GIBRALTAR
«eaux corps d'année arabes. Et le promontoire de Calpé, ou le croissant brilla pour la première fois sur la péninsule espagnole , prit le nom de l'heureux général, Gebel-al- Tarik ( rocher de Tank), dont la postérité a fait Gibraltar. Le roi de Caatille Ferdinand II réussit , il est vrai, à enlever aux Maures cette importante position, en l'an 1802; mais dès l'an 133) ceux-ci s'en rendirent maîtres denoureau, et ils la conservèrent jusqu'à ce que, sous le règne de Henri IV de Castille, Guunan, duo dé Médina Sidoine, la leur prit pour toujours. Gibraltar dépendit ensuite des couronne* de Castille et de Léon. Charles-Quint , qui comprit toute l'imper* tance de cette place, en fit refaire et agrandir les vieilles fortifications mai-tesques par le célèbre ingénieur Spec-kel, de Strasbourg, d'après les règles de l'art moderne. A l'époque de la guerre de la succession d'Espagne , celle forteresse fut enlevée par les Anglais aux Espagnols, qui la gardaient mal. Le 21 juillet 1704 , une flotte anglaise aux ordres de l'amiral Rook, qui parut tout 4 coup dans les eaux de Gibraltar, mit à terre un petit corps d'Anglais et de Hollandais, fort de 1,800 hommes au plus, mais troupes d'élite , commandé par le prince Georges de Hcssc-Darrostadt, fcld-uian chai- lieutenant au service de l'empereur, et chargé, en interceptant cette unique voie de communication, d 'empêcher que la ville pût être secourue par terre. Tous les vaisseauxde la flotte allèrent ensuite s'embosscr sous les murailles de la ville, et en quelques heures y lancèrent plus de quinze mille boulets : la garnison se rendit a\ant l'assaut. Elle n'était que de cent cinquante hommes.
Pour reprendre cette place, ks roi Philippe d'Anjou la fit attaquer par terre, le 12 octobre de la même année, par une armée de dix mille hommes, taudis que du côté de la mer l'amiral Poyez l'investissait avec vingt-quatre bâtiments de guerre. Mais l'entreprise échoua, tant par suite de la solidité delà place, détendue par de nombreuses batteries, qu'étante de l'assistance que la flotte anglo-hollandaise vint prêter à temps aux assièges. Une tentative nouvelle faite en 1705, a l'instigation du maréchal de Tessé, n'eut d'autre résultat que de taire battre l'amiral Pontis dans le port même de Gibraltar. Le traité de paix d'Utretht adjugea définitivement la possession de ce rocher à l'Angleterre, qui depuis a tout fait pour rendre inexpugnable une position dont elle a (ait le boulevard de sou commerce dans la Méditerranée. Mais comme, à mesure que cette place prenait des proportions plus formidables, l'intérêt qu'avait l'Espagne à la récupérer s'accroissait, le 7 mars 1727 un nouveau siège s'ouvrit; il échoua, comme le précèdent, par suite de l'arrivée d'une flotte anglaise de once vaisseaux de ligne, aux ordres de l'amiral Trader. L'Espagne offrit alors a l'Angleterre une indemnité de lieux millions de livres sterling pour qne celle-ci consentit à lâcher sa proie ; mais tous ses efforts furent inutiles , et, en vertu do traité de paix conclu en 17 Ti à Séville, elle dut même i énoncer solennellement |K>ur toujours à ses prétentions sur Gibraltar. En 1770, les Espagnols l'investirent de nouveau, tant par terre que par mer, et à cet effet établirent un camp retranché près de Saint-Roch. Mais l'amiral anglais Itodney réussit à introduire dans la place menacée les troupes de renfort nécessaires à sa défense, ainsi que les vivres et les munitions dont elle avait besoin pour soutenir un long siège. Alors la garnison non-seulement opéra le î7 novembre 1781, sous les ordres de l'amiral Klliot et du panerai Ross, une sortie victorieuse du côté de la terre contre les Espagnols, mais encore, par son feu bien dirigé, elle réussit S détruire les batteries et autres travaux élevés par les Espagnols. Le plan audacieux conçu par ceux-ci d'enlever la place du côté de la mer à l'aide de batteries flottantes échoua également contre les mesures habiles do brave général Elliot(l3 septembre DM); et bientôt après la paix de 1783 assura à jamais aux Anglais la possession de cette place forte, dont l'investissement et le siège avaient de 1770 k 1783 coûté aux puissances belligérantes près de 300 millions de francs. Depuis, dans toutes les guerres qui ont eu lieu entre les Anglais et les
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Espagnols, ou les Français etles Anglo-Espagnols, Gibraltar n'a plus été investi que du côté de la terre. Après la restau* ration de Ferdinand VU sur son trône , et surtout à partir de 1821, Gibraltar devint un centre d'action pour les libéraux mécontents du gouvernement de ce prince ; et dans les dernières guerres civiles qui ont désolé la Péninsule , ç'a toujours été une place d'armes pour les christinos.
Le Gibraltar d'Amérique est un gros bourg de la Venezuela, devenu célèbre par les expéditions des flibustiers, et surtout par le fameux tabac de Maracaîbo , que l'on recueille dans les plaines qui l'avoisinent.
GIBSO\ (John) , Pun des sculpteurs les plus remarquables de notre époque, est né k Liverpool, vers la fin du siècle dernier. Une vocation décidée pour les beaux- arts l'amena de bonne heure k Londres, où il suivit les cours de l'Académie ; mais il ne tarda point k se rendre k Rome (1M0), ou il commença d'abord par fréquenter l'atelier de Cano va, et où il s'établit plus tard tout k fait. Dans ses premiers travaux il se montra le fidèle disciple de ce maître, dont il réussit k s'approprier complètement la gracieuse mollesse. Mais il n'en resta pas Ik. Peu k peu l'antique l'emporta dans son esprit ; et en suivant cette direction il s'éleva k une pureté tout idéale de la forme, ainsi que le prouve la comparaison attentive de ses travaux postérieurs. Son premier ouvrage important fut une Nymphe déhaut ses sandales. On a prétendu que la nature était mal comprise dans ce travail ; cependant , on ne peut nier que ce ne soit un délicieux morceau. Vint ensuite un groupe. Psyché portée par des Zéphyrs, que l'artiste exécuta pour le duc de Leuclitenbere, et dont il a (ait depuis de nombreuses copies , comme il en a agi du reste ponr plusieurs autres de ses ouvrages. Il fit ensuite pour un tombeau placé dans l'église Saint-Nicolas, k Liverpool, un bas-relief représentant un Ange gardien guidant dans le périlleux chemin de la vie an voyageur déjk dans la force de l'âge. Pour lord Townsheud il exécuta une Aurore, au moment où elle sort des flots pour annoncer le jour ; œuvre d'une grâce peu commune. Le marquis de Westminster lui commanda une Amaxone blessée. A deux reprises, il Ait chargé de la statue du ministre tluskisso n; et la secondede ces statues, celle qu'il exécuta pour être placée dans le cimetière de Liverpool, marque un important progrès sur la première. Un Chasseur avec son chien , groupe dont l'exécution annonce un artiste consommé , porte l'empreinte d'une profonde étude de la nature. Nous citerons encore de lui un Narcisse, appuyé sur le bras gauche et regardant son visage dans le miroir de l'onde. En 184» Gibson vint k Londres, où il modela d'après nature le portrait de la reine Victoria pour une statue qui doit être placée a Windsor, où elle fera pendant k la statue en pied du prince Albert par Emile Wolff. La figure est conçue k l'antique ; et les draperies, de même que les attributs royaux, sont aussi exécutés k l'antique. L'artiste a encore été chargé de l'exécution du monument voté par le parlement à sir Robert Peel dans l'abbaye de Westminster.
GIBSON (Tuons* M1LNER), membre du parlement anglais, où il représente la ville de Manchester, est le fils d'un major de l'armée anglaise, et est né en 1807. Après avoir tait ses études à Cambridge, il épousa en 1832 la fille de sir Thomas Cullum, et entra au parlement en 1837 comme député d'fpswich. 11 avait été élu par les conservateurs ; mais reconnaissant qu'il ne pouvait sans mentit à sa conscience défendre plus longtemps la politique de ce parti , il résigna son mandat en 1839, et exposa k ses commettants les motifs qui lui avaient fait prendre cette détermination. La nouvelle élection ne lui fut pas favorable , et peu de temps après il ne fut pas plus heureux k Cambridge. Mis de la sorte en dehors du mouvement parlementaire , il se jeta de cœur et d'âme dans l'agitation qui avait pour but l'abolition des impots perçus sur les objets de première consommation, et ne tarda point k être compté parmi les orateurs les plus nopulaires de Vanti-corn-laW'league. Lors des élections générales qui eurent lieu en 1841, on l'invita à se mettre