GENÉVRIER
que Geneviève. Quoique la canonisation de celle-ci ne soit pas un fait bien établi, elle figure au nombre des saints admis dans le calendrier de Belgique, et sa fête y est marquée au 1 avril. Des écrivains graves ont regardé sa légende comme véritable. F relier, Aubert Le Mire, Molanus , Matthieu Rader, Erycnis Puteanus, Brower, les bodandistes , dans le tome Ier du mois d'avril , l'ont racontée avec tout le sérieux de l'érudition ; mais Pimagination avait encore plus de droits à s'en emparer. En 1647, le jésuite Cérisiers publia sur Geneviève de Brabant un assez méchant livre , revu et corrigé depuis par l'abbé Richard. MM. Doputci et 1-ouis Dubois ont composé chacun un roman sur ce sujet en 1805 et 1810. Cerisiers, d'Aure, Corneille Blessebois, la Chaussée, Gicile, ont voulu, bien ou mal, mettre sur le théâtre ces touchantes infortunes. En Allemagne, Tleck et le peintre Millier, avec plus de talent , leur ont consacré deux tragédies. Enfin , outre plusieurs gravures et tableaux , nous avons encore sur Geneviève des cantiques populaires, une romance en hollandais de Van Somerèn , et une aube en français, de Bcrquin, en trois parties.
De RlIVTENBEJIC.
GENÈVRE (Mont), le wons Janus des Romains, situé sur la frontière de France et du Piémont, et haut d'environ 1 ,800 mètres, est traversé par la grande roule de Brian çon (Basses-Alpes) à Turin, et appartient à la chaîne des Alpes Cottienoes. Celte route, qui avait déjà été pratiquée par les anciens, et que la tradition dit même avoir été celle que choisit Annibal lorsqu'il franchit les Alpes pour envahir l'Italie , a été rendue plus praticable par les travaux considérables qni y furent exécutés en 1802, et que rappelle un obélisque élevé en 1807 dans le village de Genèvre. La Doirc-Baltée, qui va se jeter dans le Po, et la Durance, qui porte ses eaux à fa Méditerranée, ont leur source au mont Genèvre.
GENÉVRIER, genre d'arbres et d'arbustes de la famille des conifères, fort rapprochés des cyprès et des thuyas; on en connaît un assez grand nombre d'espèces. Le type de ce genre est le genévrier commun (junipents communis), arbrisseau toujours vert, de 2 mètr. a 2",50 de hauteur, qui pousse de préférence dans les lieux arides et pierreux ; H a une tige rougeâtre, tortue, i rameaux nombreux; ses feuilles sont étroites, roides et piquantes; à l'aisselle des feuilles sont des fleurs dioiques, les miles disposées en petits chatons ovoïdes , A écailles membraneuses, portées sur un pédicelle, à quatre, à huit anthères uniloculaircs; les femelles, formées d'écaillés opposées en croix, portant chacune à sa base un ovaire surmonté d'un stigmate ouvert ; le fruit est une baie d'un noir Meu , de la grosseur d'un petit pois , qui a reçu le nom de genièvre. Toutes les parties de cette plante ont des propriétés stimulantes , dues À une huile volatile et à de la résine. Le genièvre , qni renferme des principes actifs concentrés , sert à préparer un tbéen Hollande et ailleurs; on remploie encore pour faire Veau distillée, le vin et Veau-de-vie de genièvre. En médecine , on administre ces baies comme diurétiques , toniques et diaphorétiques, triturées avec du sucre à la dose de un gramme a un gramme et demi; sous forme d'extrait, a la dose de quatre grammes; leur huile, A la dose de quelques gouttes, et la teinture, mêlée A quelque infusion, A la dose d'une cinquantaine de gouttes. Le bois et les baies, à la dose de trente grammes, sont employées en infusion. Toutes les parties servent à faire des fumigations aromatiques.
Le genévrier sabine (junipents sabina, Linné ) est un poison Acre ; ses feuilles, réduites en poudre, sont un cmrnénagogue puissant (voyez Sabine).
Le genévrier oxycèdre ou genévrier cadt (juriptrus oxycedms, Liuné) se rapproche beaucoup du genévrier commun : il fournit une huile cmpyreumatiquc {hutte de cade), employée dans les maladies cutanées des bestiaux.
Le genévrier de Phénicie (junipents phœnieea, Linné) a des propriétés analogues A celle des précédents.
P. Galslst.