GIROUETTE
vent. Il y a des girouettes au moyen (lesquelles on peut connaître la force et la vitesse du vent; tuais cela demande un mécanisme particulier, qu'un nomme anémomètre.
La lourde et criarde girouette était autrefois un attribut féodal , qui ne pouvait figurer que sur les châteaux , et dont le v Uain n'eût osé se permettre de décorer son humble toit. La girouette a donné lieu à quelques allusions; celle de liât le a joué un grand rôle dans la philosophie : on sait que la question du franc arbitre a divisé, divise et divisera probablement à tout jamais les philosophes ; Bayle fournit aux fatalistes une nouvelle arme par l'ingénieuse hypothèse d'une girouette qui, étant douée de la seule faculté de vouloir se mouvoir, s'imaginerait, toutes les fois que le vent la pousse à droite ou à gauche, qu'elle se meut par sa propre force, par uue vertu innée en elle. Il en est de même de l'Ame, dit il : l'amc a la faculté de vouloir ce qui lui fait plaisir; elle veut donc en couséquence de la manière dont elle a été prtcedeini uent, ou dont elle est encore affectée : c'est là le vent qui la pousse; elle est effet et se croit cause; elle obéit et croit commander; elle se persuade que tout ce qu'elle veut, tout ce qu'elle exécute, est libre et volontaire, tandis que les circonstances antérieures, le* jugements qu'elles ont déterminés, les affections que l ame a reçues, rendent sa détermination nécessaire et fatale. On sait comment cette hypothèse a été depuis développée et renforcée par les raisonnements des philosophes du siècle dernier, et ce que les spiritnalisles ont répondu.
L« mot girouette a été encore appliqué à ces hommes qu'où a vus si souvent , dans les événements politiques, changer de couleur et d'attachement, selon que le vent de la faveur souillait d'un coté ou d'un autre. On a même publie depuis 1815 plusieurs Dictionnaires des Girouettes. Dans un des derniers on avait eu soin d'indiquer par le nombre de girouettes, placé a la suite du nom de chaque individu, le degré de son girouettisme. C'est encore un livre à retaire aujourd'hui. Bernard Jvixikn.
Sur les v aisseau 1, la girouette est une bande de toile légère ou d'élatniue, cousue et moulée sur l'equineite, ou espèce de bâti Cu bois, placé à la tète des mats, et plus généralement au grand mat seulement. La girouette indique la direction et la durée du vent. Celle des grands bâtiments est d'une laize d'étamine, et a souveut de 2 mètres à 2"*, 30 de longueur. On en fait de toutes couleurs mais plus ordinairement en blanc, en bleu et en rouge : la girouette, montée sur le fer du paratonnerre , qui lui sert d'axe, tourne autour pour indiquer Ja direction du veut. La partie cousue et encadrée à la moitié de la longueur totale; l'autre est peudante ou flottante au gré du vent. Les girouettes sont mi ornement pour les vaisseaux : elles servent encore, par leur variété de couleurs, à les faire reconnaître dans les escadres d'après le rang qu'ils tiennent dans la ligne de leur division. Mkruk.
GI&EMKiYT oo GlSSLMKiNT (Manne), situation des cotes, direction qu'elles suivent par rapport aux différents puiuls de la boussole. On applique ce mot à toutes espèces d'objets, en les comprenant toujours dans le sens de leur longueur : ainsi le gisement d'une Ile est nord et sud, si la ligue qui joint les deux points les plus éloignes de celte Ile est dans celte direction d'après la boussole. Le gisement d'uu écueil est l'aire de vent sur lequel il est relevé de deux points diflércnls. Le gisement de deux lies, de deux écueil*, de deux points quelconques., c'est la direction indiquée par le compas de la ligne qui passe par ces deux points. Lorsque les navigateurs font quelques découvertes , ils ont soin, à leur retour, d'en indiquer le gisement, afin d'éclairer ceux qui les suivent. Mkrlm.
(ilSLilE.\T (Géologie). Ou donne ce nom a toute masse minérale contenant quelque substance utile, que l'on cherche à en extraire. Les fi I o n s , les a m a s , les c o u c h e s, les rognons, etc., sont autant de dénominations différentes s'a|»pliquant aux principales formes rie gisements des substance* minérales.
— 6ISQUET 8J8 GI80RS. Voges Ecna
GISQCJET (JosEPn-HeNHi ), ancien jiréfet de police à Paris, né dans cette ville, en 1792, entra de bonne heure un service ; mais, par suite d'une blessure qu'il reçut a la chasse et qui nécessita l'amputation d'un avant-bras, il fut bientôt renvoyé dans ses foyers. Admis alors comme commis dans la maison de banque des frères Périer, il obtint, par son zèle et son activité , la protection de ses patrons , qui le mirent à même de fonder, en 1826, à Saint-Denis, une grande usine pour son compte. Sons sa direction intelligente, cette opération prospéra si bfai , qu'en peu d'anm'-e s il était parvenu a être compté parmi les négociants notables du département de la Seine, lesquels lui conférèrent les honneurs de la magistrature consulaire. A la suite de la révolution «le Juillet, il fut élu membre du conseil général de la Seine. A ce moment, une crise commerciale des plus graves pesait sur la place de Paris; et sans une importante fourniture de fusils qull alla négocier en Angleterre pour le compte du gouvernement, fourniture adjugée sans publicité ni concurrence, dans des conditions excessivement onéreuses pour le trésor public, on a tout lieu de |tenser qu'il eût été impossible à la maison Gisquet de soutenir Iccltoc des nombreux sinistres qu'elle éprouva. L'n procès fameux fit, quelques années plus lard , connaître une partie de la vérité au sujet de celle affaire des fusil s-Gtsquet, demeurée l'un des plus scandaleux tripotages d'une époque si féconde en ce genre.
Casimir Périer, nomme premier ministre en mars 1831, désirant avoir à la préfecture de police un homme complètement à Ini , obtint de Louis-Philippe qu'on en renvoyât Vivien, qui avait succédé à M. liaude, et qu'on y appelât M. Gisquet, son ancien commis et son constant protégé. Dans l'exercice de ces fonctions, M. Gisquet, on ne saurait le nier , apporta la fermeté , la vigilance et l'activité qui avaient fait défaut à ses prédécesseurs. Les insurrections de 1832 et de 1834 ne le surprirent point, et grâce à ses mesures , aussi promptes qu'énergiques , elles purent être comprimées. Les divers attentais dirigés contre la vie de Louis-l'hilippc lui fournirent également l'occasion de faire preuve de présence d'esprit et de sang-froid , comme aussi de déployer un grand zèle monarchique. Son nom, naturellement lié à toutes les mesures de répression auxqnelles le pouvoir dut recourir pour se maintenir en présence de partis qui conspiraient son renversement, devint bientôt aussi impopulaire que ceux des Delavau , des Franchet , des Mangin, et de tous h* autres exécuteurs des vengeances de la Restauration. De vagues rumeurs de concussions commises dans l'exercice de ses fonctions vinrent se joindre aux reproches d'actes arbitraires et illégaux qui s'élevaient de toutes parts contre lui; et lors du changement de cabinet qui eut lieu en 18.15, le ministère dut donner a l'opinion publique la juste satisfaction d'une destitution. M. Gisquet, désormais usé et inutile, fut remplacé à la préfecture de police par M. Gabriel Dclcssert, et reçut comme fiche de consolation sa nomination aux fonctions de conseiller d'Etat en service extraordinaire. 11 était difficile que M. Gisquet ne pardAl pas rancune aux ministres qui l'avaient ainsi sacrifié ; aussi, élu député à 1a chambre de 1837, profita-t-il de la discussion des fonds secrets pour faire sur leur emploi des révélations qui achevèrent de le perdre dans l'esprit des gouvernants , sans qu'il réussit pour cela h se faire pardonner son passé par le parti libéral.
Kn 1838, Le Messager, journal qui avait momentanément cessé d'être l'organe de l'administration, publia un article dans lequel on faisait allusion, en termes très-diaphane- , a une mvstérieusc histoire d'akôvo où il était question d'une femme mariée séduite, du silence et de la disparition du mari obtenus à prix d'argent et d'un duel lâchement refusé. Clairement désigné dans cet article, M. Gisquet porta plainle en calomnie contre le journaliste : le procès qui s'ensuivit fut un de ceuV qui percèrent à jour la politique de roueries et de corruptions sur laquelle s'appuyait le gouvernement de Louis-Philippe, et qui permirent de sonder toute la proton-