GEORGES WEYMER - GÉORGIE
tersbourg. Les véritables motifs de cette fugue n'ont jamais été bien connus, et l'anecdote suivant laquelle ce serait l'empereur lui-même qui l'aurait bit chasser de France, pour la punir d'une bien involontaire indiscrétion commise dans une de ces liaisons passagères qu'expliquent les caprices du maître et que justifiait la beauté exceptionnelle de l'actrice, ne parait rien moins que prouvée. En (812, au contraire, M"e Georges joua à Dresde et a Erfurt, en présence de Napoléon et de ce parterre de rois et de princes qui s'y étaient réunis afin de lui offrir leurs hommages avant son .départ pour la fatale expédition de Russie. L'intervention de l'empereur triompha cette fois de l'inflexibililé opiniâtre de messieurs les comédiens ordinaires de sa majesté ; et l'ostracisme prononcé quatre ans auparavant contre la belle délinquante fut enfin levé. Il lui fut donc permis de remonter, en 1813, sur les planches du Théâtre-Français; mais, à trois ans de là, nue nouvelle incartade, à l'égard de laquelle on n'a aussi que des données vagues, lui ferma irrémissiblement les portes du cénacle de la rue de Richelieu. M"' Georges s'en consola en allant montrer dans les départements les nombreuses et magniliques parures de diamants qu'elle devait à la munificence de ses adorateurs, et exploiter le répertoire du théâtre où M11* Duchesnois régnait désormais seule et sans rivale. Après une absence de plusieurs années, elle revint à Paris avec Harel, directeur nomade, au sort duquel elle avait fini par s'attacher, et qui venait d'obtenir le privilège de l'Odéon. Mais hélas! à ses admirateurs de 1804 combien elle parut changée! Une obésité vraiment monstrueuse l'avait transformée. Sur la scène du second théâtre français, elle trouva néanmoins une position digne de son talent. Elle y créa les rotes de Jeanne d'Arc, dans la tragédie de Soumet; d'Agrippine, dans Une Féte de Néron, du même auteur ; de Christine, dans le drame d'Alexandre Dumas; de la maréchale d'Ancre, dans celui d'Alfred de Vigny. Fuis, Harel ayant abandonné l'Odéon pour prendre la direction de la Porte-Saint-Martin, M11" Georges l'y suivit, et y devint l'interprète du drame romantique éclievelé. Pendant di\ années, elle y soutint, avec une force vraiment prodigieuse, la fatigue à laquelle eût succombé toute autre artiste chargée de commettre chaque soir tant de crimes, de pousser tant de cris, de râler tant de spasmes et d'agonies. Harel succomba enfin sous les charges d'une administration ruineuse, et M"' Georges resta longtemps sans autre asile théâtral que celui que lui offraient de temps à autre des directions de province, ou bien encore des représentations à bénéfice organisées à Paris, tantôt sur une scène, tantôt sur une antre.
Depuis, ayant éprouvé des pertes considérable*, elle a reparu à la Comédie-Française et à l'Odéon, et après de nouveaux repos elle est rentrée à la Forte-Saint-Martin. Son obésité n'a fait que s'accroître ; et quant au talent dramatique, la pauvre vieille actrice n'est plus que l'ombre d'ellemême , ce qui n'a pas empêché la presse d'accueillir géné-, ralement avec sympathie ces dernières lueurs d'une lampe' qui s'éteint.
GEORGEY. Voyes Gocaccv.
GÉORGIE, en langue persanne Gourdjistdn, en russe G rousie pu Grousinie, appelée Ibéhe par les alrarigènes. Cette contrée est ainsi dénommée en raison du grand nombre de rois du nom de Georges qu'elle compte dans son histoire, ou peut-être bien à cause de saint Georges, son patron. Elle occupe une partie considérable de l'isthme qui sépare la mer Noire de la mer Caspienne , entre le Caucase et les montagnes d'Arménie, et confine au nord aux montagnards du Caucase , au sud à l'Arménie , à l'ouest à la mer Noire, à l'est à la province de Chirwân. Après avoir jadis compris un grand nombre de parties des contrées adjacentes, elle se compose aujourd'hui des provinces de Kacheth , de Karthli (ou Karthalinie), d'Imércth, de Mingrélic et de Gourie, dont les trois premières forment ce qu'on appelle la la Géorgie proprement dite. l»ar conséquent, toute la Géorgie comprend les anciens royaumes de Colchide, d|bérie et une
partie de l'Albanie. Sa superficie est d'environ 1300 myriamètres carrés, dont plus de 000 appartiennent à la Géorgie proprement dite, avec une population de plus de 800,000 âmes, dont 600,000 environ de race géorgienne proprement dite (y compris les Mingréliens et les Lases); le reste composé deTurkomans, d'Ossètes, d'Arméniens et de Juifs émigrés. Des cours d'eau qui l'arrosent, on ne peut guère mentionner que le Kour (le Kyros ou Cyrus des anciens), le seul qui soit navigable, et qui, après avoir reçu les eaux de l'Aras ( l'Antre* des anciens ), va se jeter dans la mer Caspienne, et le Rion ou Phase, important par les souvenirs de l'antiquité qu'il rappelle, et qui se jette dans la mer Noire. Le climat est au total tempéré et sain ; mais d'une clialeur étouffante et malsain dans les parties de la contrée les plus basses, notamment en Mingrélie et sur les côtes de la mer. La nature particulière de son sol fait de la Géorgie une des plus belles et des plus riches contrées de l'Asie. Ses montagnes recèlent une foule de richesses métalliques et minérales , fort peu exploitées jusqu'à présent, il est vrai , et tout couvertes de forêts du plus beau bois de construction. La vigne et autres arbres fruitiers, ainsi que le cotonnier, y croissent spontanément ; le rix, le froment, l'orge, l'avoine, le mais, le millet, le s o r g h o , les lentilles , le tabac, les fruits de toutes espèces, la garance, le chanvre et le lin viennent presque sans culture dans les fertiles plaines; et les vallées offrent les plus riches pâturages. Indépendamment d'une grande quantité d'espèces de petit gibier, on y trouve des cerfs, des daims, des sangliers , des renards et des ctiakals. Des abeilles sauvages confectionnent un miel doué de propriétésenivrantes ; on y rencontre aussi beaucoup de serpents et d'animaux venimeux. L'industrie viticole, bien que les procédés en soient encore des plus arriéré*, est la grande occupation des populations, qui s'adonnent aussi à la sériciculture et à l'apicieulture ; et cette dernière branche d'industrie donne lieu à une production considérable d'excellent miel et de cire. L'élève du bétail y est tout aussi imparfaite que la culture de la vigne et des céréales , ou que la sériciculture et la culture des fruits en générai. En fait de gros bétail, on y trouve aussi des buffles d'une race beaucoup plus vigoureuse que celle d'Italie, et qui, comme bêtes de somme et de trait, sont d'une grande utilité. En revanclte, les habitants possèdent d'Immenses troupeaux de moutons, appartenant pour la plupart à l'espèce désignée sous le nom de moutons à la qu&nc grasse, dont la chair est délicieuse, mais ne produisant qu'une très-mauvaise laine, qu'on serait souvent tenté de prendre pour du crin. Avec le poil des chèvres , qui y sont extrêmement nombreuses , on fabrique des étoffes et plus particulièrement des manteaux. On y donne toujours beaucoup de soins à l'éducation des chevaux, quoique la race n'en soit pas trés-recberchée ; ils sont petite de taille, mais solides à la fatigue.
Les Géorgiens appartiennent à la race caucasienne, et sont célèbres pour leur beauté ; aussi, sous la domination maltoroétaoe, était-ce, après la Circassie, de la Géorgie qu'on tirait surtout les esclaves blancs qu'on envoyait dans les déserts de l'Asie et en Egypte. Quoique aussi heureusement doués par la nature du côté de l'intelligence qu'au physique, la longue oppression sous laquelle ils ont gémi les a singulièrement dégradés sous le rapport intellectuel et plus encore sous celui de la moralité. Ils ont une noblesse particulière, qui autrefois opprimait beaucoup les classes populaires. En dépit de la longue domination et de la cruelle tyrannie que firent peser sur eux les conquérants mahornétans, ils sont demeures fidèles à la religion chrétienne et à la communion grecque, quoiqu'il y ait eu parmi eux beauconp d'apostasies en faveur du mahoniétisme, qui n'a pas laissé que de faire quelques progrès parmi eux , puisque aujourd'hui près de la moitié des habitants de la Géorgie professent l'islamisme. Au total, on peut dire que la situation de toutes ces populations, encore bien que sous la domination russe clic se soit très-certainement améliorée quelque peu, est t ou jours encore fort misérable. Les différents métiers y sont <
frpt l'eounce. Cependant ils foct un commerce de transit iusn considérable, qui a pour grand centre Ti fli s, chefta («celte province. On peut encore mcnUoner lélisabethpel, ville de 17,000 habitants, aux environs de laquelle on trouve deui colonies allemandes, d'Immenses ruines et la remarquable colonne de Scliamkor.
L'histoire primitive des Géorgiens, qui font remonter leur ori^e jusqu'à Thargamos, arrière-petit-fils de Japhet, est complètement fabuleuse. Mtskhethos, qui, dit-on, fut le fooiialear de Mtskhttha, ancienne capitale du pays, et dont oo voit encore tes ruines près de Tiflis, y joue un graad rôle. Leur histoire authentique ne commence qu'à l'époque du règne d'Alexandre, qui les subjugua; mais après la mort du conquérant macédonien, Pharnawas les affranchit du joug de l'étranger, et les constitua en royaume indé- |i- mlant. C'est avec ce Pharnawas que commence la série de* Htphé, ou rois de Géorgie qui gouvernèrent ce pays l«sdant près de vingt-et-un siècles sans interruption , en formant diverses dynasties. Vers la fin du quatrième siècle de notre ère, le christianisme y pénétra, et peu à peu y remplaça l'ancienne religion du pays, qui vraisemblablement avait beaucoup d'analogie avec le culte du Mithra des Perses. Le christianisme établit naturellement de nombreux rapports entre la Géorgie et l'Empire d'Orient, avec lequel il combattit les irruptions des Sassanides. Après la d es truc boa de Pempire des Sassanide* par les Arabes, aux irruption* de ces envahisseurs ne* tardèrent point a succéder, et avec plus de succès encore, celle des Persans. En effet, sous la dynastie des Bagraticlcs, branche de la dynastie arménienne qui était montée sur le trône de Géorgie, cette contrée devint une des provinces de l'empire des Arabes ; et il n'y eut que les pays de montagnes où se réfugièrent les rois de Géorgie, qui réussirent à conserver une espèce d'indépendance. Sans <<oul* 4 l'époque de la décadence du khalifat arabe, vers la fm du neuvième siècle, les Géorgiens réussirent à regagn.-r li-mporairement leur indépendance; mais au dixième siècle ils devinrent encore tributaires des dynasties qui remplacèrent en Perse la domination des Arabes. Ce fut seulement sous le règne de Bagrat III, vers la fin du dixième siècle, qu'ils recouvrèrent leur indépendance, et ils la conservèrent jusqu'à l'époque de la domination des Mongols, au treilièate siècle. Cest là l'époque la plus brillante de l'histoire de la Géorgie; en effet, bien que pendant cette période les r>n>n*iens aient eu beaucoup à lutter et guerroyer contre les Sddjoackles, qui parfois les vainquirent et leur imposèrent
coté; et c'est aussi alors que le royaume de Géorgie eut «s plus grands rois , qui l'agrandirent et le portèrent au comble de ses prospérités et de son éclat. Les plus importants de ces princes furent David III (1089 à 11W), qui raphia en Géorgie les habitants, émigrés ailleurs, reconstruisit leurs villes et leurs villages détroits , recouvra Tiflis, vainquit le* États mahométaus limitrophes, battit les armées des beUjoucides, conquit le Chirvan , une partie de l'Arménie «t diverses autres contrées adjacentes, et étendit sa dominais» jusqu'à Trébixonde; et la reine Thamar, autrement célèbre encore (1184-1206), qni régna sur toute la contrée » étendant entre la mer Noire et la mer Caspienne, qui prol*gea le christianisme parmi les montagnards du Caucase, le» soumit à sa puissance, et rendit tributaires nn grand nombre de princes chrétiens et mahométans. Nous citerons en
<reson (ils Georges H ( 1206-1:
qui vainquit les Pcr-
«»%el en convertit en grand nombre au christianisme, et qui « mit en outre en rapport avec les princes et les chefs de croisés venus en Palestine , à l'effet de s'unir à eux pour refouler l'invasion de l'islamisme. Mais celte période de gloire pour la Géorgie dura peu, d'une part à cause des troubles intérieurs provoqués par l'usurpation et les mœurs dissolues de la reine Rousouddn (m-3-1218), et de l'autre par mite des invasions, de plus en plus fréquentes, des Mongol», qoi finirent |>ar complètement subjuguer la Géorgie, et l'incorporèrent à leur immense empire comme KM vas- Dicr. ns u coyYKM. — t. x.
GÉORGIE ï4)
sal. La décadence de la puissance mongole vers le milieu du quatorzième siècle fournit, il est vrai, aux Géorgiens, sous le règne de leur roi Georges VI, une occasion de se rendre encore une fois indépendants; mais cette .indépendance fut de courte durée, et dès la (in de ce même quatorzième siècle, la Géorgie passait sous les lois de Tamerlan.
Ce fut seulement dans les premières années du quinzième siècle que le roi Georges VU, qui s'était retiré dans les montagnes, réussit à expulser de nouveau les musulmans du pays et à y rétablir le christianisme. Mais son successeur, Alexandre 7rr , commit la grande faute de partager son royaume entre ses trois fils. Wachthang eut pour sa part l'Iméreth (Imérétie), la Mingrelie et la Gourie; Demetrius oo Constantin, le Karthli (KartnalinUt) , et Georges le Kachetb (Kexhttie). Chacun de ces États, à son tour, se subdivisa; et il y eut un moment où l'on ne comptait pas moins de vingt -six princes souverains en Géorgie.
A partir de l'époque où nous sommes arrivés, l'histoire de la Géorgie forme deux parties principales et bien distinctes : celle des deux États de Karthli et de Kacheth, situés à l'est, et celle des États de l'ouest. Dans les premiers, les rapports plus nombreux avec la Perse déterminèrent le courant commercial et politique ; et pareil résultat se produisit dans les seconds pour la Turquie. Dès les premières années du quinzième siècle, le Kacheth et le Karthli, déjà maintes fois réduits par les envahissements des souverains de la Perse, passèrent complètement sous la domination persane. I„cs chahs de Perse firent lourdement peser leur autorité sur ces contrées, qui cependant souffrirent encore bien davantage des incessantes luttes et usurpations réciproques de leurs différents princes indigènes. Cependant, à cette époque où le Kacheth et le Karthli formaient deux États distincts vassaux de la Perse, il s'y développa peu à peu un élément
qui devait y exercer plu l'élément russe.
Dès l'an nés 1579 les Géorgiens, dans l'espoir de parvenir à secouer le joug des musulmans , recherchèrent l'alliance du tsar Jwan Wassiljewitch ; mais ils échouèrent dans leurs tentatives et leurs négociations avec ce prince. Le tsar Fedor Iwanowitch au contraire, en 15*5, prit formellement sous sa protection le roi de Kaclteth, Alexandre III. Plus tard, vers l'an 1060, le roi de Kacheth Uêraclius /"épousa une fille du tsar Alexis. Les rapports avec la Russie devinrent encore plus intimes à la période suivante, qui commence avec le roi Theimourasll, lequel, en 1740, reunit les deux royaumes de Karthli et de Kacheth en un seul, et réussit à secouer presque complètement le joug de la Perse ; après quoi, son fils Héraclius fut formellement déclaré l'un des vassaux de Pempire de Russie. 11 est vrai qu'en punition de cette défection le chah de Perse, Agh Mohammed, l'expulsa, en 1795, de ses États ; mais l'intervention armée de U Russie les lui fit restituer. Toutefois, la situation du pays était devenue si précaire que Georges IX, successeur d'Héradius, en fit formellement cession à l'empereur de Russie Paul I", par un traité signé le 5 décembre 1799. David fils de Georges, y demeura encore avec le titre de gouverneur russe jusqu'en 1805, époque où l'empereur Alexandre l'incorpora à l'empire comme formant désormais une province russe, et fit transférer les différents princes de la famille royale en Russie, où ils obtinrent des pensions et des grades dans l'armée russe.
Dans la Géorgie occidentale, la Mingrelie et la Gourie se séparèrent , dans la seconde moitié du quinzième siècle , de l'Iméreth, qui demeura cependant l'État prédominant et s'efforça de maintenir sa suieraincté sur les Dadiéns de Mingrélie, de même que sur les Gouriele de Gourie, comme se qualifiaient les princes respectifs de chacun de ces deux États. Des guerres sans nombre furent le résultat des liens et des rapports si compliqués existant entre les différentes dynasties qui laissèrent envahir le pays par les montagnards du Caucase et surtout par les Turcs. Ceux-ci s'emparèrent successivement de différentes parties du territoire, rendirent
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tributaire toute la portion occidentale de la Géorgie, et y exercèrent longtemps uoe décisive influence. L'histoire particulière de cette contrée présente dteillcurs à peu près les oléines phases et les mêmes péripéties que celle de la Géorgie orientale ; et la grande lutte qui eut lieu vers le milieu du dix-septième siècle entre les dynasties de l'Iméretb et de la Mingrélie, lutte à laquelle les Turcs, les Persans et les Gounele prirent part pour Tune ou l'autre des rivalités en présence, offre un laLleau d'horreurs tel qu'en fournit rarement l'histoire. La Gourie, qui vers la fin du dix-septième siècle se trouvait encore dans des rapports de vassalité à l'égard des rois de Plméretl», se rendit indépendante au commencement du dix-huitième , grâce à l'appui de la Turquie, sous la protection de laquelle elle se plaça aussitôt ; mais vers le milieu du dix-huitième siècle le roi dlméreth Salomon réussit encore à la replacer sous son autorité ; et il continua d'en être ainsi jusqu'en 1801 , époque oo les Russes s'en emparèrent. Par un traité conclu en 1810, elle passa formellement sous la souveraineté russe. D'abord les Russes reconnurent le fils encore mineur laissé par le dernier Gouriel en qualité de prince vassal de l'empire ; mais en 1838, par suite des intrigues de sa mère et tutrice, Sophie, qui s'était enfuie eues les Turcs avec son fils, ils réunirent formellement ses États à l'empire russe. La Mingrélie, elle aussi, demeura vassale de l'iméreth jusqu'en 1803, époque où le Dadtdn Georges se soumit comme vassal au sceptre de la Russie, qui lui reconnut, comme à ses successeurs, la jouissance de tous sec droits.
En Imérélie, principale contrée de la Géorgie orientale, brilla, dans la seconde moitié du siècle dernier, un rot brave et généreux , Salomon Ier, qui, indigné du honteux tribut imposé par la Porte à ses prédécesseurs et consistant à lui fournir chaque année quarante jeunes garçons et quarante jeunes filles, prit les armes, et, secouru par la Russie, réussit, en 1774, à complètement affranchir son pays de la domination des Turcs. Malgré les services essentiels que la Russie lui avait rendus dans cette lotte, il refusa de reconnaître sa suzeraineté. Ce fut Salomon II qui le premier consentit à placer ses États dans des rapports de vassalité à l'égard de la Russie; mais, accusé d'avoir manqué à ses obligations , il fut arrêté À Tiflis , et ses États furent alors formellement incorporés à l'empire russe. C'est ainsi qu'à la suite de la guerre qui eut lieu en 1828 et 1829 entre la Russie et la Porte, toute la partie de la Géorgie jusque alors immédiatement soumise à la Turquie, après avoir été cédée a la première de ces puissances par la seconde , se trouve maintenant , avec la place forte d'Akhalitkb, placée sous la domination russe ; et qu'elle (ut alors réunie aux autres possessions transcaucasienne* de la Russie, pour former un gouvernement général, dont le titulaire cumule l'autorité militaire avec l'autorité civile, et exerce le commandement supérieur de toutes lea forces russes dans le Cansase.
La langue des Géorgien», rude, mais énergique et régulière, d'une construction touto particulière, compte cinq dialectes, et n'appartient point à la famille des langues indo- germaniques. Elle possède une littérature qui ne laisse pas que d'avoir une certaine importance , qui date de l'introduction du christianisme dans ces contrées, et se compose en grande partie d'ouvrages de piété, de traductions delà Bible, des Pères de l'Église, de Platon, d'Aristote et de leurs commentateurs. En ce qui touche la littérature profane, laquelle fleurit plus particulièrement au dixaeptième siècle, les poésies et les chroniques, notamment celles qui ont trait à l'histoire de l'Église, en constituent la partie la plus importante. La composition de quelques ] poèmes héroïques remonte jusqu'aux temps de la reine i Thamar. Les ouvrages relatifs aux sciences sont encore bien moins nombreux , et , sauf quelques ouvrages historiques, insignifiants. 11 faut cependant reconnaître que dans ces derniers temps les Géorgiens ont commencé à taire ' preuve de bien autrement de «le et d'ardeur pour les
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sciences que par le passé , et que sous la domination rus»e l'état intellectuel du pays et son instruction générale se sont quelque peu améliorés. En revanche, on peut considérer comme une perte irréparable pour les lettres et les sciences géorgiennes le transfert qui eut lieu en 1807, à Péterabourg, des archives et des trésors scientitiqoes et littéraires de la Géorgie. L'érudit qui |tossède le mieux de nos jours la connaissance de la langue, de la littérature et de l'histoire de la Géorgie est M. Brosset. On a de lui , outre une traduction de la Chronique de Géorgie ( Paris, 1831 ), des Eléments de la Langue Géorgienne (Paris, 1837), un Rapport sur un Voyage archéologique dans la Géorgie et dans l'Arménie exécuté en 1847 et ls48 (Saint-Pétersbourg, 1850- 18M ), une Histoire de la Géorgie (tome 1er, Saiut-Pétersbourg, 1850, avec textes géorgien et français en regard ), et des Additions et éclaircissements à Vhistoirede la Géorgie (Saint-Pétersbonrg, 1851):
GÉORGIE ou GEORGIA, l'un des États-Unis de l'Amérique du Nord, situé entre le 80° 2 1' et le 34° de latitude septentrionale, borné au nord par l'état de Tenessee et par celui de la Caroline du nord, au nord-est par la Caroline du sud, a l'est par l'océan Atlantique, au sud par la Floride, et a l'ouest par l'État d'Alabama, présente une superficie de 1,9 1 G mjru mètres carrés, avec une population de 524,318 bommes libres et de 381,681 esclaves, répartie en 76 comtes. En 1800, la Géorgie ne comptait que 162,100 habitants, dont 29,204 esclaves ; en 1840, 691,392 habitants, dont 280,9*4 esclaves. Elle reçut sa première constitution politique en 1777; constitution dont la dernière modification est celle qui fut opérée en 1839. Cet État envoie au congrès dix représentants. On y compte 5 1,7 59 fermes ou plantations. Ses principales productions sont le coton , le rit, le mais, le pastel, le Ubac, les fruits et un peu de sucre. Dans ces deniers terni* on y a essayé avec succès de la sériciculture. A l'est le Savannah le sépare de la Caroline du sud, et à l'ouest le Chattahoochi de l'Alabama. Quand il a réuni ses eaux à celles du Fliut, le Chattahouchi prend le nom d'Apalacliicola. L'intérieur de cet État est aussi arrosé par un certain nombre de cours d'eau susceptibles d'être parcourus par des bateaux a vapeur, tels que l'Oconi, le Saint-Mary's River, etc.
Savannah, ville de 16,000 habitants, bâtie au point ou le fleuve du même nom se jette dans l'Atlantique , est la ville la plus peuplée et en même temps le centre commercial le plus in>|K>rtant de cet État. Un service régulier de bateaux a vapeur la relie a New-York et aux stations intermédiaires. La ville la plus considérable et la pins industrieuse, après Savannah, est Augusta, située également sur le Savannah; la population en est presque entièrement allemande. On peut encore citer MUledgeville, avec 8,265 habitants, siège du gouvernement de l'État, bâtie sur l'Oconi.
Il existe en Géorgie quelques lavages d'or anses in* portants; on y compte quatorze cents usines , dont la moindre produit au de la do 300 dollars de marchandises, et comme dans tous les autres États de l'Union, la construction des chemins de fer y a pris un remarquable développement.
GÉORGIE (Nouvelle-). Voyet NouveixE-GtonciE.
GÉORGIE MÉRIDIONALE» Ue inhabitée, située à l'est de la Terrc-dc-Peu , à l'extrémité sud de l'océan Atlantique, par 20« long. o. et 54° latit. 6., et visitée uniquement par des pécheurs de baleines. Au sud-est de cette Ile on rencontre les Iles du Marquis de Traverse dont la plus grande a un volcan, et la Terre de Sandwich, groupe d'Iles presque constamment entourées de brouillards, qui sont traversées par des montagnes encore plus élevées que celles de la Nouvelle-Géorgie, et dont le ctiroat est encore plus Apre.
GÉORGINE, nom donné par \\ildenow,en l'honneur de Georgi , professeur de botanique à Saint-Pétersbourg, à la plante que nous appelons en France Dabi i a. La dénomination de géorgine a prévalu dans le nord de l'Europe et en Allemagne, parce qu'on adit qu elle aidait a établir une