GIUNTI
Jouta , et en France les Junte. Elle n'était point originaire de Lyon, ainsi qu'on l'a imprimé, mais bien de Florence, où il en est fait mention dès l'an 1304 , et où , en 1489 , elle fut, par un décret, promue au rang des familles patriciennes. A partirde la fin du quinzième siècle, on voit les Junte figurer comme libraires et comme imprimeurs à Venise, à Florence, plus tard à Lyon , et enfin à Burgos, a Salanianque et à Madrid. La plus ancienne de leurs maisons parait avoir été celle de Venise, qui fut fondée par Lttca Antonio Giuxta, venu de Florence s'établir dans cette ville vers l'an 1 480, et qui d'abord , de 1482 à 1498, se borna à faire de la librairie, mais qui à partir de 1499 eut une imprimerie à lui, dont le premier produit fut : J. Mar. Politiani Constitution es ordinis Carmelitarum (in- 4°). Ses dernières impressions sont de 1537, l'année même de sa mort.
L'imprimerie continua de marcher après lui, sous la raison de Hxredes L. A. de Giunta, d'abord sous la direction de son fils Tommaseo Giunta, dont iui incendie dévora les ateliers en 1557. lie 1644 .\ 1648 on voit les Ueredi di Tantmmeo Giunta figurer comme actionnaires de la maison de commerce de F. Baba, et le dernier ouvrage sorti des presses des Juntes à Venise parait être de 1657.
Les Junte de Venise, uniquement préoccupés de la partie commerciale de leur art , n'ont rien qui les distingue des autres imprimeurs de Venise leurs contemporains, et en ce qui touche les caractères et le papier qu'ils emploient, ils sont infiniment inférieurs aux Manuce et au Giolito. Il ne parait pas qu'ils aient rien imprimé sur parchemin ; et leurs éditions grecques sont en très-petit nombre. L'édition du Cicéron de Victorius ( 1534 ) est presque le seul ouvrage important sorti de leurs presses. Leurs missels ne sont cependant pas sans mérite.
Filippo GttNTA, neveu de Luca Antonio Giunta, fonda aussi à Florence, sa ville natale, une imprimerie, dont les premières productions furent Zenobii Proverbia (1497, in-4u) et l'édition de 148» de l'Homère de Florence. Après la mort de Filippo, arrivée le 16 septembre 1517 , ses deux (ils Denedelto et Bernardo Giunta, puis leurs héritiers, continuèrent de taire marcher son imprimerie. Les Aime de Buonarotti ( 1623, in-4°) paraissent être le dernier ouvrage sorti des presses de la maison de Florence. Les types qu'elle employait soutiennent avantageusement la comparaison avec ceux des Manuce, et remportent même pour ce qui est des caractères italiques. Ce n'est que sous le rapport de la variété, qu'ils sont inférieurs à ceux des Manuce ; du même qu'ils le cèdent aux éditions des Aide pour ce qui est du papier, de l'encre et du tirage. La maison de Florence a d'ailleurs livré beaucoup d'éditions sur grand papier, et plusieurs belles impressions sur parchemin. 11 est à présumer que les Giunta de Florence possédaient une fonderie de caractères qui alimentait aussi les autres imprimeries de leur ville. Quoique ce ne soit pas, en général , sous le rapport de la pureté des textes que les éditions sorties des presses des Juntes jouissent d'une grande réputation, il e-»t facile de s'apercevoir qu'à l'instar des Manuce ils savaient mettre à profit leurs relations avec les savants et les lettrés de leur temps, pour les améliorer autant que possible. C'est là un éloge qu'on ne saurait faire des ouvrages sortis des presses de la maison de Lyon , fondée par le fils de Fran* cesco Giunta, Jacobo Giuhta de Florence, qui eo 1519 était encore établi à Venise , mais qu'on retrouve dès 1520 à Lyon , où il ne paraît d'abord que comme libraire-éditeur, mais où à partir de 1527 il imprima lui-même les ouvrages qu'il éditait. A sa mort, arrivée en 1548, ses Imitèrent avec succès sa maison, dont o jusqu'en 1592.
Il est plus difficile de débrouiller les relations qui ont existé entre les Giunta d'Italie et les Giunta d'Espagne, et encore les rap|K>rts ayant existé entre ceux-ci. Ainsi , on trouve un Juan JtRTA Imprimeur à Burgos en 1526, 1528 et 1551 , et de 1382 à 1593 un Filippo Junta, lequel est peut-être le même |iersonnage que le Filippo Giunta jeune , de Flo>