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commandait la place, fut contraint de capituler. En 1833 le maréchal Tut admis à la chambre des pairs. L'année suivante il acceptait, encore une fois, le portefeuille de la guerre, avec la présidence du conseil ; mais trois mois plus tard il résignait l'un et l'autre. Après la mort du maréchal Mortier, victime de l'attentat Fieschi, il le remplaça à la grande-chancellerie de la Légion d'Honneur. En 1838, à la mort du maréchal Lobao, il lui succéda dans le commandement supérieur des gardes nationales de la Seine, qu'en 1842 1 affaiblisse, eut toujours croissant de sa vue le força de résigner entre les mains du général J acquem inot. Un des premiers actes du gouvernement provisoire qui s'installa à l'hôtel de ville, le 24 février 1848, fut d'enlever au maréchal les fonctions de grand -chancelier de la Légion d'Honneur. Gérard est mort à Paris, le 17 août 13S2, et a été inhumé aux Invalides.
GERBE. Ce mot s'emploie dans plusieurs acceptions différentes. En agriculture, il désigne du blé ou d'autres céréales coupées, réunies par un lien, toutes parallèles et ayant leurs épis tournés du même côté. C'est précisément cette disposition symétrique qui distingue la gerbe de la boite, dont les épis sont rassemblés confusément au hasard. La grosseur des gerbes varie ; mais comme leur objet principal est de faciliter le transport de la récolte , il faut , pour qu'elles atteignent ce but, avoir soin de ne les faire ni trop petites ni trop grosses. Il est encore moins aisé qu'on ne pourrait le croire de confectionner avec célérité une bonne et belle gerbe ; l'opération , assex simple par elle-même , demande plus d'Iiabitude qu'on ne pense. Quant aux matière» employées pour lier les gerbes, les plus communes sont ou de jeunes pousses de bois flexibles, comme le chêne A grappes, le châtaignier, le noisetier, le saule-marceau , l'osier, la viorne, etc., ou l'écorce de tilleul ; de la paille de seigle, de froment, d'a- : voine battue , etc. Lorsque la récolte est achevée , et que f les gerbes sont faites, on les serre dans les granges, jusj qu'au moment où elles doivent être battues, et on les y bat même le plus souvent. Dans beaocoup de pays, on supplée en partie aux granges par des amoncellements de gerbes en plein air, auxquels on donne les noms de meules ou de gerbiers, et qu'on recouvre de paille ou d'un toit fixe ou mobile, durable ou seulement temporaire. La gerbe jouait anciennement un grand rôle dans les redevances et impositions féodales; on sait qu'avant la révolution de 1789 le curé de chaque paroisse prélevait sur la récolte des céréales une gerbe sur treize ( voyez Dîme).
Dans l'art du lontainier, on donne le nom de gerbe A un faisceau de plusieurs petits jets d'eau qui forment une gi randc de |>eu de hauteur. H y a des gerbes qui s'élèvent par étages, en pyramides, au moyen d'autant de conduits que forment plusieurs rangs de tuyaux , autour du gros jet du milieu. La gerbe d'eau est d'un très-bel effet ; c'est pour les grands jardins et pour les lieux publics un ornement qui de tout temps a été fort goûté. Il n'est pas rare de voir, dans nos villes, jaillir des gerbes d'eau du milieu de* places publiques, qu'elles embellissent, tout en contribuant A leur assainissement, et il n'existe pasde château, de maison de campagne confortable qui n'ait la sienne. Nous pourrions citer A Paris celles du Palais-Royal , des Tuileries , du Luxembourg et bien d'autres encore, si elles n'étaient pas trop rapprochées de la luxueuse féerie aquatique qu'une fantaisie du grand roi fit jaillir des jardins enchantés de Versailles.
Le mot de gerbe ou son synonyme gi ronde, que nous avons emprunté A l'italien giranda, désigne, en termes de pyrotechnie un grand nombre de fusées vo lantes qui s'élancent en même temps d'un pot ou d'une caisse, et dont l'expansion figure une gerbe lumineuse. On renferme habituellement ces fusées dans des caisses de sapin , de formes carrées , qu'on divise en parties égales , et dans lesquelles on introduit une planche percée , qui prend le nom de grille, et sur laquelle on place des fusées volantes. Du reste , il faut avoir soin de percer les trous A égale distance et de les proportionner A la grosseur des baguettes, comme on proportionne la caisse A leur longueur, afin que les fusées y soient
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exactement enfermées ; puis on répand à la surface de la caisse du poussier ou toute autre composition vive qui détermine l'inflammation simultanée de la batterie , et on la ferme pour ne l'ouvrir qu'au moment du feu d'artifice. On a tiré, dans des réjouissances publiques, des gerbes ou caisses qui contenaient plus de 1,200 fusées de grosseurs variables. On place au milieu les plus grosse» pièces, les moyennes viennent ensuite, et les petites garnissent les bonis. Cet an jugement donne A leur assemblage, lorsque l'appareil a pris feu, la forme d'un bouquet : aussi a-t-on donné ce nom au groupe de rasées dont l'explosion simultanée termine ordinniremeut les feux d'artifices. V. de Moleon
GERBE D'OR, nom vulgaire du solidago Canadcnsis. Voyez Verce d'o*.
GEBBERT. Voyez Sylvestre II.
G EU 11 1ER. Voyez Meule.
G Lit HIER (Piebre-Je an-Baptiste), célèbre avocat, né à Rennes, le 29 juin 1725, était fils, frère, neveu et cousin de jurisconsultes distingués. Après avoir fait de brillantes éludes a Paris au colline de Beauvais, inscrit au tableau des avocats en 1745, il commença sa carrière sous le patronage du vénérable Guéaux de Reverceaux, et s'acquit bientôt une réputation qui n'a cédé peut-être qu'a celle de C oc b i n. U possédait au plus haut degré cette action oratoire qui, suivant Cicéron, est toute l'éloquence: Actio in dicendo una dominatur. Mais ce n'est pas au seul travail qu'il dut tous ses succès. Delamalle a dit , dans une Notice sur Gcrbier : « La nature, qui voulait en faire l'orateur le plus séduisant, l'avait comblé de ses dons. Il en avait reçu une figure noble , un regard plein de feu , une voix étendue et pénétrante, une diction nette, une élocution facile, une grâce infinie, un charme inexprimable répandu dans toute sa personne. Son teint brun, ses joues creuses, son nez aquilin, son œil enfoncé sous un sourcil éminent , faisaient dire de lui que l'aigle du barreau en avait la physionomie. »
Cependant, l'esprit de parti, auquel Gerbier se laissa passagèrement, il est vrai, entraîner , attira contre lui de rudes représailles. Il s'était d'abord conquis la faveur populaire en prononçant au parlement , lors de ta présentation par le chancelier Maupeou des lettres patentes de 1763, un discours mémorable, où il donnait le premier signal de Pcxpulsion des jésui tes. Il avait fait condamner l'abbé et les religieux de Clairvaux à 40,000 écus de dommages et intérêts au profit d'une pauvre femme et d'une fille dont le mari et le père avaient été illégalement séquestrés dans un couvent de bernardins. Cette cause est connue sous le nom de procès de la bernardine.U avait aussi plaidé dans un procès janséniste, celui du testament de Nicole, et révélé les secrets de la boite à Perrette. Voici ce que Voltaire a dit de cet , illustre orateur : « Il y a dans le monde un maître Gerbier qui défend la cause de la veuve et de l'opbclin opprimés 1 sous le poids d'un nom sacré : c'est celui-là même qui a obtenu au barreau du parlement de Paris Yabolissement de la Société de Jésus. Écoutez attentivement la leçon qu'il a donnée à la Société de Saint-Bernard, conjointement avec maître Loiseau , autre protecteur des veuves. »
Gerbier se montra malheureusement dévoué au chance- i lier Maupeou dans une circonstance plus délicate. Lorsque les parlements eurent été cassés par un coup d'État et remplaces par des cours souveraines, Target et la plupart des célébrités du barreau s'abstinrent de toute plaidoirie. Gerbier eût peut-être donné l'exemple, il refusa de le suivre. En 1774 , lorsque Louis XVI eut commencé son règne par le rappel des parlements , on ne pardonna point à Gerbier sa détection. Une action en subornation de témoins ayant été intentée dans le procès du comte de Guignes , Gerbier, qui s'y trouvait impliqué fort mal à propos , au lieu d'une éclatante réparation , fut simplement mis hors de cour. L i n gu c t , qui le regardait comme l'auteur des persécutions dirigées contre lui, l'accabla de sarcasmes et même d'invectives dans ses nombreux écrits, qui furent, sous un gouvernement absolu , malgré ia censure et en quelque sorte
GKRÇURE
malgré les douanes établies i la frontière contre l'introduction des pamphlets imprimés en pays étranger , le préluds de ia liberté de la presse. Aussi Gerbier ne lut-il élu hitonnier qu'en 1787. Il mourut quelques mois après , le 36 mars 1788 , Agé de soixante-trois ans , empoisonné par le vert-de-gris de quelque vase mal étamé.
U est peu de contemporains qui aient pu entendre les admirables improvisions de Gerbier. Les jeunes stagiaires , eux mêmes pour venir écouter leurs maîtres dans fart de la parole, étaient obligés de se presser dès six heures du matin à b grille de la cour du Harlay. On a donc cru longtemps qu'il ne s'était conservé aucun de ses plaidoyers : M" la comtesse de la Saumès, sa fille et unique héritière, aidée des soùu | de Bellart, Delacroix-Frain ville -et Chauveau-Lagarde, fit pour cela d'inutiles recherches. Heureusement , Delainalle conservait dans sa bibliothèque des plaidoiries entières et des fragments précieux qui, à la vérité, ne sont pas de la main ! de Gerbier, mais de celle du fameux H érault dcSéchcl- : les, son élève et son ami. Il paraît que dans son cabinet j Gerbier dictait les exordes , les péroraisons et les morceaux . A effet, en Indiquant , par des noies plus ou moins étendues, . les divers points de la discussion. C'est ce travail que Hc- ! rauit de Sécbelles compléta par une espèce de sténographie A l'audience; et il se procura ainsi , notamment, le discours ' de 1763. Breto.-x.
GEBBILLE, sous-genre établi par A.-G. Dcsmarest danslegcnre gerboi ie, et ayant pour type le dipus pyramidum de Ét. Geoffroy. La taille de cet animal est celle d'une souris ; sa queue est brune et terminée par des poils assez longs; ses jambes postérieures sont aussi longues que son , corps. On le trouve communément en Égyple, principalement dans les environs des pyramides.
GEH BOISE, genre de petits mammifères rongeurs qui ressemblent beaucoup au rat, avec lequel les anciens, qui l'appelaient rat à deux pieds (mus bipes), l'ont confondu A tort , puisque les gerboises diffèrent des rats par leur queue , qui est d'une grande longueur et très-touffue à son ; extrémité, et aussi par leur pelage, qui dans la plupart des espèces est, sous le ventre , d'un fauve clair blanc. Sliawen ' compte six espèces, et Gmelin dix.
La gerboise de BufTon (dipus sagitta, Pallas; dipus 1 gerboa, Gra. ), d'un naturel très-timide, vit dans lester- , riers qu'elle se creuse elle-même au milieu des plaines désertes de l'Afrique , de l'Asie et de l'Amérique. Par la conformation de ses membres postérieurs, beaucoup plus grands que les antérieurs, cet animal, dans ses postures et ses mouvements, ressemble beaucoup à un oiseau. Aussi Sonniui nliésite-t-il pas à dire qu'il est le chaînon intermédiaire entre les quadnipèdes et les oiseaux. Il se tient habituellement sur ses pieds de derrière, et ne se sert guère de ses pieds de devant que pour porter ses aliments à sa bouche, à la manière du kangourou.
GEHÇL'RE, fente superficielle ou crevasse quisurxient à la |ieau ou à une membrane muqueuse voisine de la surface cutanée. Cette légère lésion reconnaît pour cause tantôt l'action du froid, tantôt l'application d'un corps irritant; quelquefois la distension des téguments par suite d'une grossesse ou d'une liydropisie. 11 en est qui se forment a l'anus (/issu re); elles sont extrêmement douloureuses et réclament souvent une opération. On en voit enlin dans diverses régions du corps, qui dénotent l'existence d'une infection virulente, notamment la syphilis. Souvent aussi elles accompagnent les engelures. De toutes les gerçures, les plus douloureuses sont celles du mamelon, chez les uourrices. Elles peuvent devenir assez profondes pour entraîner la chute de la partie malade. Irritées sans cesse par les efforts delà succion, ces petites plaies finissent ordinairement par déterminer des souffrances intolérables, de la fièvre, de l'insomnie, et par nécessiter la suspension de l'alkitcincnL 11 est lion pour prévenir cet accident, si commun cher, les primipares , de former le mamelon dans les premier* temps «le la grossesse, en faisant opérer la succion par une femme,