C.IABER. Voyez Gebeb
GIAFARou DJAFAR. Voyez B/uurtciMS.
GIANBELLIN. Voyet Brlukî.
GIANIBELLI ou GIAMBELLI ( Feoerico) , né à Manloue , ingénieur distingué , s'est fait un nom par sa défense d'Anvers contre le duc Alexandre de Parme. D'abord ingénieur en Italie, il alla plus tard offrir ses services au roi d'Espagne Philippe II. Mais comme on se bornait à l'amuser avec de vaines promesses , il s'éloigna, profondément blessé dans son amour-propre, cl s'établit à Anvers, où il jouit bientôt d'une grande considération comme physicien et mécanicien. Lit il se mit en rapport avec la reine d'Angleterre Elisabeth , qui , après s'être convaincue par diverses expériences de ses rares talents, lui accorda une pension. Quand, en 1584, le doc de Parme, ea sa qualité de gouverneur pém'ral des Pava-Bas pour le roi d'Espagne, menaça de venir mettre le siège devant Anvers, Gianibelli fut chargé par Elisabeth de venir en aide aux habitants de celle ville.
Tandis que le duc de Panne s'occupait, au printemps de 1 585 , de rétablir le pont jeté sur l'Escaut , à Calloo , afin de couper les communications de* Anversois, tant par terre que par mer, Gianibelli songeait aux moyens de détruire celte œuvre gigantesque. 11 n'obtint pas cependant sans peine du conseil municipal pour réaliser ses projets deux petits navires de soixante-dix à quatre-vingts tonneaux et quelques bateaux plats. Dans chacun de ces navires, Gianibelli fit disposer un grand emplacement vide avec des revêtements extérieurs en pierres de taille, puis le remplit de la meilleure poudre, fabriquée par lui-même , en couvrant le tout d'énormes massifs en pierre. Le reste du navire était également rempli de pierres , de boulets et de mitraille, et le pont était couvert d'une toiture en pierres. Des mèches étaient disposées de manière à y communiquer le i feu au moment utile; dans la nuit du 4 au 5 avril, on fit i d'abord avancer les bateaux plats chargés des matières incendiaires auxquelles on avait mis le feu, et que suivaient à quelque distance les deux bâtiments recelant clucun une mine dans leurs flancs. Une tempête qui s'éleva à ce moment favorisa les Espagnols. Les bâtiments plats furent successivement jetés à la cote, et s'y éteignirent L'un des grands navires sombra avant d'avoir produit aucun effet; mais l'autre fit explosion au moment même où il venait se heurter contre les pilotis du pont. L'effet en fut terrible. Toute l'armée fut jetée à terre par suite de l'ébranlement communiqué au sol par l'explosion. En se relevant, on put apercevoir les eaux de l'Escaut soulevées dans leurs plus grandes profondeurs, et les fortifications qui bordaient les rives du fleuve complètement envahies par les eaux. Le cOté gauche du pont , avec tout ce qui se trouvait dessus , avait sauté en Pair, et les débris, ainsi que la mitraille du navire, avaient produit d'énormes ravages dans tontes les directions. Sans compter les blessés, plus de huit cents hommes avaient été tués dans les circonstances les plus di-
verses. Les chefs les plus distingués de l'armée étaient au nombre des victimes, et un grand nombre de vaisseaux espagnols avaient ou pris feu ou sombré.
Pendant deux jours les Anversois, qui avaient entendu l'effroyable détonation , restèrent dans P ignorance sur l'effet réel qu'elle avait pu produire. Ils eussent pu , s'ils avaient été mieux renseignés par leurs espions , tenter avec succès quelque chose contre l'ennemi ; et pendant le temps précieux qu'ils perdirent de la sorte, le doc de Parme pat rétablir l'ordre dans son armée et reconstruire le pont, du moins en apparence. La populace d'Anvers, furieuse de l'insuccès de l'entreprise, menaçait déjà de mort Gianibelli et le bourgmestre Philippe de Mar nix, quand un hasard fit connaître la vérité sur l'étendue de la catastrophe qui était venue frapper les Espagnols. Alors les bénédictions et les hommages de la foule succédèrent à ses cris menaçants. Tout aussitôt on mit à la disposition de Gianibelli un certain nombre de bateaux plats, qu'il arma comme il avait fait des autres, et qui, lancés sur le pont avec une irrésistible force, l'eurent bientôt brisé. Toutefois, les vents contraires empêchèrent la flotte zélandaise d'opérer de concert , et le due de Parme eut encore une fois le temps de faire réparer les avaries de son pont. Gianibelli arma alors de crocs et de piques deux grands navires pour essayer de le briser encore une fois. Ce moyen réussit; le pont fut encore une fois détruit, mais sans grand profit pour les Anversois, et toujours parce qu'ils avaient agi sans en prévenir les Zélandais. Divers modes de destruction furent proposés, discutés, puis finalement écartés ; enfin, on s'arrêta au parti de diriger tous les efforts de l'attaque contre la digue de IxEwenstein , conduisant au pont, parce que cette digue une fois détruite, l'armée espagnole eut été contrainte d'abandonner ses positions. Gianibelh* aida à la mise a exécution de ce projet en armant quatre brûlots, dans lesquels il cacha des hommes armés , et qu'il lança , le 16 mat 1585 , contre la digue. Après une lutte terrible , la digne fut rompue en treize endroits différents ; mais les Anversois, manquant de constance et d'union , ne surent pas non plus tirer parti de cet avantage.
Quand, le 17 août, s'ouvrirent les conférences entamées avec le duc de Parme ponr la reddition de la ville , Gianibelli passa en Angleterre. Il y fut employé jusqu'en 1588 à fortifier Greenwich et plusieurs autres points où on redoutait de voir la flotte espagnole tenter un débarquement. Quand la grande armada parut dans le canal , Gianil>elli arma huit brûlots, que, dans la nuit du 7 au 8 août, l'amiral anglais Howard lança contre la partie la plus compacte de la flotte ennemie, à la hauteur de Dunkerque. En les apercevant , les Espagnols s'écrièrent : ■ Voici le feu d'Anvers ! » et essayèrent de prendre la fuite; mouvement qui jeta dans leur flotte la confusion la plus grande, qu'augmenta peu de temps après une violente tempête. Quand le jour parut, les quelques vaisseaux de l'orgueilleuse armada demeurés là furent pourchassés sans relâche par la flotte anglaise, qui les prit ou les conta tous bas. L'histoire ne nous apprend plus rien de Gianibelli. Tout ce que nous savons, c'est qu'il mournt à Londres. ..^bj'iu'ij
Gi A .WONE (Pietro), célèbre historien italien, né à Ischitella, dans la Capitanate, province du royaume de Naples, le 7 mai 1676, fut redevable de la direction élevée que prirent ses idées à la fréquentation de la maison du savant jurisconsulte Gastano Argento, à Naples, alors le rendez-vous de tout ce que cette capitale comptait de littérateurs et d'esprit distingués. Le grand titre de Giannone à la renommée, c'est son Histoire civile de Naples (Storia ci' vile del regno diNapoli [dern.,édit, 15vol.; Milan, 1823]), où il a dévoilé et attaqué avec un rare courage les abus de la puissance sacerdotale et les usurpations de la cour de Rome. Aussi le compte-t-on parmi les hommes illustres dont le zèle a été payé par d'implacables persécution*. Souvent détourné par ses occupations au barreau, il mit vingt ans à composer cet ouvrage , qui parut eu 1723. On a toujours admiré dans l'historien de Naples le labeur consciencieux d*
GLANTSONÊ - GIBBON
Vérudit , el une profonde instruction mise en œuvre par une raison franche et libre : les lois, les coutumes de ce royaume, sa constitution ecclésiastique, y sont exposées avec une fldeJité hardie. Mais en vain le cardinal vice-roi de flapies et la magistrature municipale protégèrent-Us le véridique et courageux historien, l'autorité ecclésiastique, irritée, ameutait contre lui une multitude ignorante et fanatique. Son litre fut mis à l'index; l'auteur fut excommunié et obligé de se réfugier à Vienne. A dater de ce moment la vie de Giannone sembla vouée au malheur. La haine de ses puissants ennemis ne cessa pas de le poursuivre. Le prince Eugène et quelques autres personnages en crédit à U cour de Vienne prêtaient leur appui à l'historien exué. On lui lit avoir une (tension de cent florins. Le cardinal Pignateili, archevêque île {tapies, le releva de l'excommunication. Giannone , fidèle à la mission qu'il s'était donnée, profita de cet appui pour travailler pendant doute années à l'histoire du pontificat romain. Son livre, qu'il n'eut pas le temps d'achever , et qui s'arrête au neuvième siècle, avait pour titre. Il triregno, ossla del rtgno del eielo, délia terra e dtlpapa. Mais il perdit sa pension, et fut obligé de se retirer à Venise , où il trouva un nouveau patron dans le sénateur Angclo Pisani , qui le logea chez lui. Modeste et désintéressé , comme tous les amis do la vérité , il refusa la charge de consulleur de la république et la chaire de droit romain qu'on lui ollrait. Il ne se croyait pas au niveau de ces fonctions. Ses visites aux. ambassadeurs de France et d'Espagne le rendirent suspect au plus ombrageux des gouvernements, quoique tout récemment encore il eut publié un ouvrage Intitulé : Lettera inlorno aidominiodel mare AdrUUico ed al trattûti segniti in Venezia ha papa AUssandro III, fimperador Federico Barba- Roua, dans lequel il plaidait en faveur du principe de la domination de Venise sur la mer Adriatique. En conséquence, au mois de septembre 1735, il fut enlevé par des sbires et conduit dans une barque sur les frontières du doebé de Ferrare. Ce fat à Genève qu'il chercha un asile : il y trouva des ami» ; mais , confiant comme tous les gens de bien , il tomba dans le piège d'un misérable , qui , sous le masque de l'amitié , le trahit en l'entraînant sur le territoire sarde, où il fut saisi, eu 1730. Se constituant le sbire et le geôlier de la cour romaine , le gouvernement de Sardaigne s'empara ainsi de la personne et des manuscrits de Giannooc. Ses manuscrits furent envoyés à Rome , où le Tnreqno est resté aux archives de l'inquisition; Giannone fut enfermé d'abord au château de Miolan , puis au fort de Ce\ a , et enfin dans la cidateùe de Turin, 00 il passa douze ans et où il mourut, le 7 mars l'U. Inutilement s'était-il soumis à une rétractation , on ne lui rendit point la liberté. Ses impitoyables persécuteurs lui avaient refusé Jusqu'à la consolation d'avoir près de lui son fils, qui voulait partner sa captivité. Ce fils généreux avait été chassé des Etats du roi de Sardaigne. Aubebt ne Vrrnv.
GIAOUH et aussi, en arabe, K1AF1R. Cest le terme injurieux dont les musulmans se servent pour désigner ceux <t m on font pas profession de l'islamisme ; il est synonyme d'infidèles, de mécréants. Le mot turc giaour est dérivé du persan Geber (Guèbre).
GIBBAR. Voyes Bsixras.
GIBBON, genre de si nges dépourvus de queue, ayant un sternum aplati comme celui de l'espèce humaine, et pourvus de trente-deux dents, de formes à peu près semblables aux nôtres. Us gibbons prennent place dans l'échelle animale immédiatement après les chimpanzés et les oraugs. Comme ce* derniers, ils ont le corps court, et leurs i postérieurs sont de petite dimension, tandis que les , fort longs, au contraire, sont très-appropriés à de Vie. Les gibbons sont en effet essentiellement grimpeurs. Us s'accrochent aux brandies des arbres au moyen de leurs mains, et cheminent ainsi avec rapidité dans lés grandes forêts de l'Inde et de ses Iles. Leurs tubérosités ischialiqnes sont garnies de callosités, comme dans
Si ce n'était la forme du nez, la grandeur des lèvres et la jietitesse du menton, la figure des gibbons ressemblerait assez à celle de l'homme par l'ensemble des traits et surtout
par l'expression intelligente des yeux. Tout le visage de ces singes est encadré de poils qui recouvrent même le front, et sont souvent de couleur blanche. Le corps est garni do poils abondants de couleur grise-brune ou noire, qnetquefois tout à fait Manche ou blanchâtre. La tête est assez grosse, le cou court, la poitrine large. La faiblesse relative de leur train de derrière permet aux gibbons île s'appuyer sur le sol par leurs extrémités antérieures et postérieures sans quitter la station droite ou légèrement inclinée, qui leur est ordinaire. Les paumes des quatre mains sont nues, ainsi que le dessous des doigts, dont la peau est calleuse et dure.
Le gibbon siamang ( hylobaies syndactylus ) , trèscommun dans les forêts de Sumatra, a le pelage entièrement noir. Comme l'orang-outang , ce gibbon offre une énorme poche gutturale communiquant avec son larynx, et dans laquelle il peut faire entrer l'air de manière à la renfler comme un goitre. Son nom spécifique rappelle l'union jusqu'à la phalange onguéale de son second et son troisième orteil. Le gibbon siamang a dans la physionomie quelque chose du nègre; sa face est d'ailleurs d'an noir profond.
Le gibbon lar ( hylobaies lar ) , ou grand gibbon de Buffon, a été observé par ce naturaliste d'après un individu vivant que lui avait rapporté Dupleix. A peu près de la taille du précédent, ce gibbon est de couleur noire ou brun-noir, avec l'encadrement de la face et les quatre extrémités de couleur blanchâtre. Sa patrie est la presqu'île de Malacca et le royaume de Siam. Le petit gibbon de Buffon n'est qu'un jeune individu de la même espèce.
Le gibbon de Raf fiers ( hylobaies Rajfiestl, E. Geoffroy ) , assez souvent confondu avec le précédent, a le pelage noir, avec le dos et les lombes d'un brun roussâtre. Il vit principalement à Sumatra. C'est Vounko de P. Cuvier.
Parmi les autres espèces, une des mieux connues est le gibbon cendré ( hylobaies leudscus ) , vouwou de Campe, moloch d'Audebert. Il a le pelage uniformément gris cendré, avec le dessus de la tête gris foncé, et le tour du visage gris clair. Il vit aux tles de U Sonde, principalement à Java.
Plusieurs naturalistes ont reproché aux gibbons leur stupidité. D'autres ne voient dans le fond dominant de leur naturel que douceur et apathie. Ils sont faciles à conserver en domesticité, à cause de cette douceur, qui ne les abandonne Jamais; les adultes, même les mâles, paraissent aussi traitantes que les jeunes. , .
GIBBON (EnoujkBD), célèbre historien anglais, uval heureux d'Hume etdeRobertson, naquit en 1737 d'une famille distinguée. Son éducation première fut très-négligée , a cause de sa mairvaise santé ; mais quand sa constitution se fut raffermie, il recommença de lui-même ses études demeurées inaclMîVées et imparfaites. Il avait d'abord été élevé à l'école de Westminster; dès l'année 175? il suivait les cours de l'université d'Oxford. Il n'avait que quinze ans et déjà il était vivement préoccupé , quoiqu'il eût une flme froide, de ces controverses théologiques si ««whantei iKMir les esprits qui ont quelque force et quelque curiosité : ses lectures l'avaient amené à l'ffssCofre des Variatwns des Églises protestantes, de Bossuet; cet ouvrage ««traîna complètement ce jeune homme, d'une imagmat.on mobile et plein de zèle poor ce qui lui semblait la vérité. 11 Ut abjuration du protestantisme à Londres, le 8 juin t753, entra les mains d'un prêtre catholique. Singulier début , ou en conviendra, pour une carrière tonte de scepticisme '. Cette conversion chagrina beaucoup son père, élevé dans les croyances de l'Église établie. Pour le punir, l'enlever à I influence de quelques docteurs catholiques de Londres et le -émettre dans le sein de l'Eglise protestante, il l'envoya à Lausanne ; et, dès le mois de décembre 1754, Gibbon revint uu se laissa ramener à son ancienne foi. Son âme était peu faite pour la résignation aux sacrifices pénibles et a laréà l'autorité. Il nous dit lui-même dans ses Mé-