle de la froideur : en effet, ce que celle-ci empêche surtout, c'est de s'épanclier avec les autres, que l'on tient à distance. Il en résulte que les hommes froids, dès qu'ils rencontrent des obstacles qui menacent de les arrêter longtemps , se portent à des excès, ou à des crimes, qui épouvantent d'autant plus qu'on les tenait incapables d'éprouver les sentiments même les plus ordinaires.
11 y a nne froideur de l'esprit comme une froideur du cœur. La première est une qualité très-précieuse à quiconque est revêtu d'un grand emploi ou d'une immense responsabilité; un général doit avoir de la froideur sur le champ de bataille, un homme d'Etat en présence d'une révolution naissante, pour apprécier s'il faut l'arrêter court ou seulement la discipliner ; un juge doit écouter avec une égaie froideur les deux parties adverses.
Les orateurs qui n'ont que du feu arrivent quelquefois à d'admirables effets ; mais ils compromettent souvent, en retour, la cause qui leur est confiée; ils font mieux l'a flaire de leur propre réputation que celle du client qui les a choisis. Dans la vie intime, une très-grande froideur, surtout lorsqu'elle est habituelle , vous retranche, pour ainsi dire, de la famille dont vous faites partie. On n'est jamais bien à l'aise avec vous, même en dépit des plus excellentes qualités; c'est que celles-ci ne doivent pas avoir que leur utilité . il faut aussi qu'elles aient leur agrément, et à moins de ces circonstance* extraordinaires ou i on peut déployer les plus rares vertus, la froideur ne mène, avec ceux qui vous connaissent , qu'à une estime paisiBle et réfléchie ; il importe d'aller un peu plus loin : pour être heureux, il faut être aimé. Saint-Pkospeh.
FROISSART ou FROISSARD (Jean), prêtre, chanoine trésorier de l'église collégiale de Chimai , et chapelain de Gui de Chat Mon, naquit à Vaienciennes , vers l'an 1337. On conjecture que son père était peintre d'armoiries. Pour lui , dès sa jeunesse, M fut destiné à l'église, quoiqu'il fit preuve chaque jour d'un caractère peu compatible avec la gravité du sacerdoce. Naturellement porté à la dissipation , il préférait à l'étude la chasse, la musique, les danses, la parure, la bonne chère, les femmes; et lorsqu'il eut embrassé l'état ecclésiastique, H se mit fort peu en peine de combattre ces pendants. Néanmoins, si la poésie recevait ses hommages, il aimait plus encore l'histoire. Il ne faisait que sortir de l'école et avait à peine vingt ans, lorsqu'à la prière de son cher seigneur et tuattre messire Robert de Namur, chevalier, seigneur de Beau/ont, il entreprit d'écrire les guerres de son temps, particulièrement celles qui suivirent la bataille de Poitiers. Comme Hérodote, il recueillait en voyageant les