‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 225 sur 614 · GE0RG1NE — GÉRA · texte numérisé non relu

GE0RG1NE — GÉRA

distinction entre le dahlia et le dalea , genre de papilionaeée*.

GÉORGIQUES (du grec vi), terre, lpY«v, œuvre). Li poésie géorgique est, cointue son nom l'indique, celle qui retrace les travaux de la terre. En Grèce, Hésiode , qui vivait, a ce qu'on croit, cent ans après la prise de Troie, écrivit, sous le titre Des Travaux et des Jours, un poème du champ». La description des cinq Ages et l'immortelle fable de Pandore ont mis au rang des plus beaux présents que nous ait légués l'antiquité cet ouvrage didactique , on Virgile a puisé la première idée de ses Géorglques. Déujocrite, Xcnopbon, Arislote, Théophraste, ont aussi parlé de l'agriculture. A Rome , le sévère Caton composa sur les travaux de la campagne un livre imité après lui par le savant Varron. Dans l'ouvrage de Caton, on reconnaît que cet ennemi acliarné de Carthagc avait cultivé la terre avec amour; il en parle en homme qui sait appliquer les maximes qu'il recommande comme des conquêtes de sa vieille expérience, Varron montre dans ses écrits plus de théorie que de pratique : ce savant homme recherche l'étymologie des mots, l'origine des usages et des choses, et nous donne un catalogue de* auteurs qui ont avant lui traité de l'agricullure. L'ouvrage de Colamelle, De Re Ruslica, est le travail le plus complet que l'antiquité nous ait transmis sur ce sujet.

■ Les Géorgiques de Virgile, dit Jacques Delille, ont toute la perfection que peut avoir un ouvrage écrit par le plus grand poêle de l'antiquité, dans Page où l'imagination est la plus vive, le jugement le plus formé, et toutes les facultés de l'esprit dan* toute leur vigueur et dans leur entière maturité. » Virgile employa sept années à la composition de ce poème, qu'il considérait comme son chel-d'u-uvre. La traduction des Géorgiques , dans laquelle Frédéric II voyait comme l'ouvrage le plus original de l'époque, passe aussi pour le chef-d'œuvre de Delille. L'élude des Géorgiques a inspiré au P. Vanière le Prxdium Rusticum. Lo poète toulousain ne sait pas rester dans de sages limites , et se préserver du défaut de la profusion ; mais son ouvrage respire l'amour de la campagne , cl ne peut qu'en inspirer le goal aux lecteur*. René Kapin , de la compagnie de Jésus, publia, en 1065, le poème des Jardins, dont l'idée ptrâll lui avoir été fournie par les derniers vers du |>ocme de* Géorgiques. Eutre tous les ouvrages de ce poil te latin moderne, Les Jardins out conservé le plus de réputation. Les Saisons de Thompson, composées de grands tableanx, lont époque dans l'histoire de la poésie. A peine le tuant de L'Hiver parut, qu'il produisit une sensation extraordinaire; L'hté u'ohliut pas moins de succès; enfin le poème entier s'empara de radmiralîon publique.

Après leur Thompson , mais à une grande distance de ce poète, les Anglais citent avec plaisir 6 lo o m f ie I d , simple garçon tailleur, qui du fond «Tune ebélive boutique produisit un poème intitulé Le Valet de Ferme, et où les qualre uiwns forment aussi quatre citants. Ce fut vers la fin do dix-huitième siècle que Londres lut avec étonnement des vers élégants, harmonieux, pittoresques, pleins d'expresttoa, composés par un jeuue homme entouré d'artisans comme lui. L'ouvrage respirait surtout un amour vrai de U campagne. Quoique nous n'ayons rien dVgal à Thompson dans notre langue, ©a trouve cependant des traces de poésie g^orpqite dans Du Bartas, qui jeta des éclairs de génie parmi de grands et msupportablcs défauts Saint-Lambert, poète assez faible, mais vanté par toute l'école philosophique, dont H portait la bannière, a composé sur les saisons on poème froid et sans couleur, dont Diderot , avec sa verve i itWuelle et son sentiment d'artiste, a fait une sage et mordante eritique. Pondant, quelques morceaux de cet ouvrage sont restés célèbres et ne périront point. L'abbé Delille, traducteur de Virgile, essaya de lutter avec son maître' dans deux poèmes géorgiques, Les Jardins et f Homme de* Champs. Le premier de ces ouvrages, singulièrement rabaissé par les anstarques , n'olfre ni une belle

ordonnance, ni une vaste composition; la flamme du génie de Thompson ne brille nulle part dans ce travail , mais il est souvent riche de poésie , et contient des choses que la langue française revendiquera toujours comme des modèles de l'art d'écrire en vers. L'Homme des Champs qu'on aurait pu caractériser par ce titre : le Parisien aux Champs, n'est pas un ouvrage. On n'y sent nulle part cet amour vrai de la campagne, si fortement exprimé en Lucrèce, en Virgile, en Thompson. Comment a-t-il pu penser au Tytire des Bucoliques, au vieillard du Galèse, sans nous mootrer le bonheur habitant dans une chaumière, environnée d'un jardin et bordée par une saussaie en heurs. Le petit cultivateur, contemplant son petit domaine avec ravissement sur le déclin du jour, la fainllle contente qui couronne son foyer, la table qui rappelle à l'esprit cette de Phiiémon et de llaucis offrant l'hospitalité aux dieux, l'agneau chéri, la perdrix privée qui se réfugie auprès de Jupiter, U chèvre qui folâtre autour du plus petit enfant de la maison, les innocentes amours , la prière du soir, qui met la maison sous la garde du père commun de tous les hommes, voilà l'essence et les ornements du poème géorgique. Tout cela manque dans l'œuvre de Delille; mais son talent s'y révèle |»r des beautés de style dignes des grands maîtres , et que lui seul pouvait prêter à notre langue.

Malgré le poème des Mois de R nocher, annoncé dans le temps comme une merveille dans le monde , et rabaissé depuis avec un excès d'injustice, nous n'avons pas de géorgiques dans notre langue. Lé Verger de Fontanes, Les Fleurs de Caste! , tous deux remarquables par le talent de la versification , Le Potager de Lalanne, appartiennent au genre géorgique. Les Italiens du seizième siècle, émules des Grecs et des Latins dans l'épopée et dans les compositions dramatiques, n'ont pas négligé le genre géorgique. Le joli poème des Abeilles par Rucellai, imitation heureuse et libre du quatrième livre des Géorgiques de Virgile, est rempli d'idées ingénieuses et d'agréables images. La Coltivaztone , ou l'Agriculture , a placé le Florentin Alamanni au premier rang des poètes de son pays. Ce |ioëroe est l'un des plus vantés qui existent dans la langue italienne , mais ce n'est pas un de ceux qu'on lit le plus ; l'austérité du sujet et la trop grande fréquence des préceptes sont sans doute la cause de cette espèce d'indifférence.

P.-F. TtSSOT, de l'Académie Foo^sïm.

GÉPIDKS, peuplade germanique, de même origine o* » les Goth s , et dont il est pour la première fois fait mention dans l'histoire vers l'an 280 de l'ère chrétienne. Partis des rives de la Vistule , ils s'étaient dirigés vers le sud et s'étalent d'abord fixés dans la partie septentrionale de la Pannonic , où Ils avaient pour voisins a l'ouest les Visigotht des monts Carpathes et à l'est lea Ostrogot!». Mais lorsqu'après la mort d'Attila (4M), de l'armée duquel ils avaient aussi fait partie, leur roi Adcrich tenta pour la première fois de secouer le joug des Huns, ils a'étabtirent dans le p;.\s d'où leur chef venait d'expulser leurs adversaires, c'est-adire depuis la Theiss jusqu'au Danube, et même plus loin encore, jusqu'à la Drau et à la Save, où en 4&S ils essayèrent vainement a Sirmium de barrer le passage aux Ostiogoths se dirigeant vers l'Italie. Leur empire Ait détruit en l'an 566 par les L o m b a r d s , leurs ennemis et leurs voisins occidentaux, lesquels, sous le commandement d'Alboiu, s'étaient ligues contre eux avec les Avares, qui habitaient la contrée s'étendant à l'ouest de leur territoire. Cunimond , roi des Gépides, succomba dans la bataille avec un gra:.d nombre de guerriers de sa nation. Ceux qui échappèrent au carnage, ou s'adjoignirent aux Lombards et les accom|iagnerent dans leur expédition en Italie , ou , et ce fut le plus grand nombre, se confondirent avec les Avares, dont il» acceptèrent la domination.

f.FRA, seigneurie d'un revenu annuel d'environ 400,000 fr. et appartenant aujourd'hui au prince Ktiun LXII de rteuss SchleitZ'Géra Lobensteln. Son territoire, dont l'étendue totale, y compris une enclave située ii 36 «i-

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