GÉRA
lomètres plus loin, dans le territoire de Scbleis-Greilz et Lohenstein-Ebersdorf, peut être évaluée à 5 rayramètres carrés, arec une population de 34,000 âmes; il est borné à l'est et à l'ouest par le pays de Saxe-Alieubourg , au sud par le pays de Saxe-Weiroar, au nord par la Saxe prussienne.
Le chef-lieu, Géra, Tille de 13,000 habitants, située sur les bords de l'Elsler blanc, a été reconstruite avec assez de régularité, à la suite de deux incendies qui la détruisirent presque complètement, l'un en 1450 et l'autre en 1780. Les environs en sont fort agréables. Les mes sont droites et les places au nombre de six. On y remarque trois églises, le palais des princes de Reuss, une machine hydraulique et une usine à gaz. Siège du gouvernement commun aux possessions respectives de diverses branches de la maison de Reuss, de la cour de justice et de la diète, elle témoigne aussi d'un certain degré d'activité industrielle et possède dans ses murs des tanneries, des chamoiseries, des teintureries, des fabriques d étoffes de laine et de coton, de voitures, de taliac , de savon , d'harmonicas , ainsi qu'un gymnase , un école d'industrie et un asile parfaitement organisé pour les enfants en bas âge. A peu de distance de la ville existe une assez importante manufacture de porcelaine.
GÉRAMB ( Ferdinand, baron i>e ), procureur général de l'ordre des Trappistes, descendait d'une ancienne famille hongroise, et naquit à Lyon, en 1770. Plusieurs duels qu'il eut a Vienne, et le zèle enthousiaste avec lequel, en 1805, il appela la jeunesse autrichienne aux armes contre les Français, témoignent du peu de dispositions qu'il eut d'abord pour la vie ascétique. Quand la terre manqua autour de lui pour combattre les Français et leur empereur, objet de sa haine toute particulière, il passa en Espagne, où il se remit à faire le coup de fusil au milieu des guérillas aux ordres des cortès, et ne les quitta que pour aller a Londres y réunir les moyens nécessaires pour continuer la lutte acharnée dont la Péninsule était alors le théâtre. Frappé, par suite de dettes qu'il contracta dans cette mission , d'une condamnation par corps , il résista pendant douze jours, dans une maison de campagne qu'il habitait, aux officiers de justice cliargés d'exécuter le jugement; et il fallut recourir à l'emploi de la force pour l'expulser d'Angleterre en 1812. S'étant fait débarquer dans le petit port danois de Husum, il s'y vit arrêter par ordre de Napoléon, qui ne pouvait lui pardonner ses proclamations furibondes de 1807, et fut conduit a Paris, où, par une mesure de haute police, il subit une rigoureuse détention. On suppose que c'est en grande partie a la solitude a laquelle il fut alors condamné, et aussi aux entretiens de l'évèque de Troyes, qui partagea plus tard sa captivité, qu'il faut attribuer la direction religieuse, mais toujours exaltée, que prirent ses idées. Rendu a la liberté lors de la prise de Paris par les armées alliées, il se rendit en 1816 à Lyon, devenu le grand centre des intrigues ecclésiastiques qui signalèrent la Restauration, passa quinze mois au noviciat de la maison des Trappistes de cette ville, et fit ensuite ses vœux dans le couvent du Port du Salut, près de Laval. A cette occasion, il prit le nom de Père Marie-Joseph. Le zèle avec lequel il se soumit aux règles sévères de l'ordre dans lequel il venait d'entrer, le mit bientôt en grande considération parmi ses frères en religion, qni l'élurent procureur général, ot en odeur de sainteté dans la gent dévote, dont il devint l'un des liéroi. La révolution de t&30 et les idées qu'elle fit prévaloir furent une grande douleur pour le révérend Père de Géramh, qui résolut de les expier en ajoutant encore à la rigueur des pénitences qu'il s'imposait. En 1831 il se décida à entreprendre le pèlerinage de la Terre Sainte, et à son retour il eut avec Mébémet-Ali un entretien très- remarquable. En 1837 il alla aussi à Rome présenter ses hommages au successeur de saint Pierre ; et depuis ce moment sa vie ne fut plus qu'un continuel va-et-vient entre la capitale du monde catholique et les diverses maisons de son ordre en France ej en Allemagne. Il se trouvait à Rome lorsque la mort vint l'y surprendre, le lt mars 1848. On a rte lui un