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GÉODÉSIE — GEOFFROY

conclue de celle de Melun par une chaîne de 60 triante*, quoique la dislance de ces deux bases surpasse 000,000 mè très. E. Mkkueux.

GEOFFRIN ( M*niE-TnÉRÈ8e RODET, M»' ), naquit à Paris, le 2 juin 169», et mourut dans le mois d'octobre de l'année 1777. Elle était lille d'un valet de chambre de la dauphine , cl épousa , à quinze an» , un de* fondateurs de la manufacture de glaces du faubourg Saint-Antoine. La fortune de son mari pouvait s'élèver à 10,000 livre* de rente; tout en l'accroissant par l'ordre et l'économie, elle en fit l'emploi le plus honorable.

On doit avoir peine a comprendre, de nos jours, la réputation de Mmc Geoflriu, et s'étonner que des gens de lettres tels que Thomas, D'Alcmbert , Morellet, La Harpe, Suard, Delille, aient célèbre son nom dans leurs écrits. Pour mériter de semblables panégyristes, quels ouvrages a produits M-" Geounn? Aucun : nous n'avons d'elle que quelques fragments et quelques lettres; et encore, avant d'arriver au proie, ces opuscules ont-ils eu besoin qu'une main complaisante corrigeât les nombreuses fautes d'orthographe qui s'y trouvaient. « Mmc Geolfnn, dit Manuontel, écrivait en femme mal élevée et qui s'en vantait. » Ses seules qualités à louer, c'est la linesse des aperçus et la justesse «les pensées. Mais ce n'est jwint a cela que M"" GeoiTrin a dû son illustration. Son plus grand mérite, son seul mérite littéraire, fut d'être une excellente maitresse de maison. C'est la un mérite fort ignoré aujourd'hui, et qui doit nous paraître ridicule, mais fort goûté au dix-septième et au dixhuitième siècle. Les habitudes uWraires de notre époque ont changé; les gens de lettres ne forment plus une corporation comme jadis : l'indifférence a lermé ces cénacles, ces salles à manger, ces salons, ces boudoirs, où s'agitaient jadis les questions littéraires.

Mme Geoffrin- possédait au plus haut degré toutes les qualités nécessaires pour cette |>osition. Amie des lettres et des arts, douée d'un jugement exquis, qui remplaçait chez elle l'étude, elle prit au sérieux, comme il le fallait, son rôle de maîtresse de maison , et elle en fit l'occupation de toute sa vie. Elle le continua jusqu'à la vieillisse la plus avancée. Assise dans mu fauteuil, les mains presque recouvertes de longues manches plates, elle faisait les honneurs de son salon toujours avec grâce, dirigeant la conversation, accordant, pour ainsi dire, la parole à tour de rôle, et cherchant à faire briller les mérites de cliacun dans tout leur jour. Ses soins ne s'arrêtaient pas la : elle aida souvent de sa bourse et de son crédit les artistes et les gens de lettres en les mettant en rapport avec les grands. Aussi ses salons eurent-ils une si grande vogue, que les étrangers croyaient n'avoir pas vu Pans entièrement s'ils n'avaient passé une soirée chez M"' GeofTrin. Tous les voyageurs illustres, et même des princes, visitèrent M™* GeofTrin, dont le nom alors était européen. Klle fut l'amie du comte Stanislas Poniatowski, qui monta plus tard sur le trône ; et leur intimité dev int telle, qu'il l'appelait sa mère. Aussi, lorsqu'il lut nommé roi, lui ecrivit-il : « Maman, votre fils est roi », en l'engageant à venir à Varsovie. M™* Geoflrin, bien qu'âgée de soixanteseize ans, entreprit ce voyage, où elle recueillit partout d'honorables marques de distinction. De retour à Paris, elle rouvrit ses salons ; mais à la suite d'une maladie, et par le« avis de personnes timorées, elle éconduisit les encyclopédistes, qui ne lui gardèrent pas rancune; car elle obtint les éloges de tous ceux qui l'avalent connue. Quelle vie plus fêtée et plus heureuse que celle de M"" GeoiTrin ! Rien n'en altéra la limpidité; car elle avait pris pour maxime de conduite de conserver toujours le plus grand calme et la plus parfaite modération , ce qui lit dire qu'elle n'aimait rien passionnément, pas mémo la vertu. Jomciërls.

GEOI FKOI l-V, comtes d'Anjon. Voyez Awoc.

GEOFFROI, ducs de Bretagne.

GEOFFROl 1er, fils de Conan, comte de Bretagne, succéda à son père en 902 : il prit le titre de duc de Bretagne. Il convoitait les États du comte de Nantes, et lui fit une

guerre longue et rruelle, mais sans résultats. Revenu plus tant à des sentiments plus pacifiques, il se rendit à Rome, en pèlerinage, et fut tué d'un conp de pierre en revenant dans ses États. La cause de cet assassinat, telle que la rapportent les historiens , est si bizarre, que nous devons la signaler ici. Une femme qui avait logé précédemment le rot et sa cour avait eu la douleur de voir une de ses poules rl»éries dévorée par un de ces oiseaux de proie que tous les I grands seigneurs faisaient porter à leur suite par ostentation; le ressentiment qu'elle en conçut fut si grand, que le duc de Bretagne dut être sacrifié aux mânes de la poule.

GEOFFROl II était fils de Henri II d'Angleterre. A peine son père lui eut-il fait épouser la lille de Conan IV, duc de Bretagne, dont elle était l'héritière, qu'il dépouilla ! son beau-père de ses Étals ( 1 166 ). Un de ses cousins lui | disputa pendant trois ans un duché dont U possession ne I coûtait à Henri II, son pére, qu'un acte de traltreusc déloyauté, mais depuis 1169 il n'eut à lutter contre aucun compétiteur. Geoffroi rendit une loi célèbre, et que de son ! nom on ap|>ela Vassise de Geoffroi, par laquelle les biens des baron* et chevaliers passaient à leurs tils atnés, au détriment de leurs autres enfants. Il fût an allié Adèle de ' Philippe-Auguste contre le» ducs de Bourgogne et les I comtes de Flandre et de Champagne; il se distingua vaillamment dans les guerres que le monarque français soutint contre eux, et vint mourir malheureusement à Paris, dans un tournois que Philippe-Auguste donnait en son honneur. GEOFFROY ( Êti&*ns-Louu ), tils d' Etienne- Fron- ' çois GEomoY ( célèbre médecin et professeur de chimie au Jardin des Plantes, de médecine et de pharmacie an Collège | de France ), naquit à Paris en I72à. Médecin distingué j comme son père, Geoffroy s'est surtout fait un nom dans i les sciences naturelles : l'entomologie lui doit d'heureuses 1 modifications, entre autres la distribution des ordres de I coléoptères d'après le nombre des articles des tarses. H ! exposa sa méthode dans une Histoire abrégé* des insectes \ qui te trouvent aux environs de Paris (Paris, 1762, i 2 vol. in-4u ). La conchyliologie fut pour Geoffroy l'objet d'un I travail analogue, dont il publia une partie en 1767. Il se ' montra anatomiste de premier ordre dans ses Dissertations I sur r organe de l'orne de t homme, des reptiles et des j poissons ( 177», in-»° ). Il avait aussi des connaissances littéraires, ainsi qu'en témoigne le poème qu'il publia en 1771, sous le titre de Hygiène, sive ars sanitatem consert'andi, traduit en prose française par le docteur Dclaunay. Geoffroy mourut au mois d'août 18 10. Il était alors doyen d'âge et de réception de l'ancienne Faculté de Médecine de Paris.

GEOFFROY ( Joubn-Lowis), l'un des créateurs da Je « i II e t o n , et des plus ingénieux critiques de notre époque, était né à Rennes, en 1743. Écolier distingué, d'abord des Jésuites de celte ville , puis de ceux du collège de Louis le Grand, dans la capitale, les bons Pères, suivant leur usage, avaient eu «>in de s'assurer une si excellente recn»c. Ixirs de leur suppression, conservant seulement le petit collet, fi entra, comme maître d'études, au collège de Montai gu, et devint ensuite précepteur des enfants du banquier Boulin, le riclte et voluptueux sybarite. Les goûts assez mondains de l'instituteur, qu'on appelait à tort l'abbé Geoffroy, s'accommodaient fort bien d'un emploi dont une des fonctions était de conduire souvent ses élève* an spectacle ; elle lui procura en même temps l'occasion d'acquérir des connaissances dramatiques , qu'il sut depuis mettre à profit. Cette éducation Unie, Geoffroy, agrégé à l'université, entra au collège de Navarre, puis au collège Mazarin, comme profes-

' seurs de rhétorique. Trois années de suite il avait obtenu un prix de l'université pour le meilleur discours latin : ce

1 qui lui valut une honorable exclusion des concours luturs; mais à l'Académie Française son Éloge de Charles V n'obtint

' qu'une mention honorable, et celui de La Harpe fut couronné. Indè irx de l'un «le ces célèbres critiques contre l'autre^ qui s'accrurent plus tard par la jalousie de métier.

GEOFFROY — GEOF

Geoffroy avait éfé jugé digne de succéder à Fréron dans la rédaction de l'Année littéraire. Dans les premières années de la révolution, mm opinion* monarchique* «t'associèrent à celles «te Royou pour neiger L'Ami du Roi. Toutefois i> ne portait pas le dévouement à cette cause aussi loin que les martyrs de la légitimité ; car lors de la Terreur de 03 il alla cacher sa tête proscrite dans un village, où il se lit maître d'école. En revanche, sa femme montra un admirable courage, en refusant aux menaces de* assassins du 2 scptemhre la révélation du lieu de retraite de son mari. Revenu à Paris après le 18 brumaire, Geoffroy fut choisi pour rendre compte des théâtres dans le Journal des Débats. Un de nos collaboratears, un de ceux qui ont le plus de droits à son héritage, a déjà dit combicu ajoutèrent à l'immense vogue de cette feuille ces comptes-rend us, remplis d'une érudition sans pédantisme, de la critique la plus mordante et la plus spirituelle; mais dans cette biographie spéciale, où le mal doit entrer comme le bien, il faut reconnaître que crtte censure fut souvent injuste et partiale ; qu'elle le fut surtout a l'égard des acteurs les plus remarquables de son temps : Talina, M"" Contât, M"' Duchesnois, etc., etc.; que ta guerre déclarée à Voltaire par Geoffroy fut aussi acharnée que ridicule, et que ses louanges pour les auteurs vivants furent plus d'une fois très- suspectes de vénalité. On peut aussi lui reprocher sa continuelle adulation |>our Napoléon, signalée dans cette ëpigramme à deux tranchants, dont l'énergie ingénieuse peut faire excuser le cynisme :

Si l'empereur faisait un p..,

Ooflroj dirait qu'il sent la roic;

El le »rnal aspirtrait

A I honneur de prorjver ta chose.

Geoffroy mourut septuagénaire, le 28 Tévrier lit 11. La reconnaissance des propriétaires du Journal des Débats assura à sa veuve une pension viagère de 5,i00 francs. Sa traduction de Théacritt, son Commentaire sur Racine, oeuvres fort négligées, avaient obtenu peu «le succès. Un accueillit avec plus de faveur le choix de ses plus piquant* feuilletons, publié après sa mort, sous le litre de Cours de Littérature dramatique , et qui cul, en 1S25, une seconde édition. Geoffroy vécut et mourut à temps. Le calme «les esprits sous l'empire lui procura des lecteurs attentifs ; sous la f.e-tauration, ses malices littéraires auraient pâli devant les liassions politiques. Oukky.

GEOFFROY SAIMT-HILAIIIE (Éiiemc), né à KtJiupes ( Seine-et-Oisc) , le 15 avril 1772, fut destiné par ses p,jents à l'état ecclésiastique, et pourvu d'un canonicat en i"Hi. Envoyé au collège de Navarre pour y faire ses étoiles philosophique», il se sentit entraîné sympathiquement vers cet excellent Brisson, qui alors y professait la physique expérimentale, et la sympathie qu'il ressentait pour le professeur fit «lévier son activité intellectuelle de I ctude de la théologie à l'étude «les sciences naturelles. Quand il eut fait sa philosophie, il supplia son père qu'il lui permit de «liriger vers un autre but que la théologie son ardeur d'apprendre : il voulait venir à Paris et suivie les cours du Collège de France, afin de frfrfT, ainsi qu'il le disait luimême , quelle était la spécialité scientifique qui cadrait le mieux avec ses aptitudes intellectuelles. 11 vint donc à Paris : il se fit pensionnaire libre au collège du cardinal Lctnoîne; et le hasard voulut qu'il rencontrât au réfectoire du collège le célèbre cristallographe H au y, qui le prit en amitié. Cette circonstance le décida, et il suivit le cours de Dan b en ton, qui professtil alors la minéralogie au Collège de France, parce qu'il lui était facile de soumettre h Haily les difficultés, les doutes, les aperçus synthétiques que ses études faisaient naître en lui. Mais le mode «pie Dauhcnton avait adopté dans ses cours devait établir un antre ordre de rapports entre lui et le jeune Geoftroy. Kn effet , Daubenlon avait pour habitude de donner, après sa leçon faite, à ses élèves tous les é« laircissemenls qu'ils pouvaient demander, et les questions de Geoffroy, tout imprégnées qu'elles étaient des id. es général.* «le llauv , parais-

FROY SAINT-HILAIRE «S

saient souvent étrangement nouvelles au vieux Daubenlon. Il le distingua donc «le ses autres élèves; et si Geoffroy av.iit trouvé un ami dans Haùy, il put espérer de remontrer un protecteur dans Dauhcnton.

I^!> événements «lu 10 a ont 1792 déterminèrent les conséquences des rapports que nous venons d'indiquer : llauy lut arrêté comme prêtre réfractaire . et son jeune ami ne voulut se donner ni paix ni trêve qu'il ne fût parvenu à délivrer «le prison son excellent maître. Il s'adressa donc, et tout d'abord, a Daubenlon : léuergic de m» supplications fut grande; et Daubenlon, ému, lit agir l'Académie des Sciences; enfin, tant furent pressantes les instances du jeune Geoffroy , que Haùy fut, presque en un seul jour, incarcéré comme rélractaire, réclamé au nom de 1 Académie et remis en liberté, comme utile aux intérêts de la science. Cet épisode eut une influence marquée sur la vie «le Geoffroy; car, encore inconnu a la science , il devint connu de la plupart des savants. Haùy avait écrit à Daubenlon : « Kn retour de tous les services que je vous ai rendus, aimez, ai«lez, adoptez mon jeune libérateur. » Et le 13 mars 170.1 Daubenlon le fit nommer démonstrateur au cabinet d'histoire naturelle , à la place de Lac épèd e , qui s'était «lémis de ses fonctions ; et plus tard lorsque la Convention nationale, au sortir d'une de ces luttes terribles «Uns lesquelles elle usa son existence, érigea, par la loi du 10 juin 17!) i, le Jardin du Roi en une école «Je haut enseignement , appliqué à toutes les branches des sciences naturelles , Geoffroy, à peine âgé de vingt-ct-un ans , fut pourvu , par les soins de Daubenlon, de la cl taire de zoologie des vertébrés, qu'il partagea plus tard avec Lacépède; et ce fut encore Daubenlon qui , après lui avoir frayé la route au professorat , lui fit accepter les fonctions qu'il ne s'estimait pas encore capable de remplir : * J'ai sur vous, lui dit-il , l'autorité d'un père, et je prends sur moi 1 1 responsabilité de l'événement. Nul n'a encore enseigné à Paris la zoologie proprement dite ; à peine s'il existe «le loin en loin quelques jalons (tour la science ; tout est encore à créer : osez le tenter, et faites que dans v ingt ans d'ici on puisse dire : La zoologie est une science , une science toute française. »

Ce fut à celte époque qu'un jeune naturaliste inconnu , qui s'occu|>ait sur les cotes de la Normandie «le faire des recherches sur la structure anatomique <1«3* mollusques, envoya quelques travaux manuscrits à l'inspection de Geoffroy, «léja puissant dans la science, et celui-ci lui répondit aussitôt : •< Venez vite a Paris, venez remplir parmi nous le rôle d'un nouveau Linné, d'un nouveau restaurateur «les sciences naturelles. Et il recueillit chez lui cet eufant perdu de la science : deux années (1795-96 ) , ils vécurent ensemble à la même table , dans les mêmes collections publiques, qu'ils étudiaient ensemble ; dans les mêmes travaux , qu'ils signaient ensemble ; dans ce cabinet zoologiquc du Jardin des Plantes, qu'ils fondèrent ensemble, et dont l'Europe ne connaît pas le pareil. Dans une monographie manuscrite d'un jeune homme inconnu, placé presque par hasard sous ses yeux , Geoffroy Saint- Hilaire avait reconnu C u v i e r , et il lit tous ses efforts pour produire au grand jour ce trésor alors perdu pour la science : il en est qui l'eussent enfoui.

En 17U8, Geoffroy Saint-Hilairc, designé pour faire partie de cette grande expédition d'Egypte, qui pourrait suffire seule à la gloire scientifique d'une nation , concourut à la fondation de l'Institut des Sciences et des Arts au Caire : alors il voulut explorer tout entière cette terre antique uii donnent tant de générations, tant de peuples ensevelis; il remonta le Nil par delà ses cataractes ; il s'assit sur les ruines de Mcmphis l'éternelle ; il s'isola dans la désolation de Thcbes la superbe; il fouilla jusque «lans leurs entrailles res géants, les Pyramide»; il recueillit avec dévotion toutes «es «aintes reliques sur lesquelles tant de siècles se sont éteints; et il revint à Alexandrie chargé d«js dépouilles de tous les âges. Là, il se livra a l'étude avec nue exaltation qui compromit gravement sa *anté -. il avait hAle «le conquérir par l'intelligence tous ces matériaux, tous ces documents , qu'il possédait

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