GIBSON
sur le» rangs dans l'importante ville de Manchester; et,
après une lutte opiniâtre, il l'emporta sur sir George Mtirray, ministre de la guerre daas le cabinet présidé par Robert Peel. Dès lors Uihson figura en première ligue avec Cobden parmi les partisans du libre échange, jusqu'à ce qu'on eut obtenu, en 184G, l'abolition des lois sur les céréales. Lord John Russell ayant alors constitué un cabinet qui se donna pour mission de développer las conséquences de la politique libérale en matières commerciales qui venait de l'emporter, ofliit à Gibson une place dans le nouveau ministère. Celui-ci accepta, et Tut nommé vice-président du bureau de commerce. Mais très-peu de temps après on put remarquer de profondes dissidences politiques entre lui et ses collègues. A Mancliester, où Gibson avait été réélu en 1847, la tiédeur témoignée par les ministres pour l'exécution des réformes financières et leur résistance systématique à une nouvelle réforme électorale avaient excité un vif mécontentement. En conséquence, en mai 184», Gibson résigna son portefeuille. Depuis lors il n'a pas cessé d'être l'un des chefs du parti radical dans la chambre basse; et malgré les cl torts «les conservateurs, la ville de Manchester lui a encore renouvelé son mandat électoral en 18*2. C.1CI1TEL,C,1CI1TEL1KNS. Foyes Uogume ( Jacob ).
inscrit en 1777 au tableau des avocats au parlement de Paris, et mort avocat de la cour royale, en 1827, vit encore dans la mémoire des dilettanli du Palais par Bon austère franchise et l'esprit d'originalité qui animait ses brusques reparties. Dès les premiers orages de la Révolution il s'abstint de la plaidoirie. On avait imaginé en 1791 de créer des avoués, qui n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui : tout ancien juge, avocat, procureur ou greffier, avait droit de se faire ioserire en prêtant serment comme avoue1 près un tribunal; mais c était un titre insignifiant, qUj ne conférait aucun privilège, puisque tout mandataire d'une partie avait droit de prendre et de signifier des conclusions écrites , ou de présenter one défense orale. On lit dans les Sout enir» de Berryer père qu'il eut le premier le courage de plaider devant les nouveaux, tribunaux, dans une affaire qui intéressait la trésorerie nationale. Gicqnel était présent comme curieux ; peu s'en fallut qu'il ne l'apostrophât rudement comme renégat on parjure. Gkqnel consentit à rentrer au barreau sous le Consulat et l'Empire; mais il ne voulut point abjurer le* anciennes traditions. Une mease solennelle eut lieu dans la grande salle du Paiais-de-Justice, en 1 80S , pour l'installation de la nouvelle cour de cassation. Les magistrats y assistaient pour ta première fois en robes rouges ; le premier président Mura ire et le procureur général étaient revêtus de répitoge. Les avocats avaient repiis la robe noire , la toque et la chausse. « Voilà , dit toot liant (.icquel, un superbe buisson d'err&visses ; niais cela ne vaut pas notre ancienue messe ronge! Ces gens-là ne me persuaderont jamais , les uns quHls sont les héritiers de l'ancien parlement, les autres qu'ils sont les successeurs des Gerbier, des Tronchet et des Bonniércs. » Un jour qu'il devait plaiduT devant Seguier à la cour impériale, H se lit longtemps attendre. En arrivant, il s'excusa sur ce qu'il venait de défendre à la cour de cassation un arrêt de la cour d'appel. « Les arrêts de la cour, répondit Seguier, se défendent d'aux -mêmes. — Je l'avais cru jusque W, répliqua vertement Gtcquel ; mais l'arrêt que moi-même je trouvais excellent a été cassé tout d'une voix. » Bhetok. GIUDAIî. Toye* Dikodab.
«JIEBICIIEXSTELN, village situé d'une manière ravissante sur les bords de la Saale, à cinq kilomètres au nord de Halle, l'un des plus riclies domaines de la couronne de Prusse, est célèbre par les ruines de son château-fort et les traditions populaires qui s'y rattachent. Vers la fin du onzième siècle, l'empereur Henri IV y retint longtemps prisonnier le duc Geoffroy de Tburingc , qui parvint à recouvrer sa liberté «a s'élancanl hardiment du liant d'une de ses fenêtres, qu'on montre encore aujourd'hui, dans les dots de la Saale. Cette fenêtre n'est pas à moins de 4o mêlas
G1ELGUD
au-des6us du niveau de cette rivière, qui ne .coule point immédiatement an-dessous du roc sur lequel c«t construit le ; circonstance qui permet de douter que ce soit de telles eircoustances qu'ait eu lieu la miraculeuse évasion du duc de Thuringe.
A partir dn seizième siècle, ce manoir tomba de plus en plus en ruines i et en 1636, à l'époque de la guerre de trente ans, H fut détruit de fond an comble. Les quelques débris de murailles qui en subsistent encore, et qui menaçaient & chaque instant de s'écrouler, ont été en 1844 étayés et reprh en sons-ouvre par ordre de l'administration prussienne. La tour qui y est adossée est de construction moderne.
Les bains thermaux de Wi/feAtm/, qu'on y a ouverts en 1846, n'y attirent pas seulement chaque année beaucoup de malades, mais aussi un grand nombre de voyageurs, qui s'v rendent en parties de plaisir, notamment de Leipzig. Gl Kl) Y MIN. toyes GeaiaiK.
GIELGUD ( Attoink ) , général polonais, né vers 1792, en Litbuanie, appartenait à l'une des ramilles les phxs considérées de celte province, dont son père était staroste. En 191 2 lui et un autre gentilhomme lithuanien vinrent te joindre à la grande année, chacun à la tête d'un régiment d'Infanterie, qn'il avait levé à ses propres frais. C'était bien le moins assurément que Napoléon donnât le gradé de colonel aux deux braves qui répondaient ainsi h l'appel qu'il avait adressé nus populations de la LMIraanie. Ces deux réaimeats turent préposés à la garde de la forteresse de Modlin, dont ils formèrent la garnison. Ce service ne fournil point à Gielgud d'occasions de s'initier a l*Srt de ta guerre, les Russes, lors de la retraité de l'armée française, s étant bornés i bloquer la place, qui ne se rendit qu'à la fin de 1818 Cependant, quand le grand-doc Constantin s'occupa de l'organisation d'une armée polonaise, il n'en conféra pas moins à Gielgud le grade de général de brigade.
An moment où éclata la révolution de novembre 1 939, Gielgud suivit l'élan général : toutefois , il ne attaqua pat des lors de patriotes qui tinrent son zèle et son dévouement pour suspects Lorsque Diebltsch entra en Pologne, ta sanglante bataille d'Ostrotenka donna à Gielgud la temps de quitter le 15 mai Loraza, qu'il occupait, pour fraueurr le Niémen et se jeter en Utiiuanie à l'effet d appuyer les Insurgés de cette province. Son eorps d'armée ne rencontra d'abord aucun obstacle Sérieux ; il put opérer sa jonction avec Sierakowski, et le M mai II remporta un avantage décisif sur le général Secken, qui dut se repHer snr Kauen t?t W iltid . à prés cotte ftiTflirOj Cjicijititï iitATctift vcps lïi S^unogitie, pours'y réunir aux insurgés. Chlapowski, qui pendant la bataille d'Ostrolenka avait aussi pris la direction de la Litbuanie , opéra sa jonction avec Im* sur l'autre rive du Niémen, où Dam bina kl, à la téta forte division de cuva lerie, vint encore grossir son armée. L'entreprise débutait sous les plus heureux auspices Malheureusement Gielgml perdit tout par son irrésolution et son manque d'expérience militaire. Après un sanglant comlut livré le 19 juia, il dut se retirer le long de la Wylia. 11 avait perdu la confiance des soldats, et tous tes liens de la discipline se trouvèrent bientôt rompus dans les débris de son armée. Pressé de tontes parla par les Russes, et toute retraite lui étant coiq>ée, il tint un conseil de guerre dans lequel il fut décidé qu'on se réfugierait sur le territoire prussien. Chlapowski se soumit à la décision du conseil ; mais Sierakowski et Demhinskt refusèrent d'y obtempérer, et se séparèrent du gros de l'armée pour se frayer de vive force avec une poignée de braves un pa.<sage à travers l'ennemi. Le 12 juillet le corps d'armée aux ordres de Gielgud atteignit ta frontière prussienne à Schlaugtten, près de Langalleo. La marche rapide des Russes bâta la conclusion de la convention signée le jour suivant avec les autorités prussiennes. Déjà une division commandée par Chlapowski avait passé la frontière et déposé ses armes quand l'approcbe de l'armée russe força Gielgud à la franchir à son tour. Cependant uae partie de ses troupes fit volle-lacc, et au lieu de le suivra alla rejoindre la division
GlELGUD -
aux ordres du général Rohland, qui venait imrrtédiatcinent I après. Dan* ce moment critique Gielgud a cheval au pulieu de son état-major parcourait les ligues, quand un officier du corps de Rohland appelé Sla&ki lui déchargea un pistolet à bout («niant dans le cœur, en décriant : « Ainsi meurent les traîtres! > fin déplorable et qualification odieuse que n'avait point méritées Gielgud. Il u'etait pas à la hauteur du rôle que les événements lui avaient assigné, et dans les temps de révolution on paye souvent les leute* plus cber que les crimes.
Deux jours après , la division aux ordres du général Robland , et forte encore à ce moment de plu* de 3,500 hommes, accablée de toutes parts par les forces russes, était contrainte à son tour de se réfugier sur le territoire prussien et d'y déposer aussi les armes.
GIESSEN, ville du grand-duché de Hessc-Darmstadt, cltef lieu de la province de la liesse-Supérieure, est située sur la Lahn, a l'embouchure du Wiescck, dans une belle et fertile plaine entourée de collines couvertes de bois, et compte environ 9,000 habitants. Elle est le siège d'une université qui compte plus de soixante professeurs et agrégés, et fréquentée, année commune, par sept à huit cents étudiant*. L'université, qui comprend une faculté de théologie catholique, possède une riche bibliothèque, uu amphithéâtre d'anatomie, une clinique médicale, une école d'accourhement, un laboratoire de chimie, un riche cabinet de physique, un jardin botanique, un observatoire, de belles collections de technologie, d'architecture, de zoologie, de pathologie, de minéralogie, de médailles et d'antiques, ainsi qu'une éeole vétérinaire. 11 y a en outre a Giessen une école forestière, un padagogium ou écolo normale pour les instituteurs primaires, et un institut philologique.
GIFl-'OKD (William), fondateur du Quarterly Review, né en 1757, à Ashburton, dans le Devonshire, devint orphelin de très bonne heure, ne reçut en conséquence qu'uuetrèsinsuifisanie éducation) et ses tuteurs ne tardèrent pas à se déharrasser de lui en le faisant embarquer comme mousse a bord d'un bâtiment caboteur. Au retour de sa première ramnagne, il fut placé en apprentissage chez un cordonnier, et là il mit à profit tous les instants qu'il pouvait avoir «le libres pour satisfaire son goût pour l'étude des mathématiques et aussi pour tenter quelques essais poétiques, mais sans pouvoir, faute d'encre et de papier, les mettre par écrit. Il était déjà arrivé à l'Age de vingt ans, quand un chirurgien bienfaisant résolut de se charger de lui, et, après l'avoir confié pendant deux ans aux soins d'un ecclésiastique, lui fit obtenir à Oxford une bourse dont le revenu, joint aux secours que continuèrent de lui faire passer îles amis bienveillants, le mit à môme de subvenir a tous ses besoins. Un heureux hasard lui fit obtenir la protection de lord Grosvenor, avec le fils duquel il parcourut pendant plusieurs années les diverses coutrées de l'Europe. A son retour en Angleterre, il s'occupa d'une traduction de Juvénal, qui parut en 1&03. Il avait déjà publié auparavant une imitation de la première satire de Perse, The Baviad (1794), et une satire dirigea contre les poètes dramatiques 4e l'époque (1795); puis il avait été attaché à la rédaction du The Anli- Jacobin, recueil périodique, dans lequel étaient violemment combattues les doctrines de la démocratie. Quand il cessa de paraître, Giflbrd consacra ses loisirs à des travaux de critique, et publia en 1805 une nouvelle édition des œuvres <le Unaainger, et en 1806 de celles de Ben Joluison. Ses éditions des théâtres de Ford et de Shirley ne parurent qu'après sa mort
En 1809, il fonda la Quarterly Heclew ( Revue trimestrielle), dont il resta l'un des collaborateurs les plus distingués et les plus actifs jusqu'en 1&24, é|wque où l'affaiblissèment de sa santé le força d'en abandonner la direction. Les services qu'il trouva moyen de rendre dans son recueil an* hommes d'Etat du parti tory, alors aux affaires, furent récompenses par l'octroi d'une sinécure. Giflbrd, qui n'avait jamais été marié, institua pour héritier de sa fortune,