GERÇURE
en le fourrant d'un petit chapeau en biri«, pour que la pression du corset ne l'aplatisse pas ; en l'affermissant à l'aide de lotions faites af ec une infusion vineuse de sauge. Une (ois déclarées, on y appliquera de la crème fraîche, du mucilage de pépins decoings, etc. On se servira d'un bout surmonté de tétine de vache. Quand rien en réussit, que l'enfant tette du sang avec le lait, et que la santé de la mère en souffre, il faut suspendre l'allaitement Quant aux autres gerçures, il faut autant que possible les soustraire à l'action d'un air froid ou de substances irritantes, et laisser la partie malade en repos, »6a que rien ne s'oppose à la cicatrisation, qu'on favorisera à l'aide de pommades adoucissanteset dessiccatives, telles que la pommade de concombre, le beurre de cacao, l'onguent rusai , lecérat de saturne. Dr Saucergtte.
GEELDY (Pie««e-Nicol*s), professeur en chirurgie à la Faculté dcMédecine de Taris, membre de l'Académie de Médecine, chirurgien de l'hôpital de La Charité, fut aussi membre en ts48, de l'Assemblée nationale pour le département de l'Aube, sa patrie. M. Genly aîné est le fds de ses œuvres. Il doit a ses efforts personnels et persévérants uon-seulenient sa réputation et sa fortune , mais son instruction. Quant à quelques défauts d'éducation, dont certains yeux peuvent être frappés et qui causèrent tant de surprise au sein de l'Assemblée nationale , ils proviennent beaucoup moins d'une originalité native que de» dures circonstances qu'a eu à traverser sa jeunesse. Né en 1795, à Loches, M. Gerdy vint à Taris dès 1314, à l'âge de dix»neuf ans. Il avait pour compagnons un fervent amour pour l'étude , un grand fonds d'entlrousiasme pour l'indépendance et la vérité, un entier renoncement aux plaisirs, un courage a l'épreuve des privations et des dégoûta , une patience incomparable , et de plus une infirmité comme Bocrhaavc : il portait alors une tumeur blanche au genou. Il passa d'abord quatre années à étudier les sciences, les lettres, la médecine, quatre ans à se traiter, à s'inquiéter, à se priver, à souffrir ; et au bout de ce temps , il s'était fait à lui-même une orthographe , une rhétorique, une philosophie, une esthétique, une physiologie et mémo une religion. Son style s'est toujours fait remarquer par quelque excentricité. Dès l'origine de ses études, M. Gcrdy te prépara à la carrière des concours, et s'exerça à porter la parole en public. Il avait fondé une conférence d'élèves avec MM. Deroisin, Démarais, Isidore Bourdon et Ségalas, et discutait chaque dimanche avec deux étudiants en droit. Son elocution était sans charme , mais non sans abondance et *an»chaleur. Sa voix sourde etsesdoctrincscxccntriquc* donnaient a ses discours une étrangeté saisissante, que l'enthousiasme de l'orateur ne sauvait pas toujours du ridicule. Il échouait pre*quc constamment dans les concours ; mais ces insuccès réitérés ne purent lasser «a persévérance, et c'est finalement aux concours qu'il a dû ses principales fonctions, *a place de chirurgien d'hôpital , sa chaire de professeur, luit ce qu'il est en un mot. Il a dû, pour ces résultats, affronter dix-sept ou dix-huit concours. Son animation était telle, quand il commençait à parler, qu'il fournissait rarement toute sa carrière, une excessive émotion l'arrêtant tout à coup au milieu de la lice par des palpitations qui allaient presque jusqu'à l'évanouissement. L'Académie, dont H est membre, a été plusieurs fois témoin de laits analogues. Il y combattit la candidature de M. Jobert de Lamballe en IM9, et en 1841 les expériences erronées d'Or fi la sur l'arsenic avec une passion peu didactique. Orfila sortit de cette discussion tout meurtri, humilié ci vieilli de dix ans. M. Genly a montré le même emportement à l'Assemblée natroanale, surtout dans son attaque contre les inspecteurs d'aliénés; discussion dans laquelle le président Marrast le rappela au calme , en lui reprochant de se livrer à la i >>vsion.
M. Genly a publié plusieurs ouvrages, dont voici les principaux : l° Essai d'analyse et de classification naturelle des phénomènes de la vie (Paris, 18?3); 2° Traité des bandages, des appareils et des pansements ( 1838-1839, î vol.); 3" Anatomie des formes extérieures, à f usage
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des cintres, sculpteurs et dessinateurs (1830). Cet ouvrage, et surtout le cours qui l'avait précédé, concilia à M. Genly les sympathies des artistes, en sorte qu'ils se montrèrent contrariés qu'on leur eût donné au musée des PctiU- Augustins un autre professeur d'anatomic que M. Genly. Mais le docteur Sue eut là pour successeur le docteur Émet y, parent de la famille Hersent , et aujourd'hui médecin du prince Jérôme, lui-même un pou artiste ; 4* Traité de Physiologie didactique (2 vol. in-8*); b" Des Polypes et de leur traitement ( 1838); 6° Physiologie de F Intelligence ( 1847); 7° Divers rapports et discours, entre autres l'éloge, fort critiqué, du chirurgien San son, et quelques articles de dictionnaires. M. Gcrdy appartint autrefois à l'école des naturalistes que fondèrent, en 1819, Mirhel et Cuvier. Il dut suivre la direction de ce dernier savant , qui le dispensa de voyager à l'étranger.
M. tu (/ira ne Gehdv, cadet du précédent, est lui-même un homme de mérite. Il est le médecin inspecteur des eaux minérales d'Uriage, dans l'Isère , sources importantes, dont il a décrit les propriétés dans plusieurs bons mémoires.
GERFAUT, espèce du genre fa «c on. Le gerfaut (falcoislandieus, Lath. ; falco rusticolus, Gmel. ), géant de ce genre, est gros comme une poule de Caux. Il habite en élé tontes les contrées circumpolaires, et en hiver ne descend jamais plus bas que le 60e degré de latitude Nord. Cependant, il en fut tué un en Suisse, en 1644. Autrefois on dressait le gerfaut à la chasse du lièvre.
GÉRICAULT (JKAfr-Louis-THÉoDonE-AMrmK), peintre, né à Rouen, en 1790, mort le 18 janvier 18», était lils d'un ancien avocat. Il fit ses premières études au collège do Rouen ; mais il en sortit bientôt, n'ayant pu y rien appreodre. Il ne réussit pas mieux chex Carie Ver net, sous lequel il commença à étudier la peinture. Entré plus tard chez Guérin, qui peut passer pour son seul maître , il était regardé par ses camarades d'atelier comme un jeune homme sans moyens et sans avenir. Le temps 6 'avançait où Géricault devait laire mentir tous ces sinistres pronostics. Ce fut eu 1812 qu'il exposa une figure en pied asscx remarquable, Le Chasseur ; en 1814, il exposa une seconde ligure en pied. Le Carabinier. Découragé du peu de succès qu'il obtenait, séduit d'un autre coté par l'espoir d'une gloire plus rapide, il s'engagea dans les mousquetaires ; mais là aussi le dégoût l'attendait : on le vit bientôt mettre bas l'uniforme et reprendre les pinceaux. Kn 1815 il travailla avec une nouvelle opiniâtreté, et fit de nombreuses esquisses d'après les premiers maîtres. En 1 810 H partit pour l'Italie, où pendant un an il peignit de grandes études.
De retour en France, il exposa, en 1819 une magnifique page , fruit de sa noble persévérance , le Naufrage de Im Méduse , qui doit immortaliser son nom. Cette toile émouvante fut diversement jugée par les artistes ; mais son étrangeté impressionna vivement le public. Géricault s'y montrait aussi chaud coloriste que puissant dessinateur.
Avec le radeau de La Méduse commence et finit la vie artistique de Géricault , de ce Michel-Ange des temps modernes, comme se plaisaient à l'appeler ses élèves, en tète desquels nous placerons Delacroix. Il était parti |k>ui l'Angleterre. Il en revint presque aussitôt, courbé par une sciatique douloureuse, dont il venait d'être atteint sur la Tamise. On employa tous les remèdes pour le guérir, et on y avait à peu près réussi , lorsqu'une chute de cheval amena un abcès au côté droit , qui le conduisit au tombeau après dix mois de souffrances. Après la mort de Géricault , on vendit toutes ses peintures. La Méduse fut achetée par M. Dedreux d'Orcy 6,000 fh, et revendue au Musée pour le même prix. Géricault a fait beaucoup d'études de chevaux : il excellait dan* ce genre. On cite de lui, en Angleterre, une aquarelle représentant une course : elle est d'une vérité surprenante. Ses élèves ont fait placer sur son tombeau un bas-relief dû au ciseau de M. L tex et représentant la scène du Naufrage de La Méduse.
GÉRID ou GIR1D. Voyez Djërio