GIRAFE
et jaune* , naît un peu au-dessous de» oreilles , et se termine vers l'épaule. La queue, qui descend à peine jusqu'au canon, se termine par une touffe épaisse de crins d'une dureté extrême ; les genoux sont calleux , ainsi que la poitrine; les mamelles sont inguinales et au nombre de quatre.
Les mouvements de la girafe lorsqu'elle mardi" ou qu'elle va l'ainMe ne sont en aucune façon disgracieux ; mais lors* qu'elle accélère sa course pour échapper à la poursuite , elle dcplace en même temps les deux jambes du même coté ; et l'excessive brièveté de son corps, la longueur démesurée des jambes , la rapidité de ses mouvements, et le balancement qu'elle imprime à son eol , qui se meut entre ses deux épaules comme un pendule inflexible , donnent à sa course un caractère particulier, qui rappelle assez celle de l'autruche et du casoar. Au reste , cette course est rapide à l'extrême , et la girafe a bien vite dépassé les chevaux les plus légers ; mais l'étroitesse de sa cavité thoracique ne lui permet pas de ménager suffisamment sa respiration : aussi ne pentelle fournir une longue carrière.
La girafe broute la sommité des arbras , préférant d'ordinaire les tnimeuses , dont elle enlace les branches avec sa langue, étroite', longue, rugueuse et noire. Son organisation tout entière prouve qu'elle était prédestinée à paître les liantes brandies des arbres, et non à brouter l'herbe des prairies : aussi fait-elle des façons infinies lorsqu'il lui faut fléchir son long col, et étendre sa lèvre mobile et sa langue flexible pour ramasser quelques jeones pousses appétissantes de mimeuses et d'acacias qu'elle a maladroitement laissées tomber à ses pieds ; et la gaucherie de ses pestes, et le temps quelle y met, et les précautions qu'elle est forcée de prendre, montrent bien qu'elle agit alors contre les allures habituelles de son organisation.
La girafe habite exdusivement les déserts qui occupent l'axe central de l'Afrique, depuis le» cataractes du RB jus» qu'au voisinage du Cap de Bonne-Espérance; du moins Marco Polo est-il le seul voyageur qui affirme positivement avoir rencontré la girafe dans Plie de Zenzibar, aux environs de Madagascar. Il ne faut pas croire toutefois que les girafes errent à l'aventure dans llmmensilé de ces mers de sable; elles se réunissent d'habitude en petites bandes de cinq a sept , qu'accompagnent souvent des troupes de gazelles et d'antilopes; et elles rodent ainsi tout autour de ces terres arrosées et riches en puissante végétation, ces oasis qui s'élèvent au-dessus du niveau des sables, comme des Iles au milieu de l'Océan : c'est là qu'avec des précautions inouïes et une défiance extrême, elles s'abattent de temps en temps pour taire leur curée de feuillage et de verdure; puis la curée faite, elles s'enfuient aussi vite qu'elles peuvent vers le désert, tant elles savent combien sont perfides pour elles ces bosquets frais et verdoyants , ces séjours de délices et de dangers; tant elles savent qu'il n'y a pour dles de sûreté que dans les plaines arides et sablonneuses du désert, là ou elles peuvent dominer de leur grande hauteur toutes les petites inégalités du sol ; là où leurs regards peuvent se promener sur un horizon immense; là où leur active surveillance et leur course légère peuvent rendre impossibles toutes les surprises et se jouer de toutes les; attaques. Quoique d'on naturel fort doux, dles se défendent, dit-on, par de vigoureuses ruades, même contre le lion. La Bible cite, dans le Deutéronome, parmi les animaux dont on peut manger, un ruminant appelé sa mer, nom que nos traducteurs rendent à tort par chamois, et qui a été traduit dans la version dialdaique par deba ; dans la version ara lie, tantôt par saraphah , tantôt par jeruffa; dans la version persan ne, par seraphah; dans la traduction des Septante, par camelopardalis. Si cette version est exacte, et elle est aujourd'hui généralement admise , la girafe aurait élé connue et employée comme aliment dès la plus haute antiquité. Quoi qu'il en soit , MM. Lancret et Jomard ont retrouvé sur les bas-reliefs des temples égyptiens des girafes parfaitement caractérisées. Ptolémée Philadelplie fit pro-
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mener dans Alexandrie une girafe et un rhinocéros : Agatharchide ( 1 80 avant J.-C. ) en a donné une description courte, mais exade ; Arthémidore ( 100 avant J.-C.) en fait men tion ; Strabon le géographe prouve qu'elle lui était parfaitement connue ; et Horace la désigne évidemment dans ce ver» :
En l'an 708 de la fondation de Rome, César, voulant effacer jusqu'au souvenir des fêtes brillantes données par Pompée au peuple romain , déploya on luxe inouï dans les spectacles de ce genre : alors parut pour la première fols en Europe le chameau-léopard, amené à grands frais du port d'Alexandrie, et ainsi nommé par le peuple romain parce qu'il ressemblait au chameau par ses formes, à la panthère par son pelage {figura ut camelus , tnacutis ut panthera, Vairon ). Plus tard, en l'an d« notre ère 248, Philippe 1er, successeur) de Gordien III, fit promener dans le cirque dix girafes à la fois; en 274, Aurébon célébra son triomphe sur Zénohie par des fêtes on les girafes, les rhinocéros, les crocodiles, de, parurent en grand nombre. Enfin, pour ne pas multiplier inutilement les citations, nous dirons que Cosme le voyageur, Pliilostorge, qui écrivait au quatrième siècle, HéUodore, dans son roman des Éthktpiques, Antonio Constanzio d Cassa ni us Bassus, auteur d'une compilation intitulée Les Géoponiquet , nomment d décrivent la girafe ; et s'il faut en croire une chronique dn moyen âge, une girafe fut envoyée, en l'an 1480, à un duc de Médius, prince de Florence; et l'bOte du désert s'apprivoisa al bien dans la cité des hommes, qu'dle se promenait seule dans les rues de la ville, et venait prendre aux blanches mains des dames florentines assises aux balcons de leurs fenêtres ses repas quotidiens de feuilles, de fleurs d de fruits.
UtXnEUt-LEFCVRK.
C'est en 1827 que parut pour la première fois une girafe vivante en France. Elle était envoyée au roi par le pacha d'Egypte, d fut remise au Jardin des Plantes. On se souvient encore du succès phénoménal qu'elle y obtint. Jamais la ménagerie n'avait reçu tant de visiteurs : pendant des mois la girafe fut l'objet de toutes les conversations : on ne parlait que d'elle sur la scène ; on la chanta sur les orgues de Barbarie, d la mode donna son nom à une foule de créations fantasques. Cette jolie girafe, dont on eut un soin extraordinaire, a vécu dix-huit ans sous notre dimat; emportée par une maladie de poitrine, elle figure maintenant, dûment empaillée, dans les galeries de zoologie du Muséum, où sa tête, haute de près de 3",60, plane au-dessus de celles des autres grands quadrupèdes. Un mAle qu'on avait a mené en même temps périt presque aussitôt son arrivée. Londres, qui avait reçu à la même époque un couple de ces mêmes animaux, a vu naître un petit, que la rnère a refusé d'allaiter et que le lait de vache n'a pu sustenter. La Rotonde du Jardin des Plantes abrite encore un couple charmant de jeunes girafes à pelage ras, gris, parsemé de taches fauves anguleuses d'une grande régularité. De grandes attentions sont nécessaires pour préserver du froid et de rhumklité ces délicats entants de l'Afrique. L. LOOVET.
CilRAFE ( Astronomie ). La Girafe est une coustdlation boréale, située entre la Grande Ourse, Cassiopée, Persée et le Cocher. Le Catalogue britannique y compte f»8 étoiles.
GIH ANDE. Voyez Feu d'Artifice d Gerbe.
GIRANDOLE. Le fontafnier et l'artihcier se servent également du mot girandole, le premier pour désigner un assemblage de tuyaux d'où l'eau jaillit (voyez Gerbe), et le second la réunion d'une certaine quantité de fusées volantes qui partent en même temps ( voyez Feu d'Artipicb ). Entendu dans ce dernier sens , le mot girandole est synonyme de girande. Le mot girandole désigne encore un chandelier à plusieurs branches , dont on se sert dans les grands festins et les soirées, pour orner les tables d'un salon ou les guéridons : c'est ainsi que Ton dit une girandole en cristal, une girandole d'argent, de. Enfin, on donne le uom de girandole à un assemblage de diamants ou de toutes