V. ub Moléon
GIRAIWDOLE( Botanique), nom vulgaired'une espèce du genre amaryllis. C'est Yamnryllis orientais de Linné. Son oignon est fort gros. La hampe, rouge de sang, haute de oœ, 35, porte eu octobre et novembre des fleurs nombreuse», rouges, disposées en girandole. Cette plante, originaire des Indes, est de serre tempérée.
GIRARD ( Albeîit ) , géomètre hollandais, et l'un des précurseurs de Uescarlcs, naquit vers la fin du seizième siècle, et mourut en 1634. Dans son ouvrage intitulé : Nouvelle, invention en algèbre (Amsterdam, 1629 ), il publia des aperçus aussi ingénieux que proronds sur les racines né|Mti\es'des équations et la mesure des angles solides.
GIRARD ( J ras- Baptiste ne a Dole eu 1680. Ses parents qui étaient pauvres lui tirent pourtant donner une excellente instruction dans un collège de la société de Jésus. Le jeune Jean-BapliMe, quand il eut achevé ses études, embrassa la carrière qui se trouvait alors ouverte aux hommes d'intelligence qui n'avaient ni forluue, ni naissance. Il enlra dans les ordres sacrés et s'enrôla sous les drapeaux dits bons pères qui l'avaient élevé. Succissivemeut régent de basses classes , d'humanités et de philosophie , le père Girard ne larda pas à se faire distinguer comme l'un des sujets le> plus remarquables de la compagnie. Doué d'un extérieur avantageux et d'un organe accentué , ayant une éloquence naturelle et une vive chaleur dans le regard et dans la voix , ses supérieurs songèrent à utiliser ses talents enfouis dans une chaire obscure. Dès lors le père Girard se | roua à la prédication pour laquelle il semblait être né. Il réussit tout d'abord, et sa réputation devint très-grande dans le midi de ta Fiance. 11 séjourna tour à tour dans les principales villes du Languedoc et de la Provence, et surtout à ; Ai\ qu'il habita pendant dix années.
Nommé supérieur du séminaire royal de la marine à Toulon, le père Girard devint le confesseur à la mode de cette cité dévote. Au nombre de ses pénitentes était une belle jeune (die de dix-huit ans, appelée Matic-Catherinc Cadière, d'une dévotion exaltée et mystique, qui s'imaginait ; être en rapport avec les anges et faire des miracles. Le père Girard était au mieux avec cette sainte personne ; mais une | pieuse supercherie dont elle se rendit coupable lui dessilla > probablement les yeux. Elle prétendait avoir reçu dans une de ses extases des stigmates à côté du cœur; son directeur fut assez imprudent pour s'enfermer avec elle; ayant constaté J la fraude, et craignant que Je ridicule et l'odieux de celle > affaire ne retombassent sur lui, il rompit avec Catherine, j Celle-ci par dépit alla aussitôt trouver un carme, jansc- j niste fervent , qui l'ayant entendu en confession l'exhorta ; à publier ce qui s'était passé entre elle et son ancien directeur. On conçoit facilement l'émoi des Jésuites à celte nouvelle ; ils crurent étouffer le bruit en faisant renfermer (';.- > Utérine aux l.'rsulines. Celte usurpation de pouvoir cul precisemeut un ellet tout contraire à celui qu'ils en attendaient; elle fut dénoncée au conseil d'Etat et l'affaire portée devant le parlement d'Aix. Catherine Cadière accusait le père Girard d'avoir abusé d'elle par enchantement et sortilège, et de lui avoir fait perdre son fruit. Il fut acquitte à la majorité d'une seule voix, après île longs et passionné* débats. Aussitôt il quitta Toulon où le peuple menaçait sa vie et revint «ï Dôlc. Il y mourut , deux ans après, en 173.1, en odeur de sainteté, s'il faut en croire ses confrères GIRARD (Gabriel), né à Clermont, en Auvergne, vers 1677, et mort en 1748, grammairien distingué, s'est fait un nom durable par son Dictionnaire universel des Synonymes français (Paris, 1736), dont la première édition ( 17 Ift ) avait paru sous ce titre : La Justesse de la langue française. Ce livre, le premier de ce genre qui eôt encore été publié en France, a longtemps et à bon droit passé pour classique, lia depuis été augmenté par Beau/ce (1769), Roubaiid ( 1808), et M. Gui/ot ( is?t>). L'abbé Girard était
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secrétaire général du roi pour les langues esclavonne et russe, chapelain de la duchesse de Berry, fille du régent , et membre de l'Académie Française.
GIRARD (Philippe de), mécanicien célèbre, inventeur de la machine a filer le lin, naquit en 1775, à Lounnarin, village riverain de la Durance. Il montra dès son enfance une vocation décidée pour la mécanique, s'amusant dès lors tantôt à construire de petites roues que faisait mouvoir le ruisseau du jardin paternel, tantôt à observer avec curiosité les formes que donnait au plomb en fusion l'eau dans laquelle il le faisait couler, essayant même d'y mouler des empreintes de médailles. D'autres goûts encore, la botanique, la peint lire et la poésie se disputaient cette intelligence, qui cherchait son milieu. La révolution vint arracher le jeune de Girard à ci lle vie. paisible et studieuse. Il se fit soldat pour combattre les terroristes du midi ; forcé de fuir la France avec sa famille, il se fit peintre, à Mahnn, pour la nourrir; enfin, le malheur fit de lui un industriel, et, émigré à Livourne , il y établit une fabrique de savon. Rentré en France après le y thermidor, il créa une fabrique de produits chimiques sur les débris de l'abbaye Saint-Victor, à Marseille. Le 13 vendémiaire amena de nouvelles persécutions, qui obligèrent la famille de Girard à s'éloigner encore une fois du sol français. Réfugié à Nice, Philippe de Girard y obtint, à la suite de deux brillants concours, la chaire de chimie et d'histoire naturelle, qu'on venait d'y créer. Il avait alors dix-neuf ans à peine.
Le Consulat lui ayant rouvert les portes de la patrie, Philippe de Girard revint à Marseille, et après y avoir fait, dans une des salles de l'académie, un cours de chimie qui réunissait autour de lui un grand nombre d'auditeurs, il ne tarda pas à se rendre à Paris ; car il comprenait que ce grand loyer des sciences et de l'industrie devait offrir de vastes ressources à son activité intellectuelle. L'exposition de 1806 témoigna de la puissance et de la diversité d'invention qui le caractérisaient. On y vit de lui une lunette achromatique, où le Jlint-glass était remplacé par un liquide, et d s lampes hydrostatiques à niveau constant (imaginé** en compaguie avec son second frère, Frédéric or. Gourd). Ces lampes, que les carcels ont sans doute fait oublier depuis, produisirent une véritable révolution dans notre éclairage domestique, resté à peu près stationnaire depuis Quinquet et son invention de la lampe a courant d'air intérieur, qui a immortalisé son nom. Des globes de verre dépoli, Imaginés alors pour la première fois, et qni aujourd'hui sont ré|Mndus dans le momie entier, contribuèrent à la fortune des lampes de l'invention des frères Girard. Vers I* même temps, Philippe de Girard perfectionnait la machine à vapeur par diverse-, innovations d'une haute inqtortancc, par exemple l'emploi de l'expansion de la vapeur dans nn scol cylindre, et la production du mouvement rotatoire sans Pintcrmédiaire d'uu balancier. Un brevet pris en 1806, la grandi médaille d'or décernée celte même année sur le rapport de M. de Prony, sont là pour attester eu sa faveur la priorité de cette belle invention, dont la gloire a été usurpée en 181!. par un Américain, et en 1819 par un Anglais.
Mais de tontes les inventions dues au génie de Philippe de Girard, la plus importante est incontestablement sa machine à filer le Un. F.n 1810, Napoléon , pour porter un coup de plus à l'industrie cotonnière des Anglais , aux produits de laquelle, par son système continental, il fermait tous les ports de l'Europe, en favorisant et excitant les progrès des manufactures dont le lin est la matière première, proposa, par un décret inséré au Moniteur du la mal, un prix à'un million de francs à l'inventeur, de quelque nation qu'il pût être, de la meilleure machine à filer le lin. Quelques jours après la publication de Ce décret, Philippe de Girard, alors âgé de trente-cinq ans, se trouvait chez son père, à Lounnarin. Pendant le déjenucr de famiile, on apporta le journal qui contenait ce magnifique défi jeté à l'esprit d'invention. Le père passa le journal à son fils, en lui disant : » Philippe, voilà qui te regarde! « Apres le déjeuner,
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SU
celui-ci se promenait seul, décidé a résoudre le problème. Jamais il m s'était occupé de quoi que ce fût qui eût rapport * l'industrie dont U s'agissait. Il se demanda d'abord s'il M devait |>a& étudier tout ce qui avait été tenté sur le sujet proposé; mais bientôt il se dit que l'offre d'un million prouvait qu'on n'était arrivé à rien de satisfaisant. 1) voulut doue tout ignorer pour mieux conserver l'indeimndame de son esprit. Il rentra, lit porter dans aa chambre du lin, du fil, de l'eau, une loupe, et regardant tour à tour le lin cl le lil, il m dit : ■ Avec ceci il faut que je fasse cela. » Apre» avoir examiné te lin à la loupe, U te détrempa dans l'eau, l'examina de nouveau, et le lendemain à déjeuner il disait à ■on père : « Le million est à moi I ■ Puis il prit quelques brins de lin, les décomposa par l'action de l'eau, de manière a en séparer les libres élémentaires, les lit glisser l'une sur l'autre, en forma un fil d'une tinesse extrême, et ajouta : ■ 11 me reste à (aire avec une machine ce que je fais avec mes djigts; la machine est trouvée. » Elle l'était en effet pour loi. Le germe de la découverte était alors dans sa pensée; mai» que d effort* patk-ntâ, que d'essai» ingénieux avant de parvenir à exécuter en ni and ce qu'il avait conçu d'un trait ! Deux mois après ( 18 juillet 1813), Philippe de Girard avait pris son premier brevet d'Invention, brevet qui contenait too* les principes essentiels de la filature mécanique du 1 i D.
Philippe de Girard employa deux années à compléter et perfectionner ses procédés, et en 1813 il avait fondé a Pari» une filature de lin à te mécanique. Les conditions du programme impérial étaient dès lors remplies, et 1s promesse de Kai>oléon l'eût été sans doute également sans les événements qui, dans cette même année, amenèrent l'invasion du sol français et la ruine de l'empire. La Kestam.ilion était peu disposée a acquitter les délies dé l'empire ; et te filature du lin à te mécanique ne put en obtenir même une misérable somme de 8,000 fr. Philippe de Girard, qui avait sacrifié toute sa fortune à sc-s essais, accepta les offres du gouvernement autrichien, qui lai proposait de faire les fonds d'un grand établissement monté d'après son plan , et partit pour Vienne, où il tint tout ce qu'il avait promis , mais où il fut loin d'obtenir à son tour tout ce qu'on loi avait fait esperi-r. Et cependant il complétait ses travaux sur te filature mécanique du lin par une machine à peigner, qu'il devait plus tard perfectionner encore. Devançant te navigation i vapeur établie aujourd'hui sur te Danube, il faisait remonter ce fleuve depuis Pesth (u^u'à Vienne par un bateau que poussait une machine dans laquelle il avait employé le premier les générateurs de vapeur composés de tubes étroits pour rendre les explosions impossibles. Ces générateurs sont maintenant partout en usage. En 1820, Philippe de Girard fut appelé à Varsovie par l'empereur de Rossée. Une grande filature mécanique de Kn fut alors établie par le concours des fonds du gouvernement et d'une société d'actionnaires. Autour de cet établissement modèle se forma bientôt une petite ville , qui prit le nom de €irardof, et qui figure sur les nouvelles cartes de Pologne.
Pendant les vingt ans environ que Philippe de Girard |>assa au >ervicede Russie, son génie inventif, loin de s'endormir dans ta routine toute tracée d'une occupation spéciale et constamment la même, sembla au contraire lutter d'activité avec les progrès laits en même temps |wr la mécanique dans les divers pays de l'Europe. 11 ne pouvait en effet s'occuper d'un sujet quelconque sans être conduit à quelque idée nouvelle ; aussi produisit-il encore en dehors de son service une foute d'inventions plus utiles les unes que les autres , telles qu'un appareil pour l'extraction et l'évaporation du jus de la betterave, une nouvelle roue hydraulique propre à utiliser les grandes chutes d'eau, des machines à fabriquer les boi de fusil , et à creuser l'encastrement de la platine et do te sous-garde dans huit bois de fusil à te fois, elc. , etc. Malgré sa reconnaissance pour les boutés du gouvernement russe , Philippe de Girard désirait ardemment revoir sa patrie et sa famille. 11 fit en 1844 le voyage de Lourmarin, pour aller se retremper aux doux souvenirs de son enfance; puis il
vint a Paris au moment de l'exposition, solennité industrielle à laquelle il était si digne d'assister, puisqu'il retrouvait dans chacune de ses salles quelqu'une de ses inventions. Le gouvernement fiançais et le monde industriel reconnaissaient si bien qu'il était de toute justice d'accorder à Philippe de Girard une récompense nationale de nature à tenir lieu à sa famille de la fortune qu'il avait généreusement sacrifiée a ses glorieux essais, qu'une proposition formelle fut faite dans ce sens à la chambre des députés; mais moins heureux que Daguerre et M. Vicat, Philippe de Girard eut te douleur de voir un étroit et mesquin esprit d'opposition faire rejeter une proposition dont l'adoption eût encore plus honoré te pays que le citoyen qui eu était l'objet.
En 1845, Philippe de Girard, alors âgé de soixante-dix ens, mourut à Paris ; la croix de la Légion d'Uonneur ne brilla même point sur sa modeste bière. En 1853, un projet de loi tendant à accorder une récompense nationale aux héritiers de Philippe de Girard a été remis au conseil d'Etat.
GIRARDIN (Famille). Cest au siècle dernier seulement qu'il est pour la première fois question dans nos annales de cette famille, qui prétend rattacher son origine aux Gherardini de Florence.
G1RARDIN (Rexé-Loos, marquis de), né à Paris, en 1735, obtint une charge à la petite cour que l'es roi de Pologne Stanislas tenait A Nancy. Plus tard, te guerre de sept ans lui fournit l'occasion d'entrer dans les rangs de l'armée française et d'y obtenir le grade de colonel de dragons. Il utilisa les loisirs que lui faisait la paix pour mettre à exécution dans sa terre d'Ermenonville (Oise) un plan pour l'embellissement des jardins, qu'il développa ensuite dans un ouvrage spécial. Ce fut aussi à Ermenonville qu'il put offrir à J.-J. Ro u sseau le dernier asile où le morose philosophe I put achever de mourir en paix, et où plus tard il éleva I un monument A sa mémoire, dans la célèbre Ile des Peupliers. La révolution de 1789 trouva dans le marquis de Ci- ! rardin un admirateur enthousiaste ; mais quand vint le règne de l'anarchie et de te terreur, il perdit ses illusions, et alla les regretter dans la solitude et l'isolement. Une inondation et les dévastations qu'elle causa dans la propriété qu'il s'était plu à tant embellir, puis lés nombreux actes de vandalisme que se permettaient les autorités révolutionnaires du temps, te forcèrent de s'éloigner d'Ermenonville, dont il ne put s'occuper de relever les ruines qu'au rétablissement de te paix générale. C'est dans cette philosophique retraite que te mort vint le surprendre, en 1808. Son livre intitulé : De la Composition des Paysages, ou des moyens d'embellir la nature par des habitations, en y joignant l'utile et l'agréable | (Paris, 1777; 4* édition, 1805), a été traduit dans la plupart des langues de l'Eorope. On a aussi de lui un Discours sur la nécessité de la ratification de la loi par la volonté générale (Paris, 1791). 11 laissait trois fils: l'alné, * qui revenait de droit son titre de marquis, ne te prit point lors de la Restauration, et préféra garder celui de comte qu'il tenait de Napoléon.
G1RARDIN (LocnvSTAWisLAS-Oéam-XAVtBn, comte de) , lits atné du précédent, naquit en 1768, a Lunév ille, eut pour parrain le roi Stanislas, et parvint très-jeune au grade de capitaine dans un régiment de dragons. Pendant les six semaines que Jean-Jacques Rousseau passa à Ermenonville, le jeune Stanislas eut avec lui de fréquents entretiens et l'accompagna dans la plupart de ses herborisations; circonstance qui a autorisé les biographes à lui donner le philosophe de Genève pour précepteur et à attribuer à l'influence exercée sur son esprit par J.-J. Rousseau te direction de ses idées, qui en politique furent toujours des puis avancées. Ce qu'il y a d'incontestable, c'est qu'il partagea l'enthousiasme de son père pour le mouvement régénérateur de 1789. Député du tiers à l'assemblée du bailliage de Sentis, il s'efforça de lui faire donner un nombre de représentants égal à celui des deux aulres ordres, et fui cliargé par ses collègues de te rédaction des cahiers où devaient se trouver exposés les griefs auxquels l'Assemblée nationale aurait.
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de donner satisfaction. H s acquitta de cette tache avec une franchise que le ministère voulut punir par une lettre de cachet, l'une des dernières sans doute qu'il ait osé lancer, mais qui ne put être mise à exécution, tant la rapidité de événements le débordaient et se jouaient de ses résolutions. En 1790 le département de l'Aisne le choisit pour président de son administration centrale ; l'année suivante le département de l'Oise lui conféra le même honni en même temps qu'il l'élisait pour son représentant à l'Assemblée législative, où il prit place d'abord dans les rangs de l'extrême gauche. Mais son aversion pour l'anarchie, qu'il ne confondit jamais avec la liberté, modifia assez ses opinions pour le décider à siéger à la droite avec le parti constitutionnel. Il se montra fidèle a ses convictions en votant , même après le 10 août 1792, pour le maintien du trône. Devenu par ce vote'suspect aux jacobins, il sollicita, pour échapper aux dangers dont il était menacé, une mission près le cabinet de Saint-James. Mais les dispositions de plus en plus hostiles du gouvernement anglais ne lui permirent pas de rester longtemps à Londres. Le 31 janvier 1793 il rentrait à Paris, pour aller se cacher, d'abord à Ermenonville, chez son père, puis chez son oncle maternel, à Sézanne. Mais les agents du comité de sûreté générale ne tardèrent pas à l'y découvrir, et le firent jeter , avec ses frères, dans la prison de cette petite ville. Fidèle aux enseignements de Rousseau, il se fit menuisier, et, après un court apprentissage, se trouva, ainsi que ses frères, en état de travailler au fond de sa prison pour les entrepreneurs de menuiserie de la localité.
En 1798 il lut nommé aux fonctions d'administrateur central du département de l'Oise ; mais, soupçonne de tendances royalistes, on ne tarda pas à le destituer. Il se relira alors à Ermenonville, où il eut occasion de faire la connaissance de Joseph Bonaparte, qui venait d'acquérir dans le voisinage la belle terre de Mortefontaine ; et une grande intimité, qui dura plusieurs années, s'établit entre eux. L'amitié de Joseph le fit désigner, peu de temps après la journée du 13 brumaire, pour la préfecture de l'Oise, et bientôt |>our une place au Tribunal, assemblée dans laquelle il seconda activement les projets de la famille Bonaparte. En 1804 un décret impérial ordonna sa réintégration sur les cadres de l'armée, avec le grade de c.ipiluinc au quatrième régiment d'infanterie, commandé par Joseph; et le 14 juin de la même année, au camp de Boulogne, la croix de commandeur de la Légion d'Honneur récompensait le zèle et l'habileté dont il avait fait preuve comme orateur dans le corps législatif, lors de la discussion du projet de la loi relatif à la création de cet ordre. Quand, en isoc, Joseph Bonaparte monta sur le trône de Naples, Stanislas Girardin le suivit dans ses États avec le titre d écuyer et le grade de chef de bataillon. Deux ans plus tard, il accompagna encore Joseph en Espagne, et prit part, avec le grade de général de brigade, aux premières campagnes dont la Péninsule fut le théâtre. Revenu ensuite à Paris, il entra au corps législatif, et en > 819 Napoléon lui confia la préfecture de la Scinc- Inférieurc. Son adhésion à la déchéance de l'empereur porta la Restauration à le maintenir dans ses fonctions, qu'il l>erdit après les cent jours. On lui laissa cependant l'emploi d'inspecteur des haras.
En 1819 le ministère Decazes appela Stanislas Girardin à la préfecture de la Côte-d'Or ; et peu de temps après, les électeurs de la Seine-Inférieure, qui avaient conservé le souvenir de son administration intelligente et éclairée, lui confièrent le mandat de les représenter à la chambre des députés. Il vint s'y asseoir dans les rangs du côté gauche, votant constamment avec cette partie de l'assemblée dans les sessious de It>l9 à 1621. Un des premiers actes de l'administration qui , à la mort du duc de Berry, remplaça le cabinet Decazes fut de destituer, Stanislas Girardin ; mais, en dépit de toutes les intrigues ministérielles, les électeurs lui conse rvèrent jusqu'à sa mort, arrivée en 1S27, son mandat législatif. Stanislas Girardin fit
partie, sous le ministère Villèle, Corbière et Peyronael, de cette glorieuse minorité réduite à sept membres qui, a) -un pris au sérieux la charte octroyée en 1814, en défendit iMcd a pied la lettre et l'esprit contre les tendances absolutiste* dn pouvoir et de la majorité. Comme celles de Foy et de La Rochefoucauld-Liancourt, ses obsèques attirèrent un innombrable concours de citoyens. On a publié : Ditcours, journal et opinions de Stanislas Girardin ( & vol. in 8°, 1828, Paris).
GIRARDIN ( EnsEST-STAHiaws, comte me), sénateur, lih du précédent , propriétaire actuel du domaine d'Ermenonville, né en 1803, a épousé une fille du duc de Gaèle et» été en 1831, 1839, 1840 et 1842, désigné par les électeurs d< Ruffec (Charente) pour défendre leurs droits et leurs huerets dans la chambre élective. Malgré l'an derme intimité de son père avec le duc d'Orléans, il ht partie de l'opposition, et siégeait à côté de MM. Dupont (de l'Eure) et O. BaxroL 11 se signala surtout dans la fameuse séance où M. Guisot fut si rudement interpellé pour son voyage à Gand. Nommé à l'Assemblée constituante après la révolution de Février par le département de la Charente, il fit partie de la réunion de b rue de Poitiers, vota contre l'amendement Grévy, pour deux chambres, pour la proposition Râteau , pour la suppression des clubs, et pour l'ordre du jour sur les affaires de Rome. Réélu à la Législative, il appuya de toutes ses forces la politique du président. Au 2 décembre 1851, il lit partie de la commission consultative, et fut appelé au sénat lors de sa création.
GIRARDIN (ALtXAiDBx, comte de), lieutenant général, ancien grand-veneur de Charles X, le plus jeune des frères de Stanislas, est le seul survivant des enfant* laisses par le marquis de Girardin. Après avoir longtemps ambitionné ta pairie sous la dynastie légitime, et l'avoir alors asjuiréineat bien méritée par l'orthodoxie de ses idées politiques, il la refusa, en I8i6, lorsqu'on la lui offrit, sans doute sous l'influence que lui donnaient ses relations très-étroites avec le rédacteur en chef de La Presse, M. Emile Girardin. 11 fut aussi grandement question à cette époque de confier le portefeuille de la guerre au lieutenant général Alexandre de Girardin, qui, en attendant que le Moniteur se chargeât de faire passer à la postérité ses vues et ses plans pour améliorer la condition de nos soldats , s'est souvent servi des complaisantes colonnes de La Presse pour donner un avant-goût de toutes les améliorations qu'il projetait de réaliser en faveur de notre armée, dès qu'on lui aurait fait l'honneur de le placer à sa tète.
GIRARDIN (1-BANçois-AoctSTE SAINT-MARC), un des esprits les plus distingués et des écrivains les plus remarquables de notre époque, se recommande spécialement par des qualités qui chaque jour deviennent plus rares cl plus précieuses : l'extrême justesse et la pénétration. Né en 1801, il a fait ses études à Paris, au collège Henri IV, avec beaucoup d'éclat 11 unissait dès lors à une laborieuse et attentive persévérance la vivacité et les grâces de l'intelligence. En 1»27 il avait concouru pour l'éloge de Boswet, proposé par l'Académie Française, et remporté le prix. Tous les gens de goût avaient dès lors signalé chez le jeune lauréat une originalité exquise, composée de lucidité familière dans l'expression et d'une exactitude souvent profonde dans la pensée. Nommé professeur de rhétorique au collège Louu-le-Graod, il donnait en 1828 des articles aussi spirituels que puissamment raisonnes et élégamment écrits au Journal des Débats , et remportait , en partage avec l'auteur de cet article, le prix d'éloquence de l'Académie Française sur Vhistoirede la littérature française auseiùime siècle. La révolution de Juillet ne laissa pas de côté ce brillant écrivain, dont les travaux avaient révélé tant de justesse, un bon sens si mordant et si pratique. Nommé maître des requêtes au conseil d'Étot, il remplaça M. Guizot comme suppléant a la Faculté des Lettres; une nouvelle carrière fut alors parcourue par lui avec le même succès. Sa parole facile, épigrammatiqne et vibrante, fut attentivement écoulée et applaudie avec transport par la jeunesse.
Aussi la Faculté le proposa-t-elle à l'unanimité, en 1834, pour remplacer Laya. Cette même année, il fut nommé membre de la chambre des députés , dont il n'a cessé de faire partie qu'en 1848. Outre ses prix d'Académie, U a écrit un rapport sur Y État de l'instruction publique dans le midi de l'Allemagne ; un volume d'Essais sut- l'Allemagne; deux volumes de mélanges de Littérature et de Morale ; un volume sor L'Instruction intermédiaire en France ; un Cours de Littérature dramatique, et De r usage des passions dansle drame. M. Saint-Marc Girardtn a dû son avancement à son talent, ses succès à son caractère et à son esprit, c'est-àdire à sa propre valeur. IMiilarète Chasles.
M. Saint-Marc Girardin, élu membre de l'Académie Française à la place de Campenon en 1844, fut reçu en 1 845. M. V. Huro répondit à son discours, qui parut au-dessous de la réputation du récipiendaire. A la chambre des députés, il se fit remarquer par une proposition pour régler l'entrée et l'avancement dans les fonctions publiques, que le ministère fit repousser. On se rappelle qu'il rédigea la malheureuse adresse qui flétrissait les pèlerins de Belgrave-Square. En 184C il perdit son père, Antoine-Barthélémy Girardin, greffier du contentieux et secrétaire du comité de législation au conseil d'État. U ne fit point partie de nos Assemblées nationales après la révolution de Février, et n'en eut que plus de loisir pour continuer son cours de poésie française à la Sorbonne et travailler au Journal des Débats. Conseiller titulaire de l'université, il devint en 1850 membre d'une commission chargée de préparer un projet de loi sur renseignement professionnel , projet dont on ne parla bientôt plus. En 1*52 , il a fait paraître des Souvenirs de voyages et d'études dans lesquels on trouve un voyage dans les principautés Danubiennes. Depuis les complications des affaires d'Orient il a écrit plusieurs articles en faveur des popula- ( lions grecques contre le despotisme musulman, qu'il accuse Ce tout le mal. A l'ouverture de son cours, en 1853, il traita de l'indépendance littéraire, et soutint que les lettres dépendent des sociétés, et non pas des princes qui gouvernent. Le cours de M. Saint -Marc Girardin est du reste un des plus fréquentés, non que le professeur brille par la grandeur des idées ou par la beauté de la diction ; mais parce qu'il s'occupe surtout de l'analyse des sentiments et des passions, sujets bien faits pour plaire à de jeunes étudiants pressés de briller. L. Lowet.
GIRARDIN (Émile), journaliste contemporain, quia Tait beaucoup de bruit, provoqué des haines ardentes et de basses jalousies, est né vers 1808, en Suisse, de parents que son acte de naissance déclarait être inconnus. Cependant, le mystère dont on avait voulu envelopper son origine était facile ' à percer ; et M. Émile Girardin, inscrit au x registres de l'état civil sous le nom d'Emile Lamothe, qni n'était celui ni de son père ni de sa mère, ne fit qu'user d'un droit naturel , légitime, en répudiant à l'Age de raison le nom de convention qu'il avait plu aux auteurs de ses jours de lui imposer pour détruire toutes traces d'une faute que malheureusement ils ne (touvaient jamais être admis à réparer. Dans un opuscule intitulé : Emile, et qu'il publia à dix-huit ans, il lait, dit-on , allusion aux circonstances qui se rattachent a son entrée dans la vie En 1827, la protection du comte A. de Girardin, grand-veneur du roi Charles X, lui valut un emploi d'inspecteur des musées, aux appointements de 1,500 fr. par an. L'année suivante, M. Émile Girardin fonda, sous le titre passablement risqué de Le Voleur, un journal paraissant tous les cinq jours, et ayant pour s)>écialité de reproduire la physionomie générale de la presse parisienne. A ce moment la propriété littéraire, encore très- vaguement définie, n'avait point reçu l'extension qu'elle a de nos jours. Aucun des écrivains dont M. Émile Girardin jugeait à propos de réimprimer dans son Voleur ks articles, soit de pure fantaisie, soit relatifs aux sciences, aux lettres ou aux arts, publiés déjà cinq, dix et souvent même quinze jours auparavant dans le journal quotidien a la rédaction duquel il était attaché , ne s'avisa d'élever la inoindre réclamation. Beau-
iDW 313 coup même s'estimèrent fort honorés de voir .eur« élucubrations sortir ainsi du cercle nécessairement restreint de lecteurs auquel les avait tout d'abord condamnées la spécialité ou la couleur politique du journal q«u le premier les avait accueillies. Pour le plus grand nombre d'afUcurs, n'était-ce pas la plus inattendue, la plus inespérée des résurrections? L'idée de M. Émile Girardin était aussi simplequ'hcurense : le format dont il fit choix pour l'exécuter ( ce n'était pas même celui que les journaux quotidiens ont Uni depuis par adopter) parut colossal, monstrueux, et ne contribua pas peu au succès du Voleur, qui bientôt compta jusqu'à 2,ouo abonnés; chiffre considérable pour l'époque, et auquel, en raison du prix comparativement fort élevé de l'abonnement, l'entrepreneur réalisait de notables bénéfices. M. É. Girardin avait instinctivement ctdn premier coup deviné sa véritable vocation : l'industrie du journalisme; et on ne saurait sans Injustice nier qu'il lui ait fait faire des progrès véritables.
En 1829 il créa encore La Mode, revue hebdomadaire, imprimée avec le plus grand luxe et publiée sous le patronage de la duchesse de Berry. Son fondateur, dont toutes les aspirations étaient alors royalistes, en voulait faire le r.-gulalenr du monde élégant. Les armoiries de la princesse, placées eu vertu d'une autorisation expresse sur là couverture de chacune des livraisons de ce recueil /ashionable , témoignaient de la protection élevée que M. Emile Girardin avait obtenue pour sa nouvelle entreprise. Les abonnés arrivaient déjà, non pas sans doute avec le même empressement que naguère au Voleur; mais entiu il y avait encore là tout au moins le commencement d'un succès, lorsque la révolution de juillet 1830 vint renverser celle fortune naissante.
M. Émile Girardin en prit bravement son parti. Il comprit tout de suite que c'en était fait pour longtemps , pour toujours peut-être, de la royauté légitime; et après avoir vendu sa Mode à un partisan de la famille déchue, doué d'une foi plus robuste que la sienne, il se rallia avec empressement à la monarchie des barricades. Comme déjà il s'était défait du Voleur, feuille désormais sans aucune importance, à cause des besoins de plus complète et de plus rapide publicité qu'avait provoqués la révolution, il n'avait pas alors de journal à mettre au service de la royauté nouvelle ; mais il eut bientôt fait d'en créer un , et Le Garde national parut en octobre 1830. Le titre était bien choisi ; il répondait à une des nécessités du moment, comme disaient alors les prospectus. Malheureusement, le fondateur du Garde national fut mal secondé, et ton journal mourut d'inanition au bout de quelques semaines.
Vers le même temps, un événement important s'accomplit dans la vie intime de M. Emile Girardin. Il épouse, celle qui s'était proclamée elle-même la Muse de la patrie, M*"" Delphine Gay, alors dans tout l'éclat de son talent et de sa beauté, et Agée de quatre à cinq années pkis que lut. On le voit , à moins de se condamner irrévocablement à n'être plus jamais autre chose que le mari d'une muse, de tontes les positions sociales la plus sotte et la plus ridicule assurément, il y avait pour lui urgence de se créer au plus vite un rôle particulier, complètement distinct de celui qui était assigné à sa femme dans la vie commune. Il sollicita donc alors bien humblement une sous- préfecture, et se vit fort rudement éconduit par Casimir Périer, homme d'État arrivé aux affaires par l'appui de la presse, mais qui prisait assez peu les hommes de presse en général et ne faisait pas mystère de ses sentiments à leur égard. Solliciteur malheureux, M. Emile Girardin ne tarda point à prendre avec éclat sa revanche des dédains du pouvoir. Dans les derniers mois de 1831 U fondait, à grands renforts d'annonces et d'affiches, son fameux Journal des Connaissances utiles, recueil dont le titre parle assez de lui-même pour nous dispenser de l'expliquer, qui en vint un moment a compter jusqu'à 1 40,000 abonnés, mais dont on no saurait lui attribuer le mérite de (Invention première, puisque l'analogue existait déjà depuis plusieurs années en Angleterre. Le côté vraiment ueuf et original de cette spéculation, ce
fut de la présenter comme émanant d'une association philanthropique dont les membres gardaient le plus strict incognito, et qui, suivant ce que les prospectus et les réclames affirmaient avec la plus étourdissante intrépidité, s'était constituée à Paris dans le but unique de faire le bonheur de l'humanité en général et du peuple français en particulier, en enseignant à chacun, moyennant la bagatelle d'un abonnement de quatre francs par an, par an quatre francs I la manière de faire mieux valoir son héritage qu'il n'avait pu le faire jusque alors sous l'empire des préjugés et de la routine. M, Emile Girardin, avec une grande et rare habileté , reconnaissons-le, s'était contenté du titre modeste de secrétaire général de cette prétendue société, qui siégeait tout entière dans son cerveau, et des deniers de laquelle il ne tarda point à s'acheter, dans la rue Saint-Georges, une élégante et coquette habitation , au-dessus de la porte de laquelle tout Paris put encore voir pendant plusieurs années, sur une tablette en marbre noir, cette inscription de bon goût et en lettres d'or : Hôtel de la Société nationale.
L'immense succès du Journal des Connaissances utiles ne se soutint pas, soit qu'on n'ait réellement rien fait pour le justifier et le mériter, soit qu'ici encore la pensée créatrice et organisatrice ail été fort mal secondée ; auiii trois ou quatre années après n'en était-il plus déjà question. Cependaut, il avait tout au moins produit ce résultat , que le nom de M. Emile Girardin était maintenant dans toutes les bouches cl avait acquis dans le monde des affaires une notoriété d'habileté, qui devait singulièrement lui faciliter l'accès des hautes sphères industrielles. La fatalité voulut encore que dans celle direction nouvelle, où il ne manqua pas non plus de se jeter a corps perdu , et dans le choix des alfaircs auxquelles il se décida à attacher son nom, devenu maintenant une manièic de puissance, il ne fût pas plus heureux qu'il ne l'avait été jusque ici dans le choix des hommes à qui il donnait mission d'exécuter ses idées. Il fit preuve d'un manque al»solu de discernement en prêtant son concours le plus actif à des opérations industrielles de la nature la plus équivoque, et en mettant à leur disposition , comme champ d'exploitation, ^a nombreuse,, mats fort peu intelligente clientèle. L'Institut de Coëtbo, le Physlanotypc , le Papier de sûreté, le Musée des Familles, le Panthéon littéraire, les Mines de Saint- Bérain , etc., furent autant de spéculations qui n'aboutirent qu'à la ruine des trop crédules actionnaires, et dont quelques-unes curent pour épisodes de liquidation de flétrissants procès eu escroquerie intentés en police correctionnelle aux gérants. Ces désastres successifs n'avaient point alattu l'énergie morale de M. E. Girardin; au contraire, il y avait puisé, pour ainsi dire, un nouveau courage. Comme il s'était enfin aperçu que le grand marché, la foire privilégiée de l'époque, c'était la chambre des députés; que là seulement un homme nouveau comme lui, uniquiM ient fils de ses œuvres, pouvait espérer de se faire admettre à avoir part aux grandes affaires, il s'était mis sur les rangs pour la députation dans un coin ignoré de la France ; et en 1S31 il avait vu son nom sortir de l'urne électorale à Bourganeuf ( Creuse). Un esprit médiocre se fût alors hâté d'aller prendre place parmi les députés de l'opposition la plus avancée : c'était un moyen infaillible de se faire tout aussitôt pardonner des antécédent* que scsennemis(ilen comptait déjà beaucoup, car il avait réussi!) qualifiaient sévèrement. Lui, il résolut de se roidir contre l'hostilité de plus en plus patente de l'opinion publique et de s'enrôler dans les rangs du parti conservateur. Il est vrai de «lire que sans aucun doute son e«poir secret était d'arriver quelque jour à en être l'un des meneurs, et qu'il jugeait qu'il lui serait autrement difficile de jouer ce rôle dans l'opposition. Ce ne fut pas sans |>cine, d'ailleurs, qu'il parvint à faire valider son élection. A gauche, à droite, au centre, il était l'objet des plus vives répugnances; comme si, en vérité, lotis ces gens-là avaient eu le droit de faire les difficiles et les dédaigneux à l'égard d'un collègue qui n'avait fait ni plus ni moins que les trois quarts d'entre eux! On essaya donc bien sournoi-