‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 207 sur 614 · GEOFFROY S · texte numérisé non relu

GEOFFROY S

matériellement, et le bombardement delà ville, que les Anglais assiégeaient, ne put le distraire de ses recherches *tir la structure anatomiqoe de l'appareil électromoteur chea la raie-torpille et le silure électrique. Alexandrie capitula, et la commission d'Egypte , qui, fuyant les désastres militaires du Caire, avait voulu y chercher un abri pour ses richesses , abandonnée par le général en chef, et livrée par un article formel de la capitulation , allait être spoliée de tous ces trésors qu'elle avait recueillis au prix de tant de sacrifices , et que le vainqueur qualifiait déjà de dépouilles opimes. Et certes, si la France possède aujourd'hui tontes ces richesses, c'est à l'énergie du savant qu'elle les doit, car le général les avait livrées et l'ennemi , s'apprêtait à les recueillir : « Hamilton ,' répondit Geolfroy Saint-Hilaire au fondé de pouvoirs du général Hutchinson , qui exigeait l'accomplissement rigoureux des conditions stipulées par les deux armées, vos baïonnettes ne doivent entrer dans la place que dans deux jours ; dans deux jours nous vous livrerons nos personnes ; d'ici là , ce que vous exigez n'existera plus ; notre sacrifice va s'accomplir, mais cette odieuse spoliation ne s'accomplira jamais : nous-mêmes nous brûlerons toutes nos richesses. Oh ! c'est de la célébrité que vous voulez 1 Eh bien ! comptez sur les souvenirs de l'histoire : vous aussi vous aurez brûlé une bibliothèque d'Alexandrie! ■

De retour en France, Geoffroy reprit au Jardin des Plantes ses leçons orales. Le 14 septembre 1807 il fut nommé membre de l'Institut, et le 20 juillet 1809 professeur de zoologie à la Faculté des Sciences. Chargé en 1810, par le gouvernement impérial , d'une mission scientifique en Portugal , il y porta une multitude d'objets que le muséum de Paris possédait en double , et il reçut en échange ces richesses brésiliennes dont les musées du Portugal regorgeaient, et qui manquaient à nos collections. Il en usa'de même avec les bibliollièques publiques; car sa mission, disait-il aux moines étonnés, était d'organiser les études publiques en Portugal , et non pas d'en enlever les premiers éléments. » Et cependant, après la capitulation en vertu de laquelle les armées françaises évacuèrent la Péninsule, Geoffroy eut encore à défendre contre la rapacité des Anglais des collections aussi loyalement acquises : lord Proby et le général Beresford déclarèrent formellement qu'ils ne rempliraient les conditions du traité que lorsque ces collections leur seraient remises ; et le duc d'A bran tes souscrivit à leurs exigences. Ce fut encore au savant qu'il appartint de donner la leçon de courage national à un général français. Geoffroy refusa net : il déclara que ces collections loi appartenaient en propre; et les membres de l'Académie de Lisbonne , et les conservateurs du musée d'Ajuda, vinrent déclarer à leur tour que Geoffroy avait en effet aclteté ces objets, et qu'il les avait payés et au delà par les minéraux qu'il leur avait donnés en échange, et parles soins qu'il avait mis à organiser leurs bibliothèques et leurs musées. Les commissaires de l'armée anglaise se virent forces de céder : ils demandèrent seulement que pour apaiser la clameur populaire, quatre caisses sur dix-huit lenr fussent remises ; dn reste, ils en laissaient le cltoix à Geoffroy lui-même; et Geoffroy trouva dans ce choix l'occasion d'un nouveau sacrifice : les caisses qu'il abandonna renfermaient tout ce qui lui appartenait en propre, tout Jusqu'à ses livres et ses effets ; celles qu'il conserva ne contenaient que les objets qu'il avait recueillis pour les musées de France.

En 181 S, Geoffroy fut nommé membre de la chambre «les représentants par les électeurs d'Étampes ; mais il ne prit aucune part à des discussions politiques complètement étrangères aux études scientifiques que jusque là il avait exclusivement poursuivies. Nommé membre de la Légion d'Honneur dès la création même de cet ordre , officier en 1838 , associé libre de l'Académie royale de Médecine, et membre de la plupart des sociétés savantes de l'Europe, Geoffroy Saint- Hiîaire, frappé de cécité, mourut à Paris, le 50 juin is»i, à la suite d'une longue malad:c.

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