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contenu au moment oo il se disposait a monter ea voiture; en 1796, comme il se rendait au parlement, la foule accueillit le cortège royal à coups de pierres ; et en 1800 un certain Ilatfield, que le jury déclara également atteint d'aliénation mentale , tira en plein théâtre un coup de pistolet sur la loge royale.
Dans sa vie privée, Georges 111 mena toujours une conduite exemplaire. La régularité de ses mœurs était extrême ; aussi bon époux que bon père, il aimait a vivre de la vie intime de la famille; et les travaux de l'agriculture foi m aient la plus douce de ses récréations aux heures de repos qu'il pouvait gagner sur les devoirs de la royauté. A partir de (soi , son état mental éprouva de fréquentes rechutes, et vers la fin de 1810 sa raison s'éteignit complètement; de sorte qu'il (allut alors renoncer pour lui à tout espoir de guérison. En conséquence, le 10 janvier 181 1, le parlement déclara le prince de Galles régent du royaume pendant la maladie de son père , qui fut confié aux soins et a la surveillance de la reine sa femme et du duc d'York.
Georges III vécut encore dix années. 11 passa celle triste et dernière partie de sa vie dans son palais de Windsor, dont il avait de tout temps affectionné le séjour, séparé de sa cour et même de .sa Ta mille; et pour comble d'infortune, à la perte de sa raison était venue s'ajouter vers la lin de son existence une cécité complète. Dans les premiers temps on le retenait renfermé dans une chambre à coucher ; mais cette mesure lui causait un vif chagrin, et influait de la manière la plus lâcheuse sur sa santé. Il lallut enfin lui rendre la jouissance de ses spacieux appartements ; on les disposa toutefois de manière à ce qu'en marchant aucun objet ne pnt le blesser. Pour cela on fit garnir de coussins moelleux les murs, les portes, les meubles et jusqu'aux parquets îles salles qui lui étaient rendues. Une solitude complète régnait dans ces appartement*, éclairés seulement par quelques faibles rayons du jour, et dans cette demi-obscurité l'ombre du vieux malade rappelait involontairement à la pensée de ceux qui le voyaient l'image dn roi Lear. Il s'était laissé croître une longue barbe, qui lui retombait sur la poitrine ; ses clieveux avaient entièrement blanchi. La musique exerçait encore une influence visiblement agréable sur les traits de ce prince. Et ce léger remède, ce vain palliatif contre do si déplorables maux, n'était pas non plus négligé! Un vieux serviteur, un compagnon de l'enfance de Georges III, exécutait devant lui, et à des moments assez rapprochés les airs qu'il avait aimés et chantés autrefois ; on le surprit quelquefois à en fredonner quelques sons.
Lorsque sous les voûtes noires du vieux Windsor on était témoin de cette lin d'une existence royale, du terme «l'une longue vie, de cette fin d'un règne illustre, et qu'on se rappelait les vertus de celui qui était là errant, les différentes secousses de la couronne sur son front, et qu'on voyait après nombre d'années les soins toujours pieux de quelques vieux serviteurs, on était touché par une scène aussi belle que rare dans la demeure des princes; et puis aussi on était involontairement remué devant ces vains restes d'un souverain fort ordinaire, mais qui pourtant avait voulu Pitt au pouvoir, qui l'y avait maintenu malgré sa propre désaffection , lui ce Pitt, ce représentant actif, grand, infernal de* vieille* idées, leur dernier génie et le seul homme qui tint Bonaparte en échec
Georges 111 mourut le 29 janvier 1830 , dans sa quatrevingt-deuxième année, après un règne de soixante ans , pendant la durée duquel la puissance britannique prit dans toutes les directions le pins menaçant accroissement. La perte des colonies de l' Amérique du Nord fut amplement compensée par l'acquisition de soixante millions de sujets dans les Indes orientales, les plus riches et peut être les plus belle* contrées du globe, par l'adjonction aux possessions de l'Angleterre du Cap de Bonne-Espérance, de Malte, de l'Ile Maurice, des Iles Ioniennes. Le système politique intérieur suivi par ce prince, on plutôt par ses ministres, a été l'objet des plus vives et des plus justes censures. Il eut constamment
pour objet d'étendre de plus en plus, au moyen d'une corruption éhontée, l'influence ministérielle dans les chambres. Six partemenU dilférenU furent convoqués sous ce règne , au début duquel la chambre liaule ne comptait pas plus de 180 membres, tandis qu'à la fin de ce même règne ce nombre atteignait déjà le chiffre de 580 ; comme il est facile de le penser, tous ces pairs de création récente furent à peu près invariablement choisis parmi les créatures de la famille régnante.
Georges 111 eut de sa femme Sophie-Charlotte ( morte seulement deux années avant lui, le 17 novembre 1818) sept (ils : l° Georges-Frédéric Auguste, qui régna après lui sous le nom de Georges IV; 2° Frédéric, duc d'York; 3* Guillaume-Henri, doc de Clarence, qui régna plus tard sous le nom de Guillaume IV; 4° Edouard- Auguste , duc de Kent, père de la princesse qui règne aujourd'hui en
Angleterre nous le nom de Victoria
J'i nest-AtiijusIc,
duc de Cumberland, devenu plus tard roi de Hanovre ; 6° Auguste- Frédéric, duc de Snssex ; 7° Adolphe- Frédéric, duc de Cambridge; et six filles. La paix intérieure de sa famille fut plusieurs fois troublée par les différends survenus entre le prince et la princesse de Galles. Il travailla inutilement à rétablir l'harmonie entre les deux époux ; mais il paraissait pencher pour sa belle-fille, et s'était ouvertement déclaré son protecteur. En 1829 une statue équestre a lté érigée à ce prince sur une hauteur qui domine Windsor. Consultez Aikin, Aunalsof the reign of King George 111 (2 vol , 1820); Hughes, Historg o/ Englaud, from the accession of George /// (7 vol., 1830 ) ; Brougham, Historical Sketch o/Stutemen urhoftourishedin the timeo/ George lit ( 1839. ) Frédéric Favot. ]
GEORGES IV ( Fiu&DÉaic-AccusTt: ), roi de la Grande-Bretagne, d'Irlande et de Hanovre (1820-1830), fils du précédent, né le 12 août 1762, porta d'abord le titre de prince de Galles. Doué des plus Iteurcuaes dispositions de l'esprit et d'une remarquable !>eauté physique, il reçut avec une excellente et sévère éducation une instruction solide. Échappé à la surveillance de tes maîtres et de ses gouverneurs, il montra toutefois combien peu il avait prolilé de leurs leçons; et celui qui devait être un jour appelé à gouverner une grande nation mit toute son ambition à passer pour le type le plus accompli de l'élégance et du bon goût, ce qui ne I empêcha pas toutefois de se jeter dans des débauches de tous genres. Dès l'âge de dix-huit ans il conçut une violente passion pour une jeune et belle actrice, mistriss Robiuson ; retenu dans une de ses résidences , il employa Fox pour captiver le cœur de la jolie actrice; celui-ci réussit dans la honteuse mission qu'il n'avait pas rougi d'accepter, et mistriss Robinson reçut pendant quelque temps les hommages publies du prince «le Galles. Mais une courte possession suffit |M»ur amortir la passion de Georges, et il abandonna en proie à la misère celle qui avait été l'objet de «on premier amour.
Oisif, prodigue, débauché, joueur, parieur, avide de jouissances dégradantes , pour répéter les qualifications sévères d'une biographie anglaise, Georges avait déjà dépensé en moins de quatre années depuis sa majorité, outre une somme annuelle de 2,500,000 fr., el 3,000,000 votés pour son premier établissement par le parlement, 4,841,200 fr. de son revenu particulier ; il avait de plus contracté pour 4,020,100 fr. de dettes. Le prince de Galles, fidèle à ce système convenu d'opposition que semblent avoir adopté tous les filsde monarques constitutionnels, affectait de se placer au premier rant- des défenseurs des libertés nationales. Fox, Burkeet Shéridan étaient de sa société intime. Georges profita de cette position qu'il s'était faite pour demander au parlement, où ses amis whigs le soutenaient, des millions pour payer ses créanciers, ses maltresses, et fournir à ses besoins immenses et à ses plaisirs. Le roi augmenta alors sa pension de 2»0,000 fr.; mais l'héritier présomptif n'en continua pas moins à mener une vie scandaleuse. A l'occasion d'
il fut
casé publiquement de friponnerie ; la presse anglaise tout entière se leva pour le blâmer, et un journal, Le Monde (World), s'écria : « Que pouvons-nous attendre d'un fripon sur )le trône? » Une liaison sérieuse que Georges avait contractée avec mistriss F iU- Herbert occupa longtemps l'attention publique; on prétendit même que le prince avait été jusqu'à l'épouser, et un pamphlet qu'on lui attribua le donnait à entendre : les documents auxquels nous avons puisé pour cette biographie nous ont confirmé ce fait Georges a éSé réellement marié secrètement à ladj Fitz-Herbert ; ce mariage a été conclu devant l'église catholique, à laquelle appartenait celte dame, ce qui, d'après les lots anglaises , aurait fait déchoir le prince héréditaire de ses droits à la couronne. Aussi Georges ne se fit-il pas scrupule de nier cette union ; Fox et Shéridan suivirent sincèrement son exemple, et le premier ne lui pardonna jamais de l'avoir trompé à cet égard. Pressé par le besoin d'argent, accablé de dettes, Georges se décida en 1796, malgré ce maliage, à épouser sa cousine la princesse Caroline de Brunswick ; mais cette union n'exerça aucune influence sur sa conduite. Il ne rougit pas d'introduire auprès de la princesse son éponse deux de ses anciennes passions ; au bout de quelques mois , il avait même déjà cessé de la voir pour vivre de nouveau avec ses maltresses.
Le prince de Galles avait eu l'humiliation de voir son frère, le duc d'York , commander des armées, tandis que lui demeurait simple colonel d'un régiment de dragons. En 1*05, quand l'expédition de Boulogne menaçait l'Angleterre d'une ruine complète , il se décida à demander au roi un avancement en harmonie avec sa qualité de prince royal ; mais Georges III se refusa constamment à accéder aux vceui de son fils afné. Lorsqu'en 1811 il fut appelé a la régence, il était déjà usé par les excès de touts genres auxquels il s'était livré ; il accepta les hommes et les doctrines politiques contre lesquels il avait toujours protesté jusque là. Prince régent, il oublia tous les principes et tous les amis du prince de Galles, et laissa, dans son ingratitude, Shéridan, qui avait pour lui sacrifié jusqu'à son honneur, expirer sur un misérable grabat. Georges avait besoin de repos ; aussi s'abandonna-t-il aveuglément à ceux qui avaient la direction du gouvernement ; la table , les femmes et le jeu , étaient devenus pour lui des habitudes enracinées. Sa régence fut signalée par une grande misère dans le peuple; les draguas et les échafauds apaisèrent les mouvements auxquels la faim poussait ce que les ministres appelaient la canaille anglaise. On connaît assez quelle fut envers Napoléon la conduite de celui auquel il venait se confier comme au plus constant et au plus généreux de ses ennemis. Les six fameux actes contre la presse .contre la liberté du commerce, les associations populaires, les attroupement*, les petilionset lesadresses; les troubles incessants de l'Irlande, le scandaleux procès intenté à sa femme la princesse Caroline sont les faits les plus remarquables de la régence de Georges.
A la mort de son père, le 29 janvier 1820, Georges prit le titre de roi, et s'abandonna, comme il l'avait fait jusque la à la direction de l'aristocatie. Le roi Georges IV, en montant sur le trône, y apporta ses goûts de débauches , ses monstrueux caprices et l'exemple de tous les genres de vices. La nation eut à supporter les dépenses ruineuses des frais de son sacre, qui eut lieu le 19 juillet 1821, à Westminster, des constructions qu'il avait la manie d'élever ; la liberté de la presse fut étouffée par des jurys composés par les ministres, et si le roi ne chercha pas à la détruire entièrement, c'est qu'il craignit pour sa couronne. Il voyageait en Ecosse, lorsqu'il y reçut la nouvelle du suicide de C asile reagh; et aussitôt il s'empressa de revenir à Londres. Il fit alors partir le duc de Wellington pour le congrès de Vérone, en même temps qu'afin de témoigner de quelque condescendance pour les réclamations unanimes de l'opinion publique, il confiait àCanning le minislè'-e des affaires étrangères. Peu de temps après Robinson fut nommé mi , et Hu skis son ministre du commerce ;
l'arrivé* de ce» deux hommes d'fUat aux affaires n« tarda point i être suivie d'importantes réformes économique*. A la mort de Canning et par suite de la démission de Robuuoo , le roi confia la présidence du conseil a Wellington ; et en même temps que celui-ci se décida a faire adopter par la cluiubro uaule la grande mesure de l'Émancipation des catholiques, ainsi qu'à opérer une modification sensible dans l'esprit qui jusque alors avait préaidé à la politique extérieure du cabinet anglais.
En IS20 il avait octroyé à son royaume de Hanovre une constitution représentative , et en 1*23 U avait restitué au duc Ch ar les de Brunswick, dont jusque alors il avait été le tuteur, l'exercice de son droit de souveraineté, auquel l'appelai! alors son arrivée a l'âge de majorité.
Dans les dernières années de sa vie Georges IV souffrit cmUeraent des tortures de la goutte et aussi des progrès (Tune unification du cœur. Ses douleurs le condamnèrent à vivre dans un isolement profond à Windsor, où il mourut le2G juin tt>30, couronnant par une vieillesse sans dignité une jeunesse sans moralité. Il n'a laissé aucun monument digne d'immortaliser sa mémoire. Georges était l'Ame de la résistance des tories aux demandes du parti populaire; tous ms roùmtra repoussèrent constamment cette réforme parlementaire, qui n'attendait que sa mort pour triompher •lu mauvais vouloir de la royauté et de l'aristocratie anglaise. Feul-tlre trouvera-t-on trop rigoureux le jugement que j'ai porte sur le roi qu'on a appelé le premier geiillemun de la Grande-Bretagne; que je me suis trop appliqué à délayer les tariie» d'une jeunesse orageuse. Malheureusement l'histoire privée de ce monarque n'offre rien d'honorable qui puisse réhabiliter des erreurs qui ont duré autant que sa vie. D'ailleurs, la sévérité qui doit présider aux jugements portés sur nos contemporains ne saurait être palliée sans que celui qui s'en écarte ne devienne responsable de ce qu'il a voulu cacher ; et pour un roi, placé à la tète d'une nation qu'il lui est donné de moraliser, cette sévérité doit être iueioiable. Sa tille, la princesse Charlotte, et son frère puîné, II' .lue d'York, étant morts sans laisser de descendance, il rut pour successeur son second (rère, lequel régna sous le nom de Guillaume IV. Consultes W al lace, Memoirs oj tkeUftand reigu 0/ George IV (2 vol, 1 831) et Charlotte Bury, Dior y illustrative o/llte tunes of George IV (1838).
Napoléon Gallois.
GEORGES V ( FntoéaK-AunLAxnu-CiuRus-EnNKST- AicisTi), roi de Hanovre depuis le 18 novembre Uàl, e»t le fils du feu roi Ernest- Auguste et de Frédérùrue, princesse de Meckleinbourg-StrcliU ( morte le 29 juin •Ut ). Né le 27 mai 1829, en Angleterre, où son père vi- »*t alors comme duc de Cumberland, il vint au monde trou pur f seulement pins lard que la princesse qui règne Aujourd'hui sous le nom de Victoria, et perdit ainsi le droit d'hériter de la couronne de la Grande-Bretagne. En revanche, •1 eut de bonne heure, en raison des prescriptions de la tahque, la perspective d'être appelé uu jour à régner w les État» héréditaires allemand» de sa maison, et se pré- (nra a U tache qui devait alors lui incomber par des études faites sous la direction et la surveillance de sa mère, taïae distinguée a tous égards et sœur de la feue reine Louise de Prusse. En 1837 il arriva en Allemagne avec son père, appelé à régner en Hanovre par suite de la mort de Guillaume IV. Malheureusement une affection des yeux « déclara de bonne heure chez ce prince, et une opérabtt» (entée en 1840 par le célèbre Dieffenbach, foin d'y porter remède , aggrava encore le mal, et lui enleva a peu F» complètement la puissance visuelle de ses deux yeux. c'«t à la suite de ce malheur, et aussi en raison de disposipartk ulièresdes plus remarquables, que ce jeune prince, "■h* les éludes sérieuses qu'on lui fit faire, se livra de K'-ierencc et avec un remarquable succès à l'étude de la ""nque. Il s'est même essayé avec bonheur comme com- Ç«jl«r. La question de savoir si son infirmité ne le ren-
à la couronne ne fut soulevée
par aucune des parties intéressées a ce qu'elle fût résolue dans un sens négatif. Mais de bonne heure le roi Ernest- Auguste se préoccupa des précaution ■ à prendre pour que cette infirmité de l'héritier présomptif de sa couronne ne pût être soit une cause d'incapacité, soit un motif d'arguer ses actes de nullité. Par ses lettres patentes en date du 3 juillet 1841, il ordonna que tant que le souverain du royaume se trouverait privé de la vue, les signatures qu'il serait appelé à ap(K>ser au » actes du gouvernement pour leur donner force d'exécution, seraient authentiquées par la présence de deux personnes choisies sur une liste de doute individus désignés a cet effet par le roi, et astreints par un serment préalable a lui donner lecture à haute et intelligible voix de chacun des actes qu'ils soumettraient .i son approbatiun. Pendant mie absence que son père fit en Angleterre , dans le cours de l'année 1843, le prince royal fut chargé de la direction suprême des affaires, sous l'observation de ces formalités et précautions ; en outre, il prit part aux travaux du conseil d'Etat et aux séances de. la première chambre des états. Au mois de février 1843, il épousa la princesse Marie, fille aînée du duc de Saxe-Allen bourg, qui le 21 septembre 1845 accoucha d'un fils, le prince héréditaire Ernest, et plus tard encore de deux filles.
Le 18 novembre 18&I, il monta sur le trône de Hanovre, et par deux lettres patentes du même jour il prit le nom de Georges V, en même temps qu'il prêtait serment de fidèlement observer et maintenir la constitution du pays. A l'article H a no va g on trouvera le récit des principaux actes de son régne.
GEORGES CADOUDAL. Voyez Csboooal.
GEORGESTOWK, chef-lieu de la G u*y an e anglaise et en particulier de la colonie de Demerara.
GEORGES WEYMER (M ««joute), actrice célèbre, plus généralement connue sons le nom de AT"* Georges, est née en 1786. Son père était chef d'orchestre, et sa mère soubrette du théâtre d'Amiens. Dès l'âge de douze ans ils loi firent jouer quelques rôles tragiques ; dans une de ses tournées départementales, M11* R a ucourt fut frappée de ses rares dispositions pour la tragédie, et la signala au ministre de l'intérieur, qui lui fournit les moyens de venir se perfectionner au Conservatoire. La protection de M"* Raucourt et celle de M"* Louis Bonaparte ( Hortense de Heanharnari, mère de l'empereur Napoléon III ) lui ouvrirent en 1802 les portes du Théâtre-Français, malgré l'éclat des débuts récents de M"* Duchesnois. Le parterre fol frap|>é de la beauté majestueuse de M1** Georges, de ses formes pures et correctes de sa taille noble et imposante; mais ceux des habitués qui se laissent moins impressionner par les avantages physiques trouvèrent qu'il y avait dans son jeu pins d'intelligence et d'imitation que d'âme et de chaleur. U s'engagea alors entre elle et M"* Duchesnois une des luttes les plus ardentes et les plus passionnées dont les annales du théâtre aient conservé le souvenir ; le parterre, d'abord indécis, finit par se partager en deux camps irréconciliablement ennemis. A la tête des partisans de MIU Georges était Geoffroy, qui apporta dans cette petite guerre la vivacité âpre et caustique avec laquelle il soutenait toutes ses opinions. Des scènes violentes et tumultueuses s'ensuivirent en plein parterre; et plus d'un amateur dut aller expier au violon le tort de s'être montré trop démonstratif dans son partial enthousiasme. La Comédie Française, en les accueillant l'une et l'autre, mit fin à ces débats. On eut soin de tracer entre les rôles assignés aux deux rivales une ligne de démarcation qui prévint â l'avenir toute usurpation, et par suite toute collision d'amour-propre.
A partir de ce moment, toutefois, on ne remarqua aucun progrès dans le jeu de M"« Georges, qu'enivraient les adulations de Geoffroy et l'encens, plus productif, de ses nombreux adorateurs. Klle en était là de ses triomphes dramatiques, et à la veille de jouer le rôle qui lui avait été confie dans la tragédie ffArtaxerce (1808), lorsqu'elle quitta fortivement Paris pour se rendre à Vienne, et de lâ â SaiutPd-