GLAYEUL DES MARAIS — GLE1G
les agronomes ni pour les médecins; cependant , sous le règoe de Napoléon i*r on essaya de l'utiliser. A cette époque , il fallait remplacer les produits de* colonies, que le. système continental avait fait monter à un prix excessif; c'était le café surtout qu'on s'efforçait Je suppléer, et ce fut alors que la racine de c h i eo r ée torréfiée prit un crédit qu'elle n'a point encore perdu : mais s'il avait été nos sible d'obtenir une décoction dont la couleur rappelle celle de l'hypocrène de Voltaire , comme disent les poètes , il n'en était pas de même de l'arôme ou parfum qui fait le charme principal de cette boisson. On désespérait de trouver aucun végétal indigène qui pot fournir une telle émanation odorante ; ee|>endant, on y parvint au moyen du glayeul des marais. On découvrit que tes graines , après leur maturité , et étant torréfiées, exhalent un arôme qui rappelle celui du café ; mais les organes de l'odorat seuls en profitant , la saveur ne rappelant nullement celle des fèves exotiques; toutefois , on en fit usage pour aromatiser le café de chicorée et joindre l'odeur à la couleur. On s'en servit aussi pour une boisson assez agréable au goût. Voici quelle est celle composition , dont peuvent se servir , soit à l'eau , soit au lait , les personnes que le cafe incommode : on forrétie et on réduit en poudre la graine de glayeul suffisamment mare, tout à fait comme le café , mais seulement à mesure qu'on a besoin de l'employer, parce que l'arôme se perd facilement : on en prend une quantité égaie à celle du café et on la fait bouillir, suivant le procédé ordinaire, dans une décoction d'avoine ; cette céréale, bien lavée et mondée , communique à l'eau un goût de vanille assez prononcé pour être agréable, et de plus charge l'eau de principes nutritifs.
tf ('lURUONMU.
GLAYEUL PUANT, nom vulgaire de Yirii fitida-
siffla.
GLEBE ( du latin gleba, dérivé lui-même du celtique gleb, ou plutôt de globus, motte de terre). En droit, cette acception a pris une plus grande extension ; elle a désigné le fonds d'une terre, la terre elle-même. Cliea les Romains, il y avait des esclaves nommés servi gUbx adseriptUii ( attachés à la glèbe ) : c'étaient ceux qui étaient attachés à une métairie, à un domaine; l'usage de vendre ces esclaves avec le fonds auquel ils étaient incorporés passa du droit romain dans le nôtre, et les serfs de la glèbe suivaient le sort de l'héritage auquel ils appartenaient. Le propriétaire de la glèbe jouissait des droits de justice et de patronage. La révolution a balayé de chez nous le droit de glèbe, avec tous les autres droits féodaux ; mais, il faut le dire à bonté de l'humanité, ce droit humiliant a existé jusqu'à ces dernières années dans nos colonies, et existe encore chez les Russes, les Allemands et les Américains.
GLEICHEN (CnaRxss-HKNai, baron m ), envoyé de Danemark à Paris de 1763 à 1770, période pendant la durée de laquelle son nom se trouve souvent mêlé au récit des petits événements dont se préoccupait alors la société française, fut Hé avec tous les hommes remarquables de cette époque, et réussit notamment a se faire admettre et compter pour quelque chose dans la coterie philosophique, alors toute puissante, et où d'habitude on n'admettait et on ne comptait pour quelque chose que des gens d'esprit. Né en 1733, à Remersdorf, dans le pays de Baireuth, il avait fait de solides études à Leipzig ; et à peine sorti de l'université, il était entré au service du margrave de Baireuth, son souverain. Il était venu ensuite, eu 17&4, à Paris ; et pendant son séjour dans cette capitale il lui avait été donné de vivre dans le cercle élégant et spirituel dont le salon de M"e de Graffigny était le centre L'année d'après, il alla voyager en Italie, où il retourna encore en 17M>, charge par la margrave de Baireuth, sosur aînée de Frédéric le Grand, d'y faire pour elle l'acquisition de divers objets d'art. C'est à cette occasion qu'il se lia avec M. de Cboiseul, alors ambassadeur de f ranco à Rome, qui l'Invita à venir passer les deux derniers mois Je l'été à la villa qu'il habitait à Frascati. il arrivait parfois à l'ambassadeur, que des raisons
diplomatiques contraignaient encore à s'observer quand >l était question du roi de Prusse, de s'exprimer assez irrévérencieusement au sujet de la margrave de Baireuth ; et toujours alors le baron de Gleichen savait prendre la défen* de sa souveraine avec autant de tact que d'à- propos, tu jour cependant, a diner, M. de Cboiseul l'ayant poussé a bout, Gleichen lui répliquad'un ton si mordant et si luulaio, que le duc, rejetant loin de lui sa serviette en la froissant, m leva brusquement de table. Gleichen aussitôt de dcuuink/ sa voiture et de se disposer à quitter une maison où oa semblait prendre plaisir à le blesser. Mais M™* de Cboiseul intervint avec de pressantes instances pour le retenir ; et son mari, loin de garder rancune an baron de ce mouvement de juste susceptibilité, lui en sut gré, et le prit plus en amitié que jamais. Un mois plus tard, Frédéric le Grand avait cotapk-
,le gant a la France en enu lussent inopinément la Saxe. M. de Cboiseul n'avait plu* alors de ménagements à garder; mais quand il se disposait à dire du mal du roi de Prusse, il avait grand soia d'en demander préalablement à son hôte la permission en souriant. En 1758, Gleichen fut accrédité près le gouvernement français eu qualité de ministre plénipotentiaire ; et cet avancement lui fut donné par sa cour, à ht reconuuandatioa expresse de M. de Cboiseul lui-même, devenu alors premier ministre. Deux ans après, en 1760, Gleichen, toujours secondé par la même influence, entrait au service duo* puùsance plus importante, et allait représenter le roi de Danemark à Madrid. 11 ne resta dans cette capitale que trois années, et obtint alors de permuter avec la légation ér Paris, dont il resta titulaire depuis 1763 jusqu'en I7T0- Les Mémoires de l'époque citent un grand nombre <k Unes reparties et de mots heureux du baron de Glckhco. Nous nous bornerons à citer celui-ci : c'était en 176S,i Cmspiègne, où se trouvait alors la cour. Gleichen, qui revenait de Calais, où il avait accompagné le roi de Danemark, Curutian VU, se rendant de là a Londres, faisait la partie d'échec avec M"1' de Cboiseul. Les salons avaient fini par se désemplir peu à peu. Mmc de Cboiseul, croyant être seule, dit alun a Gleichen : « Savez-vous bien, baron, qu'on dit que voirt roi est une tête.... » A ces mots, le uûuistre de DanemuL lève la tête de dessus Techiquier, aperçoit quelqu'un nlac derrière la duchesse, et se hâte d'ajouter... « Courooaet, Madame! » M™" de Cboiseul devine ce qu'elle n'a pu voir, ri qu'il y a dans l'entretien un tiers dont elle ne soupçonnai pas la présence : « Ah, pardon, reprend-elle alors, vous k m'avez pas laissée achever... Je voulais dire que votre roi est une tête... qui annonce les plus belles espérances.. • En 1770 Paris n'avait plus le même charme aux jeu* <k Gleichen, car les Cboiseul, ses amis intimes, avaient ptnh leur grande position et étaient exilés à leur terre de Chastefoup. 11 accepta donc les fonctions de ministre à Hapks, et continua à les remplir dans cette capitale jusqu'en l"». époque où le gouvernement danois le mit à la retraite- U * retira alors à ttaUsbouue, où, sauf d'anses fréquents voyap». il continua de séjourner depu is et où il mourut, le b avril l*fl, laissant sur les hommes et les choses de son temps Jf Mémoires fort curieux, qui n'ont vu le jour qu'en lW- GLE1G ( Ggohce • Richamo ), écrivain anglais conte» porain, auteur de divers romans, et h qui on est redevaMe de nombreux ouvrages théologiques et historiques, ed at en 1794, à Sterling, en Ecosse. En 1812, il interrompit *~ études, commencées a Oxford, pour s'en aJler avec un bre«< denseume faire la guerre eu Lspagne, et à l'âge de vingts»* il était parvenu au grade de capitaine. Lorsque 1a b»Uiu> ie Waterloo rétablit la paix sur le continent , il céda aui *■ tances de son père, et alla achever ses éludes à Oiforil * quelque temps de là, il prit les ordres dans l'Église tpt* pale, et fut nommé vicaire à Ash, dans le comté de KenL E» 1834 U fat nommé chapelain de l'hôpital militaire de Cadses, près de Londres ; puis , «n 1*44, chapelain en chrf * l'armée; enfin, deux ans après, inspecteur général des eoJi* militaires. On a de lui Histor o/ the BtbUj Guide to ti*
GLEIG -
Lorcfs supper, et Sermons for plein peuple; «mages dans lesquels il s'est montré théologien instruit. Un trouva des matériaux aussi curieux qu'importants pour l'histoire dans ses Campaigns of the british army in Washington and New-Or leans (4 volume»), dans sou History of British India (4 volumes), dan» te» Lives 0/ British military Commander* ; enfin, dans l'I tistoire nationale et populaire qu'il a publiée sou* le titre de : Thefamily History ofEngland. Mais c'est surtout comme conteur qu'il a montré le plus de fécondité. Nous mentkmnerona plus particulièrement de lui en ce genre : The Subaltern, The Cheisea Pensioners, The Nussar, The Cheisea Huifntal and Us traditions, Allan Bretk, Chronicles of Walthatn, enliu Mûries 0/ Waterloo, romans qui ont tous obtenu un grand succès.
GLEIM (Jcan-Goillacms-Louis), ordinairement appelé le l'ère Gleim, poète allemand, qui de son vivant parvint a ou certain renom, naquit en 171», et mourut le 1» février 1 803, à Halberstadt , on pendant la plia grande partie de sa vie il avait rempli les fonctions de secrétaire du ctiapltre. Ses œuvres, en dépit de l'éloge qu'en (kit Klopslock dans une de ses odes, sont à peu près oublias aujourd'hui. Ce n'est pas pourtant qu'elles manquent toutes de mérite , elles ne sont dénuées ni de grâce ni de finesse ; mais ses poésies anacréontiques dégénèrent trop souvent en fadeurs. On répétait partout en Allemagne ses Chants de Guerre ( Berlin, 1778), à l'époque de la guerre de sept ans. Frédéric II en est le héros; nuis il prisait peu, comme on sait, la poésie du terroir, et te Père Gleim , appelé par quelques critiques le Tyrtée de l' Allemagne, n'obtint pas même de lui un sourire. Le propre des rois, en tous temps et par tous pays , c'est de n'être que d'illustres ingrats.
Frédéric le Grand une fois mort, la patrie allemande et ses plus nobles intérêts inspirèrent seuls la muse du poète. Se* t ables et récits , sentences d'or et chants pour les enfants , ne manquent pas de naïveté, et ses fables sont même eu général préférables à celles de G cl lert Son Alladatt ou le Livre rouge est un poème didactique sur la religion naturelle, dans lequel il «'est efforcé d'imiter le style du Koran, fort à la mode de son temps en Allemagne, mais on la monotonie de la forme finit par devenir fatigante.
GLKXOÏDE (Cavité), surface articulaire de l'omoplate, qui s'articule avec la tête de l' b u m é r u s.
GL1AD1NE (de tXm , TM«, glu, colle, matière gluante). Voyez Gurrea.
GLINKA (FEOooa-NiiOLAjKwicz), écrivain rosse, né en 1788, dans le gouvernement de Smolensk, fit en 1805 la campagne d'Autriche avec le grade d'officier. A la paix, il prit son congé, et se retira dans une terre ans environs de Smolensk , à l'eflet de s'y livrer à la culture des lettres. En 101) , quand une armée française envahit le territoire russe , il reprit du service, et resta dans les rangs de l'armée active jusqu'en 18)4, d'abord en qualité d'aide de camp du général
place avec le grade de colonel sous les ordres du gouverneur militaire de Pétersbourp. Compromis dans une a flaire de société secrète , il fut exilé â Petrosawodsk, où cependant on lui confia les fonctions administratives de conseiller de collège. Il a été pendant quelque temps président de la Société libre des Amis de la Littérature rus<ie, fondée en 1810, dans la capitale.
Glinka est un des meilleurs écrivains militaires qu'ait produits la Russie. On doit sous ce rapport une mention toute spéciale a ses Lettres d'un Officier russe sur les campagnes de 1805, 1806, 1611 à 1816 (0 volumes; Moscou, 1815). Nous citerons encore de lui : Chmjelnicki, ou délivrance de la PelUe- Russie <î vol; Pétersbourg , 1618), et Présent aux soldats russes (1818). Comme poète, Glinka ne mérite pas moins d'attention. A l'époque des guerres napoléoniennes, il sut inspirer de l'enthousiasme à ses compatriotes par ses poèmes, oh l'amour de la patrie trouve les plus chaleureux accents et puise h» plus souvent une force