GIVET
et mutilée de ses œuvres poétiques sous le titre de Poésie d'un ttuitano; de sorte qu'il se vit alors forcé de publier lui-même une édition de ses Versi (Hostta, 1845). Dans un séjour qu'il alla faire à Colle di Val d'Eisa , il composa son Gingillino, ouvrage où se trouve racontée la vjo d'un bureaucrate depuis son berceau jusqu'à sa tombe. Partisan d'un libéralisme sage et modéré, il foudroya dans une satire les tendances et les aspirations de la Jeune Italie, orgueilleuse et impuissante coterie, qui a peut-^tre retardé d'un siècle ( avènement du règne de la liberté dans la péninsule. Quand l'exaltation de Pie IX sur la chaire de Saint-Pierre sembla annoncer une ère nouvelle pour l'Italie, les vers de Giusti devinrent plus rares. Cependant son Congresso de' Birri et ses Spettri del 4 settembre produisirent encore une profonde impression. La constitution octroyée le 15 février 1848 à ses sujets par le grand-duc do Toscane 1 Léopold II lui fournit le sujet d'une ode adressée à ce prince. Élu à deux reprises membre de la chambre des députés, et la seconde fois contre son gré, il parla peu dans cette assemblée, mais toujours à propos et avec justesse. La seule production qu'on puisse citer de lui dans cette période est son célèbre Sonnet sur les majorités. A la chute du ministère de son ami Capponi, et quand commença la domination des radicaux et de la populace, Giusti écrivit contre l'absolutisme, aussi bien celui d'en haut que celui d'en bas, son Delenda Cartago et VArruf/a-popoli, productions qui le firent ranger parmi les réactionnaires et lui valurent un arrêt de proscription. Dans l'ete de l'année 1849, l'aggravation de son état de souffrance le décida à essayer des bains de Viareggio, et II mourut le 31 mars 1850, à Florence, dans le palais Capponi.
Quoique Giusti ne doive guère qu'à des poésies satiriques et politiques la réputation qui est demeurée attachée à son nom, quelques épanchements poétiques datant d'une époque où son cœur s'occupait de sujets d'une nature plus tendre et plus intime prouvent que son talent eût été susceptible de s'élever bien au-dessus de la simple négation ou encore de la poésie politique et sociale de circonstance. L'édition complète des Versi de Giusti (Florence, 1852), comprenant en tout 87 morceaux, n'eut pas plus tdt paru qu'elle fut sévèrement prohibée et que la police en fit saisir chez l'éditeur tous les exemplaires sur lesquels il lui fut possible de mettre la main. En fait d'ouvrages en prose, on n'a de lui que son Discorsosu Parini (Florence, 1846).
GII S IT\IA\'I, ancienne famille italienne, qui n fourni plusieurs doges aux républiques de Venise et de Gènes , et à laquelle appartenait le marquis de Giustiniani qui vivait à Rome dans les dernières années du seizième siècle et au commencement du dix-septième. C'est lui qui, sur les ruines des bains de l'empereur Néron , fit construire l'nn des plus grands palais qu'il y ait dans la capitale du monde chrétien , et il y réunit l'une des plus belles collections de tableaux qu'on n'avait jamais vues. En 1807 la famille Gnstiniani fit transporter cette collection à Paris, et après en avoir fait vendre aux enchères plusieurs des plus belles toiles, traita du reste, qui se composait encore de I7u tableaux , avec le peintre Bonnemaison , lequel , en 1815, le revendit au roi de Prusse. La galerie Giustiniani fait aujourd'hui partie du musée de Berlin. Le palais Giustiniani ne possède plus qu'un très-petit nombre de* antiques qui l'ornaient autrefois ; mais on continue à ajouter le nom de ca palais à beaucoup d'œuvres ayant fait partie jadis de sa collection, par exemple à la Miner va tnedica, dans le Brocci o nuovo du musée Chiaramonti , au Vatican, à la Yesla de la même collection, etc., etc.
GIVET, ville du département des Ardennes, sur la Meuse, qui la sépare de Char lemont, compte une population de 5,689 habitants ; elle possède une bibliothèque publique de 5,000 volumes. H s'y lait un commerce important de transit; on y trouve des cor roier tes, des tanneries, des brasseries, des fabriques de ceruse, de cire à cacheter, de crayons, de plu mes à écrire , de colle forte de pipes façon de Hollande et
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autres; de» naines à cuivre et à xi ne, de* fonderies, de» laminoirs, des trélïlerie*. On y fabrique des ustensiles de cuisine, placé au point de jonction de plusieurs routes importantes, à 9.0 kilomètre» de Namur, Givet lorme avec C ha rie mont une des places les plus fortes de la France et une des plus importantes an point de vue stratégique.
GIVHE( Mêleorolayie), espèce dégelée bla n cho qui se dépose à la tin de l'automne , en hiver cl au commencement du printemps, sur les habits du voyageur, les vitres des appartements, etc. Le givre se produit de deux manières : 1" Pair atmosphérique, tenant toujours en suspension une certaine quantité d'eau à l'état de vapeur, si, par une cause quelconque, l'atmosphère éprouve un abaissement de température, les vapeurs d'eau se congèlent, acquièrent un poids spécifique supérieur a celui de l'air, et tombent à la manière de la neige, sur les objets qui sont à di couvert; 2° le yivre se manifeste sur un corps lorsque la température de celui-ci est beaucoup plus basse que celle de l'air ambiant : en hiver, par exemple, il arrive que les vitres se couvrent du rote de l'intérieur de l'appartement d'une couche de givre. Ce phénomène s'explique facilement : la température de l'atmosphère étant beaucoup plus liasse que celle de l'air de la chambre, les vapeurs que cet air tient en suspens, se trouvant en contact avec le carie iu froid, passent à l'état de petits glaçons, etc. On a pu faire l'observation que les murs se couvrent de givre par un temps de dégel. Cela se comprend facilement encore : les murs, sVchauffant moins rapidement que l'air ambiant, gèlent, par leur /raideur, le* vapeurs aqueuses qui se mettent en contact avec leur surface. Enfin, on produit du givre artificiellement, même par un temps chaud, en ev posant a l'air une bouteille pleine de glace ou de matières frigoritiques, des sels, par exemple : la bouteille se couvre d'ubo d d'une couche d'eau, ensuite de très-petits glaçjiu, qui ne sont que le résultat de la congélation dos vapeurs que l'air ambiaut met en contact avec la surface froide de la bouteille. TttVSsÈDkE.
(.IV HIC ou CUIVRE (Blason), grosse couleuvre, vipère, ou serpent à la queue ondée ou tortillante. Quand elle est en fasce, on l'appelle rampante ; quand elle est droite, on la dit en pal. Les arme» des ducs de Milan consistaient en une givre à l'enfant nu bissant des gueules. Le Dictionnnairc de Trévoux dérive ce mot de vivere ; mais tous les élymologistes n'adoptent pas celte origine trèscontestable, et quelques-uns le font venir du latin vipern.
GIZEH ou GIIISKH.gros bourg situé sur la rive gauche du Ml, en face du vieux Caire, et autrefois fortifié par les Mamcloucks. C'est la que débarquent tous les voyageurs qui du Caire s'eu vont visiter les grandes pyramides qu'a cause de cela on est aussi dans l'habitude de désiguer sous le nom de Pyramides de Gizeh, bien qu'elles en soient distantes d'environ i myraïuètre, et même do 2, à l'époque de l'inondation , ou l'on est obligé de suivre la «ligue. Il conviendrai! dès lors beaucoup mieux de leur douner le nom d un village situé immédiatement à côté d'elles, Kajrel-Rati an.
(àLAbER (R*oil), bénédictin de Cluny, historien. On sait peu de choses sur lui, sinon qu'il naquit en Bourgogne, que, malgré le caractère sacré dont il élait revêtu, il mena toujours une vie joyeuse et dissolue, et qu'il mourut en lo:>fl. ta chronique dont il est l'auteur comprend tout le dixième siècle et les quarante-six premières années du onzième. Elle a été imprimée dans les Historié Francortm de l'illwu et dans les Scriplores Francorum coa,tajici de Du<iie«ie.
< i L ACE ( Ph yslque ) , du latin glucies, étal solide de l' e a u . La glace a plus de volume que l'eau. A poids égal , quinze •Hres d'eau , par exemple , produisent seize litres de glace, lle.me oup de «instances, au contraire, occupent moins d'espace «lant à l'état solide qu'à l'état liquide: le cuivre, le plomb, I elain , remplissent imparfaitement le moule dans lequel on les coule; le fer, le soufre, participent sous ce
rapport des qualités de l'eau , et remplissent très-bien le moule qui les reçoit.
On a longtemps agité la question de savoir si la glace ms formait au fond ou a la surface des eaux, des fleuves. Plusieurs physiciens ont avancé et soutenu que les glaçons que charrient les rivières partent d'abord du fond. Suivant leur opinion, le fond de l'océan est recouvert d'une couche de glace. Cette hypothèse n'est plus soutenable , depuis surtout que la théorie du feu central , la plus vraisemblable de tontes , est basée sur des observations plausibles ; d'oii il suit que les eaux qui occupent les parties inférieures des abîmes des mers doivent avoir une température plus élevée que celles qui se trouvent à leur surface. D'ailleurs, une masse d'eau est un préservatif du froid ; une maison de neige offre, dans les pays très-froids, un excellent abri: tout porte donc à croire que les glaçons se forment à la surUee des eaux. La congélation commence vers les bonis, dans les endroits où l'eau est tranquille.
Si la glace élait plus pesante que l'eau , dans les froids de longue durée , les rivières , les étangs gèleraient jusqu'à fon«l , et tous les poissons qui s'y trouveraient périraient infailliblement, attendu que les glaçons tombant au fond des eaux a mesure qu'ils se formeraient, toute la masse ' du liquide se solidifierait : cela se conçuiL Or, U glace se tenant a la surface devient un préservatif contre In froid pour les eaux qui sont au-dessous.
Dans les pays très-froids , on peul Taire avec delà glace des carreaux «le vitre. Lu 1740, on construisit avec des quartiers de glace à Saint-Pétersbourg un palais de 1 7 mètres de long sur 7 mètres de haut ; quatre canons aussi en glace furent placés au devant de cet édifice : on leschargeaavec de la poudre, et ils chassèrent le boulet sans crever. Des curieux ont fait avec de la glace des lentilles qui avaient les mêmes propriétés que celles en cristal : elles concentraient les rayons du soleil et mettaient le feu à «les matières combustibles exposées à leur foyer.
Les glaces couvrent les mers et les régions polaires et le sommet de certaines montagnes ; elles vont toujours 1 en augmentant. Néanmoins, de temps à autre il se ilétacbe des régions polaires des quartiers énormes de glace , qui ont quelquefois plusieurs kilomètres «le circonférence : ils | voyagent ordinairement en s éloignant du pôle , et se fondent entièrement.
En se servant d'un appareil d'une assez grande dimension , dans lequel se fait le vide par le moyen de la vapeur , on peut obtenir de la glace en toute saison dans des pays oii jamais il ne s'en forme naturellement, et dans lesquels par conséquent il est plus à désirer que l'on puisse s'en procurer. On a expédie d'Angleterre dans plusieurs possessions des Indes des machines de ce genre , qui ont été un bienfait pour le pays. Ou obtient encore de la glace à l'aide d'autres , appareils frigo rit iqu es.
Outre la propriété qu'a la glace de rafraîchir les boissons et de servir à la confection de certaines préparations culinaires ( voyez l'article suivant), elle est employée avec succès pour garantir les corps organisés de la corruption : un poissou que l'on enveloppe de glace au moment où il est encore frais se conserve pendant plusieurs jours , même en été , sans donner aucun signe de putréfaction. Si l'on I parvient a l'envelopper d'une croûte de glace bien compacte, I U sera bon à manger au bout de plusieurs siècles. Tout le monde a entendu parler de cet énorme quadrupède , espèce d'éléphant , que les Russes appellent mammouth, et qui fut trouvé dans un bloc de glace sur les côtes «le la Sibérie ; il y avait peut-être dix, vingt mille ans que cet animal avait péri, car on n'en trouve plus de son ospéce en aucune contrée du globe; néanmoins, il était si bien conservé que des ours blancs en mangèrent la chair.
Depuis long-temps, les médecins emploient la glace comme réactif ou comme sédatif, pour neutralisa les effets de certaines maladies, telles que les lièvres cérébrales, vie. Disons eu terminant un mot «le \» glace mjlamnutblt. A
proprement parler , ce n es qu un jeu «le physique , dont l'invention est ilue à Bosc. Voici la manière <le le composer : on prend de l'huile de téréltfntbinc distillée ; on l'expose dans un vaisseau à une chaleur douce, et Ton jette dan* le vase , et à plusieurs reprises , du rpermaceti. Si le mélange est faitdans des proportions convenables, il aura la transe, parence de l'eau. Placé dans un lieu frais , ce mélange *c congèlera en quelques minutes , et l'on aura une imitation parfaite de la glace d'eau ordinaire. Pour enflammer celle composition , on l'cspose à une température un peu chaude, et au moment où elle se Tond, et tandis que des petits glaçons flottent sur le liquide , on y verse de l'acide nitrique de bonne qualité ; le tout s'enflamme et se consume en un instant. Teyssëmk.
GLACE [Art culinaire). Les habitants «les payschauds ont de tout temps recherché les boissons fraîches : l'eau à la glace (ait les délices d'un Persan , d'un Italien. La gourmandise et l'art ont trouvé les moyetis de se procurer en toute saison des boissons et des friandises glaciales. C'est, au reste, dans les pays chauds que l'art du glacier a pris naissance : on employa d'abord pour rafraîchir les boissons les neiges qui couronnent les sommets des hautes montagnes. Au siècle dernier, l'év cqut- <!c Calanc tirait vingt mille francs de rente d'un monceau de neiges qu'il possédait sur l' lit n a.
Les glaces proprement dites ne furent, dit-on, connues en France que vers lfiGO : ce fut un Florentin , Procopio Cultelli, qui le premier fit goûter au\ sujets de Louis XIV les attrayantes douceurs de ces sortes de confitures. Le c a fé qu'il fonda à Paris existe encore, et poitc son nom.
Les glaces prennent les noms de sorbets ou de crèmes. Le» sorbets se composent de sucs de fruits , de sucre bien purifié, et de matières aromatiques , etc. Le» crèmes se font avec dé la crème de lait, des jaunes d'œufs, du sucre, des amandes douces ou amères, des pistaches , du the, du chocolat, du café, de la vanille, du safran, de la cannelle, etc., etc. Pour former une niasse à peu près solide de ces diverses substances , ou les introduit dans une sorte de botte d'étain appelée sabot; on la ferme avec soin , après quoi on la plonge dans un mélange de glace pilée et de sel marin ou d>; salpêtre; on tourne et retourne le sabot jusqu'à ce que les matières qu'il contient soient congelées. On «téhiche de temps en temps , au moyen d'une spatule , la croûte glacée qui se forme sur la surface intérieure des parois du sabot. La température de l'appareil descend ordinairement à W centigrades.
Les fromages à la glace se préparent d'une manière ana ogue. Dans un demi-iilie de crème double on met 0',25 de lait, un jaune d'œuf, 375 grammes de sucre; on fait faire cinq â six Itouiiluns, et on retire du feu : on peut, ad libitum, aromatiser avec la fleur d'oranger, de la bergamote, du citron; on met ensuite dans un moule de ferblanc , et on fait prendre à la glace.
Aujourd'hui , tous les citadins des deux hémisphères qui jouissent de quelque aisance se donnent, surtout en été, la satisfaction de savourer des glaces. Quant à l'action favorable ou défavorable de ces mets sur l'économie animale, les médecins sont graudement en désaccord : s'il faut en croire les conseils de ceux qui paraissent les plus raisonnables, i'Iiomntc laible , dont le tempérament est lymphatique ou ruiné par des excès, s'abstiendra de prendre des glaces; les vieillards en feront autant, et le* femmes se ganteront bien d'user de celte gourmandise, à moins qu'elles ne jouissent d'un état de santé parfait ; mais si tous êtes jeune, robuste , la glace que voua aurez trouvée froide en la prenant provoquera dans votre estomac une aorte de réaction chaleureuse, qui vous fera éprouver un sentiment de vigueur et de bien-être. Il faut dire aussi que les effets d'une glace dépendent beaucoup de la qualité des matières qui entrent dans sa composition , de l'état de santé et de la manière de vivre de la personne qui la prend. Si vous êtes habitué aux b>ssons spiritueuses , des glaces au citron, à l'ananas, tous feront tousser; vous ne tousserez point si les glaces