GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST — GI
gile, fax , après avoir trac*4 sa généalogie pour montrer que le Christ était issu de David, il n'hésite pas de nous dire que Joseph n'était pas le père de Jésus; il savait donc aussi bien que nous que Jésus ne descendait de David que par sa mère. — Alors c'était la généalogie de Marie qu'il (allait donner. — JNon : prouver que Joseph était du sang de David, c'était le prouver également pour Marie. —Comment?—Parce que, d'après la loi, Mark n'avait pu se marier que dans sa parenté.» Mais cette loi avait souffert plus d'une exception : sans parler de plusieurs étrangères, feues que Babab et Rutb, qui figurent dans la généalogie de Jésus, combien de femmes s'étaient mariées ailleurs que dans leur tribu! Micbol, de la tribu de Benjamin, était j la femme de David ; Josabeth, du sang royal de Juda , était ; mariée au grand prêtre Joiada. — S'il était libre aux filles qui n'avaient point de part dans l'héritage de se marier où elles voulaient, celles qui étaient héritières, c'est-à-dire qui n'avaient point de frères , étaient obligées de se marier non -seulement dans leur tribu , mais dans la famille de leur père, afin que l'héritage demeurât dans la famille et qu'il n'y eût point de confusion dans les biens(A'um.,xxxvi). Or , Marie , unique héritière d'Héli ou Héliachun , n'avait pu épouser qu'un parent; par conséquent, si Joseph descendait de David , Marie en descendait aussi. D'ailleurs, il | ; faire voir en Jésus-Christ l'héritier légitime de David ;
; Marie seule ne pouvait donner cette preuve. . passait pour le fils de Joseph, il l'était aux yeux du public , il l'était aux yeux de la loi , suivant cette maiimc : Pater it est quem jus Ut nupl ut demonstrant. Prouver que Joseph était fils David, c'était donner la preuve légale que Jésus avait droit à l'héritage de ce monarque.
Mais tout cela ne prouve pas que Jésus soit descendu de Uavid. — C'est pour cela que saint Luc a donné la généalogie de .Marie. Voolex-voos une filiation légale? Saint Matthieu vous la donne par Joseph , père de Jésus selon la loi ; deiuandex-vons une filiation de sang? vous la trouverai dans saint Luc , par Marie , sa mère selon la nature. 11 nous resterait encore a examiner pourquoi saint Matthieu a partagé sa généalogie en trois séries de quatorxe générations; comment , pour ne pas déranger son plan , il a rayé , d'un trait de plume, les trois rois Ocbosias, Joas et Amasias, de la race de David , et sauté près d'un siècle pour faire Osias fils de Joram. Pour ces questions et d'autres encore, qu'on pourrait soulever , nous préférons renvoyer aux commentateurs , qui les ont toutes résolues ; voyez entre autres les Réponses critiques de Bollet. L'abbé C. Bandevilli.
GENELLI (Bonavemvra), dessinateur plein d'imagination et d'originalité, est né & Berlin en 1803. Après avoir suivi pendant deux années les cours de l'Académie de cette ville, il se rendit en 1M0 à Rome, où il fit un séjour de douie années consécutives, employées à se perfectionner dans son art d'après l'exemple et les conseils des artistes allemands au milieu desquels ily vécut, et notamment de Cornélius. Ce qui dominait chez lui , c'était une bate extrême dans la production de ses idées et une tendance toute particulière à inventer et à créer ; qualités qui s'opposaient a ce qu'il apportât toujours beaucoup de fini dans son exécution, du moins pour les grands sujets. Il le prouva1 bien à son retour d'Italie à Lcipiig, où il entreprit de peindre dans l'édifice appelé dot Rœmischcs Haus une suite de scènes empruntées au mythe de Hacchus, mais où il n'acheva que quelques petiti-s figures placée» au-dessus des fenêtres et la composition du plafond (Bacchus et les Muses qui dansent pendant que Cornus joue de la musique).
Genelli vint alors se fixer à Munich. Ses nombreux dessins, dont les sujets sont empruntés a tous les ordres d'idées, aux souvenirs classiques , au domaine de l'imagination ou encore aux mille détails de la vie commune , sont aujourd'hui répandus dans toute l'Europe. Nous nous bornerons à nventiouner ici les principaux : Hercule Jouant de la lyre; Marche triomphale de Bacchus et d'Ariadne; Un Tigre avec ses petits et des Amours ; bltéier mettant à
Rcbecca ses bracelets, figures éminemment orientales et pleines de caractère; L'Enlèvement d"Eurot ç; Samson et Dalila; La Vision (TEzechiel; La Destruction de Sodome; La Vie d'un Prodigue, en 18 feuilles , qui ont aussi été gravées; une Tête colossale de don Quichotte, d'un effet extraordinaire; 2& esquisses pour l'Homère de Voss, gravées par Genelli lui-même ; Jason et Médée, pour l'Album des artistes allemands ; Esope assis sur un rocher et récitant ses/ables au peuple, œuvre de la conception la plus grandiose; esquisses pour la Divina Commedia du Dante, 30 feuilles publiées A Munich, et gravées aussi par Genelli ; la Vie d'une Sorcière, en 10 feuilles, gravées par Mcrx et Gouzenbach, texte d'Ukid. Les compositions de Genelli abondent en idées neuves et frappantes ; et quelquefois celte abondance est telle qu'elle leur nuit. Ce qui les dislingue éminemment, c'est quelque chose de gtandiose et de majestueux, c'est la grâce et la douceur, c'est le sentiment du beau antique.
GÉ.VKRAL. Ce titre indique un officier militaire qui commande plusieurs corps de troupes et de différentes armes, sans appartenir À aucun en particulier. Le plus élevé en grade des officiers attachés à une troupe qu'il commande toujours est le colonel ; au-dessus de lui viennent les généraux , qui forment eux-mêmes aujourd'hui en France dans l'armée de terre trois degrés luerarcliiques : les généraux de brigade, les généraux de diviston, et les maréchaux. Dans d'autres pays, on y ajoute différents autres échelons, qui , à les bien considérer , ne sont que des classifications se réduisant en principe aux trois degrés que nous avons indiqués ci-dessus : ce sont les brigadiers, les généraux d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie, les capitaine* généraux , etc. Nous avons compris les maréchaux au nombre des grades militaires, quoique, selon quelques personnes, le marcclialat soit simplement une dignité, parce que depuis long temps (vers 1200) ils ne sont plus employés qu'aux armées, et qu'ils ne sont choisis que parmi les généraux.
L'origine de l'emploi du titre de général comme appel latif des grades supérieurs militaires, quoiqu'elle ne soit pas très-ancienne, ne saurait cependant pas être fixée avec précision. 11 n'y a dans la hiérarchie militaire aucun grade qui soit désigné par le titre seul de général. Cependant, ce mot était nécessaire, et rien ne peut exprimer plus clairement l'ensemble des ©niders supérieurs qui commandent une portion plus ou moins grande d'une armée, formée de plusieurs corps distincts, que le titre a'officiers généraux.
L'emploi des officiers généraux a beaucoup varié. H fut d'abord fixe dans la nature et l'étendue du commandement de chaque grade. Chez les Grecs, les trois grades d'officiers généraux étaient le mérarque, le phalangarque et le jwlémarque, ou stratège, ou général en chef. Clique armée, formée régulièrement, se composait d'un nombre détermine de phalanges simples, dans l'organisation desquelles étaient compris les deux premiers officiers généraux. Clvez les Romains', pendant la durée de la république, les officiers généraux étaient les tribuns militaires , au nombre de six dans chaque légion , et dont chacun la commandait à son tour ; les légats, ou lieutenants généraux, choisis par le général en chef, et qui n'avaient point de commandement fixe ; les questeurs, majors et intendants généraux ; et les généraux en chef, préteurs ou consuls , et par conséquent magistrats de la république. Sous les empereurs jusqu'à Constantin , les généraux en chef ne furent plus que les légats, ou lieutenants généraux de l'empereur, quoique toujours pris parmi les citojens qui avaient au moins exercé la questure. Les légions eurent chacune un tribun, ou préfet, pour commandant en chef; la cavalerie fut organisée par ailes ou brigades, ayant chacune son chef. Plus tard, remploi dans les armées de corps auxiliaires étrangers, la plupart pris parmi les barbares, tour à tour alliés et ennemis de l'empire , multiplia le nombre des officiers généraux , qu'on