HE DE JÉSUS-CHRIST
| On appelle arbre généalogique une colonne dont le fut ressemble en effet au tronc d'un arbre dont s'échapperaient des branches marquant dans leur longueur, sous différentes formes, mais le plus souvent en de petits écussons, les divers degrés de parenté et la descendance d'une famille. Ces arbres généalogiques furent jadis un très-grand objet de luxe. On en attribue l'invention aux Arabes, qui s'en servent pour consacrer la généalogie de leurs chevaux.
Achille JUBMAL, député .a Coq» Législatif.
GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-GHR1ST. La manière dont cette généalogie est écrite dans les évangiles de saint Matthieu et de saint Luc présente quelques difficultés. Selon saint Luc, Joseph, époux de Marie, est fils d'Héli, et saint Matthieu lui donne pour père Jacob ; saint Matthieu fait descendre le Christ de David par Salomon , et saint Luc par Mathan ; saint Matthieu promet la généalogie de Jésus- Christ, et il donne celle de Joseph , qui n'est pas son père. Notre intention n'est pas d'examiner à fond toutes ces difficultés , mais seulement d'indiquer les différentes solution* qu'en ont données les écrivains ecclésiastiques.
Ce qui est dilficulté pour noua ne l'était pas ati temps où les évangélistes écrivaient : les tables généalogiques , conservées religieusement cites les Juifs, étaient là pour justifier l'origine de diaque famille, et pour confondre celui qui aurait osé se donner une noblesse qu'il n'avait pas. Le but des deux écrivains sacrés est de montrer que Jésus descendait de David : si leurs généalogies sont fausses, rien n'était plus facile que de les convaincre d'imposture, ce que le* Juifs contemporains n'eussent pas manqué de faire, et leur silence en cette matière est une preuve qoe les évangélistes ont dit vrai; mais s'ils ont dit vrai, il n'existe entre eux aucune contradiction ou du moins elle n'est qu'apparente.
Mais d'où vient la différence qui se trouve dans les deux généalogies ? Des interprètes ont pensé que les deux évangélistes ont donné la généalogie de Joseph, l'un selon la nature , l'autre selon la loi : Jules Africain , dans sa lettre à Aristide , prétend avoir appris des parents mêmes du Sauveur que. Matlian , qui descendait de David par Salomon , engendra Jacob , d'une femme nommée Kstha '; qu'à la mort de Mathan , Melchi , autre descendant de David par Malhan , épousa la même femme, et en eut Héli, autrement Éliachim ou Joachim , d'où il suit que Jacob et Héli auraient été frères utérins. Héli étant mort sans enfants, Jacob, son frère, aurait épousé sa veuve, conformément à la loi de Moïse (Deut., xxv), et en aurait eu Joseph, lequel se serait ainsi trouvé fils de Jacob selon la nature , et fils d'Héli selon la loi. Mais l'opinion la plus naturelle et la plus généralement suivie, c'est que saint Matthieu a donné la généalogie de Joseph , et saint Luc celle de Marie. Le premier, qui fait descendre ses générations d'Abraham à Jésus-Christ, se sert continuellement du mot engendra , qui ne peut s'entendre que d'une filiation naturelle : Jacob engendra Joseph, époux de Marie, c'est bien la généalogie de Joseph. Le second , qui fait remonter la suite des ancêtres de Jésns jusqu'à Adam , n'emploie en grec qu'uu génitif perpétuel , que nous traduisons par : qui fut fils , ce qui s'entend anssi bien de l'adoption ou de l'alliance que de la nature : ainsi Joseph , qui fut fils d'Héli , signifie que Joseph fut fils par alliance , ou gendre d'Héli , père de Marie. En faveur de cette opinion , nous pouvons citer le Talmud ( titre Sanhédrin), où il est dit que Marie mère de Jésns était fille d'Héli. La même solution |H>urra nous servir à expliquer comment Salalhiel , père de Zorobabel , se trouve à la fout fils de Jéchonias et de Néri : il était fils du premier et gendre du second. Ces raisonnements ne sauraient aller Jusqu'à la démonstration , aujourd'hui que les titres authentiques n'existent plus; mais ils suffisent pour montrer que les deux évangélistes peuvent être facilement conciliés.
Pour faire la généalogie de Jésus-Christ , dit-on , à quoi bon donner celle de Joseph, qui n'était point son père? 11 parait que cette difficulté n'avait rien de bien grave pour saint Matthieu ni pour ceux auxquels il adressait son Evan-