GLANDE — GLARIS
le sang eu un liquide sucre, dont la quantité s'est quelque- I fois élevée jusqu'à plusieurs kilogramme dans un jour. Nous signalerons ici une erreur assez fréquemment commise par les gens du monde : s'ils voient apparaître aux environs de la mâchoire et du cou une tumeur dure et mobile, ils disent alors qu'il leur est venu une glande t Nou, il n'est pas poussé de glande : ces petits corps glanduleux, soit glandes, soit ganglions (les glandes lymphatiques), existent constamment et doivent exister; ils prennent seulement un accroissement plus ou moins considérable alors qu'ils deviennent le siège d'une inflammation, qu'ils servent à manifester une affection scroplmleuse ou syphilitique ou après l'absorption d'un lluide malfaisant.
Nous devons dire un mot de quelques organes qui ont abusivement reçu le nom de glandes. De ce nombre est la glande thyroïde, corps sans usage connu, situé au-dessous du larynx, où il arrondit le cou ; son volume s'accrotl parfois jusqu'à formel goitre, infirmité dont celte prétendue glande est le théâtre. On ne lui voit sécréter, que l'Iiumenr laiteuse dont ses mailles sont quelquefois remplie*. Toutefois, on rencontre cet organe chez tous les vertébrés. L'orgaue, temporaire et peu connu, qui a reçu ce nom de ris (dans le veau) ou de thymus, a de même été rangé par quelques auteurs parmi les glandes. On trouve un thyihus dans l'enfance de tous les animaux qui respirent par dos IMJumons. Les prétendues glandes de Pacchioni, que les auatomistes Fautoni, Willis et Vésale avaient déjà vues et décrites, sont des corpuscules qui Rattachent à lad u r e- m è r c, à la p i e • m è r c , et dont on ne connaît pas l'u^c. Ces corps sont plus nombreux el plus évidents après une fièvre cérébrale; et il est remarquable qu'on ne les trouve point sur les méniuges des enfants.
La prétendue glande pituitau e, à laquelle les anciens ont gratuitement conféré le rùle de fabriquer la pituite, est un petit corps rouge qui remplit la selle turcique, ou cavité interne et médiane du sphénoïde dans l'intérieur et à la base du crâne. Entourée du sinus coronaire et comme Iwignee de sang, ou a pu croire à ses communications avec le ventiiculu central du cerveau et les ventricules latéraux. Quelques personnes l'ont envisagé comme un organe nerveux, comme uu ganglion du nerf grand sympathique. On a dit que, servant de lien d'unité aux deux nerfs sympathiques à leur origine encéphalique, ce corps maintenait entre les yeux l'harmonieuse synergie de leurs mouvements contrastés. Le fait est qu'on ne connaît les usages ni du corps pituitaire ni de son infundibulum ou tige. Mais comme cette prétendue glande existe dans tous les animaux ayant cervelle, il est permis de croire qu'elle remplit une charge quelconque, surtout dans les animaux qui, comme les poissons et quelques mammifères, ont une glande pituitairc plus volumineuse que celle de l'homme.
Et quant è la glande pinéale ou eonarium, en qui Descartes faisait résider les esprits et l'âme, c'est un tout petit corps grisâtre et mollasse. Situé en arrière du cerveau, au voisinage du corps calleux et des couches optiques , on le trouve plus volumineux chez divers mammifères que chez l'homme. Gro**e comme un pois ordinaire, et voilée à demi par la toile choroidienne, celte glande a comme des prolongements ou câbles qui l'attachent aux tubercules quadrijumeaux et aux couches ou lits optiques : ces prolongements ou processus ont reçu dérisoirement le nom de rênes de râme. La glande jiinéale, qu'on trouve aisément chez les . reptiles, ne se rencontre que dans peu de poissons, et elle est bien peu évidente dans la plupart des oiseau*. Mais la marmotte, le castor, le porc et le cheval en sont proportionnellement mieux pourvus que l'homme. Les carnassiers l'ont plus petite que les herbivores, et l'homme est le seul être en qui elle présentedesconcrétion*, des gravier*. Klle n'est donc bien vraisemblablement ni une glande à sécrétion ni surtout le siège de Pâme. Dr Isidore Bounno*.
GL.AKDÉE. Ce mot signifie proprement la récolte des gtan U, et en particulier la faciHé d'mtrodmru h» porcs dans
les bois pour en manger le gland. La durée de la glandé*
ne peut excéder trois mois.
GLANDS DE MER. Voyez Bannes.
GLANE , GLANEUR. Voyez Glinack.
GL.l RIS, canton de la Suisse qui dans l'ordre de la confédération occupe le septième rang, borné par ceux de Saint- Gall , des Grisons, d'Uri et de SchwiU, compte, sur une superficie totale d'environ 9 rayriauietres carres, une population de 30,213 habitants, qni, à l'exception de 3,932 catholiques , professent tous la religion réformée. Le sol &e compose en gênerai de hautes montagnes, dontquelques-unes, comme le Dosdi, le Kistenberg, le Hausstock et le Gtierniscb, sont couvertes de neiges éternelles, et séparées les unes des autres par une vallée principale, trois vallées secondaires et plusieurs vallées de moindre étendue. Le canton de Glaris tout entier appartient au bassin du Rhiu,etsesdiiTérent* cours d'eau viennent tous aboutir à la Lintb, rivière que le canal d'Escher conduit, au-dessous du bourg de Mollis, dans le lac de Wallensticdt, dont une partie est comprise dan* la circonscription du canton même. On y trouve en outre le lac de Klœnthal et divers autres de moindre étendue , ainsi que plusieurs sources d'eaux minérales, dont les plus en renom sont les eaux sulfureuses de Slacbelberg. Dans le* vallées on récolte beaucoup de fruits, jusqu'à des pèches , ile> marrons, des noix et même un peu de vin. Pendant la belle saison , 8 ou 10,000 vaches paissent dans les beaux pâturages (appelés ici montagnes ) des Alpes, au nombre de 88 , et qui sont l'objet de toute l'attention des lois et de l'autorité. Un de leurs principaux produits est le fromage vert, particulier au pays, et connu sous le nom de schabsigre. On élève aussi des chevaux , estimés pour leur vigueur et pour la sûreté de leur allure, des bœufs et des porcs. Il n'y a pas de si petit village qui ne posrède plusieurs centaines de chèvres. La plupart des Wte* fanves ont disparu , et on s'est même vu forcé d'accorder sur le Freiberg une espèce d'asile au chamois, afin d'arrêter rentière destruction de cette espèce. Une grande partie de la population , surtout celle qui appartient h la religion réformée, demande à l'industrie, et plus particulièrement à celle de la fabrication des étoffes de coton , ses moyens de subsistance. Mais dans ce canton, généralement assez peu fertile, il existe a coté d'une classe de fabricants fort aisés une nombreuse population pauvre. En 18&2, on y a fondé une banque, comme moyen de favoriser les développements du commerce. C'est à la sollicitude dont on y fait constamment preuve pour venir en aide à la partie indigente de la population qui témoigne le désir d'émigrer, que les trois commîmes de New- Glaris , de Uilten et de IS'ewElm, dans l'état de Wiscoasin (Amérique septentrionale ), doivent leur fondation.
Compris jadis tantôt dans laRhétie, tantôt dans la Souabe, et peuplé par des colons allemands, le canton de Glaris devint en partie plus tard la propriété des religieuses du couvent de Seckingen ; cependant, un certain nombre de familles libres paraissent y avoir été de bonne heure distinguées et séparées du gros de la population. La partie basse du canton dé|iendait d'un autre couvent de femmes, celui de Scluennis. Cédée plus tard à l'Autriche, et alors fort durement traitée par ses nouveaux maîtres, la grande majorité de la imputation aspirait vivement à faire partie de la confédération helvétique ; cependant, avant de jouir 'les mêmes droits que les autres Suisses, les habitants de Glaris durent encore attendre près d'un siècle. Les glorieuses victoires qu'ils remportèrent à Nsefels, en 13M et 1388, les affranchirent de la domination de l'Autriche , et alors force fut bien à l'abbaye de Seckingen de consentir soit à l'abolition, soit à la restriction de ses privilèges. Les habitants de Glati» obtinrent aussi , à la suite de l'ancienne guerre de Zurich , des conditions d'alliance plus favorables avec les sept cantons qui existaient à ce moment. En IM7 u% firent l'acquisition de la seigneurie de Werdenherg, la seule terre féodale qu'ils possédassent et où ils eurent S réprimer, en liîû cl en 1721, des révoltes ouvertes de la pari
G LARIS — GLASGOW
de leurs vassaux. Apres la réformation, dont les dodrines furent embrassées par une grande partie de ta population, les réformé* et les catholiques se divisèrent, pour la plupart des s flaires intérieures , en deux administrations distinctes, tuais n'en continuèrent pas moins à former un seul et même canton ; et de bonne Iteure, mais plus |>articulièrement vers la fin du dix-huitième siècle , cette scission administrative provoqua de regrettables conflits. A l'époque des guerres de la révolution française, en 1799 notamment, le canton de Claris fut le tliealre de la retraite de Souvarow, et il n'accepta qu'avec une répugnance prononcée la constitution nouvelle imposée alors à la confédération helvétique. Mais à la Restauration, la constitution du 21 juin 1814 y rétablit les choses sur le pied où elles étaient autrefois. Dès lors aussi catholique* et réformés eurent chacun leur administration, leurs tribunaux et leurs droit* particuliers; et Indépendamment de la commune cantonale, il y eut encore une commune catholique et une commune réformée, avec beaucoup d'attributions indivises, par exemple la nomination du landamman,t&c. Mais avec la prépondérance toujours croissante que les réformés arrivèrent à acquérir, non |>as seulement sous le rapport du nombre, mais encore sous celui de l'instruction et de la richesse , prépondérance par suite de laquelle les catholiques ne contribuaient plus guère que [tour un cinquantième dans les dépenses générales et communes du canton , il était difficile que la fausseté d'une telle situation ne finit pas par frapper tous les yeux. En conséquence, le 2 octobre 1830, la population réformée se donna une constitution nouvelle, à laquelle les catholiques finirent également par se soumettre , après que la résistance organisée et nourrie par une partie du cierge eut été vaincue au moyen de la rupture tonnelle qui eut lieu alors de tous rapports hiérarchiques entre le canton de Claris et l'évêché de Coire , et aussi au moyen de la déposition de quelques prêtres obstinément réfractairea au nonvel ordre de dioses.
Aux tenues de cette constitution de 1830 , qui fut révisée rn 1841, mais ne subit alors que quelques modifications peu impartantes , le canton de Claris est de tous ceux dont se compose la confédération celui où le principe de la démocratie pure a été le pins franchement mis en pratique. Tons les dtoyens actifs, âgés de dix-huit ans, constituent la commune (tandsoemeine), laqudle se réunit régulièrement une fui '* par an et fonctionne comme autorité souveraine, en confirmant, rejetant ou modifiant après libre discussion les décisions prises par les trois assemblées dont se compose le conseil (landrath). Cdni-ci compte en tout cent dix-sept membres, d a pour principale mission la préparation des projets de Id à soumettre a l'assemblée générale de la commune. La puissance executive est confiée à un conseil de quarante-dnq membres, partagé en plusieurs commissions, et a une hante commission de neul membres, présidée par un landamman ; quant au pouvoir judiciaire, il est fort exactement séparé du pouvoir exécutif, circonstance qui donne à cette constitution une grande supériorité sur toutes celles des autres petits cantons. L'organisation communale, pareillement , y est excellente; tonte différence entre les diverses confessions a disparu, chacune d'elle restant d'ailleurs libre, sous la haute surveillance de l'État, d'administrer ses affaires intérieures comme bon lui semble. La publicité est la luise de l'administration ; la liberté de la presse est garantie, et toutes i«rs rsdlités désirables ont été données à ceux qui veulent sVtablir dans le canton et y acquérir les droits de citoyen.
Le chef-lieu du canton, où se réunit l'assemblée communale, est Claris, ville située à cinq myriamètres au sud-est «le Zurich, qni compte 4,083 habitants, d où l'on voit une église de style gothique dont Zwingle fut curé pendant dix «us, de 1506 a 1516. Les autres localités les plus importantes sont Schwanden , au confluent de la Sernft et de la I.intb, d Ennedx, charmant pays de près de ?,500 habitants, fort aisés et fort industrieux. La vallée de la Sernft est dominée par le village d'Elm , qui offre celte particularité, •ssea curieuse, qu'il est à son tour dominé par le pic ou l'ai-
guille de Segnes, de 5,9*) mètres d'élévation d percée d'un trou dit Trou de Martin, par lequel les rayons du soleil viennent éclairer le docher du village tinq jours de l'année seulement ( le» 13, 14 et 15 mars, et les 24 d 26 septembre).
GLAS* On nomme ainsi le tintement lugubre, lent, mesuré, d sur une seule note uniforme, d'une cloclte qui annonce l'agonie ou la mort d'une personne : quand elle tinte l'agonie, elle demande des prières. Glas se prend quelquefois pour la rloclie elle-même; on dit communément tonner un glas. L'usage et le nom de cette sonnerie viennent du Nord, dont les liautcs cathédrales ont les premières suspendu des carillons dans les nues. Le mot glas, à cda près des modifications de lettres voulues par les idiomes d leurs dialedes, est général chez les peuples septentrionaux de la France : il parait venir du celtique. Deksb-Bajmmi.
GLASGOW, dans la hiérarchie administrative, la seconde, mais pour les développements de l'industrie d l'importance du commerce la première ville de l'E cosse, chef-lieu du comté de Lanark ou de Clydesdale , reliée à Edimbourg par un canal d par un chemin de fer, se compose d'une vieille ville, d'une ville neuve et de plusieurs faubourg*. Ces derniers, ainsi que la partie basse de la vieille ville, d'un aspect généralement sale et misérable, où le jour est obscurci par la fumée épaisse de la houille en combus • tion et l'air tdlement vicié par les émanations délétères des fabriques de produits chimiques d autres, que souvent on ne peut pas le respirer sans courir risque d'être asphyxié , produisent sur le voyageur avec leurs masures d leur population eu guenilles l'impression la plus triste. Le quartier où est située la nouvelle grande bourse est déjà plus sain et plus élevé ; les rues en sont grandes, droites, propres, bien Inities d presque complètement exemptes de luméc. Mai* la plus belle partie de la ville est la ville neuve, qui domine les deux autres quartiers, avec ses grandes et larges rues garnies de M les maisons en pierres de taille, et avec ses charmants squares. En fait d'édifices publics, il faut plus particulièrement mentionner la superbe cathédrale, dont la construction remonte a l'an 1123, les bâtiments de l'université, l'hôpital royal , assez vaste pour contenir de 12 à 1,500 malades , une maison d'aliénés parfaitement organisée, la prison avec une cour à colonnade semblable au Farthénon d'Athènes, l'hôpital de la Madeleine, le Tortme Kof/ce House, avec une galerie ouverte, où les négociants viennent traiter de leurs affaires de bourse ; l'observatoire, construit en 1 8 1 1 , et l'école d'équitation, bâtie presque tout entière par Stark, d'après des modèles antiques. On voit aussi à Glasgow une statue en marbre de Fitt, une statue en bronze de John Moore sur le Green-Place , très-jolie promenade publique, un obélisque de 47 mètres d'élévation en l'honneur de Nelson d un monument à la mémoire du réformateur Knox.
La ville est située de la manière la plus favorable pour le commerce, dans le voisinage des riches gisements bouilliers du Lanarkshire et de ses importants hauts fourneaux ; die est rdiée à l'Atlantique par la Cl yde et à la mer du Nord par le canal de la Clydc ainsi que par la rivière de Forlh. Le commerce actif qu'elle fuit avec l'Amérique du Nord et avec les Indes occidentales commença tout aussitôt après l'ade de réunion des deux royaumes en t707, et provoqua les rapides développements de sa prospérité. Depuis lors le chiffre de ses importations de denrées coloniales et celui du ses exportations de houille d de produits de l'industrie locale ont été chaque année en grossissant; aussi la ville de Glasgow est-dle à bon droit regardée comme le grand centre de l'activité commerciale de l'Ecosse. Les vaisseaux d'un fort tonnage ne peuvent cependant pas arriver jusqu'aux quais de la ville; et comme la Clydc offre ici beaucoup de bas-fonds , force leur est de s'arrêter à Port-Glasgow, situé à environ 4 kilomètres plus bas que Glasgow.
Dans le cours du siècle dernier, Glasgow s'est créé dans son sein même une nouvelle source de richesses par ses nombreuses fabriques ; et on peut «lire que sous le rapport de la diversité des produits, son activité industrielle d manu-