‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 272 sur 614 · INDE · texte numérisé non relu

INDE

et signala sa puissance en renversant le ministère formé |*r Louis XVI après l'acceptation de la constitution. Le nouveau cabinet se composa sous son influence; on y vit particulièrement figurer Roland, dont l'épouse était comme l'âme du parti ; et Dumouriex, recommandé par ses connaissancesdiplomatiques et ses plans guerriers à des hommes appartenant pour la plupart au barreau. Peu après, la guerre fut déclarée à l'Autriche , et la nation se précipita avec un | admirable élan dans cette longue lutte continentale, qui de- . vait , après des succès inouïs, se terminer par les catastrophes de 1814 et IM5. Cependant, Louis XVI, toujours le ccenr saisi d'effroi à chaque pas en avant qu'il faisait dans les voies révolutionnaires , ne tarda pas à être en lutte avec ses nouveaux ministres. En juin 1792, quelques décrets, auxquels il refusait sa sanction , amenèrent la dissolution du cabinet, dont trois membres furent remplacés par des hommes du parti feuillant, ou constitutionnel. Alors les hostilités des girondins éclatèrent ; quelques rapprochements avec la cour furent en vain essayés , et bientôt leur union momentanée avec le* jacobins contre celui que les uns et les autres regardaient comme l'ennemi commun , entraîna la chute du trône. Il n'avait été qu'ébranlé au 10 juin ; il fut compl-ilement renversé au dix a o û t.

La participation des girondins à ces journées , surtout à la dernière , ne saurait être douteuse : ils s'en sont fait plus tard, à la tribune ou dans des écrits qui sont restés, un titre de gloire. Mais il arriva alors que les girondins , en mettant un terme à une puissance qu'ils croyaient ennemie irréconciliable de la révolution, en développèrent une autre qu'il leur fut impossible de contenir, l'anarchie sanglante, qui devait tout perdre , après avoir dévoré tant de victimes : les premières furent celles que frappèrent, aux 2 et 3 septembre suivant, les meneurs de la Commune de Paris et du club des Jacobins , avec le terrible Danton pour chef. Les girondiuseurent horreur de ces effroyables massacres, auxquels ils étaient complètement étrangers ; et ils ne cessèrent , avec une généreuse persistance, dans cette assemblée comme dans la nouvelle qui s'ouvrit quelques «emain.s après, d'en réclamer le châtiment. Ainsi commença la lutte entre eux et les jacobins, qui voulaient qu'on jetât un voile 6ur ces actes de la justice populaire. Le procès de LouisX VI , dont s'occupa d'abord la C on vent ion, suspendit un moment les hostilités. Dans le cours de ce procès mémorable, les girondins, rendus à l'individualité de la conscience, cessèrent pour ainsi dire de former un parti : leurs votes furent très-divers. Quelques-uns refusèrent de juger; plusieurs, en reconnaissant la culpabilité de Louis, voulurent que sa liberté fût seule atteinte ; d'autres , en prononçant contre lui la mort , essayèrent de le sauver par l'appel au peuple. Ces tentatives, qui restèrent vaines, animèrent davantage encore contre eux les passions des démagogues. Toutelois, puissants par la parole , ils conservaient encore une haute influence sur la Convention; ils en usèrent le 8 avril 1703 pour faire rendre un décret qui leur devint bientôt fatal à eux-mêmes : il portait que les députés convaincus d un délit national seraient sor le-cliamp livrés au tribunal révolutionnaire. La mesure était dirigée contre Marat, qui chaque jour distillait le fiel contre la Gironde, dans sou ignoble Ami du Peuple. Peu de jours après, Marat fut en effet décrète d'accusation ; mais il fut awpritto et ramené en triompho sur son siège, la tête couronnée de lauriers, qui devaient être bientôt teints du sang de ses adversaires.

Après cette attaque infructueuse contre l'idole des faubourgs , les girondins devinrent en butte à la vindicte populaire, excitée contre eux par la Commune de Paris et par le club des Jacobins. Le 15 avril, des commissaires de section se présentèrent à la barre de la Convention pour réclamer la mise en accusation de vingt-deux d'entre eux. L'agitation s'accrut de jour en jour, cl le projet fut même, assure-t-on , formé par les furieux de massacrer ces députes , qui trouvaient encore un suffisant appui dans le sein de l'assemblée ; les girondins, redoublant d'énergie, déno*

Page 1