‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 240 sur 614 · GESTE - GÉTA · texte numérisé non relu

GESTE - GÉTA

quaient entre leur* ver», au moyen de ces notes, le geste que devait faire l'acteur, en même tempe que ces notes corrépondaient à la musique qui l'accompagnait, comme on tait. Le peuple athénien avait acquis une telle habitude de cette musique et du geste qui y avait nécessairement rapport, que la moindre infraction commise par l'acteur était était aperçue et huée. (Test de là qu'était venu le proverbe : • Faire an solécisme avec le bras. » Cet exemple et celui des lanistsc, qui k Rome enseignaient aux gladiateurs, m même temps qu'à se servir de leurs armes, l'art de tomber et de mourir avec grâce, prouvent à quel point les anciens étaient sensibles à la beauté du geste et à sa convenance.

L'actear doit subordonner son geste au degré poétique de l'ouvrage qu'il représente : il doit planer même au-dessus de la nature, et se mettre en harmonie avec l'exagération du sentiment qu'il peint et l'élévation de son organe. On comprend qu'il ne soit pas possible de débiter des phrases pompeuses on énergiques, de faire résonner des roots choisis volontairement par le poète, avec l'intensité nécessaire dans un grand théâtre, sans accompagner ces efforts de poitrine de gestes analogues, et sans faire participer sa pantomime aux mêmes efforts. L'acteur doit communiquer vivement au spectateur les pensées du poète. S'il les sent avec force, il les exprimera de même, et se fera comprendre, dût-il ne pas être entendu. Il faut que le milieu à garder entre cette exagération obligée et le geste outré et disgracieux soit l'objet des constantes études du comédien. L'acteur n'ignore pas que la manière et le mauvais goût, que les cris et les mouvements désordonnés, excitent souvent les applaudissements du public, tandis que le comédien véritablement passionné pour son art préfère le suffrage de l'homme de goût, instruit et sage, aux transports d'une multitude souvent gâtée par de mauvais exemples, mais qoe le talent simple et vrai, beau surtout, ramène tût ou tard. Les vieux portraits d'acteurs que la gravure nous a transmis nous les montrent pour la plupart, nonobstant toute l'idée que la tradition nous a laissée de leurs talents, gourmés, apprêtés et fanfarons. Talma cependant nous a prouvé qu'il était possible d'obtenir un succès plus mérité en adoptant un autre système , auquel il a flni par accoutumer le public. Far son geste, non moins que par son coslume, il rappelait souvent tes mœurs antiques, qu'il avait profondément étudiées sur tes monuments.

Les qualités du geste théâtral se réduisent à deux principale, la vérité et la beauté. La force significative du geste tient à la vérité. Ce qui constitue cette force significative est moins la violence qu'exigent quelques situations véhémentes, que cette éloquente clarté qui ne laisse aucun doute au spectateur sur le sentiment que l'acteur est censé éprouver. Ce qui nous fait goûter la vérité, la simplicité, la naïveté, ce sont les affectations, les recherches de l'art qu'amènent la civilisation, l'habitude de la société. Le* efforts de l'acteur pour secouer ces habitudes laissent toujours quelques traces. La véritable naïvelé n'existe jamais quand on la cherche, mais seulement toutes les fois que la volonté de l'artiste, poète ou mime, n'y a point de part, c'est-à-dire toutes les fois que les actions ou les mouvements ont lieu sans que l'artiste se préoccupe du moyen île les exécuter. Le geste naïf dans l'acteur est une marque de confiance en lui-même, qui prouve combien il s'est pénétré de la situation qu'il veut rendre. On aurait d'ailleurs le plus grand tort de penser que la naïveté ne s'applique qu'à l'expression des sentiments doux et calmes ; elle s'étend aux mouvements les plus énergiques, les plus passionnés, qui sont mieux exprimés encore par elle qoe par les efforts et la violence. L'écueil du naif est le niais. Tel mouvement qui serait naif dans la représentation d'un esclave deviendra niais s'il est prêté à un héros; il n'y a qu'une grande justesse de discernement qui puisse faire distinguer à l'actear ce qui convient à chaque personnage : tout précepte est impoissant à cet égard. C'est par les mœurs, les habitudes de Tuidivida représenté que l'on peut faire juger de son

tère : or, comment peindre ses mœurs sans la 1 Mais c'est la nature alors qu'il iaut consulter pour 1 dre son secret, et non tel ou tel personnage, qui peut être une inconvenance dans sa propre classe. Le choix à taire, toujours à l'aide do jugement, ne (doit porter qoe sur les traits qui conviennent au caractère qu'on veut reproduire. Là est le mérite et le talent.

Reste la condition de la beauté. Il n'est pas permis de douter que les Grecs n'eussent un principe universel, à l'aide duquel leurs artistes, leurs écrivains, imitaient la beauté. Ce grand principe des Grecs, par lequel ils embellissaient la disposition d'un tout et de chacune de ses parties, c'était Vunité, et cette loi était devenue si familière dans leurs écoles, que nous la voyons diriger l'étude de la philosophie, de te morale et de la littérature, depuis Platon jusqu'à saint Augustin. Si l'ordre, la symétrie, les proportions enfin, sont agréables dans toutes choses, en ce qu'elles donnent te faculté à l'esprit de saisir, à IVeil d'apercevoir on ensemble , c'est un effet de l'unité; si le simple est préféré en toutes choses, c'est qu'il est un. L'actear doit donc s'attacher à conserver dans son geste cette unité indispensable, sans laquelle il n'existe point de grâce dans les mouvements du corps humain, et point de beauté. Or cette unité est fondée d'abord et principalement sortes loi* de \» pondération, qui exigent qu'un mouvement s'exécute simultanément d'un bras et d'une jambe par exempte. Tout te monde a remarqué que dans te marche les bras se balancent alternativement d'une manière opposée aux jambes : ainsi, quand te jambe gauche avance, le bras droit suit le même mouvement, pour former on contre-poids ; si un bras soulève un fardeau veroras oppose s eieve Horizontalement, ces mouvements , que nous signalons au hasard , s'exécutent machinalement; mais l'observation de la nature indiquera qu'il n'est pas un seul geste, plus ou moins composé , qui n'exige également te concours des autres parties du corps, sous peine de paraître gauche et disgracieux. Un dernier conseil en finissant. L'acteur qui, par suite d'une conformation vicieuse, 00 de mauvaises habitudes contractées, aurait des gestes gauches ou défectueux an lieu de s'étudier d'une &n ï*t, t to t\ ^ I o n n f1 1* t^ t- I 34. .^i ■! ft^^ mou t- t ri i oit \ h p ilo i C s'efforcer, au contraire, de les réprimer. S'il ne s'agit que de représenter te drame tragique ou comique, parlé ou chanté, son application doit se tourner tout entière du côté de la déclamation ou de la récitation, qu'il tentera de porter au plus haut degré de vérité possible. S'il parvient à déclamer dans l'enthousiasme des tons de l'âme, alors il gesticulera et ses gestes ne porteront point à faut.

Violut-lc-Duc.

(Chansons de). On appelle ainsi d'anciens poèmes qui traitent des actions, de gestis, des héros du temps passé. Composés en grands vers dedix ou douze syllabes, rangés par couplets .monorimes, ils étaient chantés par les jongleurs et jongleresses. Cette division est celle des stances de l'Arioste , du Tasse, de Camoèns, dans leurs poèmes de Roland, de La Jérusalem et des Lusiades, qui se cliantent encore en Italie et en Portugal , comme les rltapsodes chantaient en Grèce les poèmes d'Homère. Plus tard, les chansons de gestes firent partie du répertoire poétique des aveugles, qui les chantatentens'accompagnantdelacAt/'onie. Les plus anciennes chansons de gestes que nous possédions remontent su onzième siècle ; l'une d'elles fut chantée à la bataille de Haslings; une desdernières parait avoir été composée vers la fin du quatorzième siècle ; car il y est question de Bertrand du Goesclin, dont on y célèbre la glorieiisemémoire. On a lieu de croire que la plupart des romans de chevalerie étaient destinés à être chantés, et rentrent par conséquent itens la catégorie des chansons de gestes. M. Paulin Paris a combattu avec succès l'opinion de Faurtel, qui donnait à ces chansons une origine provençale. «EST/ION. Voyez Géiukt.

fiÉTA (Pimms SrrTiNius), empereur romain, naquit à Milan. Il élail te second fils «le l'empereur Sévère et de Julia

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