‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 283 sur 614 · GLADIATEUR · texte numérisé non relu

GLADIATEUR

plie», avant qu'on partit ponr la guerre, après des victoires et dans d'antres occasions solennelles. Suétone rapporte que Ti bè're donna deux combats de gladiateurs, l'un en l'honneur de son pèr»\ l'antre en celui de son aïeul Drusus. Néron, au rapport du même auteur , fit un jour combattre daus l'amphithéâtre quatre cents sénateurs et six cents chevaliers; même il se trouva dansces deux ordres des hommes assez avilis pour descendre volontairement dans l'arène, afin d'attirer sur eux les regard» complaisants du tyran. Commode fit mieux encore : il exerça lui-même la gladiatore. Telle était devenue la fureur pour ces hideux speetacles, qu'on vit jusqu'à des femmes, et des plus illustres familles, combattre entre elles et chercher dans le meurtre des émotions nouvelles pour leurs sens flétris cl blasés. Et qu'on ne s'imagine pas que la populace seule assistât à ces combats; les ordres les plus distingués s'y trouvaient toujours au complet; les Testâtes elles-mêmes y avaient la place d'honneur, au premier degré de l'amphitliéAtrc , et ces vierges timides, nous dit Prudence, sentaient leurs esprits | défaillir aux coups les plus sanglants et se ranimer chaque ; fois que le couteau se plongeait dans une poitrine humaine, j Knfin, après rétablissement de la religion chrétienne et le j transit! du siège de l'empire à Bvzance, les mœurs s'adou- ! cirent peu à peu. Constantin détendit de faire combattre les j criminels, et enjoignit au préfet du prétoire de les envoyer aux j mines. En t'an 404 de J.-C, raconte Gibbon, l'empereur Honoriiis célébrait par des (êtes magnifiques la retrailedes Goths cl la délivrance de Rome ;aumilieud'uncombalde gladiateurs, | i:n moine d'Asie, nommé Télémaque, descendit dans l'arène et sépara les combattants ; mais le peuple furieux le lapida suite-champ. Bientôt ce|>endant il se repentit de ce crime, et honora Télémaque comme un martyr. Honorius profila de ce revirement de l'esprit public pour abolir cette sanglante coutume. Toutefois, elle ne cessa complètement qu'à la destruction de l'empire d'Occident par Théodoric, roi des Goths.

Les gladiateurs , dont le nombre était considérable à Rome, prirent quelquefois part aux mouvements politiques. Sous la république, les citoyens puissants qui en entretenaient des /(milles (suivant l'expression consacrée), sous prétexte de les faire servir aux plaisirs de la foule, n'avaient en réalité d'autre but que de s'en (aire un corps de sicaires , toujours prêts à soutenir leurs prétentions |»ar le meurtre et la violence. On éprouva leur valeur dans la guerre de Spartacns; et lorsque Catilina tenta une révolution sociale, les prudentes mesures de Cicéron les empêchèrent seules de se joindre à lui. Ils jouèrent encore un rôle important dans les guerres civiles du triumvirat. Othon, allant combattre Vitcllius, en enrôla deux mille dans son armée. Marc-Aurèle les emmena tous daus sa guerre rontre les Marcontans, au grand désespoir de la plèbe romarne. En 281 , au triomphe de Probus, quatre-vingts gladiateurs refusèrent d'entrer dans l'arène et de s'égorger pour amuser le peuple ; ils tuèrent leurs gardiens, brisèrent leurs |K>rtcs, et se répandirent dans la ville, en exerçant de terribles représailles contre leurs bourreaux ; on fut obligé de faire marcher les troupes contre eux, et ce ne fut pas sans peine qu'on les extermina.

Les Grecs, ce peuple doux et humain , qui n'avait jamais eu que des ath lètes, les Grecs, une fois soumis à la domination romaine, se familiarisèrent peu à peu avec ces horreurs. Les Athéniens seuls ne voulurent jamais admettre de gladiateurs dans leur ville; et quelqu'un ayant un jour proposé publiquement d'établir de ces jeux, afin, disait il, qu'Athènes ne le cédât point à Corinthc : « Renversez donc auparavant, s'écria un citoyen, l'autel que nos pères ont érigé à la miséricorde! »

On a donné improprement le nom de gladiateurs à un assez grand nombre de statues antiques, pour la plupart dans l'atlitiidedu combat et remarquables par le développement du sysb ine musculaire. Ainsi, l'on connaît le gladiateur Jiorghise, découvert à Antium, dans le dix-septième siècle,

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