‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 231 sur 614 · GB GERLACH · texte numérisé non relu

GB GERLACH

<JERLACH ( Eb.kf.st- Louis pe), président d« la cour supérieure d'appel de Magdebourg ( Prusse), est né le 7 mars 1795, à Berlin, où son père mourut premier bourgmestre,em 1913. Ses études juridiques terminées, il embrassa ta carrière de la magistrature, et obtint en 1844 les fonctions élevées qu'il occupe encore aujourd'hui. A la suite de la révolution de 1848, il derint l'un des collaborateurs les pins actifs de la Juncker Zeitung ( Gazette des Gentilshommes), dont le titre seul indique suffisamment les tendances réactionnaires, et à laquelle le gourernement prussien s'est vu tout récemment dans la nécessité d'adresser un avertissement, à cause de ses articles perfidement et systématiquement hostiles à l'empereur des Français et a son gouvernement. Tous ces articles avaient été accueillis avec la plus grande faveur dans le monde officiel ; mais il fallait bien les désavouer, pour ne rien précipiter a propos de la lotte armée à laquelle on se prépare depuis longtemps de part et d'autre ( décembre 185) ). M. de Geriach ne se contente pas d'enrichir de sa prose les colonnes de la Gazette des Gentilshommes , il trouve encore le temps de rédiger à lui presque tout seul un recueil mensuel ayant pour titre Rundschau ( La Ronde ) , et de tendances non moins réactionnait es que le journal des hommes a seize quartiers. Membre de la première chambre, en 1849, il y siégea k l'extrême droite, et s'y fit constamment remarquer par son xèle à défendre les antiques privilèges de la noblesse et à combattre tous les efforts du parti libéral pour doter la Prusse d'un véritable gouvernement constitutionnel Malheureusement, dans ses discours, si spirituels et si brillants qu'il puissent être, on sent qu'il manque un élément essentiel du succès : la sincérité des convictions. L'esprit qu'il veut avoir gâte souvent aussi celui qu'il a, et sa parole est quelquefois tellement recherchée, que cela touche a l'alfectation. En outre, il ne s'aperçoit pas qu'il se répète beaucoup trop souvent. Kn 1850, il fit partie du parlement d'Erfurt, et en 1851 de la diète de Brandebourg.

GERLACHE (Étiesnb-Constartin m:) est né dans le Luxembourg, en 1785. Sa famille avait été anoblie en 1751. Élève de l'Ecole de Droit de Paris, il fit son stage chex l'avocat Hennequin, connu par ses Rympathies jésuitiques. Lorsque le gouvernement des Pays-Bas fut institué, il revint en Belgique. Le roi Guillaume le nomma conseiller a la cour d'appel de Liège et chevalier de son ordre du Lion de Belgique. Ses concitoyens, de leur côté, l'envoyèrent en 1824 a la seconde chambre des états généraux, où il ne cessa pas de siéger jusqu'en 1830. L'opposition le comptait vers cette époque parmi ses membres les plus éclairés, quoique déjà il avouât pour les prétentions temporelles du clergé cette partialité qui n'a fait par la suite qu'augmenter. La révolution accomplie , il fut désigné par le gouvernement provisoire comme membre de la commission chargée d'élaborer un projet de constitution, et contribua plus que personne à y introduire les articles sur lesquels le parti clérical a fonde sa domination en Belgique. Élu memdre du congrès par l'arrondissement de Liège, il en fut le premier viceprésident, et dès que le baron Surlet de Chokier eut été élevé à la régence, il le remplaça au fauteuil.

Avant tout, M. deGerlache voulait deux choses : affranchir le clergé du pouvoir civil, et affaiblir autant que possible les tendances démocratiques. Ennemi des résolutions violentes, quoique souvent indécis, principalement dans les moments de crise, Il eut le courage de voter contre l'exclusion des Nassau. Pendant l'interrègne, il se vit quelque temps à la téte du conseil des ministres. Il proposa d'appeler au trône de Belgique le duc de Nemours, et fit partie de la «Imputation qui alla offrir la couronne à ce prince, ignorant sans doute le mot de cette petite comédie politique convenue entre le cabinet de Paris et celui de Londres II se montra ensuite partisan du duc de Leuchtemberg, puis préconisa le prince Léopold de Saxe-Cobourg, auquel il alla également offrir le sceptre. Ce fut lui qui reçut le non veau roi a Lacken, lorsqu'il débarqua en Belgique. Nommé, par arrêté royal du 4 octobre

— GERLE

1833, premier président de la cour de cassation, il dut renoncer à ses fonctions législatives, et revint alors avec satisfaction aux lettres, qui avaient toujours eu des charmes à ses yeux. En 1839 il se rendit à Londres, dans l'espoir de faciliter les négociations relatives an Luxembourg, et publia alors une brochure dans le but d'établir la nécessité

[ pour la Belgique de renoncer à cette province : elle est in-

< titulée: Quelques mots sur la question des territoires. M. de Gerlache passe nous avoir le secret de l'épisconat belge, lequel forme un véritable gouvernement à coté de l'État; mais il est moins propre au rôle dechef de parti qu'aux vertus paisibles de la famille et aux études spéculatives. En 1 852 il se laissa encore aller à publier un pamphlet contre le libéralisme officiel ; et le succès en fut tel dans les masses ignorantes et dévouées au parti prêtre1, qu'on pent lui attribuer une bonne partie des pertes si notables que le parti libéral subit aux élections générales qui eurent lien au mois de juin de la même année. C'est, du reste, un bonntHe Itomme et, de plus, un homme de talent. Ses ouvrages en fournissent la preuve. En voici la liste à peu près complète : Jradttction du Cattiinaàe Salluste (Paris, 181?); Bssai surGrétry (1821, réimprimé en 1843); Le* Guerres d' Avons et de Waroux, épisodes de la chevalerie liégeoise aux XIIIe et XIV* siècles (1828); Révolution de Liège sous Louis de Bourbon (1831) ; Histoiredu royaume des Pays-Bas de 1815 à 1830 (2 vol., 1839); Histoire de Liège depuis César jusqu'à Maximilien de Bavière

1 (1843). M. de Gerlache a été créé baron par le roi Léopold. GERLE (Dom AxTowB-CaïusToraK), chartreux et membre de l'Assemblée constituante, fut dn nombre des premiers ccclésiatiques qui se joignirent au tiers état , et figurèrent au serment du Jeu de Paume. Né dans la province d'Auvergne, vers 1740, il y avait la réputation d'un homme d'esprit. 11 fut nommé k Riom député suppléant aux étals généraux, et admis dans l'Assemblée constituante en remplacement de M. de La Bastide.Cétait déjà une révolution que la présence dans une assemblée délibérante d'un moine d'un ordre aussi austère. Il faut croire cependant qu'il avait été sécularisé longtemps avant 1789; car dom Gerle a dit de luimême : ■ On me présente comme un homme bilieux , dont

1 le cloître a creusé le cerveau. Mais si j'ai pendant dis ans pensé dans le cloître à des choses sérieuses, j'en ai passé ensuite vingt dans le plus grand monde et les plus grandes occupations. » Quoi qu'il en soit, il ne jeta pas tout d'abord le froc aux orties ; son costume de chartreux le rendait chaque jour, à l'Assemblée nationale, l'objet île la curiosité universelle; il ne le quitta qu'après l'abolition des ordres monastiques, qu'il provoqua lui-même par une motion célèbre, du 12 décembre 1789.

Lié avec des femmes mystiques , et se livrant avec elles aux rêveries les plus absurdes, il crut bientôt voir la religion de l'Etat sur le bord de l'abîme. Aussi «lemanda-t-ii la parole, le 13 juin 1790, pour proclamer les extravagantes prophéties de Snsannc Labrousse, morte depuis k Borne, dans un hospice d'aliénés. Son discours, prononcé d'une voix débile , fut k peine écouté ; mais le coté droit en saisit avec avidité la conclusion, qui était la proclamation du culte catholique comme la seule religion de l'Eut. Caulè* et Bonnal appuyèrent cette motion, et furent bien étonnés lorsque le lendemain ils la virent retirer par son auteur. Apres avoir prêté tous les serments de l'époque , dom Gerle abdiqua les fonctions sacerdotales , et refusa le grand-vicariat de l'archevêché de Meaux ; il aurait préféré être évêque par la nomination du peuple. Sa position fort précaire, comme ex-religieux et ex-constituant , le força de s'adresser à Robespierre, à Chaumette, k Gobel , évêque de Paris, et aux autres puissants du jour, pour obtenir un certificat de civisme. Un malheureux incident lotira de l'oubli : Une femme, plus imbécile encore que fanatique, Catherine T h éo t, dont on changea le nom en celui do Théos (c'est-à-dire de la Divinité elle-même), aspirait k devenir la fondatrice d'une secte nouvelle, sorte d'alliance entre le déisme et la religion

GEHLE — GERMAIN

révélée On loi donnait les qoalifieation& boarres de Mire de Dieu et de nouvelle Ève. Cette femme proclamait comme prophète» de m religion Robespierre, qui ne l'y avait point autorisée, et dom Gerle, qui s'y prêtait complaisaminent. Dom Gerle et d'antres personnages, que l'on supposait d'un rang très-élevé, assistaient aux conciliabules dans un taudis <te ta rue Contrescarpe, à l'extrémité du faul»ourg Saint- Jaeqnes. fl avait recueilli dans Isate plusieurs fragments qui lui semblaient annoncer l'avènement de la Mère de Pieu. Il avaitaussi adressé a Catherine TI»eot une pièce, moitié mystique, moitié galante, où se trouvaient ces deux vers :

Ni colle , ni priUe» , ni roi.

U ooufclle 6 te, c'eit toi.

Vadier présenta a la Convention un fougueux rapport contre Catherine Théot, dom Gerle et leurs adhérents, qu'il lit décréter d'accusation. Il les présentait comme agents d'une vaste conspiration , dont faisaient partie le baron de Bat* , soi-disant émissaire de Prit et Cobourg, la duchesse de Bourbon , la marquise de Chastenai, Lamothe, médecin du duc d'Orléans, le célèbre Bergasse et, qui le croirait? le pape lui-même. Catherine Théot mourut, cinq semaines après, à la Conciergerie, an moment de comparaître devant le redoutable tribunal.

La pensée secrète de Vadier, d'Amar et des autres membres du comité de sûreté générale, était de présenter ces sectaires comme des séides de Robespierre, qui n'aurait pas été fâché de matérialiser sous des formes positives le culte de l'Être suprême, dont il voulait se proclamer le souverain pontife. Robespierre dénonça le rapport de Vadier, et la discussion qui en avait été la suite , comme une force ridicule. Payan , agent national , déclara à la Commune que les poursuites contre la Mère de Dieu étaient une tentative contre- révolutionnaire. Vadier en fit d'amers reproches à Robespierre , dans l'orageuse séance du 9 thermidor. 11 en résulta qu'après cette journée dom Gerle n'obtint pas sa liberté. Il était encore enfermé à la prison dite de VKgalité , dans le collège Du Plessis, lors du célèbre rapport de Courtois à la Convention , en date du 1G nivôse an m (6 janvier I79à). On trouve dans les pièces jointes à ce rapport un mémoire apologétique fort curieux de dom Gerle , et dont aucune biographie n'a parlé. Nous en extrayons les passades suivants : « J'ai été arrêté chez Catherine Théot le Î9 floréal ( 17 juin I7ÎH) par Senart et Héron (agents du comité de -ùreto £('n»'rale), avec grand éclat dans le quartier. Je connaissais cette femme depuis plus de deux ans , et le matin , qnaod je sortais , j'entrais chez elle pour lui dire bonjour ; j'y restais une grande heure , et me retirais. Quand il m'arrivait d'apercevoir du monde , Je m'en retournais. Voilà comment se faisaient mes visites. L'occasion de la connaissance de cette femme, la voici : Déclaré apostat par le général de mon ci-devant ordre, j'entendis parler d'nne femme qni combattait depuis nombre d'années la doctrine des prêtres et leur présageait leur chute prochaine. Je voulus la connaître. J'ai trouvé en elle un mélange de vrai et de faux, comme nous le voyons partout et dans tout. Pour ce qui est de ces puérilités de baisers des sept dons , dn sucement de menton, etc., cela est si ridicule que je n'ai rien à répondre : je me réduis à dire que quand j'y allais, je la baisais, ou au front, ou sur les joues, voilà tout ; s'il y en a davantage pour les antres, cela les regarde. Suivant Vadier, cette fcve que j'ai célébrée dans mes vers est Tliéut, tandis que je les appliquais à la Vérité, comme devant nous donner une nouvelle vie. J'ai recueilli quelques versets d'Isaïe concernant Vunité de Dieu , et cela dans un temps où la nation voulait déclarer qu'elle reconnaissait l'Être suprême. Je crois en Dieu seul , j'aime mes semblables : voilà mon fanatisme. Je prie ceux qui liront ce petit exposé de considérer qu'une conduite un peu imprudente , flans laquelle il n'y a pas eu l'ombre de conspiration, m'a occasionné bien «les tourments ; bientôt sept mois de prison, avec des accompagnements épouvantables , la vue d'une mort certaine

pendant plus de quarante jours, une véritable apotùede quarante-hnit heures au Luxembourg, les horreurs d<j mon séjour à la Conciergerie , ta plus grande confusion lors de mon transfèrement au Plcssis. Je les prie de juger maintenant si, après une telle correction, il y a du danger à me rendre la liberté. »

Dom Gerle vit enfin tomber ses fers. Sous le Directoire , il remplissait au ministère de l'intérieur une place de rédacteur «te correspondance dans le bureau qui s'occupait plus spécialement de la propagation de la secte des théophilanthropes. U est mort depuis dans la plus prorondo obscurité» Bretox.

CîERMAISV. On appelle frères germains, sœurs germaines, ceux qui sont nés du même père et de la mémo mère, par opposition aux consanguins et aux utérins. On nomme cousins germains les enfants de deux frères ou sœurs ; les enfants de ceux-ci sont dits cousins issus de germains.

GERMAIN (Saint), évêque d'Auxcrre, naquit vers Tan 380, d'une famille noble de cette cité. Après avoir fait ses premières éludes dans les Gaules, il étudia le droit à Rome, et y plaida avec distinction. Il épousa dans cette ville une femme de haute naissance, et se produisit à la cour de l'empereur ilonorius. Son mérite le fit élever à différents postes honorables, puis au gouvernement de la province d'Auxerre, ce qui le ramena dans sa patrie. Sans être vicieux, Germain n'avait pas les vertus qn'il fit paraître dans la suite : il aimait passionnément la chasse, et se plaisait à suspendre aux branches d'un arbre, an milieu de la ville , les têtes des animaux qu'il tuait, parade que les fidèles voyaient avec peine, parce qu'ils y trouvaient une imitation des usages païens. Amator, évêque d'Auxerre, lui adressa à cet égard des représentations inutiles; il fit même couper l'arbre sujet de scandale, et s'attira ainsi l'aniinad version de Germain. Rien n'annonçait alors dans le chasseur vaniteux un futur apôtre. Cependant Amator, qui vieillissait, déàirait en faire son successeur. Il demanda, dans ce but, à Jules, préfet des Gaules, l'autorisation de l'admettre au nombre des clercs ; et l'ayant obtenue, il assembla le peuple à l'église, en fit fermer les |wrtes, se saisit de Germain, et lui donna la tonsure avec l'habit clérical, sans qu'il osât opposer la moindre résistance. Amator étant mort en 418, le clergti et le peuple mirent Germain à sa place. Dès lors ce ne fut plus le même homme : on le vit renoncer au luxe qu'il avait étalé jusque là, donner tous ses biens aux pauvres, ou en doter les églises de son diocèse, se condamner à la vie la plus austère, porter habituellement le cilice, se nourrir do pain d'orge, se couvrir de vêtements grossiers, s'appliquer enfin à donner l'exemple de toutes les vertus.

L'hérésicdc Pelage, néeà Rome, au commencement du cinquième siècle, faisait de rapides progrès dans la Grande-Bretagne, patrie de l'hérésiarque. A la prière de* fidèles du pays, le pape Célestin chargea Pévêqued'Auxcrre d'aller la combattre ; cl les prélats des Gaules lui adjoignirent saint Loup, évêque de Troyes. Les deux missionnaires partirent en 429. Leur prédication fut couronnée de succès : les hérétiques, confondus en plus d'une occasion, furent réduits au silence. De retour à Aiixerre, Germain trouva son diocèse écrasé d'impôts ; il se rendit à Arles, auprès d'Auxiliaris, préret des Gaules, pour en demander la diminution, qui lui fut accordée. Il lit un nouveau voyage dans la Grande-Bretagne, quelques années après, pour achever d'y détruire le pélagianisme, qui y avait reparu, et coupa court au retour de l'erreur en donnant au clergé les moyens de s'instruire dans les écoles publiques qn'il fonda. Les Armoricains, qui s'étaient révoltés, implorèrent sa protection contre les vexations d'Eocaric, roi des .Mains, qui s'était fait l'instrument de la vengeance des Romains. L'évêquc mit tout enocuvre pour fléchir le roi barbare ; ne pouvant y réussir, il osa saisir la bride de son cheval et l'arrêter à la tête de son armée. Éocaric, étonné d'une telle hardiesse, consentit à épargner le pays, si les rebelles obtenaient grâce de l'empereur. Germain n'hésiU

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