GIORDANO
un tel accroissement <|»e le roi d'Kspagne, Charles II, le fit venir et lui ordonna plusieurs tableaux destinés à embellir le palais de l'Escurial.
La facilité de Giordano le portait à imiter la manière des autres |ieintres, et on raconte que le roi d'Espagne , loi montrant un tableau de Daman, exprimait quelques regrets de ne pas en avoir un second de ce même maître. Dès le lendemaim Giordano, prenant une vieille toile, peignit un tableau ttUeioent dans la manière de ce peiutre, que lorsqu'il fut placé dans les appartements du monarque, on ie prit pour un tableau de Bas»an loi-méfue. On a reproché à Giordano sa trop grande facilité : en effet, son dessin n'est pas toujours correct, mais sa couleur est si brillante qu'elle mérite bien d'être admirée. Cet artiste a sou veut signe ses tableaux du nom latin Jordunus, cequi l'aquelquelois l'ait confondre avec le peintre flamand Jacques Jordaen*. Nous avons de lut au Musée du Louvre : La Prestation de Jésus au temple : Jésus se soumettant à la mort pour le saint de» /tommes, cl Martel Vénus. Lac Giordano mourut à Naples, le 12 janvier 170&; il est enterré dans l'église de Sainte* Brigitte. Duchés ne aine
GIORGIONE (Gioaao BABBARELLJ, dit ta), naquit eo 147», à Castel- Franco, dans la Marclie Trévisane. Venu très-jeune à Venise, il commença par s'occuper à la (ois de peinture et de musique, et, passant m-s jours et se» nuit» dans le» fêtes, il fut célèbre par ses galanteries et sa bonne mine avant de l'être par son talent. L'école vénitienne en ••tait alors à ses premiers pas ; admis dans l'atelier de Gio- Belliai, qui avec son frère Gentile résumait pour i dire les forces naissantes de cette école encore indécise, GiorgiiNie ne tarda pas a dépasser «on maître. Il élargit sa méthode, H mania le pinceau avec plus de liberté, sans ce- («•utlaiàt enleter a la touche son caractère île précision et de sincère exactitude. Il parvint surtout à donner aux carnation» plus de vie et de morbidesse. Au dire de Vasari , Giorgio ne ajant étudié quelques ouvrages de Léonard de Vinci, dut beaucoup a ce maître élégant et fin ; divers critique*, et entre autres Raphaël Mengs, se sont inscrits en faux contre celle assertion, trompés sans doute par la diversité des procédés qu'emploient le Vinci et Giorgione dans la coloration des chairs. Pour noua, nous ne voyons rien d'invraisemblable à ce que Giorgione ait appris dans les ta- Wean» de Léonard les secrets du modèle, mais nous croyons qu'original dans son imitation même , le peintre vénitien a eu le mérite de faire pour la coloration du ton local ce que le Vinci avait lait pour la science des clairs et des ombres.
Au début de sa carrière, Giorgione peignit des Vierge et beaucoup «le portraits. L'un des premiers, il s'avisa de décorer de fresques les façades de* maisons. Grâce à la fermeté de l'exécution, ces peintures se sont conservées longtemps; et au commencement de ce siècle Laasi a pu en reconnaître les derniers vestiges. Un incendie ayant consumé l'entrepôt des Allemands , près du Hialto , Giorgione fut chargé avec Kamto (qu'on appelle aussi Lotzo de Feltre) d'oruer «le fresques l'une des façades du monument reconstruit (IWo). L'autre façade fut confiée à Titien, qui s'acquitta de «a lèche avec un grand succès. Bon oeuvre ayant même été préférée par quelques juges à celle de Giorgione, ce dernier se piqua de jalousie , et, è ce que rapporte Vasari, rompit toute relation amicale avec Titien, son ancien élève. U produisit successivement des tableaux fort applaudis : au Mont-dfrPiété de Trévise un Christ mort, à «'école de Sarti, a Venise, on Sant'Omobono , à celle de Saint-Marc, une importante composition représentant une Tempête apaisée par ce même saint, et è Milan , un Moite sauté des eaux. Gioqnone mourut à la fin de l&ll ; mais les circonstances qui précédèrent sa mort sont diversement racontées, Vasari asMire qu'atteinte de la peste, une maîtresse de Giorgione soccomha è ce mal terrible, et que frappé lui -même , il lui survécut peu. RidoM prétend que son collaborateur Luczo île Feltre loi ayant enlevé une femme qu'il aimait éperduroenl, l'excès de sa douleur le tua.
— GIOTTO no:
Giorgione a laissé de nombreux élèves. Sans parler de Titien, qui avait travaillé avec lui dans l'atelier de Bellini , et qui parfois imita tellement sa manière, que beaucoup s'y trompaient, Giorgione eut pour disciples ou pour imitateurs Jean d'Udinc, Loronio Lirai, Torbido, surnommé il .Voro, lePordenone,et le plus habile de tous, Sébastien del Piombo, qui reçut plus tard des leçons de Michel- Ange. Citer ces noms, c'est montrer quelle lut sur le seizième siècle l'influence de Giorgione.
Le Musée du Louvre ne possède que deux tableaux de sa main : Jrsus sur les genoux de sa Mcre, et Le Concert champêtre. Les plus beaux ouvrage* de ce maître sont aujourd'hui au musée del Rey, « Madrid , au palais Pitti , et an musée degl'Ufnxi à Florence , au musée du Caprtolc à Rome, etc. Paul Mstm.
GIOTTO, dont le véritable nom était Ambrogiottn Bondonk , l'un des plus célèbres parmi les anciens peintres italiens, et qui ne fit pas preuve de moins de talent comme architecte et comme sculpteur, naquit vers 12*0, d'un père simple paysan a Vetpignano, village situé à quelques lieues de Florence. La pénétration de Cimabiie devait bientôt l'arracher du cercle étroit qu'il semblait destiné è parcourir et de l'humble profession qu'il devait exercer : il gardait en effet les troupeaux de son père. Un jour , ce grand peintre venant à passer au moment où le jeune berger dessinait sur une roche quelques-uns des animaux confiés à sa garde, est saisi d'étonnement à la vue de ce* ligne* tracée* avec nature et vérité ; aussi conçoit-il dès ce moment le projet d'en faire un peintre, et lui propose- 1 -il de l'emmener a. Florence : Giotto accepte avec joie, et profite si bien des leçons et de* conseils de l'artiste florentin qu'il ne tarde pas II dépas*cr ce maître, dont la manière était, comme on sait, rode, sèche, et dépourvue de ces formes gracieuses dont Giotto devait donner l'exemple, et que plu* tard Raphaël devait rendre
Giotto s'attacha surtout à prendre la nature pour modèle et pour guide; et c'est ainsi que la faisant poser devant Ini , il lui a été donné de découvrir cette route dont la trace était perdue depuis tant de siècle*. La résurrection du portrait devait être la conséquence d'un pareil système, et Giotto en a fait plusieurs, parmi lequel s nom nous contenterons de citer celui de son ami Dante. Toute la vie de ce peintre est une longue succession de travaux, souvent de la plus hante importance. Se* premiers ouvrages sont de* fresque* pour le cho»ur de Sainte-Croix de Florence et un tableau pour In mattre-autel de cette église. Notre Musée du Louvre possède le tableau qu'il fit pour le* Franciscains de Pise : le sujet est la vision oh le fondateur de cet ordre reçoit les stigmates ; c'est un chef-d'reuvre, que les Pisans admirèrent tant, qu'ils voulurent multiplier ehex eux le* ouvrages de cet artiste. C'est ainsi que conjointement avec Occagna et plusieurs autres, il contribua a orner le Campo-Santo. Les six fresque* qu'il y exécuta ont trait à la misère de Job. On voit aujourd'hui dan* Saint-Pierre de Rome la mosaïque qu'il fit en 1298;elle représente saint Pierre marchant sur les eaux.
L'énumération de tontes les peintures de Giotto serait beaucoup trop longue : il laissait des ouvrages dans toutes les villes qu'il traversait. Dans le courant de 1853, on a découvert dans l'église Sainte-Croix de Florence des tableaux faits par lui dans la chapelle de Bardi. Le badigeon dont les murs de cette chapelle étaient couverts et deux cénotaphes de marbre cachaient, outre quatre figures de saints de grandeur naturelle, quatre fonds avec des peinture* symboliques et un Saint François dan* une voôte étoilée, en outre six grandes compositions dans lesquelles le Giotto avait représenté le Départ de saint François de la maison paternelle, l'Approbation delà première règle de* Frères mineurs, l'Apparition du docteur séraphique pendant une prédication de saint Antoine, le Saint en présence du sultan Saladin, la Bénédiction donnée à As*isc par le saint Père près de mourir, et la Vision presque simultanée de l'évèquc de celte , enfin les Funérailles du saint.
dant Florence a conservé pendant longtemps de ses ouvrages en ce genre, où l'on remarquait une grande connaissance des statues de l'antiquité , dont cette ville était déjà riclie. C'est en 1334 que Giotto, peintre et sculpteur , lut nommé architecte de Florence, et c'est là qu'il mourut, le 8 janvier 1336, après avoir dirigé en cette qualité les travaux des forliâcations de la ville , et fiait à Santa-Maria une tour de » 2 mètres de haut, que Charles-Quint aurait voulu mettre dans un étui , tant il la trouvait belle. Il Tut inhumé dans cette même église de Santa-Maria Maggiore; et plus tard la république lui fit élever une statue en marbre.
Le nom de Giotto ne serait point appuyé sur des ouvrages aussi durables qu'il serait cependant destiné à traverser bien des siècles : l'immortel Dante , dont il était l'ami , ne lui a-t-il pas consacré en éloge quelque» vers de Lu Divine Comédiel Pétrarque, dans son testament , ne lègue-t-il pas à un ami une Madone de Giotto , comme la chose la plus précieuse qu'il puisse lui offrir? Plusieurs graveurs ont reproduit l'oeuvre de Giotto : Béatrice! la mosaïque de Saint- Pierre , Molini et Landi les fresques du Campo-Saoto.
GIOVANNI (Fra). Voyez Fiesolc.
GIOVTNI ( AneeuHAuaEUO-Btincai ), puhliciste italien, né en 1709, à Corne, embrassa d'abord la carrière commerciale, mais ne tarda point à y renoncer pour se livrer sans contrainte à son goût pour les lettres. En 1830 il s'établit dans le canton duTessin, où il publia un journal, VAneora. Après un assez long séjour à Capolago, où il dirigea la Typograjia helvetica, il se rendit, en 1836, à Lugano pour y prendre la rédaction en chef du Bepublicano délia Svizzera. La même année , il fit paraître sa Biografia di Fra PaoloSarpi (dernière édition, Turin, 1850) qui obtint de nombreuses éditions, mais qui excita contre lui le courroux de la cour de Rome et du clergé catholique. La hardiesse avec laquelle Giovini jugeait les affaires intérieures de la petite république dans le sem de laquelle il avait trouvé l'hospitalité, et surtout ses attaques contre le parti clérical, loi valurent d'incessantes persécutions de la part du clergé ; et en 1839 il finit même par être expulsé du Tessin. Après être resté deux ans à Zurich, Giovini se rendit à Milan, où jusqu'en 1848 il vécut dans une profonde retraite, uniquement occupé de travaux historiques et d'économie politique. Ce>t dans cet intervalle qu'il écrivit, entre autres ouvrages son essai Suite origine italiche di Angelo Mazzoldi ( Milan, 1841), auquel se rattache ses Nuove Osservazione mile opùtUme di Mazzoldi ( 1841 ) : sa Storia degli Ebrei e délie loro selle e doctrine religiose durante Û secondo templo ( 1 844) ; son Dizionaréo corografieo délia Lombardia ( 1844 ); son Dizionario storteo filologico délia Bibblia < 1845 ); son Bsame critico degli atti e documenté relativa alla favola delta Papessa Giovanna (1845), ouvrage dont une seconde édition a paru à Turin en 1849, sous le simple litre de La Papessa Giovanna; ses essais historiques intitulés : Pontificato de Sainto-Gregorio Grande (Turin, 1844) et Idée sulla decadenza del Imper o ro~ mano in Occidente (3 vol., Milan, 1846), enfin, pour faire suite à l'Histoire universelle de Cantù, sa Storia dei Longobardi (1848).
Dans la plupart de ces ouvrages Giovini a (ait preuve d'une connaissance approfondie de la littérature romaine, de même qu'il y a trouvé l'occasion d'en faire l'éloge bien senti. Son style est d'une grande originalité, plein de vivacité et d'énergie; dans la polémique il n'est pas seulement mordant, on peut dire qu'il est écrasant. Parmi tous les littérateur; italiens aujourd'hui vivants, il n'en est pas qu'on puisse lui comparer pour la connaissance de l'histoire ecclésiastique et des sciences théologiques.
En 1848 Giovini vint à Turin prendre la rédaction en cltef de VOpinione. Les violentes attaques auxquelles il se livrait dans cette feuille contre le clergé et contre l'Autriche lui attirèrent, dans l'été de 1850, deux mois de lunnissemeut en Suisse. Depuis lors, il s'occupa à Turin de terminer sou