‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 288 sur 614 · GLAND · texte numérisé non relu

GLAND

Les glands qui tombent sur la terra après leur maturité •errent d'aliments aux hôtes des bois, les cerfs, les daims, les chevreuils , les sangliers , les écureuils, les mulots, etc. On les recueille pour nourrir et engraisser les porcs élevé* dans nos basses-cours; et c'est une ressource précieuse d'économie domestique pour les habitants des campagnes. Non-seulement ces fruits ne coûtent que la peine nécessaire pour les récolter, mais encore ils contribuent à améliorer la chair d'un animal dont on fait une consommation trèaronsidérablc. L'excellence du porc de certaines contrées parait dépendre îles glands qu'on ajoute à d'antres substances pour le nourrir : la propriété astringente de ce fruit doit effectivement avoir une influence marquée sur la qualité des chairs ; elle doit donner pins de fermeté à leur texture et augmenter leur saveur.

Quelques espaces de glands sont mangeables , et n'ont point la saveur amère et acerbe des précédentes. Tels sont es glands fournis par le chêne bellotc (quercus bellota), qui croit sur les rives de la Mivtiterranée , sur le mont Atlas et autres régions d'Afrique, en Corse, en Espagne, etc. : ce fruit est gros et allongé; sa saveur a quelque analogie avec celle de la châtaigne ; on le mange de même bouilli ou rôti , et il est recherché d'un grand nombre d'individus ; les riches mêmes ne le dédaignent pa«. Celte espèce a principalement reçu l'épi thète iTesculente ou mangeable, et c'est principalement elle qui servait de base à la nourriture des hommes avant qu'ils connussent les céréales. Les glands fournis par le chêne grec ( quercus esculus ), plus petit que les précédents , ont à peu près la même saveur : on en fait une assez grande consommation en Asie et même en Italie. Le chêne castillan (quercus hlspanica ), et le chêne yeuse ( gttereus pseudo-ilex); fournissent aussi des glands comestibles ; mais le gont s'en accommode moins que des précédents. Dans l'Amérique septentrionale , le chêne blanc, le chêne châtaignier (quercus prinus), le chêne de montagne (quercus montanea) et plusieurs nulres ont aussi des fruits qu'on peut manger. I)f Cn ardos.hieb.

GLAND (Technologie). On désigne par ce mot certains ouvrages en fil, laine, coton, soie, etc., qui dans le principe avaient ordinairement la forme d'un gland de chêne. Mais depuis on s'est singulièrement écarté de cette première origine, et on a donné à ce genre d'ornements mille formes variées, dont plusieurs ne se rapprochent guère de celle du gland naturel.

En tenues de marchand de modes, le gland désigne deux bnincl»es faites en demi-cercle de souci d'hanneton, de na-uds de soie de bouclés, etc., que l'on met dans lesgarni- . tures, aux creux ou vides formés par les festons, ou bien une espèce de bouton couvert de filet d'or, d'argent , de soie, etc., et quelquefois même de perles avec une tête ouvragée de la même matière et des filets pendants. Ce sont les rubaniers et les tissutkrs-rubaniers-frangiers qui les fabriquent.

On |>orte encore quelquefois des glands d'émail et autre matières précieuses. V. de Moléon

GLANDE. On a donné ce nom à un grand nombre de différentes parties des corps organisés : les plantes ont leurs glandes comme les animaux. Aujourd'hui ce mot désigne les organes chargés de sécréter les principales humeurs servant à l'entretien de la vie. lies aliments solides ou liquides, introduits dans l'estomac, sont bientôt convertis en chyle par le travail des intestins ; et ce chyle, versé dans la mwse du sang, renouvelle et reconstitue ce lluîdc, indispensable à la vie. Mais ce n'est pas assez ; il faut que le sang à son tour se transforme en lai t pour fournir à l'enfant qui vient de naître une nourriture appropriée à sa molle constitution; il faut qu'il se change en sa I i v e pour humecter les aliments et en rendre la digestion plus tacite ; en bile, fluide nécessaire à l'assimilation des aliments, etc. C'est dans des glandes qiu: le sang subit ses principales transformations. Les glandes sont des espèces de filin s vivants qui , avec une matière identique, le sang, omissent et élaborent un grand nombre

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d'humeurs de natures fort diverses. Lear action va plus loin que de séparer du sang ces humeurs. Ainsi la glande lacrymale , qui est contigué au globe de l'oeil , et qui se trouve cachée eulru lui et Porbite, du côté des tempes, cette glande compose les larmes aux dépens do sang. Les glandes salivaires, au uombre de six (les deux parotides, les deux maxillaires et les deux sublinguales), sans compter les buccales, labiales, les linguales, les palatines, les amygdales, qui ne sont que des glandes équivoques sans conduits excréteurs, versent dans la bouche la salive qu'elles ont de même tirée du sang. La glande mammaire, occupant le milieu du sein, choisit dans le sang les principes du lait, aliment nécessaire au nunveaii-né. Le fo i e et le pancréas, deux autres glandes , dont l'une est énorme , fabriquent autant de bile et de salive pancréatique que les besoins de lad igestion en réclament. D'autres glandes puisent dans le sang le principe même de la rie , et distillent dans des milliers de canaux la précieuse humeur qui doit animer des êtres nouveaux. Enlin, les reins, par un travail moins utile, mais sans doute plus simple, purifient le sang, attendu qu'ils transforment en urine des substances, qui, très-altérables et très-antmalisées, deviendraient nuisibles à l'économie.

Tous ces organes sécréteurs sont dans une continuelle activité : les uns, comme les glandes salivaires, le foie, les reins, bien qu'indépendants de la volonté, modifient cependant leur travail suivant les besoins de la vie. Si la bouche et l'estomac sont vides, la salive et la bile ne coulent qu'en petite quantité ; mais que l'estomac réclame le secours du foie, aussitôt ht bile chemine et flue en aussi grande abondance qutl est nécessaire. Chez la jeune fille , de même que chez la femme qui n'est pas mère, la glande mammaire reste inactive ; mais dès que la conception est accomplie, les seins, par une puissance inconnue et merveilleuse , commencent à préparer la nourriture de l'être qui n'a pas encore vn le jour. Le sang, changé en lait, sait prendre des qualités différentes, suivant l'Age et les forces du nouveau-né : c'est d'abord une liqueur fade et purgative, sans doute parce que l'enfant doit rejeter le méconium ; c'est ensuite on aliment qui prend chaque jour plus de consistance à mesure que l'enfant a besoin d'une nourriture plus substantielle. Et tout cela se fait dans une glande, sans que la volonté de la femme soit mise en jeu, sans que cette mère en ait la moindre conscience ! Si la mère refuse de nourrir l'être qu'elle a mis au monde , la glande reste quelque temps résistante et gonflée, et elle n'interrompt son travail que difficilement et comme a regret. D'autres glandes, comme la glande lacrymale, sont quelquefois soumises à l'empire de la volonté et à l'influence de l'imagination. On sait que chez quelques personnes sensibles ou passionnées les larmes peuvent couler volontairement, à la sollicitation de quelques vifs sentiments, émotions , regrets ou souvenirs. Ces organes ne fournissent habituellement qu'une petite quantité de larmes destinées à humecter le globe de l'œil et à l'empêcher de se desséclier au contact de l'air; mais une affection morale, le chagrin ou la joie, ont le pouvoir d'augmenter en un instant la sécrétion de cette humeur, et de faire répandre un* quantité de pleurs, quelquefois assez considérable pour que les |»oeles, amis de la vraisemblance, en aient fait un torrent. Le récit d'une grande infortune ou d'une action généreuse a quelquefois suffi pour remplir les yeux de larmes. La même influence se fait sentir sur les glandes salivaires; et il n'est pas besoin d'être gastronome pour l'avoir éprouvé. L'imagination n'a \m moins d'influence sur le travail de la glande mammaire : le lait d'une nourrice peut être empoisonné par un accès de colère ou une grande frayeur.

Les glandes sont douées d'une telle puissance de sécrétion, que dans certaines circonstance* elles peuvent appauvrir la masse entière du sang. C'est ainsi qu'une salivation excessive, un allaitement forcé, l'incontinence, épuisent le sang et jieuvcnl causer la mort; c'est ainsi que des purgatifs violents et n itérés ont quelquefois de* suites funestes. Dans une maladie singulière, nommée diabètes, les reins changent

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