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GIL POLO - G IL Y ZARATE

régulariser la comptabilité des domaines royaux. Il ; mourut, en 1591. Avant de consacrer toute son activité à ces importantes Fonctions , il s'était aussi beaucoup occupé de poésie. Outre quelques poèmes lyriques, il publia une suite à la Diana de Montemayor (Valence, 156* ), restée supérieure dans ses parties versifiées au poème de Montemayor, et qui occupe un rang tellement distingué dans les oeuvres de ce genre, que l'éloge qu'en tait Cervantes dans son Don Quichotte est parfaitement fondé. Des nombreuses éditions qu'a eues la Diana enamorada, la meilleure et la plus récente est celle qni a été publiée avec un commentaire par Cerda (Madrid, IMÎ). Gil Polo eut un fils fort estimé de son vivant comme jurisconsulte, et avec lequel presque tous les biographes l'ont jusqu'à présent confondu.

GIL VICENTE, le père du théâtre portugais, naquit vers 1470, à ce qu'on suppose; mais on ignore en quelle ville. Ouimaraes, Barcetlos et Lisbonne se disputent cet honneur. Ses parents voulurent en faire un légiste : la chicane le révolta; ses dispositions éminemment poétiques, sa vive et riche imagination, son insouciante gaieté, se conciliaient mal avec cet aride métier, auquel il renonça bientôt pour se vouer entièrement au culte des muses. Peut-être bien l'accueil favorable que lit à ses premiers essais poétiques la cour du roi Emmanuel contriboa-t-ll beaucoup a cette détermination. A l'occasion de la naissance du prince qui régna plus tard sous le nom de Jean Ml, il avait composé et fait jouer en présence de la cour un poème pastoral en langue espagnole , qui plut tellement à la reine Béatrice , mère d'Emmanuel, qu'elle souhaita en voir une seconde représentation aux réjouissances de la fète de Noël suivante. Cil Vicenle , au lieu de se conformer purement et simplement aux désirs de la princesse, composa en espagnol onc autre pièce ( auto ), relative à la circonstance, qui n'était plus un simple monologue, mais avait, au contraire, nnc forme plus dramatique. Depuis lors Gil Vicente continua à composer, jwndant tout le règne d'Emmanuel et celui de son successeur, de semhlahles ouvrages dramatiques à l'occasion des diverses grandes fêtes de l'année on bien des galas de la cour; et non-seulement il y remplissait un rôle avec sa fille Paula, mais le roi Jean III lui-même ne dédaignait pas de concourir à lenr représentation. Le nom de Gil Vicente devint célèbre dans tonte l'Eorope ; Érasme apprit, dit-on, le portugais, afin de pouvoir lire le texte original de ses écrit*. Malgré cela , Gil Vicente ne manqua pas dans sa propre patrie d'envieux prêts à lui contester son talent ; et ce fnt pour répondre à ceux qui lui déniaient toute invention qu'il improvisa un jour en société , sur nn proverbe donné , ta tarce d'/nes J>ereira, regardée comme son meilleur ouvrage. Au reste, on doit conclure de divers passages où il déplore sa pauvreté, qu'il n'était guère généreusement récompensé, et que la cour qu'il amusait ne songea même pas à assurer sa vieillesse contre le besoin. Les biographies lui font ordinairement terminer ses jours a Bvora, en 1557 ; mais Ton doit conclure de ses ouvrages qu'il mourut en 1556. Son ftl«, Luis, recueillit «ne portion de ses écrits , et les publia à Lisbonne en 1SM (1 vol. In-folio). Cette édition, qui contient div-sepl autos, trois comédies, dix tragi-comédies et douze farces, est si rare, qu'a peine en connait-on deux ou trois exemplaires : il en existe une réimpression ( Lisbonne, 1SR2), mais mutilée par l'inquisition.

La langue portugaise est si peu répandue, que les œuvres du Plante lusitanien (ainsi fut-il surnommé ) n'obtiendront jamais en Europe qu'un fort petit nombre de lecteurs. Ses autos offrent un bizarre mélange d'idées religieuses et d'allégories païennes. Vauto du Feyra est un des plus remarquables. Après un prologue ou ligure la planète Mercure, s'ouvre une foire d'un nouveau genre: des unges y débitent des marchandises .l'un nouveau genre aussi, comme de la crainte de Dieu en paquets de tant de livres pesant et loutes sortes île vertus ; le diaMe de son coté a ouvert une boutique ; il est assailli par une foule d'acheteurs: ce n'est point surprenanl ; <si H leur offre les vices el les movens de salistaire

] leurs passions. Une femme, qui se défie de lui, le met en fuite, en prononçant le nom de Jésus. Cette composition originale semée de traits hardis contre la cour de Rome , au termine par un hymne en l'honneur de la Vierge.

Vicente introduit dans la plupart de ses pièces un personnage bavard , menteur, gourmand , poltron , qui place à côté'de scènes souvent tragiques des plaisanteries de mauvais goot et des querelles avec des gens de la profession ta plus humble. Les ridicules des nobles, qui, malgré leur peu de fortune, avaient la manie de s'entourer d'une multitude de domestiques ; la&ottise des amants, qui ennuient de leurs sérénades noctures de dédaigneuses maltresses; les habitudes grossières des gens de la campagne, telles sont les don nées sur lesquelles roulent plusieurs de ses fartas. Il a largement puisé aussi dan» l'Histoire Sainte, alin d'avoir tes i tériaux de quelques drames as6ez semblables à mystères; ta encore il réunit sans taçon les plus disparates ; et il amène Jupiter, afin de le taire prosterner devant ta crèche à côté des rois mages. Cites lui te dialogue est vif et vrai, l'invention d'une richesse étonnante, le langage harmonieux et d'une incontestable beauté poétique. 11 abonde en traita piquants; il est toujours original , el se montre bon observateur des travers de ses contemporains, à qui il inspira un enthousiasme que nous ne pouvons partager aujourd'hui, mais que nous devons trouver fort excusable.

Il est |iossible que les mystère* latins et français lui aient servi de modèles pour ses autos , que dans ses pastorales (autos pastoris) il ait imite sou contemporain espagnol Encina, et que les farces françaises n'aient pas été sans influence sur ses farzas ; ruais dans tous ses ouvrages il y a toujours un cachet éminemment national. Il fut te chef d'une école dramatique toute populaire à laquelle appartint le grand Camoéns, aprè> lui le plus national des poètes portugais; école que détruisit Sa de Mirauda en introduisant presqu'à ta même époque l'imitation servile des vieux auteurs classiques.

GIL Y ZARATE (Don Aatomo), l'un des plus remarquables dramaturges espagnols contemporains, est né en 1793, à l'Escurial. Dès l'âge de huit ans, ses parents l'envoyèrent à Paris pour y taire son éducation ; mais il y oublia si bien sa langue maternelle, qu'à son retour dans sa patrie, en 1811, il la lui fallut apprendre de nouveau. Six ans plus tard , il vint encore une fois en France, afin de s'y livrer à l'étude des sciences physiques et mathématiques. A son retour à Madrid, en 1819, il obtint un emploi au ministère de l'intérieur, el y parvint Jusqu'à la position de chef de bureau des archives. Ayant fait preuve d'attachement aux principes constitutionnels, il perdit cette place lorsque l'absolutisme l'emporta, et dut alors rester à Cadix. C'est dans cette ville qu'il débuta comme poète, par trois comédies : El Entremetido, Cuktado con las novtas et Vu ano despues de la Roda ; la première est en prose, les deux autres en vers. L'une fut représentée à Madrid, en 1825, pendant que le séjour de celle capitale lui était encore interdit ; les deux dernières en 1826, année où il obtint l'autorisation d'y revenir. L'année suivante, il traduisit ta tragédie de Dont Pedre de Portugal, qu'il parvint, non sans peine, à faire représenter sur le théâtre «le la Cru/. En 1832 il devint l'un des rédacteur» du Hoir tin de Corner cio, journal fondé par la junte «le commerce, et qui par la suite changea son titre en celui d'Eco de Comercio. Mais trois ans après il renonça à la réfaction de cette feuille, «lont l'opposition devenait «le plus en plus violente, et entra de nouveau comme chef de bureau au ministère de l'intérieur. H reprit alors ses travaux dramatiques, el dès 1838 sa trauedic do Dona Blanca de Borbon fut représentée à Madrid. Celle pièce , bien qu'écrite dans toute la sévérité de l'ancien goût classique, obtint un grand succès. Pour repousser les critiques des partisans de ta nouvelle école romantique el prouver que ce n'était pas le talent qui lui manquait pour composer un ouvrage suivaut les idées el ks principes

GIL Y ZABATB

de^t, il écrivit à peu de temps de là sa tragédie ique intitulée Car lot llel Htchiiado , ouvrage qui lui assura uo rang distingué parmi les auteurs dramatiques espagnols. Depuis, il est resté fidèle à cette direction nouvelle donnée à son talent. Seulement, il s'est efforcé de se on davantage du vieux goot national , nol dans ses tragédies de Ratmunda , Don Alvaro de Lu nn, Mntanielo et Guimon el Bueno; dans la comédie Varies V en Ajofrin, et dans le mélodrame Cecilut la de- <fuecitm. On a en entre de lui : Un mon are a y tu privado, MaixUie et Don Trif'on. On trouvera des extraits de f-es œuvres lyriques et dramatiques dans la collection d'Eugène Oclioa : A punies para una biblioteca de tscritores esp. eenttmporaneot ( Paris, 184.0). Une collection de ses œuvres dramatiques a paru à Pari», en 1*50.

GIMIGNANO (Vmcc»£0 ru San-), fat l'un des élèves les plus distingués de Hapliael, sous la direction duquel il travailla aui loges du Vatican 11 exécuta austi tout seul ira frasques qui ont péri depuis. 11 s'était approprié de bonheur la manière de Raphaël, et traavee une ardeur Incomparable. Lors de la prise et tome, en 1 517, Il perdit tout ee qu'il possédait, i , il s'en revint alors aux lieux de sa naissance , a Sau-Otmiguano, en Toscane, et y exécuta encore quelques tableaux, mats qui ne répondirent point à sa réputation. On Ignore l'époque précise de sa morl. Ses (m Très sont devenues fort rares. Il y a de lui une Sainte Famille dans la galerie de Dresde.

<,1MI< .\ \\<> < m i m , né en 1711, à Pïstoie, rsort en mi, «e forma h «orne h l'école du Poussin, puis entra dan* l'atelier de Pietro de C ortona, sans pour cela renoncer à la manière du Poussin et a ses principes de dessin. Il peignit beaucoup de fresques, notamment à8aint-Jean-de-Latran, ARome, et dans le palais Pfieenllnl, à Florence. On a •osai de lui, entre autres gravures recherchées, une suite de vingt -aeptplanelvrs fort remarquâmes et repentant des pati fils, fjodovlm da Oim i . s' v > » , néa nome, en 1644, 1 en 1697, se Ht aussi un nom comme peintre. Il réussit particulièrement dans la peinture des fresques. Dans l'église Délie Virgine, à Rome, les artisles ne manquent pas d'aller étudier ses têtes d'anges ainsi que sas effets de nuages et d'air.

GIN, liqueur aleootiqnc qui se fabrique en Angleterse, ou H s'en lait nue grande consommation dans les tavernes. Le gin diffère nen du genièvre.

Sombre génie, A dieu do la umfrre !

FHi dn genièvre et frère df U bière, nteetitM du rVird, nl>%eor ©tfi|*<w*omieer...

Cesl ainsi que Barbier interpelle le gin dans son poème de lAiiare. Cette boisson fait les délices de la populace anglaise, qui la recherche à cause do sou bon marché, et sans doute aussi parce que, comme ledit plus loin le poète,

A»prè< du gin U vin a'eM que <U l'eau.

GINGEMBRE, peure de plantes rie la famille des amoinées. L'espèce la pins intéressante est le gingembre officinal (tin§àfrn/ficinaU). Cette plante offre une tige cylindrique g«rm> de feuilles alternes, uniformes, étroites, terminées par une gaine longue et fendue : cette tfpe part d'une rae'ne irrégulièrement coudée et tuberculeuse ; à coté d elle s'élève la bampe qui supporte les fleurs : elle est garnie d'éeaihVs aiguës et engainantes, offrant unedisposition analogue a eHIe des feuilles. Entre ehaque écaille naissent des fleurs jaunâtres, qui paraissent successivement. Ces fleurs présentent nn calice double, l'extérieur tridenté, l'intérieur pétalotde coloré, qnadripartHe, à divisions inégales, la supérieure longue, étroite et un peu concave, les deox latérales étroites et ouvertes ; enfin, l'inférieure, large, bifide, est colorée de pourpre, bl»irré de brun et île jaune. L'étaminc unique est pélalolde, roulée autour d'un style filiforme. Le IVnit est une capsule triloculaire polysperme ; les graines •ont «régulières et noirâtres.

Le gingembre est originaire des Indes orientales. Il est

probable que son nom lui vient de Gingi, Tille dans les environs de laquelle on le rencontra pour la première fois. Il croit à Malabar, à Ceylan, à Amboine, à la Chine, et il a été transporté a la Nouvelle-Espagne par François de Mendoze ; de la il s'est répandu dans une partie de l'Amérique méridionale, aux Antilles, et ce sont aujourd'hui ces contrées qui fournissent le gingembre qu'on trouve dans le commerce. La racine est la seule partie employée. C'est un rhrtome ou lige souterraine : telle que le commerce nous la présente, elle est sèche, tuberculeuse, aplatie, de la grosseur du doigt, recouverte d un épiderme grisâtre, ridé, et offrant des anneaux peu apparents ; un léger effort suflit pour la rompre, et alors on voit son intérieur, qui est blanchâtre ou quelquefois tacheté de brun et de jaune, ce qui lui donne un aspect résineux. On a observé que le principe odorant était d'autant pins développé que ta matière colorante était plus abondante. La récolte de la raoiue de gingembre se fait tous les ans. Arrachée de terre, on l'expose au soleil pour la sécher; puis, afin de la conserver saine, on l'immerge dans une lessive de cendres ou de chaux. Malgré ces précautions, il est très-rare de la garder longtemps sans qu'elle devienne la proie des dermestes, et surtout du ptinut perltnax. Quand elle a subi cette altération, elle a perdu une partie de ses propriétés, et doit être retalée. Le gingembre a une odeur forte, aromatique, une saveur brûlante, acre, qui détermine rapidement ta sécrétion d'une abondante quantité de salive : sa mastication, un peu prolongée, produit une sensation analogue à celle qu'on ta poivre : elle tient fortement à ta gorge. Ces tés sont dues évidemment en grande partie à l'huile i tiellc que renferme le gingembre. Différents chimistes, Bucbolz, Planche, Morin, se sont occupés de l'analyse du gingembre : de leurs travaux il résulte que cette racine renferme une huile volatile d'un bleu verdàire, de l'acide acétique libre, de l'acétate de potasse, de l'osmasomc, de la gomme ; une matière résineuse acre, aromatique; one matière végéto-animale, du camphre, de l'amidon analogue au mucilage végétal en grande quantité, et du ligneux.

Le gingembre est employé en médecine, mais c'est surtout dans l'art culinaire que l'on en tait, dans certaines contrées, une consommation considérable. Dans les deux Indes, on se sert du gingembre comme assaisonnement, en l'associant à certains mets; dans quelques localités, on mange cette racine verte en salade, ou bien on la conserve confite. Ces condi ts nous arrivent par voie commerciale, et son t consommés en grande quantité surtout en Angleterre, en Allemagne et en Hollande. Cette espèce de confiture se sert après le repas : c'est un aliment agréable, stomachique, qui produit ■ne excitation favorable à ta digestion. Pour confire les racines de gingembre, on suit le même procédé que pour confire l'angélique ; c'est-à-dire que par des lavages répétés on coin mehee par débarrasser la racine d'une partie de son principe âcre, puis on la bit cidre dans du sirop de sucre, concentré suffisamment pour qu'à l'étuve il puisse cristalliser sur les racines. Ce mode opératoire, que l'on pratique aux Indes sur les racines fraîches, a été répété en Europe sur des racines sèches, mais le produit ainsi obtenu est de bien moindre valeur. La poudre de gingembre est d'un blanc grisâtre : c'est elle que dans certains pays on emploie a la manière du poivre. Cette poudre, en contact avec ta pitui taire, produit de violenLs éternuments. La pulpe fraîche de gingembre appliquée sur la peau produit une rubéfaction analogue* celle qu'occasionnent les sinapismes. Ces différentes propriétés s'expliquent très-bien par la présence d'une grande quantité d'huile volatile. Le suc de la racine fraîche est employé aux Indes comme purgatif. En Europe, lorsqu'à certains purgatifs on associe le gingembre, c'est plutôt pour masquer un goût désagréable que pour ajouter aux propriétés du médicament. On se sert en médecine du gingembre sous divers états ; on l'administre sous forme de sirop, do pondre : cette dernière entre dans la composition d'un grand nombre de préparations ollicinales, lelles que ta tbériaque,

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