‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 287 sur 614 · GLAND · texte numérisé non relu

GLAND

inondées d'une foule de populace qui force les consigne» , entre dans les champs en pleine récolta, et souvent intimide les fermiers par leurs menaces et leurs violences. Enfin , les ouvriers qui touchent les moissons et ceux qui mettent en javelles s'entendent souvent avec les glaneuses, et laissent perdre une partie notable de la récolle. Les cultivateurs qui par négligence ou par faiblesse permettent le glanage avant l'enlèvement des gerbes se font un tort réel , créent |«ur eux et leurs voisins une servitude qu'il u'est pas toujours possible d'éteindre, et donnent aux ouvriers des habitudes mauvaises.

Les considérations qui précèdent me conduisent à dire que le glanage devrait être aboli , ou du moins restreint aux vieillards et aux enfants, trop jeunes pour prendre part aux travaux delà ferme, et seulement après l'enlèvement de la dernière gerbe.

Les glanes recueillies dans des champs convenablement moissonnés produisent un blé de peu de valeur; le nombre des mauvais épis est supérieur à celui des é|»i* pleins et nourris; le grain qui en provient donne p*;u de farine.

1*. G*catirr.

D'après l'article 471 du Code Pénal, ceux qui glanent dans les cliami* non encore entièrement dépouillés et vidé» de leur récolte, ou avant le moment du lever ou après celui du coucher du soleil sont punis d'une amende de un à cinq francs. De plus, la peine d'emprisonnement pendant trois jours au plus peut être prononcée selon les circonstances. Le glanage avec des râteaux de 1er dans les champs ensemencés est punissable, aux termes des anciens règlements.

GLAND (du latin glans). On donne ce nom à différents fruits ayant une substance terme, farineuse, et couverte d'une enveloppe coriace, tels que ceux du hêtre, du ch A la i g nier, du charme, etc.; mais il sert à désigner plus particulièrement le fruit du chêne. Les glands qui proviennent du chêne roure, du chêne pédonculé, du chêne de Bourgogne, sont très-communs en France : leur saveur est âpre, acerbe, et ils causent dans la bouche une striction désagréable. Ce ne sont point ces fruits qui ont pu servir à In nourriture de l'homme avant qu'il eût reçu les bienfaits de Cérès et de Triptolème. Cependant, on a tenté de les employer comme aliment dans des temps de disette. En 1709, par exemple , on les réduisit en farine, qu'on mêla avec celle du blé ; mais le pain résultant de ce mélange est tellement insalubre, qu'on ne peut s'eu nourrir impunément , et il a toujours fallu y renoncer. Comme c'est au principe astringent du gland qu'on attribue ses inconvénients , on a essayé de le corriger en le torréfiant : ces essais ont été peu satisfaisants ; on a même reconnu que le feu , loin de détruire la propriété astringente, ne fait que l'accroître. Si cette cause a fait abandonner les glands dont nous nom; occupons comme aliment, elle a engagé à les employer eu médecine. La décoction faite avec ces fruits torrétiés et moulus à la manière du café a été préconisée par plusieurs médecins, Linné, entre auures, pour remédier à diverses maladies. Cette boisson, à laquello on peut associer le lait , est , ont-ils dit , propre à réveiller et accroître les forces digestives; à guérir les scrofules, les diarrhées chroniques et même la phlhisie jwlmonaire. En Espagne , on compose avec les glands une sorte de chocolat en broyant ces fruits torrétiés avec du sucre et un peu de chaux : celte préparation est efficace, dit-on , dans les crachements de sang. On a présenté comme étant douée des mêmes qualités médicales une eau de glands non torrétiés, obtenue par la distillation. Les glands pilé* ont été employés urés-anciennement sous forme de cataplasme pour résoudre des tumeurs indolentes. On a annoncé aussi que ces fruits décortiqués, pilés et lavés, fournissent par la fermentation dans l'eau une boisson analogue à la bière et trcs-salubre. Enfin, on fait un ca/é de glands, et on le présente comme un excellent analeptique : quelques personnes le recommandent dans la convalescence même de diverses maladies.

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