GENTIANE - GENTILHOMME
grand nombre d'espèces. La gentiane jaune ( gentiana luira, Linné ), grande gentiane, est une plante vivace des pays montuenx; sa racine est allongée et cylindrique, marquée de rides annulaires, brune à l'extérieur et jaunâtre à l'intérieur ; sa tige est droite et simple; se» feuilles radicales sont ovales, d'un vert pâle, marquées de cinq ou six nervures longitudinale*; les fleurs, jaunes et grandes, verticillées à l'aisselle des feuilles supérieures, ont un calice membraneux à cinq lobes, une corolle en forme de roue, cinq étamines insérées au tu lie de la corolle, un ovaire surmonté de deux stigmates ; le fruit est une capsule à uné loge, a deux valves. La racine, etnployée en médecine comme Ionique, fébrifuge et stimulant, renferme un principe amer (gentianine) qui lui est propre; on l'administre en poudre, en infusion, en vin, en extrait ou en éliiir. La racine en poudre, à la dose d'un gramme, est un tonique propre à activer les fonctions de l'estomac; on l'associe à d'autres substances pour former Yélectuaircde gentiane, qui sedonne a la dose de quatre grammes, et le vin de gentiane composé, prescrit à la dose dequelqucs cuillerées. Les autres espèces, telles que la gentiane purpurine {gentiana purpurea, Linné), la gentiane ponctuée (gentiana punctata, Linné) , la gentiane croisette ( gentiana erveiata, Linné ), etc., jouissent de propriétés a mères et toniques, et jieuvent servir à remplir les mêmes indications. P. Gachert.
GEXTIANÉES, famille naturelle de plantes, dont les caractères sont : Corolle monopétale, régulière, â cinq lobes; cinq étamines alternant avec ces lobes; capsule à une ou deux loges, s'ouvrant en deux valves, renfermant les graines attachées a des placentas pariétaux. Elle a pour type le genre gent iane. P. Gaublht.
GEXTIE, GENTILLE, GENT, G ENTE , joli, aimalile, gvasieux, agréable, du latin gentilis, dérivé de gens,gvntis parce que, dit Ménage, d'après Charles Loiseau, ce qui est a la mode chez un peuple est trouvé joli, aimable, gentil. Faire le geniit, c'est affecter des manières gentilles, agréables. Vous faites la un gentil métier , se dit en mauvaise part, ironiquement ; Vous êtes un gentil personnage, s'emploie dans le même sens. Jadis cette épilbète fut donnée a la noblesse par prélérence. 11 n'est guère de terme plus usité « liez nos vieux romanciers que celui de gentil chevalier. Dans les deux derniers siècles, un auteur était llatlé d'entendre vanter la gentillesse de son style, et Gentil Bernard, baptisé ainsi par Voltaire, en eut une vive reconnaissance pour son parrain littéraire. Nos poètes ont aujourd'hui de plus grandes prétentions. Aucun ne s'accommoderait de ce surnom, et c'est tout au plus à un vaudeviilo qu'il est permis encore d'appliquer cette modeste louange.
GENTIL (Bois). Voyez Daph>k.
GENTIL BERNARD. Voyez Hfhwrd.
GENTILE DA FABRIANO, peintre italien, qui vivait au commencement du quinzième siècle. Michel-Ange disait de lui : «'Les toilesde Gentile sont comme son nom. » On dirait le frère deFiesole, tant il lui ressemble; mais un frère qui a pris la cape et l'épée , tandis que l'autre a pris le froc. Gentile naquit, on ne sait pas précisément à quelle époque, a Fabriano, petite ville de la Marche d'Ancdne, et apprit de son père les mathématiques et la physique, tandis que son premier maître de peinture semble avoir été Allegretti di Nuzio. Toutefois, il ne tarda pas à se rendre à Florence, où il fréquenta l'atelier de Fiesole. L'un de ses premiers ouvrages fut une fresque de la cathédrale d'Orvieto représentant une Madone. Il peignit ensuite pour l'église de la Santa- Trinita de Florence une Adoration des Mages, qu'on voit aujourd'hui dans la galerie «le l'Académie de cette ville. Cette toile porte la data de 1423 ; c'est l'une des |>lus remarquables productions sorties des écoles qui se rattachent à ocllo du Giollo. De la même année date aussi une autre Madone de cet le, que possède le inusée de Rerlin, ainsi que La Vn u ntatïon au Temple qui orne le Musée du Louvre. Pans les années suivantes Genlilc travailla pour 1rs é^cs
de Sienne, de Pérouse, de Gubbio et de sa ville natale ; mais il ne s'est presque rien conservé des tableaux qu'il y exécuta. Il se rendit ensuite à Venise, où il travailla avec beaucoup de succès à l'ornementation de divers édifices public* et particuliers, et où il finit par être admis à prendre part aux travaux de peinture exécutés au palais des doges , dans la salle du grand conseil. Il représenta avec tant de bonheur la san* glante bataille livrée à la hauteur de Pirano entra la (lotl<> de la république et celle de l'empereur Frédéric Barbe-Rousse, que le sénat le décora de la toge patricienne et lui assura une pension d'un ducat par jour pour le restant de sa vie. Il y a longtemps aussi que cette toile n'existe plus. Mais elle fit parvenir le nom de son auteur jusqu'à Rouie , où il fut appelé en môme temps que Vittore Pisanello, par le pape Martin V, pour oraer l'église Saint-Jean de Lalran. Gentile y peignit des scènes de la vie de saint Jean- Baptiste, cinq prophètes et le pape Martin avec dix cardinaux. Rogier de Bruges l'y vit encore travailler en 1450. Il n'avait pas achevé la tache dont il s'était chargé, lorsque la mort le surprit, â l'âge de quatre- vingts ans, dit-un. Les toiles de Fabriano sont pleines d'une douce gaieté ; l'air et le jour y abondent. L'artiste prend un plaisir naît à y représenter des objets d'un grande magnificence, et à les orner d'or, sans jamais tomber cependant dans l'exagération.
GENTILHOMME. Ce mot vient de gentilis homo, terme qui s'employait à Rome pour désigner des gens nobles , nés de parents libres , et dont les ancêtres n'avaient été ni esclaves m repris de justice. Ménage ai Loiseau le font dériver, au contraire, du mot gentil, pris dans le sens d'idolâtre, de païen, parce que les Francs, qui n'étaient point encore chrétiens lorsqu'ils conquirent la Gaule , reçurent ce nom des habitants, qui professaient «leja le christianisme. On a donné encore une autre origine à ce terme : Comme il y eut sur la fin de l'empire deux compagnies de guerre, l'une appelée gentilium, et l'autre sattariorum , on prétend tirer de ce fait les deux noms dVcuyers et de gentilshommes. Chez nous, un gentilhomme fut un homme né de race noble, et dont la uublesse n'avait été ni achetée ni donnée comme accessoire d'un emploi. Longtemps cette particularité , due au hasard de la naissance , procura des privilèges que le teuqis et la raison ont enfin abolis, en substituant pour tous les citoyens d'un même pays l'égalité devant la loi. Mais ce progrès a été lent , et ce ne fut pas sans peine qu'on y arriva.
D'après les idées d'honneur répandues dans la caste des gentilshommes, celui d'entre eux qui dérogeait, c'est-à-dire qui s'alliait à une famille roturière, ou se livrait au commerce, était regardé comme indigne. Un gentilhomme devait rcater pauvre plutôt que de s'avilir en travaillant , et on en a vu , sous l'ancienne monarchie, qui croyaient s'honorer beaucoup en vendant aux caprices des rots et des ministres leurs femmes et leurs filles , destinées ainsi à remplacer le produit, toujours engagé par avance, de leurs terres et de leurs manoirs. C'est ce qui a tant contribué , surtout dans les deux derniers siècles, à amener enfin le renversement de la noblesse. Dans le système féodal, un ber baron, un nobile baron , comme disent nos vieux poèmes, ne devait point savoir lire. Ceci était un art de clergie, regardé comme étant au-dessous d'un chevalier et d'un homme d'armes. On avait alors ordinairement avec soi un chapelain, qui lisait et écrivait pour son seigneur. Les gentilshommes étaient quelquefois pourtant assez instruits pour leur temps, et bon nombre d'entre eux nous ont laissé des compositions qui ne sont pas sans charmes. Dans la suito, quand les lumières eurent fait plus de progrès, ils eurent honte de leur ignorance , et ne s'avisèrent plu* de déclarer qu'ils ne signaient point les actes qu'on leur présentait , attendu qu'ils étaient nobles. Ils étudièrent et s'instruisirent ; mais cette nouvelle direction donnée a leur esprit fit crouler peu à peu le système féodal , qui n'était basé que sur du fer, et où l'éclat des hauberts , des écus et des masses d'armes lut innplacé par les vives lumières que jetèrent par-
GENTILHOMM
tout «tir leur passage les sciences , les lettres et la civilisation. Le motif de dérogation tiré du trafic fut plus difficile à dénie incr que rindignité résultant de l'étude. Pour renverser co dernier préjugé, il ne fallait chez une nation polie, douce et galante, comme le hit toujours la nôtre (Hâtivement du moins au temps et à ses voisines ), qu'un peu pins de réflexion et un peu moins de barbarie. On commença a faire ce qui aurait du toujours exister chez tous les peuples : on déclara que Yagriculture était chose ho* norable, et qui n'emportait point indignité. C'est alors qu'on vit des gentilshommes s'y livrer; seulement, comme il faut que chez nous le ridicule soit toujours mêlé a ce qui est bien, les nobles que le mauvais état île leur fortune força à s'occuper de culture portèrent dans les soins de leur nouvelle profession les manières et ie ton de la cour. C'e*t ain>i qu'on en vit qui ne labouraient qu'en grand costume et Pépec au côté. D'autres se firent accompagner aux champs par des laquais. Nous préférons de beaucoup à celte affectation puérile te trait de ce vieux noble breton, qui, obligé par le délabrement de ses affaires à se livrer au commerce , assembla sa famille. « Mes enfants, leur ditil, voici me< titres de noblesse, que je remets en vos m ins; voici l'épée de mes pères, qui a vu tant de batailles. Appeliez cette dernière aux murs de ma maison ; gardezmoi fidèlement les autres. Aujourd'hui, je ne suis plus qu'un rotnricr, qu'un trafiquant ; mais lorsque je serai devenu riche, et que je reviendrai dans ma pairie, alors je me referai noble de nouveau , et je vous redemanderai ces gages de Pantiquité de ma race. »
Oo a employé le mot de gentilhomme dans un sens dérisoire. Ainsi l'on a dit : Cent un gentilhomme de Beaticc, c'eit un gentilhomme bas-breton, c est un gentil homme n lierre, pour dire un gentilhomme pauvre. Les gentilshommes rerriers, qui avaient été établis |«r François Ier, prêtèrent également à la plaisanterie. Maynard, pour se moquer de Saiul Arnaud, dont le père était gentilhomme de r»-ltê fa«;on , parce qu'il exerçait la profession de verrier, alors regardée comme un art , a écrit de lui :
GrnlilbotniDc de verre, Si too« tombe* a terre, Adieu to* qualité* !
On employait également, dans le style satirique, le mot de genlïthommerie. Dans le style familier, on disait d'une petite ntaisou de gentilhomme : C'est une gentilhommière. Enfin, on se servait encore , pour exprimer un homme de nobles-* douteuse, ou qu'on dédaignait, du terme de yentilldtre. Mœr du Noyer a dit , dans une lettre : Votre amie fut visitée, rautrejour, par un gentillàtre. campagnard.
Achille Jl BrsAL, députe an Corp* législatif.
GENTILHOMME DE LA CHAMBRE, titre honorifique en usage a la cour des anciens rois de France, cl attaché à une charge dont la création remonte à François I", qui remplaça le grand chambrier de France par un gentilhomme de la chambre. Il existait a la cour de Versailles deux catégories de gentilshommes de la chambre. L'une ne comprenait que quatre dignitaires, qualifié» de premiers yentxhhommes ; on n'en comptait d'abord que deux. Leur service ?e faUait par quartier ; ils Jouissaient des grandes entrées; leurs fonctions étaient tout intérieures Kn l'absence du grand -chambellan , ils servaient le roi quand il mangeait dans sa chambre, et suppléaient aussi , dans leurs fonctions domestiques, les princes du sang et les princes légitimés. Quand ils étaient présents au petit lever, ils avaient alors l'honneur de présenter au roi sa chemise ; tous les officiers de la chambre recevaient d'eux leur certificat de service; ils avaient sous leurs ordres les intendants, les trésoriers généraux des menus plaisirs, la haute police des théâtres royaux de Paris en tout ce qui concernait le personnel , les débuts et le répertoire de ces établissements. Les gentilshommes delà chambre de la deuxième catégorie, 'dits gentilshomnti ordinaires, furent créés par Henri III, au nombre de