GLADIATEUR
évident néanmoins que les combats de gladiateurs procèdent des sacrifices butnains aux dieux, et surtout de cet usage , général dans la baute antiquité, d'immoler des esclaTes aux funérailles des ricbes et des puissants. Les Étrusques et les Campaniens, au lieu d'égorger silencieusement les victimes, h\ aient coutume de les faire combattre et s'entretuer autour des bûchers : ces malheureux s'appelaient bustuarii. On croit généralement que Decimus et Marcus Orutus, en l'an 4R8 de Rome, furent les premiers qui firent combattre en public des gladiateurs aux funérailles de leur père. Le peuple en vint bientôt a tellement s'engouer de ces jeux sanglants, qu'ils cessèrent d'être l'accessoire des cérémonies funèbres, et qu'on en fit un divertissement public. Ils se donnèrent d'abord dans le Forum , puis dan* une partie du Cirque, puis enlin dans des amphithéâtres particuliers.
Les gladiateurs apprirent à se battre ; on les exerça , on les dressa ; ils reçurent des noms différents, suivant les armes dont ils se servaient et leur mode de combattre. Les secutorts avaient un casque , un bouclier et une épée ou une sorte de massue dout le bout était plombé., on les opposait invariablement aux retiarii, vêtus d'une tunique courte et coiffés d'un bonnet qui s'attachait sous le menton. Ceux-ci portaient uue arme appelée fascina, assez ressemblante à un trident, et un filet avec lequel ils cherchaient à enlacer leur adversaire. Lorsqu'ils avaient manqué leur coup , ils n'avaient d'autre chance de salut qu'une prompte tuite à travers l'amphithéâtre , afin de se ménager le temps de disposer leur tilet pour une nouvelle attaque. Les Thraces avaient une dague, un poignard et un petit bouclier rond, à la manière des peuples de la Thrace. Hommes féroces et cruels,
soumettre en vrais gladiateurs, corps et Ames. » Ces entrepreneurs les louaient ou les vendaient aux magistrats qui donnaient des jeux et aux citoyens jaloux de popularité. On vit les premiers de la république, Jules César entre autres, avoir des gladiateurs a eux.
Les édiles eurent d'abord l'intendance de ces sortes de jeux ; ensuite, les préteurs y présidèrent ; enfin, Commode eu attribua l'inspection aux questeurs. Les combats de gladiateurs étaient annoncés par des afliclies plusieurs jours à l'avance ; elles indiquaient ordinairement les noms et les signes diMinctifs des combattants, ainsi que la durée de la représentation. Souvent même elles étaient iflustrées, comme nos modernes affiches de pièces à succès, et représentaient les principales scènes qu'on se proposait de donner au public. C'était le villicns, directeur de l'amphithéâtre, ou Veditor des jeux qui les faisait apposer. M. de Clarac a vu sur un mur de Pompéi une affiche d amphithéâtre ainsi conçue : - La troupe de gladiateurs de Numerlus Festus Ampliatus combattra pour la seconde fois. Combats, chasses, velarium ( voile tendu au-dessus des spectateurs pour les garantir du soleil ). Le 18 des calendes de juin. »
Au centre de l'arène était dressé un autel consacré à Diane, à Junon ou à Jupiter protecteur du Latium ; les corn- Iwttants, divisés par paires, défilaient d'abord devant les spectateurs ; en passant près de la luxe de l'empereur, ilss'in clinaient devant lui, en disant : Morituri te salutant! Puis ils préludaient avec des bâtons ( rudts ) et des armes do bois ou de fer émoussé ( arma lusoria). Mais bientôt, au son des trompettes de l'orchestre, ils saisissaient les armes meurtrières, qu'on avait auparavant soigneusement visitées
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presque tous de cette nation, ils passaieut pour les plus re- j pour en constater le fil et le tranchant.
«mutables des gladiateurs. Les Mirmillones, qu'on appelait aussi Galli, avaient une faut, un bouclier et un casque surmonté d'une figure de poisson; on chantait sur eux, dans l'amphithéâtre, une chanson populaire dont voici le refrain : Aon te peto,piscem peto; qttid me /«gis, Galle? Les Samnites ou hoplomachi (armés de toutes pièces ) portaient un baudrier, un t>ouclier d'argent ciselé, une
Au premier sang qui coulait, le peuple s'écriait . Hoc habei ! ( Il en tient ! } Si le blessé baissait ses arme* , c'était un aveu de sa défaite, et sa vie dépendait des spectateurs ou du président des jeux ; néanmoins , lorsque l'empereur survenait dans cet instant, il accordait au vaincu sa grâce, quelquefois avec la liberté, quelquefois à condition de combattre encore un autre jour. Si le gladiu-
botte à la jambe gauche , un casque à aigrette. L'origine de j teur s'était conduit avec courage, sa vie était presque ton
cette dénomination de Samnites vient , suivant Tite-Live , des Campaniens, qui, dans Icnr haine impuissante, avaient donné aux gladiateurs lecostnmo et le nom de leurs belliqueux voisins. Les essedarii combattaient sur des chariots ; les ondabatx, à cheval et les yeux bandés ; les dimachari, avec une épée dans chaque main. Suivant les circonstances, les gladiateurs recevaient encore diflércnts autres noms : dans l'arène, on les appelait mendia ni lorsqu'ils étaient réservé» pour l'heure de rrtidi ; supposititii, lorsqu'ils remplaçaient leurs camarades fatigués ou vaincus; postulat itii, lorsqu'ils étaient particulièrement demandés par le peuple ; calercarii, lorsqu'ils combattaient par troupes. Enlin, les fiscales ou crsnrian fêlaient ceux qui étaient entretenus aux frais du trésor public.
Les gladiateurs se recrutaient de prisonniers de guerre, ou d'esclaves condamnés, ou enlin d'hommes libres que leur extrême indigence portait à exercer ce dangereux métier. Parmi ceux qui combattaient dans l'arène par suite d'une condamnation, les uns étaient condamnés ad gludium, et devaient périr dans l'année; les autres, seulement ad ludion, et ils étaient libérés au bout de trois ans. Les gladiateurs libres s'appelaient auctorati. On choisissait toujours des hommes robustes et en général d'une stature élevée; des entrepreneurs les logeaient et les nourrissaient dans des maisons appelées tudl, où des maîtres de pugilat et d'escrime, qu'on nommait lanist.v, les exerçaient par principes et leur enseignaient l'art de se défendre noblement et de mourir avec grâce. Leurs maîtres leur faisaient prêter un serment que Pétrone nous a rapporté : « Nous jurons, en répétant les paroles d'Kuinolpus, de souffrir la mort dans le feu, dans les chaînes, sous le fouet ou par Cépée; nous jurons, en nn mut, quelle que soit la volonté d'EumoIpus, de noua y
jours épargnée; mais s'il s'était comporté lâchement dans le combat, son arrêt de mort n'était pas douteux. Le peuple faisait connaître sa volonté par un signe : baissait-il le pouce, l'homme était sauvé ; fermait-il au contraire la main droite en levant le pouce, c'en était (ait de lui, et la victime n'avait plus qu'à présenter la gorge à son vainqueur. Aussitôt «pic le gladiateur avait été mis à mort, on enlevait son cadavre. La permission donnée au vaincu de se retirer de l'arène s'appelait mlsito (congé); il y avait autrefois des combats sine missione , c'est-à-dire où la vie de ces malheureux n'était jamais épargnée ; Auguste les interdit.
Pour récompense, on donnait aux gladiateurs victorieux soit une somme d'argent, Mit une palme ou une guirlande de lauriers enrubannes, soit enlin le bâton nommé rudis, qui les réintégrait dans leur condition première. Elaient-ce des hommes libres qui avaient combattu dans l'arène , il leur restait une note d'infamie qui les empêchait d'entrer par la suite dans l'ordre équestre ; étaient-ce au contraire des esclaves, et avaient-Us en même temps reçu la liberté , cet affranchissement leur permettait de tester, mais ne les rendait pas citoyens; Us entraient dans la classe des dédit ice.t.
Hercule était le dieu particulier des gladiateurs ; les rudiarii, c'est-à dire ceux qui quittaient le métier, suspendaient leurs armes dans son temple.
Sous la république, les Romains aimaient déjà tant les combats de gladiateurs, que nous voyons la loi Tullia défendre à tout citoyen qui briguait les magistratures de donner de ces sortes de spectacles au peuple. Mais ce fut sous l'empire surtout , quand il n'y eut plus qu'une multitude dégradée, que cette passion atteignit son plus haut période. Les cuqicreurs donnaient de ces jeux aux jours de leur «ace, aux dédicaces des Milices publics aux triom-